‹ De la psychologie de PlatonChapitre 63 sur 115 · CHAPITRE PREMiËH · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMiËH

Celte interprétation , qui s'accorde avec toutes les paities de k définition de Platon, me parait encore démontrée par ce passage du vni* livre de la République, où il est dit que le gouvernement iî'//iocratique répond au caractère de l'àme où domine la colère : « comme la colère, ô Ou^mç, y est la faculté dominante, on y remarque surtout Vambition et la brigue. » ^ Nous retrouvons la même sorte de preuve au ix*' livre, où la classification morale constate en nous trois sortes de désirs, de plaisirs et de dominations. Les parties de l'àme sont donc ici considérées, non pas comme des facultés , mais comme des facultés morales , comme le principe et la source de nos actions, de nos pensées, de nos habitudes , au point de Tue de la moralité ; ce n'est pas une analyse de Vftme, c'est une analyse du cœur humain : on en va juger.

11 y a, dit Platon, ' un plaisir attaché à la science, à la vertu , et dont le principe est ce par quoi Thonmie connaît ; il y a un plaisir attaché à la satisfaction des désirs sensuels, comme de boire et de manger, qui, pour se satisfaire , aspirent à la richesse : le principe de ce plaisir peut s'appeler l'amour de l'argent, la soif du gain ; enfin, le plaisir propre à la faculté qui rend

Sion innée du cœur humain : appetitio quœdam principatus ut neniini parère animus bene informatus a natura velit. ... De 0(}ic., l, 4. Ëadcm ratio habet in se quiddam amplom et magnifiemn, ad imperandum inagis qnam parendum acoommodatviii. 1>« Fmib,, II, c. 14. 1 Les mots grées sont pins signifleatift : ^ImmIm ma 9iint|>te» et phis bas ,

f Qafte« et fiAvifat.

3 Rép,, IX, p. 680.

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râme irascible , par laquelle elle s'émeut, s'enflamme, s'exalte, w ôujxoûTai, c'est le plaisir de la gloire, qui porte de toutes ses forces et sans cesse à dominer, à remporter sur les autres^ à acquérir de la gknre, de

l'honneur, ou au moins des honneurs qui^^en sont quelquefois la récompense et toujours l'image :

Dans cette analyse, où Platon ne considère la connaissance elle-même que comme le principe d'un phénomène de sensibilité, il semble érideni qu'il n*efit question que des {oincipes moraux, qui con^ duisent à créer des distinctions analogues d«Qs les * caractères des individus comme des sociétés politiques. * Ces caractères sout, dans l'individu : le piiilosophe^ Tambitieux, l'intéressé, selon que tel ou tel principe domine dans notre cœur ; cela n'empécfae pas Platon de reconnaître cinq caractères au lieu de trois : cela Uent à ce que la passion et le désir ont mille formes , imlle nuances» n^Ue d^és, et que toute classi-. ficaHon du md étant infinie, est par eda même arbitraire. De ces cinq caractères, l'amour de la justice et de la vérité forme le piemier; l'orgueil, le second; les tsois deaiisrs ne sont que laroisécheloos de la passion du plaisir sensuel. D'abord Vamour du gain, qui n'est qu'une convoitise modérée, excite

1 n est érident que pour ce but l'iinaljpM-te faoïlKs 4e rtne Mi loot à fiiit iniiULii car toutes les laies, en tant qu*â«es, ont les néroes facultés. On n*anrait pas trouvé là un principe de distinction ponr les caraclères des individus, ni les formes des gouremements.

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