‹ De la psychologie de PlatonChapitre 47 sur 115 · CHAPITRE TA01SIÈM · texte numérisé non relu

CHAPITRE TA01SIÈM

particulier et sensible ; il n'y a donc pas lieu de conclure de cet acte de la raison à une existence antérieure et délivrée du corps , puisque le corps en est une condition, sinon l'origine. Si la psychologie expérimentale constate en tout homme, dès lors qu'il pense, des idées universelles et nécessaires, elle constate aussi que ces idées sont en lui tout d'abord confuses et obscures ; que le progrès de l'âge et le développement de tout l'être, les dégagent et distinguent, et qu'il n'y a pas lieu , comme le fait Platon, de se demander en quel temps nous aurions perdu ces idées si elles nous étaient innées ; elles nous sont données comme un germe obscur, et non point dans leur perfection lumineuse ; nous n'en ayons point perdu la splendeur, car nous ne l'avons point possédée, et Dieu nous réserve la peine et l'honneur de les distinguer des ténèbres où elles sonuneillent, et de les amener, par une Tolonté courageuse , à la vraie lumière et à leur perfection suprême.

D'un autre côté, s'il est dangereux de dire que l'âme ait existé avant le corps , n*est-il pas dangmux aussi de dire qu'elle ne peut exister sans le corps? Si, comme le dit Bossuet, quelque perfection manque à l'âme quand elle est séparée du corps ; si cette perfection , chose singulière , lui est apportée par la matière ; si , comme le veut S. Thomas, Tâme est quelque chose du corps, on ne voit pas comment elle peut exister sans lui, comment elle peut survivre à ce dont elle est la forme ou Tacte : son immatérialité et son immortalité sont compromises. Quand on admettrait même que

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