CHAPITRE UNIQUE
' quoique tiré de la nature de Tàme , qu'un fait vraiment psychologique, que nous aurons plus loin Toccasion de déterminer avec plus de précision.
Dieu est essentiellement bon : donc il n'est pas cause du mal , mais seulement cause du bien , comme l'âme humaine qui, incapable du mal, ne le connaîjt que par suite de son union avec le corps ; mais Dieu est immuable : le changement en eÛet lui viendrait ou d'une cause étrangère, ce qui serait wie atteinte à sa perfection, ou du désir d*être moins parfoit, ce qui serait inconcevable, ou enfin du désir d'être plus parfait» ce qui serait accuser une imperfection antérieure. *
U n'y a pas deux Dieux; il n'y a qu'un seul Dieu^ comme il n'y a dans l'homme qu'une âme immortelle et pensante; et de même que cette âme vit, pense et aime, Dieu est une providence, vivante , intelligente , agissante. Dieu gouverne le monde, aime les hommes, lesrécompense et les punit; mais il ne faut pas espérer, et ce serait une impiété sacrilège et une superstition ridicule, qu'on pourra, par des présents coupables et des cérémonies aussi vaines qu'intéressées, désarmer sa colère et corrompre sa justice : sa justice est parfaite, < 'est k dire incorruptible.
L'âme humaine n'est pas hbre ; sa volonté est dominée par des lois que la fatalité lui impose ; de même Dieu ne sera pas libre ; il voudrait vainement donner à son œuvre la perfection que sa bonté n'envie à rien ; le destin lui impose une matière éternelle et indestruc-
1 ht p., u, p. 381.
TAOISlfiMS FAATIE.
tible, mue par des forces violentes , aveugles , rebelles, principes du mal, qu'il ne peut dompter complètement, ni assujétir à une beauté et à un ordre par&its. Comme il y a dans le corps, et par suite dansTàme , des mouvements désordonnés, des instincts de violence, il y a dans le monde une force innée, (ufAfmç iiciOuiua, principe d'un mouyement qK>ntané et violent qui se détruirait lui-même, s'il n'était dominé, s'il ne se laissait pas persuader par Dieu d'obéir à ses lois.
Les mouvements des corps célestes, l'harmonie des révolutions des astres , les accords de la musique sont des imitations des mouvements et des opérations de l'intelligence ; comme le plus parfait des actes de la pensée est celui où elle revient sur elle-même pour se contempler elle-même, le plus parfait des mouvements est celui qui s'accomplit sur lui-même, s'opère sans déplacement, c'est à dire le mouvement circulaire. La physique de Platon n'est guère qu'une application de sa psychologie : les mouvements des corps sont des pensées imprimées dans la matière, ou du moins les imitations des mouvements de la pensée. La matière possède une âme, ^ intelligente dans les astres > sourde et obscure dans d'autres corps. M. de ScbelHng, en renouvelant cette pensée, n'a fait que l'exagérer par des assertions téméraires : les forces de la nature se réduisit à des puissances de l'intelligence; d'où il tirera des conclusions qui ne sont plus seulement téi][ié-
1 Ce sera la niaon séminale des stoïciens et de Plotin.