‹ De la psychologie de PlatonChapitre 27 sur 115 · CHAPITRE XKOiSlÈftlË · texte numérisé non relu

CHAPITRE XKOiSlÈftlË

sensation et l'apparence sont donc la même chose. On ne peut pas avoir la sensation du néant absolu. La sensation est toujours la seusaticm d'une réalité. Mmatenant, comme les choses sont ce qu'elles nous paraissent, et qu'elles paraissent comme elles sont senties, il est démontré par Tincessaote mobilité de la sensation, qu'aucune chose n*e$t une en soi, qu'on ne saurait donner à aucune chose ni à aucune qualité un nom ; car la chose qu'on appellera grande paraîtra petite , Socrate sialade n'est pas Socrate en santé.

On arrive ainsi au grand principe des écoles sceptiques de Protagoras, d'iléraclite, d'Empédocle : tout est le fruit du flux et du mouvement.

Tout estmouyemeni, et mouvement incessant; mais si kmt coule et s'ëcoule ainsi, si rien ne demeure, ne fût-ce qu'un instant, ni dans le même lieu ni dans le même état, la sensation elle-même subit le même sort tBi est la proie de ce mouvement sans terme ni repos. On ne peut pas dire de qui que ce soit, qu'il sent plutôt qu'il ne sent pas; et, h plus forte raison, si on ne peut pas dire de la sensation qu'elle existe plutôt qu'elle n'existe pas, on ne peut pas dir^ que la sensation constitue la science, car on pourrait tout aussi hien dire le contraire. Le système poussé à ses conséquences extrêmes, mais légitimes, détruit son propre principe, c'est à dire se détruit lui-même. La connaissance n'est donc pas la sensation; le principe pensant n'est pas on nous le corps ; la connaissance même sensible exige que les sensations se rapportent à quelque chose

PUEMIËHË PARTIE.

de tixe, à un sujel simple et un, c*esl à dire à une âme.

AÎDsi, en résumé, Vàme n*est point un corps , car elle

est la cause du mouvement, le mouvement est une pensée ou implique une pensée; toute pensée suppose une ndson : or, toute raison consiste dans l'acte de saisir l'uniyersel , Vindivisible, et on ne peut pas comprendre que cet acte soit celui d'un être essentiellement divisible et multiple. Pour counaitre, il faut en quelque manière être semblable à ce qui est connu; toute intelligence est une espèce d'adéquation, et plus la connaissance est parfaite , plus la similitude est grande. Or, quand nous comiaissons par l'intermédiaire des sens, la connaissance est souvent fausse, toujours confuse ; quand nous nous élevons vers l'être pur, toujours identique, ce qui pense en nous arrive ou à peu près * à la pure identité avec laquelle il communique : l'essence de chaque chose étant ce qu'elle a de plus excellent, l'essence de l'Ame est d'être une substance invisible , immatérielle ; car tout contact avec la matière nuit à sa perfection , et par conséquent la matière est opposée à son essence.

1 Phéâon, p. 86, ij bffti ti «frew Mt l>n**% **** «nmC...

s FMdont p. 85. L'auteur de rj^ptnomli (p. 964) résume celte distinction /en trois Ugnes: < Qnnnt à la difflirmce de l'âme et du corps, nous la ferons , consister en ce que rAme a l'intelligence et que le corps en est privé, en j ce que l'âme commande et le eorps obéit , en ce que l'âme est la cause de , tout ce qui existe, et que le corps ne fnroduit rien. »

OHAPITRK THOlSiËMË.

§ IL Distinction du principe pensant qui est proprement rdme, et du principe vital. — Rapports de l'drn

et du corps.

L'homme a conscience qu'il n'est pas un être simple , et qu'il y a en lui une âme et un corps unis et distincts. Suivant Platon, il y a même un troisième principe en l'homme, ' quin*est ni le corps, ni l'âme pensante, et dont nous allons chercher à déterminer, ayec toute la précision possible en un pareil sujet, la nature et les fonctions.

Cette doctrine est encore enveloppée à moitié sous des figures et des symboles qui contribuent à jeter quelques doutes sur la pensée déjà obscure de Platon.

Après avoir composé et ordonné comme nous Vavons vu l'âme universelle. Dieu fit avec le feu le corps des astres, et leur donna à tous une âme divine, douée de l'intelligence du bien, et pourvue des deux mouve-

1 Buff., OEu»., tom II , p. 816. « L'homme iotérieur est double : il est «mposé de denx principes différents par leur nature , et contraires par leur action. L'âme, ce principe q^iritael, ce principe de tonte connaissânee, est toujours en iqppoeition avec cet autre principe, animât et purement

matériel. >

Ce principe, qu'il appelle ici purement matériel , c'est ce qu'il appelle plus justement ailleurs : « des forces intérieures qui résident dans let^ corps organiques, » tom. Il , p. 32 ; dontjes qualités actives « pénètrent les oorps jusque dans les parties les plus intimes » (tom. I , p. 44S); « et qui traraillent la matière et la brassent dans les trois dimensions, » tom. X, p. 7,

ineiits du même et de l'autre, qu'enferme l'acte complet de la pensée. Ces êtres divins, immortels par la Tolonté de leur père, mais non par leur nature, vont être les auxiliaires de Dieu dans rachèvenient de son œuvn^ , que leur naissance môme laisse encore incomplète. ^ C'est à ces dieux inférieurs que le Dieu suprême confie le soin de créer l'homme , après toutefois kur avoir dicté ses volontés et ses desseins , et avoir fourni lui-même la partie divine de cet être futur, sans la vie duquel le UMNide. malgré Uk présenoe^eaes ' dieux, resterait imparfait.

Dieu donc forme l'âme humaine; h s dieux sont chargés d'achever le tissu dont il a préparé ki chaiae , de souder à eette essence immortelle une partie mortelle, de produire un être vivant qui se conservent se développe par la nutrition et puisse se reproduire ; en Uu mot, de créer le corps humain et d'achever ce qui loanquait à Time, c*est à <lire , je pense, les sens et les organes qui sont ses moyens de communication avec le monde extérieur.

Cette intervention des dieux secondaires n'est pas maintenue d'une manière constante dans le Timée luimême, où, d'une phrase à Vautre, la création du corps de rhoimne est attribuée tantôt à Dieu même, tcoiwv, tantôt à ses enfants , oîf ivwndyuem, * Mais il n y a pas lieu d'attacher peutrètre une grande importance à cette contradiction légère; car l'action de Dieu lui-même

1 Tim.,p. 41, C.

i Tim.» p. 76, €; 76, E ; p. 69, C, M p. 7».

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