CHAPITRE PlUUllËK
l'homme au travail et provoque Tiadustne; en second lieu, la licenoe de tons Iqs désirs qui, m se combattant, divisent et décbirent Vkme : cet état doukMiieu^c d'une corruption morale déjà profonde, est encore dépassé par celui où Tua de ces désirs l'emporte sur tons les autres, etdéiniit l'espèce d'équilibre de Vàme et de système de contrepoids qui, en balançant tous les instincts et toutes les inclinations , empc'^chaient le mal comme le bien d'y établir wie domination sans limite et sans mesure.La tyrannie d'une passion qui a éteint toutes les autres est le joug le plus odieux, le despotisme le plus exécrable que Vâme puisse subir.
Ces textes me semblent attester suffîsaxmnent que la ' classificalion des et ix" livres de la République n-a rapport qu'aux facultés morales, ainsi que celle qu'on devine sous les symboles du mythe poétique du Phèdre, La division du Timée est une distinction entre les pbfoomènes de nutrition et de reproduction qui, tout en faisant partie de la vie humaine , n'appartiennent point à l'âme, et les actes de l'intelligence et de la volonté àmi nom avons toujours consdenoe. Il reste donc dana le TkéHète un principe de division des actes de l'âme en sens et raison , qui a un vrai caractère psychologique ; mais Platon s'est contenté de l'indiquer; il n'a donné à cette classification rapidement posée aucun développement, et il ne s'est pas astreint à y faire rentrer ses analyses. ' De plus , cette classifi-
1 II reconnaît encore dans rime des facultés aettves et des faovMs pas^
cation a riaconvénient grave d'exiger des conditions presqu'impossibles à remplir. Goinment, en e£fet, et dans quelle proportion le corps intervient- il dans les fonctions de Vâme, et jusqu'à quel point? Quelles sont les conditions organiques de nos sentiments et de nos pensées? Quelle est la physiologie de la pensée? Il y a bien une science qni a )a prétention de nous l'apprendre ; elle dit qu'elle le sait, mais elle ne le sait pas, et, de plus, ne le saura jamais. Nous ne pouvons donc nous servir, pour rendre compte des phénomènes de ràme , tels que les a observés et décrits Platon, d'une méthode qu'il n'a pas sui\ie lui-même , qui ' ne s'applique, suivant nous, qu'aux faits de notre nature morale, et qui, s*appliquàt-elle à la psychologie tout entière, oflrirait peu de secours et présenterait plus d'un (langer. Platon est un classificateur médiocre; mais s'il n'a pas su ou voulu ramener ses idées en un système bien divisé et bien lié, nous trouverons cependant des analyses de nos facultés, de nos sentiments, de nos passions, admirables de finesse et de profondeur. Pour en mieux comprendre la vérité, et. Sous un désordre apparent, Vunité secrète et réelle, et pour suivre une méthode quelconque dans notre exposition, j'ai rapporté les analyses de Platon à des chefs principaux , qui , sans former précisément un système, se lient les uns^aux autres et se rapprochent des classifications modernes. C'est ainsi
{Phèdr., p. 245) ; mus il ne profîtt; pas de eetto distinction si juste et qni, entre ses msins, pouvait être féconde.
Oigitized by
<;UAP1TRE PREMIER.
que je distinguerai d'abord la sensation considérée eomme principe des phénomènes de connaissance; puis j'étudierai ceux de la sensibilité; je rapporterai à une seconile classe , les analyses que Platon a données de Tamour et de T amitié, de l'amour du beau, du bien, du mal, du libre arbitre et du bonheur; enfin je classe, sous le titre de raison pure, toutes les facultés intellectuelles de l'âme, qui n'ont pas pour objet le monde extérieur.
GHAPITRË DEUXIÈME.
LA SENSATION CONSIDÉRÉE COMME PRlNaPE DES PHÉNO- MÈNES DE CONNAISSANCE. LA CROYANCE. l'oPINION.
l'imagination, la mi^moire. des erreurs commises par ces facultés.
La sensation est la faculté d*acquérir certaines connaissances, OU d'éprouyer des impressions agréables
ou douloureuses, par suite de l'action des choses extérieures sur nos sens, ou de nos sens sur les choses extérieures. « Platon dit que le sens est un commerce de Vàme et du corps, dont la fin est de mettre Tàme en rapport avec les choses extérieures. La puissance et l'acte appartiennent à l'âme ; le corps ne fournit qu'un instrument. » Tel est le résumé de Plutarque. * Pour prendre les termes mêmes de Platon, la sensation est un mouvement de Vàme produit par les choses extérieures et communiqué à l'âme par l'intermédiaire du corps. * Cette faculté naturelle, commune à tous les
l Plut. , De Plae. Phil , IV, 8.
DEUXIÂMB PARTIE.
hommes, excitée chez eux par des impressions fortes » est le résultat de runion de Tâme et du corps, aussi bien que Vamour, la peine et le plaisir , la crainte , la colère , el les autres aflectiuns qui viennent î\ la suite de celles-là ou leur sont contraires. * La couditiou de la connaissance des choses extérieures, aussi bien que de la sensibilité, est donc physiologique. Laissant de côté, pour le moment, les sensations considérées au point de vue de la peine el du plaisir qu'elles causent» nous allons étudier les aoles de connaissance qui en dériTcnt.
Platon distingue, dans le Timée, les impressions produites sur le corps tout entier de celles qui sont produites sur un organe spécial. * Les unes et les autres sont tantôt accompagnées , tantôt dépourvues d*un sentiment de peine ou de plaisir. Cette propriété de la sensation dépend à la l'ois de la nature des corps extérieurs qui la causent, et de la nature des parties de notre corps qui la reçoivent et la communiquent. Les corps extérieurs et nos organes corporels s(3nt composés de parties faciles à remuer, ou, au contraire, de parties qu'on ne peut remuer que difficilement.
Les sensations de la chaleur et du froid , de la résistance et de la mollesse , de la légèreté et de la pesanteur. , du poli et du raboteux, sont produites par les causes suivantes, ou par des causés analogues. Par exemple , voici conunent est produite la sensation de la
1 Tim.» p. 42.
9 Tiin., p- (^3.
chaleur : les corps sont composés de triangles , c'est à dire de corpuscules ou atomes triangulaires, invisibles mais réels ; ces corpuscules de matière scmt plus petits, plus aigus, plus saillants les uns que les au^ très. Le feu est formé de triangles très aigus, très petits, très saillants, et doués d'un mouvement très rapide. Or, il faut savoir que quand de petites parties se trouYent à côté de plus grandes ^ les plus petites divisent les plus grandes. Le feu donc, corps fort et tranchant, divise de ses pointes aiguës et pénètre de ses triantes acérés, les triantes plus gros et moins résistants de notre chair ; il la découpe en petites parties et y opère une sorte de division et de dissolution. Aoilà comment et pourquoi l'impression que le feu produit sur nous ressemble à- l'action d*un corps pointu, et, pour ainsi dirè, à la blessure d*une flèche. C'est par des raisons semblables qu'on appelle durs , les corps dont notre chair ne peut vaincre que difficil^nent la résistance; mous, ceux qui cèdent facilement à sa pression. La pesanteur n'est autre chose que l'attraction ou la tendance des corps à se réunir aux choses de môme espèce , et c'est à cette cause qu'est due la résistance que nous pouvons à arracher ou à soulever certains corps de terre. '
Lorsque l'impulsion, même légère, est reçue par un organe doué d'une grande mobilité dans sa composition, chaque partie la communique aux parties qui forment un cercle autour d'elle , et y répète l'impres-
1 rim. , p. 01.
DEUXIÈIIB FABTIB.
non qu'elle a reçue, et ainsi de suite, de prodie en
proche, jusqu'à ce que le mouvement parvienne au principe pensant, ci Tavertisse de la présence et de la puissance de Tagent. Telle est la condition générale de la sensation. Toute impression forte, produite en nous contre nature et avec violence , est de plus douloureuse; toute impression naturelle, quoique forte, est agréable; car , si par la violence de rimpmsion les parties de Vorgane attaqué sont arrachées à leur état normal, c'est une douleur ; si elles y sont au contraire rétablies, c'est un plaisir. Les organes composés de parties relativement grosses et cédant arec pane k Faction extérieure, qui ne se séparent pas sans un effort pénible et ne reviennent que très dilQficilement à leur premier état, sont susceptibles d'éprouver de grandes douleurs; ceux au contraire, dont la disposition régulière n*a été que légèrement altérée, taiidis que le rétablissement est plein et entier, procurent de très vifs plaisirs. Enfin, lorsque l'impression est faible, ou bien quand elle est reçue dans une partie du corps stable et difficile à ébranler dans sa composition, Timpression ne se communique pas aux parties voisines et se concentre dans le point affecté. L'impression n'arrive pas jusqu'à Fàme ; Tàme n'est point avertie ; la modification physique reçue par l'organe n'est ni perçue ni aperçue; la sensation n'a pas lieu : car nous n'avons pas toujours conscience de ce qui se passe en nous* *
I PhiUb., p. 4S.
Oigitized by
CHAPITRB DBUXliME.
Voici doDC les conditioos de la sensation : une impression faite par Vagent sur une partie du corps ; en second lieu, une mobilité de cette partie assez grande pour la commmdqaer aux parties voisines; enfin, transmission de cette impression à Véme. Sans cette dernière condition, le sujet n'a pas le sentiment de ce qu'il éprouve , ôvatoôïiTov tq istâw, * Il y a en eiiet des impressions physiques qui ne Tiennent pas jusqu'à l'âme * et meurent ou s'éteignent dans le corps. La sensation est donc la modification qui survient à l'âme et au corps, lorsque, par une seule et même impression, ils sont tous les deux ébranlés c'est un mouvement.
C'est de cette observation fort exacte que s'est emparé Leibnitz en l'exagérant ; nous n'ayons pas , dit-il, toujours conscience de nos sensations. H. Maine de Biran reconnaissait aussi des sensations sourdes, confuses, animales, disait-il. Que certaines sensations ne laissent en nous qu'un souvenir confus , qu'un sentiment obscur, qu'une conscience sourde : j*y consens; mais comment affirmer cpie nous soyons, que notre âme soit le sujet d'impressions qui sont restées absolument sans conscience, qui n'ont év^Ué en nous aucun sentiment, aucune pensée? Que nous oubliions beaucoup de nos sensations et de nos idées , cela n'est que
1 TiïïLt p. 04.
3 Pkm,, p. 88, 48.
trop cortain, mais nous pouvons r(^'péter volontairement, pour eu reprendre conscience, les sensations dont nous avons eu conscience, ne fut-ce qu'une fois ; mais toutes les fois que nous ne pouvons pas nous former une notion quelconque, claire ou obscure, confuse ou nette , d'une impression produite sur notre corps, c'est qu'elle n'aura pas eu de retentissement dans notre âme : elle appartient à la physiologie et non point la psychologie, et ne saurait prendre le nom de sensation. Le nom d'impression physique , 'repl to o«»(Aa icafihfi'iAdc, que Platon lui donne, convient seul, et, dans ce cas, on peut dire. avec lui qu'il y a bien des modifications physiques, bien des mouvements de la vie physiologique que le sujet ne sent pas, c'est à dire qui ne sont pas des sensations, parce qu'ils n'arrivent pas jusqu'à l'âme. Mais ce fait, qui n'est ni contesté ni contestable, n'autorise point à dire qu'il y a des sensations que l'âme ne peut pas sentir et ne sent jamais. Suivant Platon, nous avons toujours conscience de nos sensations. ^ L'âme est la force qui voit, ([ui accomplit les actes dont les organes ne sont que les instruments, ' serviles intermédiaires par le moyen desquels elle sent toutes les choses sensibles. U n'y a ni science ni conscience dans l'impression physique. * La sensation est un fait intellectuel et moral. Il y a des impressions qui ne causent ni peine ni
1 Philèb., trad. de M. V. Covsio, p. 80S.
3 Théét., p. 184, tvk wfrwv «U« iffkmti.
3 Théét., p. 186
CliAiniUE DliljXlËMË.
plaisir, ne provoquent aucun ph(^nomène de sensibilité, et qui néanmoins sont accompagnées de perc eption et sont des sensations. * £n effet, pour qu'il y ait sensation il suffit que Vorgane soit mis en contact avec l'objet : lorsque les parties de cet or^ne n'opposent aucune résistance à l'objet extérieur qui les veut diviser, et lorsqu'elles reviennent sans aucan effort à leur état primitif, il y a perception sans plaisir et sans douleur. Aristote n'est pas de cet avis : il pense que cette séparation des parties ne s'accomplit pas, dans les premières impressions de la vue et de l'ouïe , sans une douleur que Vhabitude seule atténue et finit jfmr rendré sensible. * D'un îuitrc côté, Kant a fait une remarque ingénieuse qui est le pendant de l'observation d'Àrisrtote et ne la contredit pas : il croit qu'il y a dans toute perception, par cela seul qu'elle est une connaissance, un plaisir, caché mais réel, pour l'homme à qui la nature a donné l'amour de la vérité , et la soif, le désir instinctif de la connaître; mais l'habitude émousseàlafois ce plaisir de l'intelligence et la douleur physique de nos organes blessés, et nous n'en retrouvons la trace etlacée dans nos âmes qup par un regard très attentif et une observation recueillie et subtile.
Il y a cinq sens : le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe, la vue. Le toucher, confondu avec le contact, n'a pas d'organe spécial, le corps tout entier en fait
1 Tim, , p. 66.
•2 Arisl., Jfor. m'c. VU, 15, — X, 3*^
fonction. ' C'est une vision imparfaite qui ne nous donne que des idées obscures. C'est par le toucher que nous sentons la dureté» la mollesse, le chaud, le sec, le rude et le doux (au toucher). *
Le goût produit toujours une irupressioii agréable ou désagréable, Todorat assez fréquemment. Ces sensations ont pour condition physiologique, la contraction ou Vexpansion des veines qui aboutissent toutes , comme à un centre, au foie, d'où elles envoyent un esprit animal, qui s'y élabore, au cerveau où réside l'âme qu'il est chargé d'avertir. Les veines sont ainsi les véhicules des impressions sensibles et l'organe vrai delà sensibilité. Au lieu du foie, c'est le cœur qu'Âristote considère comme le foyer des sensations. '
De toutes les parties de notre corps, celles qui transmettent le mieux l'impression de l'objet extérieur sont la vue et l'ouie, parce que les organes de ces sens renferment beaucoup d'air et de feu, corps très tenus et très mobiles qui se laissent facilement remuer.
La vue , le plus subtil de nos organes et le plus lumineux de nos sens, * ne produit ni peine ni plaisir,
l Pour Aristote, il n'y a pas de sensation sans un organe spécial. La chair n*6i^ qae rintennédiaire nécassure à la perception , dans totu les phénomèDM de Bensation , et il 7 a un organe intérieur et ineonnvt ponr le teoeher, eoue fl jen a d'estérienrsetde liaiUeepoavles avim sene. D$ jâfltm.^ II, e. U et 19.
S Théit,, p. 186.
3 Arist. , De Sem.* c. 3.
4 Phiére, p. 380.
Oigitized by
CHAPnRB DBUXIÈMB.
parce que la sensation se transmet avec la plus grande facilité. ' On pourrait objecter à Platon qu'il y a évidemment des formes et des couleurs qui sont plus agréables à voiries unes que les autres, et des objets qui blessent la vue ; mais peut-^tre répondrait-il que c*est la présence ou le défaut de proportion dans les formes, d'harmonie dans les couleurs qui blessent res[mt, einonrimpressionsensible et la sensation diemême.
C'est la réunion d'une double lumière qui cause la yisiou. L'organe de la vue est plein d'un feu intérieur, d'une lumière douce qui se combine avec la lunnère qui vient des objets visibles. Ces deux lumières se rencontrent et s'unissent sur le plan des yeux, formant par leur combinaison une espèce de corps lumineux composé, qui, par un de ses éléments, est en rapport avec l'objet, et par l'autre avec notre Ame ;* car le semblable se porte toujours vers le semblable; e'est là ce que Plutarque appelle la corradiation platonique. * Ce qui vient du dehors se confond avec ce qui vient du dedans, * vers lequel il aime à se porter. Il faut trois clioses pour produire la vision : que les yeux soient sains; que l'objet soit coloré; enfin qu'il y ait de la lumière, sans laquelle les yeux ne voientrien et les objets sont invisibles. ' Âristote n'a admis de cette
1 ni». , p. M.
s Tim., p. 45, 46. Thëoiiedela tîsIoii. S9fhi$t., p. 906. Thé^,, p. 156. Plat., De Ploetf. Pha., Vf, 13. Symp. 1, 8.
4 Tim., p. 45, 81.
5 Aq>., VI, p. 507.
DEUXIÈME FAKliË.
théorie do la vision que la présence d'un milieu nécessaire, la lumière, qu'il appelle Tacte du diaphane, inteirpofté entre Vorgane et l'objet. Seulement cette lumière semble , dans Platon , une émanation des corps colorés, et Aristote établit que ce n'est ni un corps, ni une émanation d'aucun corps : seulement il y a dans le diaphane la présence du feu ou de quelque chose d'analogue. ' Aristote a même étendu le principe à tous les sens, et pour lui il n'y a point de sensation si ce n'est à distance.
Le soii est une impression transmise par les oreilles, au moyen de Vair, du cerveau et du sang, jusqu'à
l'âme. L'air contenu dans Itîs oreilles, frappé par l'air en mouvement qu'on appelle son, ébranle les petites vdnes pleines de sang qui traTersent le cerveau, siège de la pensée, et aboutissent au foie. Dans Topinion de Platon, dit riutar({ue, l'air que la tête renferme, frappé par un son extérieur, se réfléchit vers la partie principale de Vâme et y produit l'ouïe. Quand le mouvemént est rapide, le son est aigu ; quand il est lent, le son est grave; quand il est é^al et uniforme, le son est doux; dans le cas contraire , il est rude.
La délicatesse de la foculté de senlir dépend de la délicatesse* des instruments qu'elle emploie, c'est à dire de la délicatesse de nos organes et de celle de notre constitution. De gros os, beaucoup de chair, empêchent et contrarient la finesse de la s^sibilité ,
1 knsi. , De Anim., Il , c. 7.
CUAVilKE DËliXlÈMK.
même purement pliysique. ^ Aristote s'est encore approprié cette abâeirvaiion en la transfomiaiit.un peu : les hommeis qui ont la chair dure, s^mt mal doués, selon lui, pour l'intelligence. *
De tous les détails qui précèdent, on voit que Platon distingue trois choses dans le fsài de sensation ; 1" Le mouvement physique: reçu et communiqué par Forgane ; 2° le sentiment de peine ou de plaisir qui en est quelquefois le résultat; 3' eufinle retour de l'âme.laréflexion de l'esprit sur. Timpression reçue et par où aou6 en prenons connaisaonoeetconseience. Iln'y.aaucune connaissance ni aucun sentiment dans l'impression proprement dite ; il n'y a nulle vertu cognitive dans le sens lui-même. '
Si dans la s^sation on fiodt abstraction du sentiment de peine ou de plaisir , qui d'ailleurs ne l'accompagne pas toujours, il ne reste plus qu'un mode de la connaissance,' une faculté de connaike; elle se distingua des autres {acuités par la nature d^f son objet et lanature de la connaissance qu'elle opère.
Cette faculté de coiuiaitre les choses extérieures est re|)ré8entée4ans Platon par l'e^senqe divisible) particirpant du mouvement qu*il appelle de rmfre ». c'est à dire , je pense , du non-moi ; c'est ce que nous enten-
1 Tim., p. 76. , 9 Arist., De Anim., Il, c.d,^2; De Partit, Anim.. Il . c. 16. .9 Théét., p. 186. Epuham. (PbU. 4$ llef. «.«Irf. s. fQrt. Or., Il, 3). « C'ett rimo qoi y^, c'est l'ftme qui entend;, les sens eoni aveugles ei sosrds, peice ^*il8 sont pmés de la raison . noSc. iuHn, tiom
DKUXIÈMB PARTIE.
dons par l'intuition sensible. C'est ce mouvement de i'mlre qui réfléchit sur les sensations éprouvées; mais il ne faut pas croire qu'il se borne à les comparer, et à
en tirer un jugement qui n'emporterait aucune réalité extérieure. L'effet de cette faculté, dit Plutarque, est de diviser tout ce qu'elle touche; et encore : Tétre changeant, F mire, ' est Vidée des choses susceptibles de cliaiigement. Je ne comprends pas très bien la pensée de Plutarque , et surtout son premier commentaire, ou du moins je ne puis l'admettre qu'en lui donnant une interprétation qui peut-être en altère la signification littérale.
Le mouvement de l'autre, dans l'âme, me parait être le principe de sa diversité, de son oppontion à ce qui n'est pas elle ; par conséquent elle peut comprendre ce qui n'est pas de sa nature , mais d'une nature autre; elle saisit par cette faculté l'existence des choses particulières et divisées; * mais sa fonction propre n'est pas d'analyser le composé , bien an contraire. Platon a démontré, après Socrate, la nécessité d'un élément général pour constituer toute connaissance, et toute connaissance se ramène à une proposition, à une affirmation ; mais on ne peut connaître, on
1 Dê la Gêner, de Vàme , c. 35.
2 Voir sur cetlo théorie le traité d'Aristole, de Ànim., lU, c. 2, $ 13. « n est possible que ce qui juge sente les choses divisées en tant que divisibles , et qu'il les sente aussi en tant qu'indivisibles. $ 14. En puissance, le même peut être indivisible et divisible. ... En essence , il no le peut pas. C'est quand il nçoit rtetton qn'û derfent dÎTieible. • Tred. d« H. B. 8.- Hilaire, p. 973.
Digitizod by GoQgle