‹ De la psychologie de PlatonChapitre 6 sur 115 · CHAPITRE PRËMIËR · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRËMIËR

sola: telles sont les choses que V Opinion nous fait ccmnattre comme belles et bù même temps laides, pesantes et légères, grandes et petites, auxquelles enfin les qualités contraires peuvent convenir également. On peut appeler cet être impariait et inférieur, le nonêtre; car ce qui eyf grand sous un rapport, n'at-fm qrmd sous un autre, et Ton ne peut pas dire de ces choses, qu'elles sont^ plutôt qu'elles ne sont pas ce qu'on les dit être : dles roulent entre l'existence Traie et le véritable néant.

L'objet de V Opinion sera donc le non-être, mais non pas le nou-étre absolu, c'est à dire le néant. Ce qui est pensé par V Opinion est quelque chose, Iv n, et une certaine chose, qui même participe à l'unité, et non pas absolument rien, p,-/i^£v. S'il y a du non-être dans les choses sur lesquelles V Opinion porte ses jugem^ts, qui portent toujours sur quelque chose, iid n ^pct T^iv ^o^ov , c'est un non-étre logique dans lequel est enfermée la négation, non de la substance, mais de la qualité; non de l'essence, mais des attributs : il

est un mélange inrompréliensiblo du néant et de l'être. L'objet de l'Opinion no peut pas être au milieu ; car il n'y a i^u'uii terme réel, qui est l'être. Le néant n*ëtant absolument pas , ne peut pas faire IViutre extrême ; il est impossible évidemment d'établir une prqMXrtion , d'ins^r nn moyen entre Fétre et rien. L'ignorance absolue, épéatm, n'est pas pins nn terme que rien. VOpinim n'est donc pas, & proprement parier, un intermédiaire entre la science et rignorance , pas plusqaele non-être relatif et accidentel n'est un milieu entre l'être pur et le pur non-étre. Dans le VI« livre de la République (p. 511, D), c'est la connaissanoo raisonnéc , opérée par la méthode géométrique et portant sur les essenres matlu-maliques, qui est posée comme intermédiaire entre VOpinion et VInlclli(jence pure, xi» tAv

PREMIÈRE PAHTIB.

est le terme où aboutissent, le sujet où peuvent rc^sider, mais non pas à la fois et sous le même rapport, les qualités contraires, Simmias est petit si on le compare à Cébès ; et s'il est grand ou non petit , ce sera par comparaison avec une autre personne , avec Socrate, par exemple. *

n est encore une autre manière de wm-étre» toujours objet de Y Opinion : c'est cet être même que V Opinion nous fait connaître, quand on en compare la pauvreté avec la richesse et la plénitude de Fètre Téritable. Bans cette comparaison, tout son être semble fondre et disparaître ; il semble que ce n'est plus qu'une apparence, une image ; ' que la connaissance que nous nous en formons n'est qu'une illusion, un réye de l'imagination troublée par de Tains simulacres ; on est tenté de l'appeler, et on l'appelle du nonêtre; car les qualités qui semblent lui appartenir, n'étant pas essentielles, U les possède en un sens, et ne les possède pas en un autre. De plus , cet être ne se suilil pas à lui-même : il dépend d'un autre être; ces choses ne sont pas par elles-mêmes ; elles n'ont pas en elles-^mêmesles raisons de leur être et de lem* essence ; elles ne sont pas absolues, parfaites, et si on réserve le nom d'être à l'être absolu, immuable, qui seul se maintient lui-même, se suffît à lui-même, cm peut dire des objets de cette connaissance douteuse et obscure qu'on appelle Y Opinion, qu'ils ne sont pas :

1 PhédùH, p. 100.

s Jl^., V, p. 476.

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