‹ De la psychologie de PlatonChapitre 40 sur 115 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

t^tre un seul des problèmes philosophiques sur lequel il ne soit sans cesse revenu, il ne faut pas 8'étoimer si Ton trouve, dans des dialogues sépu^ par la distance des années et à la fois par la différence des sujets , des théories diverses ou quelques détails contradictoires.

Cependant il ne faut tien exagérer ; Tunité est la puissance desidées, précisément parce qu'elle en est leHen; elle n'a pas pu manquer à la doctrine de Platon dont personne ne conteste la puissance. Obscure et secrète» elle n'est pas invisible , et elle n'est pas détruite par quelques diversités , quelques contradictions légères , que la difficulté du sujet et la faiblesse inhérente à la nature humaine expliquent suffisamment. D'ailleurs elles ne sont pas toutes inconciliables, et celle qui nous occupe en ce moment, la contradiction entre le Timée et la Républiqm sur la question des trois âmes , peut se résoudre par une analogie dans les termes qui n'implique pas nécessairement identité dans le sens : ce sont deux théories différentes , qui n'ont d'autre ressemblance que celle des noms et des parties de la division. L'une, je crois l'avoir démontré , aboutit à la distinction de la vie morale et de la vie physiologique, et reconnaît en l'homme, outre le corps, deux principes, dont l'un est mortel et l'autre immortel. La seconde , comme nous, le verrons plus loin, Mt partie d'un vaste traité de morale , d'une théorie de la raison pratique , et conclut à la distinction dans l'homme de trois sortes de caractères , de trois genres d'habitudes

PREMIÈRE I AUXIË.

morales qui correspondent à trois formes de l'Ame. * Cette théorie s'étend de là et s'applique à la politique , qui n'est qu'une branche de la morale , car les caractères indÎTiduels qui distinguent les hommes se retrouvent dans les républiques; l'orateur doit les connaître, puisque c'est à eux qu'il s'adresse pour conseiller et persuader les peuples ; Fhomme d'État doit profiter de la théorie , doit nécessairement la consulter comme un modèle pour diviser la cité en autant de classes sociales qu'ily a de caractères distincts dans cet être, multiple et ondoyant qu'on appelle l'homme.

Dans la République , aucune de ces ftmes n'est appelée mortelle : comment en efl'et Tlaton aurait-il voué à la mort l'âme capable d'aimer l'honneur et la gloire? * Les parties qui la divisent n'en détruisent pas dans cette théorie l'unité réelle : ce ne sont pas des parties véritables; ce sont plutôt des dispositions morales diverses, des affections ou passions ' particulières de l'Ame, qui servent à dasser les hommes par leurs caractères ; c'est une psychologie toute morale qui laisse en dehors, comme on l'a judicieusement observé, * tous les phénomènes physiologiques dont précisément l'Ame mortelle du Tmée est le principe.

n ne servirait à rien de dire qu'on peut conclure des

i JU^o VI. p. 604.

s Bify»» DC, p« S80, fiUmfm.

3 Ioiv> IX, p. 863, av«tt«il«bati«t|Uf^. r

4 Dr Lëlat , JMn. tw te tiigt dê l'ime. Mém. de l'Àead. du Seimees moraies H poUHquetf tom. II.

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