CHAPITRE ClNQUlÉaiE
haute sagesse ; la plus belle muse est celle qui plaît aux hommes les plus vertueux. L'art devient aussi une vraie religion qui enchante les Âmes en même temps qu'elle les épure. Il y a donc, au moins comme pos-' sible, une poésie parfaite, une musique absolument idéale» un art entièrement pur, divin: c'est celui-là seul qui sera la véritahle école de la vertu ; car ce qui est beau dans les fij^^ures, comme dans les mélodies, c'est la mesure et T harmonie. Toute figure et toute mélodie qui expriment la mesure et Tharmonie intérieures, c'est à dire la vertu dans Vftme, est belle. La danse et le chant, lequel enferme la poésie et la musique, sont des imitations des mœurs : or, les hommes se plaisent à voir des imitations, et se plaisent surtout à voir imiter des moeurs semblables à celles qu'ils ont eux-mêmes reçues de la nature ou de l'habitude ; car la vertu a une double origine. C'est une nécessité qu'on ressemble à ceux avec qui l'on aime à vivre» bons ou méchants. *
L'éducation est l'art d'attirer par Tenchantement de la poésie et de la musique, et de conduire les enfants^; vers ce que la loi dit être la droite raison; ' elle est.une. partie de l'art d'enseigner, et l'art d'enseigner es! une partie de l'art de purifier les âmes. ' L'éducation, fftfi^ftuc, a pour objet de guérir Vàme de cette terrible espèce d'ignorance qui consiste à s'imaginer qu'on sait