‹ De la psychologie de PlatonChapitre 51 sur 115 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Le troisième argument est celui de la Réminiscence : apprendre n'est autre chose que se ressouvenir. La prémisse est démontrée par un Mi évident de conscience. Tous les hommes, bi^ interrogés, trouvent tout d'eux-mêmes : donc ils possèdent de tout temps , avant d'avoir rien appris, une certaine science et une vraie raison. ' Si la vérité est toujours dans notre àme, cette âme est immortelle. En outre, si ce principe est vrai , il faut de toute nécessité que nous ayons appris dans un autre temps les choses dont nous nous souvenons dans celui-ci , ce qui est impossible A notre àme n'existe pas avant que de venir sous la forme humaine : donc l'âme est antérieure au corps, et les causes qui attaquent la vie du corps n'ont pas de prise sur l'âme. C'est à peu près Vargument du x*" livre àelaRépubHqm^ Le mal du corps est la dissolution : une substance ne peut périr par le mal d'une autre substance : or la substance de Tâme est spirituelle et non matérielle conmie celle du corps , donc Tàme n'est point sujette à la dissolution qui ne peut point atteindre ce qui est simple et sans parties.

L'âme, en eil'et, est simple et sans parties, et par conséquent indissoluble ; nous n'avons, pour nous en assurer, qu'à nous interroger nous-mêmes et à consulter notre conscience. D'abord la connaissance sensible exige un sujet simple et un : ce que nous savons des caractères communs des choses, nous ne pouvons

1 Phedon, 73, irArc^v^ri ivoOra xai é^oi; Uft^i. Cf. Le Méwm, p. 86, 'B. s. Augustin, SoUloq.j II, c. 12, 24. Deinmort. anim., c. 1 et S, 9.

PREMIÈRE 1 AUilU.

pas 1(; savoir par un sons particulier; toute connaissance d'ailleurs est une connaissance du général ; pour que nous puissions sentir, il faut donc que nous puis- 8i<ms rapporter les impressions de nos organes à un sujet simple et indivisible, c'est à dire sans parties, par conséquent immatériel, indissoluble, immortel.

La connaissance suprà-sensible démontre enecnre plus fortement cette nécessaire simplicité de la substance du principe intellectuel : lorsque l'âme se [>orte vers ce qui est pur, l'être éternel, immuable, identique , sa connaissance est sans trouble et exempte d'erreur, tandis que la connaissance sensible est pleine d'erreur et d'obscurité. L'âme ost de la mi'^me famille que ridée, et en tant quelle communique avec la pure identité , elle arrive non seulement à la nmplicité, mais à Videntité pure. Ainsi la manière d'être de l'âme, dans la pure intuition su[)rà-sensible, est identique à la manière d'ôtre de l'idée qu'elle contemple; or, comme c'est sa perfection , c'est aussi son essence. ' L'essence de l'âme est donc d'être semblable à l'Idée, à l'intel^ ligible, au divin, au simple, à ce qui est toujours le même : donc l'àme est toujours indissoluble ou presque indissoluble , vi èfféç n toutou.

Simmias fait une dernière objection : l'âme ne pourrait-elle pas ôlre simplement un rap[)ort, le rapport des principes corporels entr' eux, et l'harmonie qui résulte de Texactitude et de la justesse de leur combinaison? car ce rapport est aussi quelque chose d'inyi-

1 Phéiion. p. 97.

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