‹ De la psychologie de PlatonChapitre 23 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

d'ailleurs par elle-même sa «ubatance propre, car elle

est incréée ; il y a donc au moins dans l'àme deux substances : l'une, émanation de Dieu, l'autre, propre à l'àme. Quelle est la nature de la troisième? Il semble qu'elle ne soit qu'un rapport; en outre. Plu— tarque paraît former la troisième essence, * non pas des deux premières, mais du ménie et de l'autre ; ces deui derniers ne sont que des idées : il y a donc dans l'âme deux substances dont la communication resie inexpliquée, et deux idées, le mt^me et Vautre, réunies en une seule, qui en fait le mystérieux rapport. D'un autre côté» Plutarque appelle le même et Vautre, des fiicultés, des puissances, et des puissances extrêmes et contraires qui ne peuvent pas se lit r et s'unir entre elles, si ce n'est par i'intercalation des deux substances divisible et indivisible; et enfin le composé de oes deux substances , divisible et indivisible , est appelé le récipient, (>77o<^o/t;v , du métue et de l'autre : c'est une matière qui reçoit, comme forme, ie même et l'autre, par lesquels elle arrive à la constance et à la fixité.

Tantôt la matière, le récipient de la forme, est l'essence divisible ; ' tantôt c'est le composé de l'essence divisible et de l'indivisil^e; tantôt l'Ame parait composée de deux substances, dont l'ime est une

1 PlQt./d« Gen. Àmm,, e. 34. « Le même procède de rnn, i'aulre de la dyade : leur premier mélange se fait dans l'âme ob ils soat Ués et «Dis , «wiucna, par des nombres et des rapports, m^wc.... La raison procède dm mtfme; la sensaaon procède de l'onlr»/ le rapport, u^k ii^unu «

est formé par mélange des deux. »

2 lUut. , de GfH. Ànim. , c -21.

GHAPITAB DBUXIÈMB.

teanation de Dieu ; lantAt de deux mouvemento intellectuels , de facultés pensantes. * La matière de

Tâme n'est point corporelle ; ' cependant indéterminée, instable, flottante, c'est la partie dyadique, jupi^oc, èvotàaàiç^ de Tàme.

Outre les obscurités de cette interprétation , qui me paraît éclairer quelques détails de la doctrine de Platon» mais très faiblement TeDs^nble, j'y crois apercevoir quelque contradiction. N'y a-tril pas contradiction à placer dans la substance de l'âme une puissance motrice et une faculté de former des opinions, qui sont des puissanoes distinctes et par conséquent déterminées, et À considérer en même temps la substance de Tâme comme la dyade indéterminée, l'indétermination absolue, n'ayant en soi ni excès, ni défaut, ni similitude, ni difE6r«ice ? n'y à-t41 pas contradiction à faire de cette substance , qui n'a point de nombre et point de différence, la substance divisible? Une division s' opérant au sein de ce qui n'a point de nombre, des facultés diverses et déterminées ,. mouvoir et imaginer, appartenant à une substance qu'on déclare ne comporter en soi aucune différeni e, composer ici l'âme de l'un et de la dyade, et y mettre des puissances actives et détennÎBées, tout eda me parait un peu brouillé, sinon tout à fait contradictoire. L'origine de ces obscurités et peut-être de ces erreurs, c'est la préoccupation de tous les commentateurs de retrouver partout la

1 Plut., de dm. Anim. , c. 23.

i Plut., de Gen. Anim., v. 21.

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