CHAPITRE DEUXIÈME
tre que ce <iu*il est. * Mais, rép<md Platon, pour Tème juger qu'une chose est une autre , c'est se dire à ellemême que telle chose est telle autre chose : or, il est impossible que l'âme, si elle embrasse les deux objets, puisse juger que l'un soit l'autre, et cela est encore plus difficOe, si elle n'en embrasse qu'un seul. D'ailleurs qui attestera la conformité de l'objet avec l'idée qui le représente en l'esprit? Nous ne pouvons , en effet, connaître l'objet que par son idée ou sa représentation : pour affirmer ou nier cette conformité, il faut préalablement connaître l'objet. Ainsi, antérieurement au jugement de convenance , il y en a un qui le précède, et à la fois le contient et l'explique. La non confonmté de l'idée avec son objet n'explique pas l'origine de l'erreur, puisqu'elle suppose elle-même une autre explication. *
Le Théétète la demande et ne la donne pas; le Sophiste essaie une théorie qui n'est pas admissible. Quoi' qu'il en soit, de quelque manière qu'elle se produise, l'erreur est un fait trop certain et un mal trop évident de nos ftmes. Puisque l'erreur est un mal, la cause générale en remonte nécessairement au corps , et de même que le mal moral naît de la matière, c'est d'elle que doit naître Terreur , maladie de l'intelligence. Le corps est un obstacle à la connaissance. ' Nous ne jugeons
1 Thért. . p. 189.
2 \o'\T la bcllr et claire analyse du Théétile dans l'argument de ce dialogue par M. V. Cousin.
3 Phédon, p. 66.
DEUXitnnS PARTIE.
jamais que onze sont douze , que le juste soit Tinjuste, que la laideur soit la beauté ; mais quand nous tombons de la réfidon pure des vrais objets intelligibles dans le monde mixte et confus du jugement, les entraînements des sens et des passions égarent notre raison ; nous croyons et nous jugeons que, là où il y a onze arbres il y en a douze; que telle action injuste, que nous avons commise, est juste; que telle chose que nous désirons est belle quoiqu'elle soit laide.
CUAPITRË TROISIÈME
LÀ SENSATION CONSIDÉRÉË COAIMË PRINCIPE DES PHÉNOMÈNES DE SENSIBRITÉ.
Au point de vue de la sensibilité, Tétat de Tàme ne
peut être que l'un de ces trois états :
I. La douleur, qui nait ijuaiid riiannouie vient a se dissoudre dans les êtres animés et y dissout la nature : espèce de douleur placée dans les impressions actuelles et présentes ; ou bien la douleur produite en Vâme, et à laquelle le corps ne prend pas part actuellement, par l'attente de ces mêmes impressions.
II. Le plaisir, qui nait lorsque Vharmonie se rétablit, et que chaque partie de Vanimal retourne à son état naturel; ou bien le plaisir produit en l'ànie, et auquel le corps ne prend pas actuellement part, par l'attente de ce rétablissement.
III. Ou bien enfin , l'animal n'éprouve ni altération ni rétablissement, n'attend ni l'un ni l'autre, et n'éprouve par conséquent ni peine ni plaisir : c'est là la vie parfaite réservée à la sagesse ; c*est là la vie des
dieux qui ne sont certainement pas sujets à la peine , ni même, selon toute apparence, au plaisir. *
Le plaisir et la douleur où peuvent se réduire tous les phénomènes de sensibilité, diins les êtres qui en sont doués, sont l'un et l'autre des mouvements qui se passent dans l'âme ; ' mais ces mouvements étant produits en rftme par Vimpulsion d'un objet réel qui lui est extérieur, ou par la mémoire de cette impulsion , sont des passions ou états passifs de l'âme. *
Quand le mobile n'exerce Timpulsion que sur des organes qui ne la peuvent pas transmettre par suite de leur constitution matérielle; en d'autres termes, (juand les impressions organiques et les mouvements de la vie physiologique n'arrivent pas jusqu'à l'âme, elle reste insensible , et les ph^omènes soit du plaisir, soit de la douleur, ne se manifestent pas : * ainsi, nous n'avons pas le senti ment des mouvements d'accroissement du corps et de circulation ; les changements peu considérables n*excitent ni plaisir ni douleur, parce qu'ils s'éteignent dans le corps et que l'âme n'en a pas conscience. •
Il faut distinguer les phénomènes de sensibilité qui
1 Pkilèb., p. 33. Cet état d'une sérénité impassible, attribué aux Dieux, et dont Epicure et Zénon profiteront pour prétendre qu'ils ne s^occupent pas de l'hamanité, est en oontradictton avec la Joie divine dont le Dieu , architecte do monde, laisse échapper dans le Timée im cri triompliant à la vue de la beauté de son ouvrage.
S Rép„ IX, p. 583, E.
3 Pntag., trad. de M. Sehwalbé, p. 806.
4 phm,, p. as.
5 PhUih. . p. 43 , umcm^.
CHiPlTEE TROISIÈME. 295
s'accomplissent par rintermédiaire de mouvements physiologi(jpies , et qui viennent immédiatement ou médiatement à la suite de s^sations, de ceux que n*ac-
compagiie aucune sensation et qui se maiiiiesleiit dans l'âme seule.
n y a les plaisirs qui tiennent au corps et les plaisirs purs de Tâme ; ces derniers ont pour objet les
sciences. ' Le C(>r|)s sans l'âme, l'âme sans le corps, et tous les deux en commun sont susceptibles de plaisir et de douleur. ' Cependant cette distinction n'est qu!apparente et a rapport p1ut6t au lieu où se localise le phénomène sensible qu'à sa cause et à son sujet véritables. Ën effet, à proprement pailer il n'y a pas de plaisirs du corps, puisque sans l'intelligence l'homme ignorerait si son corps jouit ou souffre ; sans le jugement vrai, il ne saurait pas (pi'il a de la joie au moment où il en éprouverait; ' sans la conscience, qui est un acte de l'âme trop peu distingué par Platon de l'intelligence, en réalité l'homme ne souffrirait ni ne jouirait. On a[»pelh' «lonc asstv. ini[)ro|)rement plaisirs et douleurs du corps, ceux qui se localisent dans^une parti déterminée du corps , et que nous rapportons précisément à tel ou tel organe. Il y a plus : sans la mémoire , les souv«niirs des plaisirs passés et même de nos douleurs passées, qui sont une grande partie de nos plaisirs présents, n'existent plus ; sans la raison, sans la faculté
1 Rip„ VI, p. 485, IX, p. 58S.
9 PhOèb. , p. 50.
3 PMUb., p. SI.
de prévoir l'avenir, de conclure de telles et telles circonstances que nous aurons à nous réjouir dans un temps quin'est pas encore; Vespérance du plaisir, plaisir (lé}i\ présent jmrj'iinairinat ion etquo l';\me savoure dans une attente à la fois inquiète et délicieuse , l'espérance, comme la crainte , se dissipe et s^évanouit. ^ Les plaisirs du souvenir, les joies deVespérance, les angoisses de la crainte appartiennent à l'âme. * Ainsi, mémo daus les phénomènes de sensibilité qui semblent appartenir au corps, Tàme est le sujet unique du phénomène sensible , et ses facultés propres jouent le grand rôle dans les plaisirs et les douleurs de l'humanité ; sans elles, la vie du voluptueux ne serait pas celle d'un homme : ce serait la vie d'une huitre.
Le plaisir consiste à remplir un vide du corps ou de l'âme : ' c'est la satisfaction d'un désir. Tout désir, tout amour, est fondé sur la privation et le besoin. * Evidemment on ne désire pas les choses que Von possède actuellement et dont on a la jouissance pleine et entière; on ne désire que ce dont on est privé. Voilà pourquoi les dieux ne désirent pas même la sagesse , puisqu'ils la possèdent; * voilà pourquoi ils ne peuvent pas goûter même le plaisir, puisqu'il attesterait dans leur être une privation, un vide, une souffrance : ce qui porterait atteinte à leur majesté sereine, et.
1 Philèb. , p. 22.
2 Philèb. , p. 32.
3 iîfi)., IX, p. 585 , 586.
4 L^iit, p. 231. Ban^., p. SOO.
5 lym, p. 318. Baiif p. 303.
CUAPilAK TROISIÈME.
ravirait quelque chose à leur perfection absolue. '
Le désir est donc fondé sur une privation : ainsi , avoir soif c'est être vide, et la soif est un désir de boire, c'est un désir de remplir le vide, de satisfaire le besoin qui faisait soutlrir; mais celui qui est vide, désire rétat contraire à l'état qu'il éprouve , puisqu'étant vide il désire être rrapli; car il ne désire évidemment pas ce qu'il éprouve. Celui qui a soif ne parviendra à remplir ce vide que par quelque partie de lui-même ; ce n'est pas par le corps, puisque c'est le corps qui est vide : c'est donc par Vâme, et évidemment par la mémoire de ce qu'il a fait et éprouvé dans des circonstances semblables. En un mot, l'effort de tout être animé qui éprouve une privation se porte toujours vers le contraire de ce que l'animal éprouve; or, cet appétit qui le pousse vers le contraire de ce que l'animal éprouve, marque qu'il y a en lui une mémoire des choses opposées aux affections de son corps : ce qui désire une manière d'être opposée à celle du corps, ne peut être que l'âme; * d'un autre côté, c'est la mémoire qui rappelle à l'âme les choses qui rempliront le vide du corps; par conséquent toute espèce d'appétit, 6p(«ii% tout désir a son principe dans l'âme; il n'y a point de désir du corps ; le désir est un phénomène intellectuel. •
Dans le désir lui-même , la douleur et le plaisir sont
1 PA<lé6.,p.88.
s PhiUb., p. 43.
S PhiUb.^p. 35.
DËUXlÈAm rAHÎlË.
présents à la fois, et Ton a en même temps le sentiment de la privation et l'espérance d'en être délivré , c'est à dire les sentiments des afiEections contraires qui se combaltent. ' Le désir et le plaisir qui s'y trouve uni appartiennent exclusivement à Tàme ; quant à la souffrance ou au plaisir produits par Timpression physique, ètk iTflÈOoç, c'est le corps qui l'éprouve. • H semblerait, par cette expression, que Platon attribue une certaine sensibilité au corps, à la vie organique, ou aux principes de cette vie; mais ce serait tout à fait contradictoire à la théorie si profondément spiritualiste que nous exposons en ce moment. Platon veut dire , j'imagine, une chose qui est parfaitement vraie, et révèle un observateur bien délicat de tous les phénomènes psychologiques : c*est que le désir et le plaisir enfermé dans le désir appartiennent exclusivement à l'âme, en ce qu'ils ne se rapportent à aucun organe déterminé; tandis que la satisfaction de ce désir et la jouissance que PÂme en éprouve, se localisent en une certaine partie déterminée de notre organisme. Ainsi , pour prendre un exemple de Platon, le désir de n'avoir plus la gale ne se localise pas : il est exclusivement de Pâme ; 1« [)laisir de la guérison ou de la démangeaison satisfaite se localise dans la partie attaquée et malade , et peut être dit en quelque sorte lui appartenir.
Le plaisir et la douleur admettent le plus et le
1 PhOèb., p. 41.
3 Phitèb., p. 43.
CHAPITAK THOlSmMB. ^ i|99
moins; ' ils sont toujours en voie de génération et jamais dans l'état d'existence.
Il y a deui sortes de choses : Tune est l'être ou l'essence, où<na, en vue de lac{uel1e se fait ordinairement ce qui se fait pour une autre chose; * la seconde est le phénomène ou l'accident, qui ne se suffit pas à luimême et a besoin d'une autre chose pour exister et se maintenir. De ces deux choses, il est évident que le plaisir appartient à la seconde, et qu'il n'a qu'une existence relative; il parait et disparait, ne fait que passer , change sans cesse , admet toujours du plus ou du moins, ne peut jamais arriver à ua repos réel, et n'a ainsi aucun des caractères de ce qui existe en soi et par soi, de rcxistence absulue qui vient d'ellemême. Or , l'existence absolue, to âv wx^aç , appartient à la classe du bien , du fini , qui renferme les êtres déterminés qui ne changent pas, comme les nombres, les genres, les idées nécessaires, universelles et absolues, telles que la justice, l'égalité, la beauté; ' mais le plaisir, devenant sans cesse. sans être vérita* blement jamais, n'appartient pas au ^enre du bien, mais à la catégorie de l'inlini , de rindéterniination : * cette catégorie renferme toutes les substances matérielles dont la grandeur extensive et intensive peut varier, tous les êtres et choses susceptibles de plus ou
1 PhiUb., p. 53.
2 Phili^h., p. 53.
l l'hili'b. . p. 21 cl 0i.
1 FhiU'b. . p. 54.
de moins , et qui excluent la quantité déterminée; car
s'ils a<lni('ltaii'nt le coinhicii, ils seraient déterminés et fixés, le combien étant un nombre, et étant par lui-même fixe et déterminé. C'est à cette classe de Vapparence, de Vimitation de Vétre, de Vaccident phénoménal et relatif, ([ij'a[)partient le plaisir, la chose du monde la plus menteuse , ennemie de la mesure et de la forme, c'est à dire de la beauté, et souvent indécente, ridicule, honteuse. *
Cependant on peut, tout en admettant cette thèse, faire une distinction entre les plaisirs, et reconnaître d*un côté les plaisirs irais, et de l'autre les plaisirs plus ou moins faux, plus ou moins trompeurs, en un mot les plaisirs purs et les plaisirs mélangés.
Il faut d'abord admettre que ce qui est pur et sans mélange, ei^txptv^ç, se rapproche plus de la vérité que ce qui est vif, nombreux et abondant : la blancheur la plus belle et la plus vraie n'est pas celle où il entre le plus de blanc, mais celle où le blauc n'est mélangé d'aucune autre couleur. Le plaisir pur et sans mélange est donc plus vrai , plus beau , plus plaisir en un mot , que tout autre, môme plus mais mélangé. Ces plaisirs mélangés, en ell'et, sont démesurés, et par conséquent rangés dans la classe de l'indétermination; les plaisirs purs sont mesurés et peuvent être rangés dans la catégorie du fini , ou du moins s'en rapprociienl. ' Le plaisir vrai n'est pas la cessation de la dou-
1 nintêb., p. 66.
2 Philèb. , p. 552.
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UlAriTKË THOiSlLMË.
leur; car lu douleur est le contraire du plaisir, et il y a un état de l'âme où elle n'éprouve ni peine ni plaisir; c'est le repos de Vun et de Vautre. La cessation de la douleur est un plaisir pour ceux qui étaient auparavaut dans la douleur ; la cessation du plaisir est une douleur pour ceux qui tout à l'heure étaient dans la joie : or, cette cessation de la douleur que nous avons dit être un repos, c'est à dire n*ètre ni plaisir ni douleur, la voilà ([ui devient douleur et plaisir, ce qui ost impossible. De plus, le plaisir et la douleur sont des mouvements, et si l'état où l'on ne sent ni plaisir ni douleur est un repos, on ne peut pas dire que la cessation de la douleur soit le plaisir; ce serait dire que le repos est le mouvement; ^ d'ailleurs ce serait nier toute réalité au plaisir, et ses plus vifs attraits ne seraient que des fantômes vains, des images mentéuses, des apparitions enfantées par des prestiges, yoTîTeufiia; ceux qui disent qu'ils ont du plaisir, s'imaginent donc seulement qu'ils ont du plaisir; mais en réalité ils sont dans l'erreur, * et qu'est que cela veut dire? Enfin il est certain qu'il y a des plaisirs qui ne viennent à la suite d'aucune douleur, et dont la cessation n'entraîne aucune douleur. ' Le plaisir n'est donc pas la cessation de la douleur.
Le |)laisir, il est vrai, se môle à la douleur, et il s'y mêle en plusieurs manières. D'abord on peut éprouver
1 Rip,, IX, p. 584.
9 Rép., IX, p. 584. Philèb., p. M.
9 Rép., IX, p. 581.
un vide, et Ton en souffre; en même temps, on peut se rappeler les sensations agréables passées , et l'on eu jouit; mais cela fait cesser peut-être la douleur sans remplir le vide. Secondement» on peut éprouver un vide et avoir une espérance certaine que ce vide sera rempli ; alors celui qui espère que le vide qu'il éprouve sera rempli, goûte du plaisir par la mémoire , et, en même temps , éprouve de la douleur par le sentiment de la privation actuelle : Vhomme peut donc être à la fois dans la joie et dans la douleur.
Le mélange du plaisir et de la douleur a lieu tantôt dans le corps : ce sont les peines et les plaisirs du corps; tantôt dans Vâme, et ce sont les peines et les plaisirs de Vilme ; enfin il y a des mélanges de plaisir et de
douleur qui appartiennent à la fois au corps et à Vàme, et qui portent tantôt le nom de plaisirs, tantôt le nom de douleurs; c'est lorsqu'on éprouve en même temps <leux sensations contraires, par exemple, lorsqu'ayant froid on se chaulTe. Le plaisir et la douleur ne pouvant, dans ces mélanges, se séparer que difficilement, excitent d'abord du trouble dans l'âme, et ensuite une tension douloureuse. *
Dans ces mélanges, la dose du plaisir et celle de la douleur sont tantôt égales, tantôt inégales. * La douleur est la plus forte, lorsque le principe de l'inflamniatinii est internti, et ([ue par la friction on n'arrive pas jusqu'à lui; au contraire, lorsque le mal est interne,
1 Philèb. . p. 46.
i i'hiUh. , p. 46.
CUAPIXHE TROISIÈME
et que l'on procure à l'intérieur du plaisir môlé de douleur, soit qu'on divise les humeurs trop ramassées» soit qu'on rassemble les humeurs trop dirâées, alors le plaisir entre dans la sensation pour la meilleure part, et le peu de douleur qui s'y môle cause une démangeaison douce et comme un chatouillement voluptueux qui ne font qu'irriter le plaisir.
Voilà pour les plaisirs du corps où la sensation intérieure se mêle à la sensation extérieure ; ' mais il en est d'autres où l'àme éprouve des phénomènes contraires à ceux du corps , de douleur yis à yis du plaisir» de plaisir vis à vis de la douleur, comme lorsque quelqu'un vide désire être rempli. ' La (jualité commune à tous les plaisirs du corps est d'être nécessairement précédés de la douleur» et c'est ce qui les a justement fait appeler serviles. "
Enfin , il est <les plaisirs mélangés que l'àme reçoit seulement en elle-même : ce sont les passions , la colère, par exemple , la crainte, le désir, la tristesse ou la pitié émue, 6pr.vo;, l'amour, la jalousie, Fenvie et les autres passions semblables. Dans les Lois encore, * Pla-
1 Phm.» p. 47.
3 PhiUb,, p. 47. H. V. Coluin traduit : « lorsque rftme étant vide, désire , ele. » Mais alors il n'jr a plus Topposition marqoée par Platon entre TAme et le corpe , puisque e*est à Tâme que sont rapportées les deux impressions contraires. D^ailleurs, les deux participes iXittCw» et ne permettent guère de rapporter les verbes au féminin
3 Phidn, p. m
4 Lois, \, p. 807. Cf. Plut.-, Fmg. V, l. Si la eufidiU H la triiUnc «on! du t^eeêioiu de l'dme ou du tmrps.
ton fait de ces mouvements, -rporoi, iraôyi, des affections de ràme , et la théorie du Philèbe est tellement claire que je ne puis interpréter dans un autre sens les détails en apparence contradictoires du Tiniée. * Les espérances, dit lePliilèbe, sont des discours que chacun se tient à soi-même, et des images qui se peignent dans ràme , c*est à dire qu'elles n'ont pas d'objet réel / extérieur, et qu'elles n'ont qu'une représentation / idéale nécessairement placée dans Vâme : ce sont donc ' là des afiections qui appartiennent à ràme seule ; elles se composent d'un mélange de douleurs vives et d'inexprimables plaisirs. Platon oflre ici un modèle admirable et inimitable d'analyse psychologique et d'obser- • vation morale. Je ne résiste pas au plaisir de le reproduire : on verra avec quelle finesse, quelle sûreté de coup d'œil , quelle délicatesse profonde le frraiid moraliste est descendu dans ces replis obscurs de la con-
l Tim. , p. 69. Les lti(ni\ foriuèrcut lo corps el en liront la demeure d*une seconde espèce d'ime ayant en elle des alTections violentes et fatales : d'abord le plaisir, ce grand appât du mal^ ensuite les douleurs, causes de la itaite dn bien ; de plus, l'audace et la crainte conseUlers imprudents, la passion sourde aux avis, et Tespérance qni se laisse facilement séduire par la sensation irraisonnable et livrée en proie i l'amonr de tons les objets. » J'entends par iv wj^-i T.aHiuitai ix'>^, que le principe vital est le siège ob se localisent certaines de ces passions; ainsi certaines afTcctions du corps accompagnent certaines autres de l'Ame, comme la pâleur et le tremblement accompagneiil la crainte, le mouvement précipité du sang, l'audace, etc. Il n'est question que des circonstances et des phénomènes physiologiques Cil rapport avec les mouvemculs de l'ànic , et c'est ce que prouvent les détails purement anatomiqnes dn Timie, p. 70. On en peut tirw sin^ement une division des actes de l'âme qui se partagent on phénomènes intellectuels liés à des monvements physiologiques, et en actes absolument spirituels.
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