‹ De la psychologie de PlatonChapitre 38 sur 115 · CHAPITRE TROISIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈMB

comme un de ces arguments répétés et pour ainsi dire classiques» que tous les esprits.connaissaient et acceptaient d'avance? peut-être aussi cet argument n-a<-t-il pas, dans Platon, tout le sens qu'on lui prête. Si Platon a voulu dire que le corps humain est sans vie quand il est sans pensée ; qull ne yii véritablement que lorsque ses mouvements sont devenus des poisées, et lorsqu'une âme pensante est venue se joindre au principal vital ; que, privé de cette âme, il n'est qu'un végétal , une [dante de la terre , alors on peut restituer à Platon le principe, mais je n'y vois plus le germe de la doctrine stahlienne. En un mot, le dualisme ne me paraît pas pouvoir être détruit dans la philosophie platonicienne par les inductions qu'on tire pour Platon de cet unique argument. Ce dualisme éclate dans tous les principes et dans toutes les conclusions de la théorie. La vie de l'âme, et tous ses actes, sont antérieurs à la vie du corps et à tous ses mouvements. Il y a donc là deux forces et deux principes séparés , et même comme ennemis et contraires. Ce n'est pas que ce dualisme soit sans diiUculté dans la doctrine platomci^me , et , par exemple , on ne comprend pas que le principe vital puisse mourir. La philosophie ancienne se refusant à accepter la création ex nihilo de substances nouvelles, tous les principes vrais de mouvements sont non seulement immortels, mais étemels. Immatériel en tant qu'âme, intelligent puisqu'il n'est qu'une forme de cette âme de la matière qui a commencé a ébaucher les formes du monde, on ne conçoit pas que le principe vital pqisse être anéanti.

PKKMlËAIî PARTII.

La mort no pout être pour lui , et c'est peut-ôtre ainsi que Platon peut Vappeler niortei, qu ua retour à Fàme universelle; à la dissolution du corps il rentre dans le grand courant des forces de la nature ; il ne se perd pas pour cela et n'est pas détruit, mais il n'est plus en tant qu'individualisé dans un être , et cette indindualité on peut croire qu'il la devait à l'àme pensante. L'âme se séparant, à la mort du principe vital , ce dernier retombe absorbé dans l'océan immense , dans le gouffre sans rivages de la vie universelle ; il est mortel en tant qu'individuel et en tant que forme, immortel et éternel même par sa racine et sa substance. Il est d'autant plus probable que Platon l'entendait ainsi, que la vraie immortalité de l'âme, c'est à dire la conscimce de la personnalité conservée, et de l'unité et de l'identité persistante du moi pensant, Platon l'espère beaucoup plus qu'il ne l'affirme, et s'il ne l'affîrme pas de la raison, de la pensée, peuton croire que dans le même dialogue, qui Atteste ses incertitudes et ses doutes en même temps que ses espérances , il ait affirmé que le principe de la vie eu nous était doué d'une immortalité véritable? ie persiste à penser que PLaton a connu el maintenu la séparation absolue de l'esprit et du principe de la vie organique, dans l'unité de l'être humain.

U reste encore contre l'interprétation que je propose une difficulté : elle nait de la contradiction apparente de la théorie du Timéc et de la théorie de la Républir/uc sur la question des trois âmes ; on s'en est généralement délivré en ne tenant aucun compte des

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