‹ De la psychologie de PlatonChapitre 39 sur 115 · CHAPITRE TAOISlàHfi · texte numérisé non relu

CHAPITRE TAOISlàHfi

textes du Timée, trop souvent sachûés par les commeatateurs de Platon; car sur ce point au moins et sur beaucoup d'autres , le sens en est des plus clairs , et, ce qui est bien quelque chose, la doctrine en est très solide. Tout le monde convient que s'il a manqué quelque chose au génie de Platon, c'est la méthode, du moins la méthode comme nous l'entendons, l'enchaîncment logique , l'art de la classification et de la division, en un mot, ces longues chaînes de déductions géométriques où Descartes voulait ramier Texposé de toutes les vérités philosophiques. Il est malheureux sans doute pour nous, que Platon n'ait pas adopté un plan général et une forme didactique plus conformes à nos manières de concevoir, et n'ait pas réduit luimême ses théories diverses dans l'unité d'un système. Le procédé de composition propre à Platon augmente encore la difiUculté. Le dialogue de Platon est un mime, et les anciens le comparaient aux mimes de Sophron, qu'on trouva sous son chevet après sa mort, et même aux comédies d'Aristophane. ' Les détours où s'égarent comme en se jouant les acteurs du dialogue, mêlent et troublent le fil des idées que la oonversatiiou dénoue et renoue tour à tour. Il faut bien l'avouer : Platon oublie souvent de mettre le frein à ce mouvement libre, à ces digressions aimables qu'il compare lui-même tanlAt à un cheval indocile, tantôt à un v^t

l Diog. Laerte, Vie âê PlaUm, Cf. Quint., 1. 10. Alhinét, XI, 15 Olynpiodore.

PKEMlËHË PÀATIE.

capricieux, ^ et qui l'emporienl hors de son sujet. La forme scientifique a ce grand avantage, qu'elle ne permet guère les contradictions, parce que la nécessité de

lier entre elles et de ramener sans cesse au môme principe toutes les parties d'un grand système, fait toucher du doigt les inconséquences qu'il pourrait renfermer, n est certain qu'il y a dans Platon des théories diverses qu'il est ciilïîcile de concilier; le dialogue, qui a l'inconvénient de couper les questions philosophiques eu des divisions qui ne sont pas toujours celles de la science , a aussi quelques avantages : il permet à Vesprit de se contredire, ce qui n'est quelquefois pas autre chose que se corriger ; il laisse à l'inspiration du moment toute sa liberté» et ne contraint pas le génie au paradoxe ou au sophisme par la nécessité d'être conséquent. Il ne faut donc pas espérer de trouver dans Platon, sur aucune des grandes questions philosophiques , un corps de doctrines parfaitement homogènes. Depuis le Phèdre , évidemment Tun des ouvrages de sa jeunesse, jusqu'au Tiniée, qui paraît être le dernier pu un des derniers, puisque le Critias est resté inachevé, dans cette longue existence de penseur, comment ses idées ne se seraient-elles pas modiiBées, étendues, redressées, c'est à dire un peu contredites. La méthode qu'il avait adoptée l'invitait à se corriger sans cesse par la facilité même qu'il y trouvait , et comme il n'est pas peut-

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