‹ De la psychologie de PlatonChapitre 66 sur 115 · CHAPITRE DlilUXlÈMK. t(id · texte numérisé non relu

CHAPITRE DlilUXlÈMK. t(id

sans la contenir. L'élément intelligible qu'ils renferment est général. et abstrait, et non universel et réel comme les idées ; celles-ci existent seules , mais en elles-mèraes et pour elles-mêmes ; et comme elles ne descendent pas dans les choses, parliriper des idées c'est leur ressembler ; c'est une image dans un miroir. L'essence des choses sensibles est Tensemble des attributs les plus généraux dont l'esprit forme une unité artificielle, logique, tirée par l'abstraction de la sensation même ; ce n'est pas là l'idée : ce n'eu est qu'une imitation, c'est l'ombre pèle et mou-

rante de l'être, tandis que l'idée en est la fleur wante et lumineuse. La sensation est donc connue le reflet dans notre âme d'une ombre qui passe, l'image d'une image. La connaissance sensible n'a aucune fermeté, aucune certitude ; c'est une apparence , une opinion , y, ^o;a; l'opinion enferme elle-même deux modes, la croyance et l'imagination. * 11 y a deux espèces d'êtres, distingués par la manière dont ils arrivent à notre connaissance, les uns intelligibles, les autres sensibles. C'estparce que l'intelligence, œuvre de la science, toujours accompagnée de raison véritable , produisant une conviction inébranlable, diffère de Topinibn, qui , même vraie , omTage d'une persuasion aveugle , ne se rend pas compte de ce qu elle admet, et qu'un rien peut changer; c'est parce que nous poss^ dons ces deux manières de connaître très différentes, que nous affirmons l'existence de deux espèces d'êtres

1 Rip., VI. p. 511. B^., Vn, p. 533.

DEUXIÈME i'ÂUiiE.

également (liU'érenls. * Le monde des ciioses sensibles, des chos(>s que nous comprenons par.ropinion accom* pagnée de sensation, peut se partager lui-même en deux sections, dont la première donnera les images, et par images il fant entendre lesôinbres, les fantômes, les apparences vaines que nous renvoient les eaux calmes et limpides, ou les surfaces brillantes de certains corps polis. Les objets de l'autre section sont les choses mêmes que représentent les images de la première, c'est à dire les animaux, les plantes, tous les ouvrages des hommes, toutes les productions de la nature.

A ces deux classes d'objets sensibles s'appliquent deux facultés correspondantes. L'imagination s'applique aux images, la foi aux objets, et chacune de ces manières de connaître possède plus ou moins d'évidence et de certitude, selon que leurs objets participent plus ou moins de la vérité, ' et ils y participent tous plus ou moins; car tout ce qui est pensé, est, et il n*est pas possible que Von ait même une opinion, et qu'on l'ait sur rien. * Il y a donc plus d'être comme plus d'évidence dans la croyance que dans Vimaginatîon qui, on Va tu, ne saisit que des ombres raines.

L'imagination, suivant Platon, qui l'appelle aussi fantaisie, est ainsi une pure représentation mentale de

1 Tint,, p. 51.

3 H^., VI, p. SU.

S Rip, , V, p. 4178.

4 4«*w«tB, fawtMtorfw.

Page 1