‹ De la psychologie de PlatonChapitre 77 sur 115 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

La femme, il est\Tai, n'est pas absolument d'une autre espèce et d'une autre nature que l'honune : ce n'est pas une grande concession, car les animaux, les femmes et les hommes , ont tous la seconde espèce d*àme après les âmes divines. La femme peut remplir les mêmes fonctions (jue l'homme, puisqu'elle a les mêmes oi^anes; mais, en toutes choses, elle lui est très inférieure, * et elle lui est surtout très inférieure comme être moral et capable de vertu, Tcpoç àpeTYivyeipttw.* La Républiqtie rend les femmes communes comme les esclaves, les bestiaux et les prés : Platon ne voit en elles que des instruments nécessaires de la propagation de l'espèce. La langue grecque était imprégnée, comme toute l'antiquité, de ce mépris de la femme, dont le christianisme luirméme a eu de la peine à secouer rinjustice et Terreur. Pour Pîndare , c'est une femelle : une vache, dit-il, jyiafioOç, fut la mère des deux héros; • melius est nubere quam uri, dit S. Paul : oui, il vaut, mieux se marier que de se laisser dévorer par toutes les convoitises de la chair, mais il vaudrait mieux les dompter et ne pas se marier: le célibat, la virginité sont encore les états les plus parfaits et ceux, où rhomme se rapproche le plus de la primitive innocence ; la femme est une Ève dangereuse et tentatrice : c'est un vase de faiblesse, ras inlirmim, Platon or-

1 Le telle est plus méprisant encore : c elle est quelque chose d'inférieur, tel «««t ««««viTTioov. > Rép.t V, p. 4d5. U faut remarquer le neutre iei.

2 £ow. VI , p. 781.

3 PyflUf . , IV. T. 354 , éd. Heyne.

DEUXlkME TAUTIE.

donne aussi le mariage , mais comme un état inférieur, quoique nécessaire. Dans toutes les considérations qui doivent présider à l'union légitime deThomme et de la femme, il ne lui est jamais venu à la pensée de faire entrer l'amour de l'homme pour elle ; car cet amour est une faiblesse morale et la marque d'une âme inférieure. Le mariage est nécessaire ; il n'est pas beau ; c'est un acte de dévouement politique et le devoir d'un bon citoyen.

Au dessus de ces erreurs et de ces périls, plane cependant encore un principe qui sauve et purifie tout : c'est Tàme qu'il faut aimer; le corps se flétrit, la beauté passe et sèche comme la fleur des champs , du matin au soir; l'âme seule est dans l(»ul être immain ce qu'il y a de durable « de constant, d'identique à soi-même ; c'est ce qu'il y a de plus excellent en lai , et c'est par conséquent son essence.

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