La monade est une substance
3 Il n'y a point do dissolution à craindre; et U n'y a aucune
manière concevable par lai^uello une substance simple puisse périr natu-
relleinent.
5. Piir la même raison , il n'y en a aucune par laquelle une substanee •impie puisse commeneer natnreUemeiit
CâAmRli TROISIÈME. 489
a pas créatioH nouvelle de substances; car cette création de nouvelles substances aurait pour effet de détruire r harmonie vivante et actuelle de l'univers : raisonnement qui, sans lui être identique, ne s' éloigne pas beaucoup de celui de Platon sur la nécessité d'un éqmr libre juste que doivent se faire la mort et la vie. La vie n'étant qu'un développement des substances et des germes, d'après Leibnitz, et la mort un renveloppement , les âmes existent depuis le commencement des choses dans les semences, avec une espèce de corps organique, jusqu'au temps de la génération de l'homme auquel elles doivent appartenir. Primitivement sensitives ou animales, dépourvues de perception et de sentiment, destituées déraison , elles acquièrent toutes ces facultés , soit par une opération particulière de Dieu, soit par un développement naturel qui élève Vftme s^âtive à la dignité d'un être raisonnable. On voit tout ce qui appartient à Platon dans cette doctrine que repousse S. Thomas. Ge dernier, vrai disci-
•73. Il n'y a jamais ui génératiou entière , ni mort parfaite prise à la rigueur, consistant dans la séparation de Vkme ; et ce que nous appelons gênéroÊiont sont des développements et des aceioissements , oomme ce qne noos eppdons morto sont des enveloppemeilts et diminutions.
74. Les philoso|Aes ont été fort embarrassés sttr l'origine dse formes, entéléchies on ftmes...; mais depuis qu'on a vu que des corps organiques de la nature ne sont jamais produits d'un chaos ou d'une putréfaction, mais toujours par des semences, dans lesquelles il y avait sans doute quelque préformation , on a jugé que non seulement le corps organique y était avant la conception, mais encore une &me daus ce corps, et en un mot l'animal même.
pie (l'Aristote, et qui, comme lui, définit l'âme : la forme d'un corps orgaoisé, observe» d'un côté, que les âmes sensitives sont produites par la vertu même des éléments matériels, et il en conclut qu'il est impossible que la vertu active, renfermée dans la matière, aille jusqu'à produire un être immatériel. D'un autre côté » Tâme étant , suivant lui » une forme substantielle, un être subsistant par lui-même , et la génération d'un être n'aymit jamais lieu que par l'altération d'un autre être, une première forme est détruite quand est produite une forme plus parfoite. C'est ainsi que Vâme inteUective est créée par Dieu comme terme de la génération humaine, et cette âme, se substituant aux formes préexistantes, qui ne peuvent co-exister avec elle , en remplit les fonctions et est sensitive et nutritive en même temps qu'intellective.
Quant à la préexistence des âmes , avec S. Thomas l'Eglise catholique tout entière larepousse comme une hérésie. « L'âme n'est pas devant le corps, » dit Bossuet, attaquant par là le principe fondamental de Platon, « et quelque chose lui manque lorsqu'elle en est séparée. » ^ Cette erreur, qui avait tenté S. Augustin et qu'il rétracta définitivement, avait complètement séduit Origène, qui tirait de cette théorie, à l'exemple des anciens, l'origine du mot grec ^x^^ Primitivement saintes et pures, les âmes s'étant d^oùtées delà contemplation divine et refroidies de l'amour
1 Digeown sur fHiil, Vnio.^ ll« partie , c. 10.
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CUAFllKË ÏROiSlÈME. 491
(le Dieu, ont été, pour cette raison, appelées la iroideur môme, ^x^* ^ âmes. ^
C'est en e£fet une doctrine Deiusse et funeste que la préexistence des âmes, et la métempsychose qui s'y ajoute, en accuse les conséquences en les exagérant. Il est difficile de comprendre odnunent les âmes qui ne sont pas créées, sont préexistantes, à moins qu'elles ne soient absorbées dans le sein de Dieu ou de l'âme universelle. Si c'est par leur substance, par l'unité de substance qu'elles sont étemelles» et on ne voil pas qu'il en pwsse être autrement, l'individualité et la personnalité véritables , c'est à dire toute la dignité humaine, sont compromises et perdues. Platon en maintient encore le nom; îl n'en soutient pas la réalité.
Il est impossible d'expliquer autrement que par une création volontaire, les relations de l'âme humaine à Dieu, qui en même temps qu'il la produit, lui communique une partie de ses propres privilèges, et, parmi oeux-GÎ, une vie propre et un principe d'individualité. Il ne suffit pas à une doctrine pliilosopliique de proclamer des vérités, il faut encore qu'elle les explique ; comment les âmes restent-elles individuelles au sein de la grande âme d'où elles sont tirées et où elles retournent ? L'absorption est tellement la conséquence du principe, qu'il ne faut pas s'étonner que Plotin ait ainsi interprété Platon. La &ialité ou le hasard n'est point une théorie; c'est un mot dont on couvre l'im-
I Cf. Arist., De iittm., 1., c. i, % S3. >lat, Cratyle^ trad. do M. y. Couflio, p. 49.
PHËMIÈRË PARTIE.
puissance de la science, qu'il serait plus simple et plus court de confesser tout de suite. L'unité de substaooe, au moins pour tous les êtres yiyants, est au fmid du dogme de la préexistence des âmes non
créées.
De plus, on ne comprend guère davantage, dans ce système, comment le corps peut avoir une ii^uence quelconque sur Vftme, dont il difiEère toto génère.
Nous échappons à la difficulté, en disant que Dieu, qui a créé les deux substances, en a créé, comme il l'a voulu , les rapports à la fois incompréhensibles et certains. Mais Platon, qui donne à Vàme une existence indépendante de Dieu et antérieure au corps , en affirmant comme réelle leur action réciproque, ne Tapas pour cela rendue possible : les âmes de Platon, comme les monades de Leibnitz, «( n*ont pas de fenêtres par lesquelles quelque chose puisse y entrer ou en sortir. » Suivant un ancien principe d'Ëmpédocle, que répète fréquemment Platon, le semblable seul agit et peut agir sur le semblable : comment donc le corps peut-il agir sur l'âme , et même comment l'âme peut-elle agir sur le corps?
La psychologie analytique ne peut guère non plus accepter ce système : elle demande pourquoi Tâme aurait perdu la conscience de sa vie antérieure , et le dogme de la Réminiscence ne parait pas répondre d'une manière satisfiaisante à cette question. La Réminiscence ne lui paraît être qu'une conception à priori de l'absolu, mais qui exige comme condition nécessaire, de l'aveu même de Platon, une expérience, un fait
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