CHAPITRE PREMIER
le mouvement et la vie n'y seraient réveillés que par ce
qui est capable de se mouvoir lui-même : donc il préexiste à ce qu'il meut, aux mouvements qu'il produit, et comme c*est le mouvement qui ccmstitue le devenir, il est en outre le principe et la source de tous les êtres qui se meuvent d'un mouvement communiqué. * Des corps formés de terre, d*eau, d*air ou de feu, les uns reçoivent le mouvement d'une chose qui leur est extérieure : on les appelle alors sans âme, inanimés, . ^ty* \ les autres le reçoivent intérieurement , d'une cause qui est en eux, en sorte qu'ils paraissent se mouvoir eux-mêmes : ceux-là sont dits animés , ef^j/u/ov ^ ils possèdent une âme, c'est à dire une cause intérieure et propre de mouvement spontané. '
Lorsque nous disons d'une chose qu'elle se meut eUe-méme, nous disons qu'elle vit; et dire d'une chose x qu'elle vit, c'est dire qu elle a une âme.' La substance, oùtfue, que nous appelons tous âme , a pour définition : se mouvoir soi-même. Telle est l'essence, la raison , la nature de l'âme. * Tout ce qui se meut soi-même est t âme : les éléments matériels , Teau, Tair, la terre, .le feu, sont par eux-mêmes absolument sans vie, sans / âme : 'kw^ù&^ à^u/âv. L'âme est le principe réel d'un / mouvement réel, le premier mouvement et le premier devenir, n^^^ ymoiv xal xiviq<»v \ ' l'âme est le priu-
1 Plat. , Phèdre, p. 246.
2 Plat. , Phèdre, p. 246.
3 Plat., Lois, X, p. 895.
4 Plat., Loir, X, p. 805, «M** n uà Ai^»*.... fim*.
5 £oû, X, p. 805.
VUËMIÈKË PARTIE.
Icipe étemel d'un mouvement éternel, une cause, une / force incréée, et, comme telle, impérissable. I Le monde placé sous nos yeux n*esi qu'un immense i et unÎTersel derenir : il a donc une Ame étemelle. Cette âme est le principe ou le sujet d'inhérence de ces causes secondaires, ^eurepoopyoi, * inférieures, OTnipstoûoi, * mais cependant coopérantes, ixtmxM^ et nécessaires à la production même de l'ordre et de la beauté - que nos yeux ravis admirent aujourd'hui dans l'univers ; ce sont ces causes qui produisent le froid et le chaud, la condensation et la dilatation, * l'augmentation et la diminution, Vaggrépçation et la séparation, la pesanteur et la légèreté, et tout ce qui s'ensuit. *
Ces causes nécessaires,^ agissant spontanément dans la matière, Platon les déclare privées de raison et d'întcîlligenee , ' faisant la première chose venue et sans règle ; mais elles ne sont pas pour cela dépourvues d'un instinct sourd, d'une intelligence obscure de ce qu'elles produisent, autrement elles ne produiraient absolument rien. " Le néant absolu de comiais- «
1 Mat., £oi«,X, p. 867.
iPlat, r«ii..p.4a.
3 Tim., p. 46.
4 Plat., Lois, X, p. 897.
5 TÙll. , p. 35, il ovjîva cù^i •>;,>.
6 C'est ainsi que , dans rAvcrroisnic, rintcllcct ngt^nt n'est que rintelHgence supérieure du grand Tout que forment les ttrcs ; mais la puissanrc latente et vague de l'univers lui est aiitt'-rieurc. C'est là liipoteniia univcrsi, puissance de l'univers qui vivilie loui, cl fait de l'univers, suivant la grande exprassioii de rantîqaité que répète Spinosa , on vivant uoiverael.
Cf. M. Fonoher de CareU am Leibnitz et le Guide des Egarés (Comptéerendus de i'Àead. deeSeiettceemoralee d politiques, tom. LVIII, p. 407).