‹ De la psychologie de PlatonChapitre 50 sur 115 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

cipe ne détruit pas le précédent; car, dit Platon, on parlait alors des choses positives et réelles, et nous les nommions du nom des essences; mais maintenant nous parlons des essences mêmes, qui sont présentes ^ dans les choses et leur donnent leur nom, et c'est de ces essences que nous disons qu'elles ne peuvent pas naître les unes des autres : jamais la petitesse ne deviendra la grandeur. * Un vrai principe, une vraie cause, ont pour caractère propre d'exclure leur contraire, et le contraire de ce qui émane directement d'eux : or, TÂme est la cause de la vie; elle exclut donc le contraire de la mort , et elle l'exclut éternellement. L'argument est repris et continué à la fin de la première partie du Phédon, Non seulement le contraire n'admet pas son contraire ; mais encore tout ce qui apporte avec soi un contraire, en se communiquant à une autre chose , n'admet rien de contraire à ce qu'il apporte avec soi : ainsi, non seulement Tinipair exclut le pair, son contraire; mais encore, quoique trois ne soit pas le contraire du pair, il l'exclut • cependant, parce que trois apporte avec soi l'impair contraire du pair : or , l'âme est ce qui fait que le corps est vivant ; elle apporte donc avec elle la vie partout où elle entre : le contraire de la vie c'est la mort ; Fàme n'admettra donc jamais ce qui est contraire à ce qu'elle apporte toujours avec elle, c'est à dire la mort. L'âme est donc immortelle.

1 Phédon, p. 103,

2 Cf. Paménid., p. 130.

PREMIÈRE PÂHTIK.

J'ai déjà fait remarquer en quoi l'argument semble vicieux. Le principe posé était celui-ci : le contraire, pendant qu'il reste ce qu*U est, exclut son contraire , et ce contraire , dès que Tessence contraire approche , se retire et périt ; ce qui est un principe purement logique, le principe de contradiction même. Mais il ne saurait y avoir plus de réalité dans la conclusion que dans le principe , et la seule conclusion légitime qu*on en puisse tirer, c'est que l'âme, à l'approche de la mort , contraire de la vie que l'âme apporte partout avec elle, se retire et périt plutôt que d'admettre les deux contraires , la vie et la mort. * Platon se fait luimême l'objection. « On me dira peut-être , dit Socrate, que l'impair ne puisse devenir pair, nous en sommes convenus ; mais qui empêche que l'impair venant à périr, le pair ne prenne sa place? Je ne pourrais pas répondre que Vimpair ne périt point, puisque l'impair n'est point impérissable , tandis que l'Âme est impérissable, n Mais c'était précisément là ce qu'il fallait démontrer : la conclusion que Vàme est immortelle parce <[u'elle est impérissable ne parait guère qu'une tautologie.

1 Soliloq., II , c. 12, no 33. Saint Aoguslin signale également le vice de ••et argument : Nec me ab hac sententia revocat, quod a magnis philosophis dictum est , eam rom quœ , quocumque venerit , vitam prœstat, moriem in se admittere non possc. Quamvis enim lumen , quocumque intrare potaerit, faciat id lucere, tenebrasque in se propler memorabilem illam vim oonfararionim non possU admittere, tamen exatingoitor, loenaqiie iUe exattnelo Inmine tendmitiir. . . . Iteqae timeo ne mon ita eontingat coipoii , ut tond)r»loco, aliqaando diaoedento animo, ntlûmine, aliiiaando antem ibidem cxatineto.

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