‹ De la psychologie de PlatonChapitre 16 sur 115 · PREMIÈRE PARTIS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIS

dieux * pour être de Trais dieux. Aristote a beau jeu pour attaquer l'existence substantielle des idées, surtout parce qu'il confond l'idée fournie par l'intuition immédiate avec l'idée dialectique. L^acUon de ce Démiurge, qui commence dans le temps, qui ne fait jamais que composer etdiyiser, ÇuyxepawGfvaixal^iaXtSfiv,' qui modifie seulement une action d'une puissance qui précède la sienne , si elle ne la domine pas, mais qui ne la modifie qu'autant que celle-ci consent à se laisser persuader , ne répond pas à la notion absolument parfaite et à l'essence de la divinité. Le Timée résiste < à toute tentative d'attribuer à Platon la notion chrétienne d*un Dieu créateur : il n'y a pas de création possible de rien , dit Plutarque dans son commentaire judicieux du Timée. ' Le chaos n'était ni dépouillé de corps, ni privé de mouvement et d'àme. Dieu n'a pas fait corps ce qui était incorporel, ni animé ce qui était inanimé et sans âme. Dieu n'a pas donné au corps la tangibilité et la résistance, ni à l'àme l'imagination et la faculté motrice , to ^areùmou&* et to

1 Arist., Mit», XII, «y6 fka, Aristote ne parait nnUanieiit avoir peiuë que l*onité eet le earaetère ëminent de la doctrioe de Platon* 11 Taoeue au eentnâte de tendances fort opposées, et Ini lepraehe de mnlI^pUer inntflement les principes.

3 Tim,, p. 68, D. Qu'il Vagisse de Taction de Dieu sur les corps élémentaires, on sur rtme , les expressions du Timée sont toujours les mêmes : oomposer, tovItcoî , p. 30 ; ^jvwTéïai , p. 53 ; mélanger, T>7xf«»c'.7« , p. 37 ; ordonner, $uxot;»,9iy. p. 69. Jamais aucun verbe no présente l'idée d'une création véritable.

i De Anim. Gencr. . '•. ».

CUAPITHË PRBMIER.

xtvDTixxïv. * Dieu fait beau eibon ce qui n'était ni Vun ni Vautre ; ce n*est pas là un acte pur, absolu, parMt, tel que celui qui convient à la nature d'un Dieu véritable.

Le reproche qu'Aristote fait à Platon d'avoir considéré ràme comme postérieure au mouvement et contemporaine du monde,' est moins fondé, et n'a pour base que la confusion de ce qu'on appelle la composition de l'âme avec une création véritable, théorie que les Platoniciens repoussaient comme une imputation odieuse et horrible. * H n*y a pas non plus de contradiction à poser à la fois Vâme comme plus ancienne que le corps, * et le devenir comme étemel. Le devenir, avant Tintervention divine de la sagesse et de la raison, n*est que l'embryon, le principe, otpyvî, du corps ; il faut qu'il reçoive d'abord une augmentation, par laquelle U passe à une seconde et de celle-là à une troisième. Ce n*est que lorsqu'il a traversé ces trois états , qu'il devient un corps sensible pour ce qui est capable de sensation; or, chaque chose n'est véritablement que tant que sa forme demeure. Il n'y avait donc mil corps, tant qu'un mouvement sans règle détruisait toutes les formes au moment même où elles étaient produites. '

L'âme qu'Aristote appelle postérieure au mouve-

1 De Antin. Gêner., c V.

2 Mélaphys. , XII (XI , , r. »i. édit. Tauchu., p. îW7. { Plut. , De Anim. Gen. , IV, «k ti «r-w uùi^fiiw».

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