CHAPITRE TBOISIÈME
Uais comment et pourquoi Vàme,,qui est uii principe incréé» sur lequel Dieu ne peut agir que par la persuasion, a-t-elle perdu cette divine félicité? On trouve à cette question , dans Platon , et Plotin l'a le premier fait observer, deux réponses différentes : dans le Phèdre, rinoorporation est une chute ou une conséquence d'une chute des àmes;.dansl0 Timée, Dieu les lance dans le monde réel, leur inspire le désir, ou plutôt réveille en elles le désir inné d'entrer dans les corps pour y déposer les formes et y allumer la flamme de la vie. Cette dernière solution est celle qu'adopte Plotin comme la véritable ; il la prend pour son compte, en l'exprimant avec plus de détail et de clarté. Ce désir de se répandre dans des corps, ce velle reverU, c'est un mouvement d'expansion libre, et cependant fatal , une puissance de développement inhérente à l'essence de l'âme , mais qui ne va pas jusqu'à cette vertu d'extéiiorisation que flqtin, bien avant Hégel, attribue à l'ftme, et par laquelle elle produit son corps qui n'est plus qu'une espèce de prolongement et de rayonnement de l'âme.
D'après le Phèdre, les âmes sont d'abord parfaites : en cet état elles habitent et concourent à mouvoir le ciel ; elles ont des ailes dont la vertu est de porter vers le divin, le beau, le bien, et tout ce qui est tel, c'est à dire vers les essences.
Ce n'est que lorsqu'elles ont perdu leurs ailes qu'elles sont comme entraînées dans le vide et qu'elles flottent égarées dans l'espace, jusqu'à ce qu'elles aient renconm un corps, une matière solide oà elles s'étala