‹ De la psychologie de PlatonChapitre 98 sur 115 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

être absolu. L'universel est pensé, donc il est; le parfait est pensé, donc il est; le juste, le beau, le bien sont pensés, donc ils existent, et ils existent tels qu'ils sont pensés, c'est à dire avec les qualités que révèle la connaissance que nous avons de leur être et de leur essence : il y a de Vétre dans toute pensée; Il y a plus, toute pensée atteste l'existence de Vétre nécessaire, universel, parfait, de l'idée. Il n'est donc pas tout à fait exact de prétendre que la théorie des idées repose sur une affirmation sans preuves ; que les idées existent, les principes delà psychologie platonicienne me semblent le démontrer clairement cl invinciblement.

n est certain toutefois que Platon n'a pas déterminé avec précision de quels objets il y avait des idées : j'ai cherché à donner (pi('l([ues principes de cette détermination,- en me fondant à la fois sur les faits que cite Âristote, et sur Vesprit et les tendances de la philosophie platonicienne ; il m'a paru (qu'avant de procéder à cette classification, il fallait reciiercher s'il n'y avait pas nécessairement dans ce système deux sortes d'idées, l'une logique et abstraite, l'autre réelle et vivante, universelle et absolue, en un mot divine. Quant à la nature des idées, j'ai essayé d'établir que, d'après Platon, elles étaient des causes, des causes intelligentes et intelligibles, exemplaires, finales, formelles et motrices, et que c'était contre les textes les plus formels de Platon, ' qu' Aristote n'avait voulu

1 Par i;x. dan» le Philèln

DBUllÈMË PARTIE.

reconnaître dans sa philosophie que deux causes, la forme et la matière.

n reste encore contre la théorie des idées des objections graves, tirées toutes de la diiUcuUé et pour ainsi dire de Timpossibilité d'eipliquer le mode de participation des clioses aux idées, problème qui n*est autre que rinsoluble problème de la nature des rapports de rinfini au fini , du monde à Dieu.

D*après la doctrine de Platon, Tidée est tout entière dans chacun des individus qui en participent et reste cependant nne et identique ; mais si elle est une et identique en plusieurs individus séparés, elle y sera tout entière en même temps, et de cette manière sera séparée d'elle-même. Que conclure de là? que les choses ne reçoivent pas l'idée comme une totalité.

Si Ton dit que Tidée plane sur les objets comme le jour sur les choses qu'il éclaire, ou comme un voile sur les individus qu'il recouvre , il est certain qu'au dessus de chaque être il n'y a qu'une partie du voile, une partie de la lumière : l'idée serait donc divisible comme le voile ou la lumière. Mais l'idée peut-elle être divisée et conserver après cette division son unité essentielle ? Si on divisait la grandeur, chacun des objets grands serait grand par une partie de la grandeur; si on divisait l'égalité, chacun des objets égaux serait égal j)ar un(^ partie de l'égalité plus petite que l'égalité, et par conséquent inégale à l'égaUté : quoi de plus absurde 1 Les choses ne peuvent donc pas recevoir l'idée en partie: or, est-il un autre moyen de recevoir les chosesqu'en tntahtéoueapartie?Socrate ne trouve dans Ir

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