‹ De la psychologie de PlatonChapitre 92 sur 115 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

immoral, mais, si le mot était français, amoral. Je ne vois donc pas qu'il faille tant s'ingénier pour justifier Platon des doetrines fort arouables de oe dialogue, qui aboutissent à cette proposition fort acceptée de Platon : le méchant est un insensé ; et à cette autre très acceptable pour tout le monde : la liberté et partantla mora* lité de l'acte supposent Tuitelligence de l'agent ; d'où il suit très clain^meiU qu'il y a plus de moralité dans un acte funeste commis sciemment par un agent libre et Tolontaire , que dans un acte très avantageux accompli par un agent sans conscience , sans intelligence , sans volonté, c'est à dire sans moralité. Ou peut distinguer dans la vertu comme dans la science, comme en tout,

, Tacte et la puissance. *

Le seul vice de cette théorie de nos facultés morales, c*est le principe que la vertu , c'est la science même ,

i que nul n'est méchant que malgré lui, et par une igno-

1 Platon ne les a pas d<?signés par ces mots techniques ; mais n'a-t-îJ pas (listiiif,'ué l'acte de la puissance dans ce passii^re du Théetète , p. 197: *• Avoir n'est pas la n'i^nie chose que [inssi'iler ; avoir un habit, c'est le porter, en faire usage ; ou peut en être possesseur sans s'en servir. Avoir la adttiee d*ane «liose , c'est eo aToir la connaissanoe aotaélleiiieiit présente à l'esprit. » Id. p. 300» B. « Ufvy^i.^.vf % ■'i ^^li' * Dëmocrite arait déjà dit : « Taot était pour nous en puissance, mais non pas en acte, mànm AnAym, iY«n«Ef » Arist., Mit., XII. p. S41 , c. S. M. Ravalsson lit viv; MM. Pierron et 'évort ont la ij^-j-, cette dernière leçon est celle de Véà. Tauchnitz. Cette distinction senrirait peut-être à lever la contradiction de la doctrine de Platon . sur la question de savoir si la vertu peut ou ne peut pas t'Iro roinniuiiiqui'e par rt'dueatioii. Nous avons infuse la vortu comme la science, mais en puissance et non en acte; mais il faut, ajouter que, pour Platon, la puissance est déjà un acte, quoique un acte imparfait.

rance qui n'ost jamais volontaire. Par là Platon porte atteinte à la grandeur et à la dignité de Thomme : il supprime de sa théorie le devoir, et en supprimant de notre âme le combat, il supprime Tespérance et Thonneur de la victoire , et nous en ravit la gloire et la couronne.

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