CHAPITRE DEUXIÈME
acte particulier de ràme enferme les jtrois grandes facultés qu'il y a découTertes, en suppose, quoique dans
une proportion différente , Vaction coimnune, et, comme il s'exprime , le mélange.
Les actes intellectuels qui ont pour objet les choses ext^eures , dont le caractère est la mobifité et le changement, exigent que les facultés qui les opèrent contiennent plus d'essence divisible que d'essence indivisible > et que le mouvement du niéme j ait une part moindre que le mouvement de l'mtre. En effet, Tàme connaît par la vue les choses en quelque sorte unes ; mais. c'est par elle-même qu'elle connaît l'unité. * La vue nous oifre donc la notion de l'unité, parce qu'il y a un mouvement de Vautre qui n'est pas sans rapport aA^cc le même; mais cette notion y est toujours troublée par quelque contradiction, de sorte qu'elle ne nous parait pqis plus une unité qu'un assemblage d'unités. La vue en effet perçoit des choses dont chacune est à la fois une et plusieurs, et où par conséquent l'idée de l'unité est contredite par l'idée de la pluralité, coexistante dans le même sujet. Gela tient à ce que le mouvement de Vo/utre y a trop de part : ce qui prouve encore mie fois que les choses que ces facultés nous font connaître ne contiennent pas l'être en soi, l'idée pure, Fabsolument le même, que seule peut connaître l'essence indivisible. L*idée nedescend pas dans les choses particulières et n'y laisse tomber qu'un pàle reflet de su splendeur.
1 Rép., VU, p. 521, 5^^.
DEUUÈMB PARTIE.
Ainsi, les facultés qui produisent la connaissance sensible se rattachent plus particulièrement h Tessence divisible et au mouvement de f autre dont elle est douée.
C'est encore par suite du mélange des trois essences
intellectuelles, ou du concours des trois grandes facultés quelles représentent dans ciiaque acte de Tâme, que se produit et s'explique l'erreur. £n effet, chaque Acuité particulière contenant un mélange, dans une proportion déterminée, des trois essences, les proportions de ce mélange peuvent être détruites dans chaque faculté et dans toutes, et l'Âme, alors trompée, appelle objets de même nature ceux qui sont d'une nature différente, et réciproquement. Il n'est que trop certain que l'accord parfait de l'âme , comme dit Platon, peut être* détruit , et alors naît l'erreur. Mais pourquoi peut-il être détruit? La yie est un tourbillon ' où entre ci sort à chaque instant une cerUiine quantité de matière. Les mouvements purement physiologiques, appelés quelquefois par Platon simplement «îoOvfmiç, établissent comme un courant violent dans les parties matérielles de l'homme ; ce flux et ce reflux de sensations entravent toutes les facultés, contrarient les mouvements réguliers de la révolution du même et de celle de Vautre^ troublent Vharmonîe intérieure de Tâme : * de là naissent hs illusions et les erreurs, et ce n'est que lorsque le courant des substances nutritives né-
1 Cosl un inul Ue Cuviei*.
•2 lim , p.