‹ De la psychologie de PlatonChapitre 79 sur 115 · CHAPITRE GINQUIÂME · texte numérisé non relu

CHAPITRE GINQUIÂME

robjet visible, Vintervention d'un milieu lumineux, de la lumière, sans laquelle les yeux ne verraient rien» les couleurs ne seraient point visibles, et le soleil est le dieu qui répand cette lumière; de même l'acte intellectuel exige que les objets intelligibles soient, comme l'intelÛgence, éclairés par la lumière de la vérité qui s'épanche comme' d^une source, qui rayonne comme d'un foyer lumineux, du bien, soleil de l'âme et de l'esprit. Enfin, de même que l'œil ne possède la faculté de voir que comme une émanation dont le soleil est la source , et que le soleil , principe de la vue , peut être aperçu par l'organe ; de môme la faculté de comprendre n*est qii'une émanation du bien suprême « lequel peut être, en quelque manière, aperçu par elle, quoique ce soit là une des opérations les plus difficiles de l'intelligence humaine.

Le type primitif des idées du bien et du beetn est en nous, acquis dans une existence antérieure; nous ne les produisons pas, nous nous les rappe^ Ions. Pour juger du bien, nous n'avons donc qu'à examiner les réminiscences, les idées qu'en a conser* vées notre âme, c'est à ém que nous n'avons qu'à rentrer en nous-même et à descendre au fond de notre conscience. Toute la philosophie de Platon aboutit là : Connais-toi toi-même,» et le premier il avamce que les principes des choses soût les formes mêtnes- de wAitt esprit. Le monde intelligible, aux sommets duquel plane radieuse l'idée du bien, ne nous est donc pas inaccessible; nous le portons en notre âme ; le divin

DBUXIÈMB PABTIK.

est en nous, ou du moins sa réminiscence e( son image.

Le bien étant ce par quoi les choses bonnes sont bonnes, enferme non seulement Vidée de vertu, mais encore celle de bonheur ; il est donc de sa nature mixte et complexe, car sa condition est d*ètre parfait; il ne manque rien à ses perfections, il r(»ni]>lit tous les désirs et comble tous les besoins : il se suilit à luimême et est suffisant par lui-même. * L'état et la disposition d'âme qui résultent de la présence du bien sont donc telles qu elle n'a plus besi.^in de rien ; or, le plaisir, nous l'avons vu, ne se suiïit pas à lui-môme, et suffît encore moins à lliomme. D'un autre côté, c'est peutêtre la misère, mais* c'est assurément la nature de l'homme d'aspirer au bonheur (ît de goûter la j(ne et. le plaisir; le plaisir est peut-être même, a dit Leibnitz, un sentiment vague de perfection; et suivant Platon, la douleur est évitée comme un mal , le plaisir est recherché comme un bien, * et les choses ne sont complètement bonnes que lorsqu'elles aboutissent au plaisir; Qui voudrait , parmi les plus sages des hommes , qui voudrait vivre, ayant en partage toute la sagesse, rintelligence, la science, la mémoire, à condition de ne ressentir aucun plaisir, pas même le plaisir de connaître le vrai, de goûter le beau, pas même la joie du deivoir irempli ? * il ne faut pas séparer Tagrécèle, le

1 Philèb. . p. 20.

2 Protag.. trad. de M. Schwalbé , p. 202,

3 Bhilèb. . p. 22.

Page 1