PREMIÈRE PARTIE
philosophique. Slahl, dit-il,' n'a fait que recueillir la traditiou de Ptetou et de toute l'école platonicienne.
1*086 être d'un avis opposé, et je Tais m'elSbroer de le justifier. L'assertion que je conÂats ne tenant aucun compte des textes que j'ai cités, ne les mentionnant même pas, quoiqu'ils aient trait directement à la question, puisqu'ils ont pour d>jet de distinguer dans Vhomme une partie iBnnortelle et divine , et une àme inférieure et mortelle, l'assertion qui fait de Platon un partisan de l'animisme, repose uniquement sur un des aiffumenis apportés par Socrate à Timmortalilé de Vàme dans le Pkédon. * Cet argument est celuici : l'âme apporte partout avec elle la vie ; la \\e est le contraire de la mort : or, aucun contraire, pendant qu'il est ce qu'il est, ne peut devenir luimême son contraire. * Les genres sont en eux*mèmes incapables de devenir leurs contraires. * C'est ici un principe de dialectique, sans lequel l'être ne reste pas l'être, la connaissance ne reste pas la ^nnaissance, et tout à fait semblable au principe de rSuthjfdèm : il est impossible que la même chose soit et ne soit pas * dans le même temps et sous le même rapport. Or, ajoute Socrate, si Tàme est la cause de la vie, eUe exclut le contraire de la vie, c'est h dire elle exclut
l Arg» du Pkédon, i Phidon^ p. 105.
3 PMdo». p. 103, 6.
4 Parmémd,, p. U9.
5 Ailfcyd., p. 908.
GHAPITRË THOlSiimE.
la mort , et elle l'exclut éternellement. L'âme est donc aou seulement immortelle , mais é lernelle.
De oet argumeot fort peu solide à mon sens, el dont le liée é^deni est de passer d*un principe purement logique à une conclusion qui renferme l'affirmation d*uae existence réelle et positive, on a tiré, plu&légîjtimement que Platon ne l'a fait, la conséqueneeL que pour lui la cause de la vie en Vhomme était réme inhmortelle, et par conséquent l'àuie pensante.
La contradiction de cette théorie, tirée par le raisonnement des arguments du Jfhédon sur Vimmortalité de l'âme, ayec la théorie directe et la doctrine expresse du Tiinée, saute aux yeux.
On n'a pas oublié que dans ce dialogue où Platon développe la nature, l'origine et les principes de Tètre humain, la force par laquelle Vammal corporel se nourrit et se conserve , meurt avec lui ; que cette âme mortelle est par conséquent non seulement distincte, mais encore séparée de Téme pensante à qui il a promis Vimmortalité, et qu'il a cherché à expliquer, tant bien que mal , les rapports et les influences réciproques de ces deux principes l'un sur l'autre. La contradiction est donc fikagrante. L'unité du principe vital et du principe pensant n'est donc pas pour Platon une vérité très claire puisqu'il se contredit. Si l'on ne veut pas laisser subsister cette contradiction dans sa doc* trine comme une injure trop graice à son génie» il âiut sacrifier ou la théorie du Timée, ou la théorie , je ne dirai pas du Phédon, mais celle que le raisonnement extrait de ce dialogue. Laquelle de ces Uiéories faut^il