‹ De la psychologie de PlatonChapitre 52 sur 115 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

sible, d'incorporel, de divin. * Si apprendre c'est se ressouvenir, et si Tàme par conséquent a existé avant le corps» on ne peut pas conclure que rème soit line harmonie et un rapport; car rharmonîe ne peut pas exister avant la lyre, ni le rapport avant les choses qu'il unit. D'ailleurs un rapport ne diffère pas des choses dont il est le rapport, * et n'existe réellement que dans les éléments qui le constituent. L'harmonie est susceptible de plus ou de moins; une âme n'est pas plus ou moins âme. Dans Fh} potlièse où l'âme serait une harmonie, que serait le vice et même que serait la vertu? L'âme vertueuse sera une harmonie douée d'harmonie; l'âme vicieuse une harmonie privée d'harmonie ; ce qui est impossible, et on ne peut sortir de la difficulté qu'en soutenant, contre révidence, que le vice ne peut pas atteindre l'âme ; car il est clair que l'harmonie ne peut pas manquer à l'harraoïiie ; enfin , l'harmonie obéit aux éléments qui la produisent et FAme commande au corps qui la sert. Il n'est donc pas permis de croire que l'âme soit un rapport ; elle existe avant le corps , subsiste après le corps et probablement lui survivra éternellement. L'âme est immortelle.

En résumé, l'âme est une substance» c'est à dire une chose qui est véritablement , puisqu'elle possède une force : a tout ce qui possède en soi la puissance

1 l'ht-don, \). m, A.

i Phédon, p. y3.

rHEAUKES FARTIB.

d*agir ou de p&tir a une existence réelle , est une substance. » *

L'être n'est autre chose qu'une force. La force de ràme oonsbte à se mouvoir eDe-mème et autre chose

qu'elle-même . ' Le mouvement de l' âme n' est autre chose que la pensée : c'est parce qu elle se meut elle-même qu'elle meut le corps auquel elle.est unie. * Il y a plus : les mouvements des corps sont de la même nature que ceux de l'âme , et en sont à la fois les imitations et les effets. * Le mouvement circulaire, de rotation sur soimême et sans déplacement, qu'on admire dans les ré^ voluticms de certains astres, n'est autre chose que l'image visible de la pensée parfaite et pure, qui s'applique toujours au même objet et reste toujours la même. 'Lap^ée, en effet, parcourt un cerdeetrevi^t sur elle-même ; sa perfection est de se con-

1 Sophist., p. 947. C'0tt presque la définition de Leibnitz : * La sab»> tance même des choses consiste dans la paissanco d'agir oa de pâtir. Aucune

chose durable no peut nu^me être produite , si nulle puissance permanente ne peut èlrc imprirnée en elle. » De la Nature et dt la Grâce, éd. Charpentier, tom. H , p. 4fiO.

2 Phèdre , et Lois , X , p. 894 , 4^ i"uuT/,v n «Ui *ai Uif i'.*v«iiivr, mvtXt.

3 Aristotc , qui critique cette théorie (de intm.^ I, 3 , $ 11, 12, 14 , 15) , admet que la pensée nsMBible à na repos plutôt qu'à on moareiiMiit, et que rime est an motevr immdiile.

4 Tm., p. 47, C.

5 Lait, X, p. S96 , À, Tf t« ms MfUtif «iMiMdmi*. Tim*, pu 40« K^der met enoore dans les planètes une âme directrice pour les conduire dans l'espace et leur tracer les courbes savantes qu'elles ont k suivre. Àrist., de Ànim., I, 3, ^15. « Suivant Platon, l'intelligence est un cercle; caria pensée est le mouvement de l'inlelligenco , comme la péripliorie est le mouvement du cercle. » Pour Aristote , Je mouvement de la pensée a lieu en ligne droite.

CUÀPITRË TROISIÈME

naître elle-même et ce qui est on elle; * de se recueillir et de se replier sur elle-même, de ne croire qu'ellemême, * et, comme ce qui est pensé est semblable à ce qui pense , ' de concevoir la notion pure des essences , de contempler en elle-même , et dans un acte où elle agit seule et par elle-même, l'intelligible, Timmatériel, les Idées , * Tétre véritable. La nourriture de l'Ame qui est divine est le divin , et son acte est la contemplation du divin qui lui est semblable et de sa propre nature.

Invisible, échappant à tous les organes de notre corps, râme est immatérielle ; sujet de la pensée qui a pour essence de généraliser, de ramener à l'unité la multiplicité des impressions sensibles, elle est pariàitement simple et une dans sa substance et son essence ; elle est par conséquent indissoluble, et par conséquent immortelle; car pour que l'âme puisse périr, il faudrait qu'elle pût se dissoudre, ce qui ne peut arriver à une substance simple et sans parties. Distincte du corps, l'âme n'est pas moins distincte du principe vital, espèce d'âme qui n'est ni pensante ni immortelle ; et s'il est difficile, dans le système de Platon, de croire qu'une Ame puisse périr, on peut

1 Tim,, p. 7».

S Phédon, p. 88. Tim., p. 48.

S Arislote die et râfote ce inrincipe (de Amm., 1,5,8). C'est «ne UA d'attnetion uniTeffelle, appliquée aux forces intelleetoeUeB eonuM ma forces physiques.. Cf. Tim*^ p. 81. « Le semblable se porte toujours vers le semblable. C*eet le monvemeot de tontes ehoses dans Tanivers. »

1 Phéâm» p. 84, xi u\v»... hnak^

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