‹ De la psychologie de PlatonChapitre 97 sur 115 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

tinguées en émettant quelques doutes sur la réalité • des genres logiques, tels que l'homme et le feu en soi ,

en refusant absolunieiit d'admctln' ceux du mal, des choses ignobles de la nature, et de toutes les productions de Vart, et en ne laissant, au contraire, jamais douterdela certitude immédiate, invincible de la raison à l'égard de l'existence des idées absolues et universelles ; enfin il les a distinguées en imaginant entre les êtres sensibles et les êtres divins et absolus, une classe intermédiaire d'êtres qu'il appelle mathématiques, où entrent naturellement l'espèce et le genre logiques, qui sont des espèces de nombres puisqu'ils renferment tous dans leur extension une totalité d'individus : genres qui n'ont pas plus de perfection que chacun des individus qu'ils embrassent, puisqu'ils en sont tirés, tandis que l'idée est l'essence idéale, parfaite et absolue des qualités * que nous trouvons imparfaites et relatives dans les êtres sensibles, liiconunuiii» ubles sont les idées entr'elles ; * les genres logiques sont, les uns communicables, les autres incommunicables. '

La distinction des raisons de Vêtre et du savoir n*est donc pas parfaite, mais (die existe; et l'on n^^ pas le droit de dire que Platon n'atteint que des formes vides et abstraites , et fonde la réalité sur des ombres et des

I < tes (wwiices, telles que l'oo a imaginé les idées, no sont rien que* qualités. » Arist., Mit. VU, p. 143. Cf. Rav. Estai tur la Uét., tom. I,

Tiin.. p. 52, et le Pormêniti. . p. l.'JO, qui fixe rl.iirpriKMit le sens du passage du ïimée eonleslO par Al. Janct, DiaUcUqm ée Platon, p. 266. 3 Soj^iti.

DEUXIÈME PAHllE.

fantômes, et n'explique ainsi ni la couuaissance ni rétre. Platon, d'ailleurs , n*a pas ignoré les objections • qu'on pourrait faire à sa théorie des idées, et il se les

est faites liii-meme sans y répondre, niais sans l'abandonner. Sa doctrine, d ailleurs, répond bien souv^t pour lui.

Dans le Timée * Platon se demande s'il n*est pas le

jouet d'une illusion philosopliiijue, et si l'idée, qu'il considère comme un principe et une cause nécessaire, ne serait pas simplement un mot, irïiTiv >^oç. Malgré ce doute, il persiste à affirmer que les idées existent, et il y persiste partout, dans la République, le Phédon, le Parmémak, comme dans le Timée, Àiistote prétend que Platon se borne à répéter cette affirmation et qu'il ne la prouve pas, que la seule raison tirée delà nécessité de la science, qui demande uue essence fixe et universèlle pour y asseoir la définition, conduit à admettre des idées que les platoniciens n'admettent pas; que d'a[)rès les arguments tirés de l'unité, que l'induction dégage du sein de la multitude, il y aura des idées même de négation. Ces arguments , Àristote a raison de le dire, ne sont pas des preuves; mais ce n'est peut-être pas là qu'il fallait les cliercher, s'il voulait vraiment les découvrir, 11 faut remonter au principe psychologique, fondement ou plutôt âme invisible , mais vivante , de la doctrine de Platon : tout ce qui est pensé existe réellement et tel qu'il est pensé; il est absolument impossible de penser le non-

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