PARAGRAPHE PREMIER
POINTS DE VUE DB l'iDÉB:
Ici encore nous ne faisons que résumer ce que nous avons développé dans notre étude sur les divisions de la linguistique.
Les idées sont les visions des objets, mais elles voient les objets à différents points de vue qui sont : 1® le concret et l'aistrait, 2^ le subjectif, Yohjectif et le relatif, 3** le formel et le non formel.
Y Le point de vue subjectif se distingue du point de vue objectif en ce que le premier regarde les objets en eux-mêmes, tandis que le second les voit dans leur relation seulement avec celui qui pense ou parle.
Le point de vue relatif à son tour, est celui où Ton considère un objet par rapport à un autre objet. Au fond le subjectif est un relatif d'espèce particulière ; c*est un relatif à la personne qui pense.
Le pronom personnel a pour emploi spécial d'exprimer le subjectif, tandis que le substantif exprime l'objectif. Les mots : je, tu, il expriment, en effet, le premier, directement ma personnalité, les autres encore la même, puisque les autres personnalités n'y sont exprimées que par opposition à la mienne.
De môme les adverbes : ici, là sont subjectifs puisqu'ils indiquent la situation d'un objet par rapport à la mienne, tandis que ceux : en haut, en bas l'expriment d'une manière absolue, objective, et que ceux-ci : sur, soits, l'expriment d'une manière relative, relative à un autre objet.
Nous avons démontré que Tidée subjective est chronologiquement de beaucoup antérieure à lldée objective dans notre étude sur la véritable nature du Pronom,
2** L'idée abstraite diffère de l'idée concrète (et cette distinction est de la plus kaute importance en psychique) en ce qu'elle généralise tandis que la concrète individualise de la manière la plus étroite, si étroite que tel mot peut ne désigner que tel individu parmi tous les êtres. La généralisation de ridée abstraite consiste à ne plus considérer l'être dans son unité naturelle, dans son individu, mais soit dans ses unités
artificielles, dans ses parties au moyen de Tanalyse, soit dans son genre, c'est-à-dire dans la collection d'êtres qui le renferme, soit dans une de ses qualités qu'on en détache, qui lui est commune avec plusieurs autres êtres réels, et qui séparée va former un être de raison, par exemple dans les substantifs dits abstraits.
Le concrétisme qui consiste ainsi dans une individualisation à outrance est très naturel et se trouve seul à l'origine de l'évolution, l'abstraction le repousse peu-à-peu ; les conquêtes de l'abstrait sur le concret forment les chapitres les plus intéressants de l'histoire de la psychique.
Mais le concrétisme n'affecte pas seulement les idées principales, mais aussi les concepts grammaticaux accessoires de dérivation, de détermination et de relation. Il consiste pour ceux-ci à s'individualiser ; ainsi par exemple le nombre subr jectif concret sera celui qui s'individualisera dans la personne qui parle, se déterminant d'après celle à qui on parle, ce qui a lieu dans la distinction entre l'inclusif et l'exclusif. Le nombre objectif concret sera celui qui par sa précision, sa surdétermination objective échappera à toute opération d'abstraction, de généralisation mentale ; par exemple 1, 2, 3, 4.
De même le temps subjectif concret sera celui qui a son point de départ dans la personnalité de celui qui parle, l'impératif par exemple ; le temps relatif concret sera celui qui dépend du temps d'une autre action réelle, non hypothétique.
En tout cela il y a individualisation, surdétermination, par opposition à la généralisation.
Enfin un troisième concrétisme est celui qui relie dans certains cas ridée accessoire à l'idée principale. Quand ce lien est indivisible, quand on conçoit d'un seul jet l'un et l'autre concept, sans les distinguer par l'analyse, on a le concrétisme par confusion du concept accessoire avec le concept principal, et par contre coup, de leurs expressions. Ce concrétisme consiste d'ailleurs non seulement à ne faire qu'un, à s'individualiser avec les concepts principaux, mais aussi à se confondre, avec d'autres concepts accessoires, de manière à résister à l'analyse, soit d'une manière absolue, soit au premier abord ; un exemple frappant de ce concrétisme est l'expression d'un nom au pluriel, au féminin, en employant une racine différente de celle en
)Our le même nom au singulier ou au masculin, ou en
ant le pronom-sujet et le pronom-objet par une seule
commune et indécomposable.
iste donc trois concrétismes : 1° celui du concept princi-
celui du concept accessoire, 3" celui qui indiridualise le
: accessoire dans le concept principal. En outre, ces
■ncrétismes peuvent se croiser entre eux, ainsi que nous
expliqué ailleurs.
re côté l'objectif se croise avec le concret et l'abstrait ;
le le subjectif et le relatif ; de là des combinaisons nom-
qui multiplient les points de vue sous lesquels on enviiée.
ifln l'idée est formelle ou non formelle, cette dernière a ogiquement précédé l'autre, de même que le substantif dé l'objectif, et le concret l'abstrait. Le point de vue mel est celui où les diverses natures d'idées n'appa-
pas distinctes l'une de l'autre, se confondent ; on n'est ivé au point de la vision nette. Le même mot est à la istantif, verbe, adjectif, adverbe ; point de distinction entre l'être et l'action ; le verbe est un substantif qui a sujet au possessif.
•ois points de vue non seulement ont leurs conséquences ihologie, mais celle-ci les imite même dans son propre e, comme nous l'avons décrit ailleurs.
sont les divers points de vue de l'idée. Suivant que ist vu en se posant à l'un ou à l'autre, son image qui ée diflêre, et le langage qui est l'expression directement i, indirectement seulement de l'objet, varie à son tour. w ainsi sous des angles différents, et il faudrait réunir es vues prises isolément en un ensemble stéréoscopique tenir l'idée dans son aspect de solide, l'idée entière, linons maintenant l'idée en elle-même, et cherchons en Sont les différentes sortes.
PAR.A.G:^^PHE DEUXIÈME.
DIPFÉRENTRS CLASSAS d'iDÉES.
idées forment d'abord deux grandes classes ; elles ; l" un objet ou une action, 2° la situation de cet objet
ou de cette action. A cette division psychique correspondent morphologiquement P les racines attributwe$, 2** les racines pronominales, qu'il serait plus exact d'appeler les racines locatives.
En effet, l'idée tout-à-fait concrète de l'homme primitif ne se figure point séparément P l'objet, l'être, 2° l'action ou la qualité de cet être. Une telle distinction qui n est pas dans la nature forme déjà une abstraction dont son esprit n'est point capable. Il distingue, au contraire, nettement de l'objet en action le milieu ambiant d'où celui-ci se détache, le lieu où il se trouve ; cette situation de lieu est l'embryon de toutes les idées de relation.
De ces deux idées primordiales l'une est beaucoup plus matérielle, l'autre plus intellectuelle. La conception du lieu, de l'espace est plus affinée que celle de la matière en repos ou en mouvement, mais est cependant plus naturelle aussi, étant souvent subjective.
Telle est la formule condensée des idées primitives de l'homme : P idée de la malièi^e en action, 2** idée du milieu, de l'espace où elle se trouve.
C'est du frottement: pour ainsi dire, de ces deux idées Tune contre l'autre, que jailliront toutes les autres catégories d'idées.
Mais d'abord l'homme conçut ces deux idées primitives de deux manières différentes, soit en considérant ou l'objet ou le milieu en eux-mêmes, soit en les considérant par rapport à soi, objectivement ou subjectivement. Ceci nous donnera la solution de la question de savoir, laquelle de ces deux idées est la plus ancienne.
L'idée de l'objet en action a dû être chez l'homme conçue subjectivement avant de l'être objectivement. En efiet, l'homme rapporte d'abord tout à lui-même ; or l'objet conçu subjectivement est ce qu'on appela plus tard le pronom personnel, tandis que l'objet en action conçu objectivement est le sub^^^antifverbe.
La même distinction eut lieu en ce aui concerne l'idée d'espace, de milieu, de situation ; la situation peut-être d'un objet absolument : e^a haut, en bas, on relativement à un autre : sur, sous, ou relativement à Ihomme qui pense ; ici, là, là bas.
C'est ridée dô cette dernière situation, de la situation subjective, qui est venue la première, ainsi que le prouve l'étude de langues nombreuses, mais surtout des langues Polynésiennes.
De là premièrement : Vêtre en mouvement ou action, soit le substantif-verbe comprenant P cet être envisagé objectivement ou substantif-verbe y 2^ le même être envisagé subjectivement, ou pronom personnel ; secondement : la situation de Vêtre, ou adverbe, comprenant V cette situation envisagée objectivement, ou adverbe objectif, 2"" cette situation envisagée subjectivement ou adverbe subjectif.
Mais morphologiquement le pronom personnel a pris naissance dans Yadverbe subjectif. Celui de la F* personne : moi correspond à ici ; celui de la 2® personne : toi correspond à : là ; celui de la 3* ou lui correspond à : là bas. D'autre côté le pronom personnel est psychiquement antérieur au substantifverbe ; on peut en conclure que la partie du discours la plus ancienne est Yadverbe subjectif : ici, là, au loin.
Cette antériorité de Vidée de lieu subjectif sur toutes les autres, même sur celles ontologiques coïncide avec la généralité et l'universalité des racines dites pronominales, c'est-àdire en réalité adverbiales qui se retrouvent les mêmes dans une foule de langues non-apparentées, et qui conduiraient robservateur superficiel sur la fausse piste d'une parenté généalogique qui n'existe pas, tandis que les racines attributives des mêmes langues sont et restent irréductibles entre elles. En eiFet, nous avons déjà observé dans d*autres études que certaines idées très générales, très indispensables et en petit nombre s'expriment par les mêmes racines chez presque tous les peuples. Cela tient à ce que l'esprit humain, étant partout le même, a trouvé les mêmejs expressions pour ce petit nombre d'idées.
De même que le substantif-subjectif ou pronom, prit naissance, quant à l'expression, dans une racine adverbiale, dans Vadverbe subjectif de même par contre, t adverbe relatif qui n'est autre que \di préposition proprement dite prit naissance dans le substantif verbe ; le mot : cercle devint autour ; le mot compagnon devint avec,
La substantif-verbe resta longtemps une unité compacte, sans différenciation, et cette différenciation tardive, il ne la dut
d'abcMPdqu'à la forme différente du pronom qui y était joint lequel fut possessif qaaiià il se joignit au mot considéré comme substantif, et prédiçatif qxiaxià il se joignit au même mot considéré comme verbe.
Ce fut une opération difficile, en effet, pour l'esprit humain de distinguer ïaction abstraite ou Xêtre abstrait, de Yêtre en action.
Dans cette réunion, ou plutôt dans cette indistinction du substantif et du verbe, quel était l'élément principal, le substantif ou le verbe ? Il faut répondre qu'il n'y avait pas proprement d'élément prédominant, puisqu'il n'y avait pas deux éléments. Cependant l'aspect verbal l'emportait entièrement sur l'aspect ontologique. Il en existe une preuve morphologique certaine. La voici. En Sanscrit, par exemple, tous les substantifs communs ont une origine significative, c'est-à-dire sont tirés de verbes, sont des noms d'agents. Le fleuve est : le coulant : le cheval est le rapide. Si des verbes se sont à leur tour formés de substantifs,' il y a là un procédé hystérogène et relativement rare ; au contraire, le substantif vient d'un verbe de signification assez large et variée pour pouvoir en produire plusieurs.
Du verbe ayant déjà perdu le substantif se détache à son tour l'adjectif. A l'origine l'adjectif se conjugue comme le verbe proprement dit, rien ne l'en distingue ; ce n'est que plus tard qu'il s'en sépare, forme un mot autonome et pour marquer son ancienne fonction verbale introduit dans le discours la copule.
La racine attributive a ainsi produit par sa segmentation, dans l'ordre suivant : V le verbe proprement dit, 2^ le substantif, 3' ïadjectif
Le substantif s'emploie pour exprimer le rapport de lieu entre deux objets ; il engendre ainsi la préposition locative.
La génération du substantif et de l'adjectif émanés du verbe s'était faite en passant par deux positions intermédiaires : l'infènitifet le participe.
Le pronom personnel, idée ontologique subjective étant né morphologiquement de V adverbe de lieu, donna naissance à son tour, outre différentes autres sortes de pronoms, à un petit mot qui est devenu d'une grande importance, Varticle.
De son côté, l'idée de situation, de lieu, outre l'idée ontologique subjective qu'elle créa au point de vue morphologique,
le pronom, engendra psychiquement une idée plus immatérielle, celle de temps et une autre plus immatérielle encore , ceUe de quantité^ que nous retrouverons plus loin dans les divisions de l'adverbe ; eUe engendra aussi : 1** la préposition de relation, ou situation intellectuelle, indiquant la place que chaque idée doit obtenir non dans l'espace matériel, mais dans \espace intellectuel, dans \di phrase, 2^ la conyowc^iow, indiquant la place que chaque proposition doit occuper par rapport à une autre proposition, de telle sorte que de Y idée de lieu sortirent P Y adverbe, 2^ hu préposition, 3® la conjonction, en un mot, les parcicules.
Ainsi s'établirent les diverses natures d'idées correspondant aux divers objets de ces idées, et qui sont : T"®""* V le substantif, 2"" le pronom, 3^ l'article, 4^ l'adjectif, 5*" le verbe; 2°'*''*, V l'adverbe, 2"" la préposition, 3"* la conjonction, au point de vue psychique, étant observés qu'au point de vue morphologique le pronom et l'article sortent du premier groupe pour entrer dans le second.
En dehors reste une seule des parties connues du discours, Y interjection dont nous trouverons plus loin la place à part et la nature 'toute spéciale.
Mais chacune dé ces parties du discours comprenant un groupe différent d'idées se subdivise à son tour ; il importe d'établir ici ces subdivisions.
Le substantif peut être subjectif ou objectif et chacun d'eux peut être à son tour ou concret ou abstrait.
Le substantif subjectif concret n'est autre que le pronom personnet lui-même.
Le substantif subjectif abstrait est ce qu'on appelle ordinairement le ^î^ôscan^ï/ ûf&.ç^ -aeV. c'est-à-dire celui qui dans l'état actuel de la langue provient d'un adjectif ou d'un verbe, en réalité toujours d'un verbe. Les idées : blancheur, fabricant sont des substantifs subjectifs abstraits. En effet, ils ne peuvent être objectifs, puiscue, par exemple, lu blancheur n'est pas un être visible, n'existe pas dans la nature ; ils sont donc subjectifs. En quoi sont-ils abstraits ? En ce qu'ils n'existent pas idéalement par rapport seulement à celui qui pense individuellement mais par rapport à tous les hommes.
Il existe plusieurs sortes de substantifs abstraits ; d'abord deux catégories principales : P les noms abstraits dérivés des
adjectifs : Uancheur^ 2^ ceux dérivés des verbes. Ce sont ces derniers qui comportent encore plusieurs subdivisions. Le nom abstrait dérivé de verbe est Vie nom d'agent, 2** le nom d'action ^ 3® le nom in abstracto dtc lieu où se /aie Vaction, 4** celui aussi in abstracto, de l instrument avec lequel se fait Faction, 5^ celui du 7ésultac de l'action. Tous ces termes sont abstraits et subjectifs en ce qu'ils ne désignent pas un être ou une chose réels, vivants, mais des êtres pris comme n'ayant qu'une seule fonction à considérer, par conséquent imaginaires et idéaux. Ces catégories auront plus d'importance dans la morphologie dynamique.
Le substantif objectif concret n'est autre que le nom propre ; il est concret puisqu'il est individuel, ne s'applique qu'à un seul être, et le désigné entier, sans aucune analyse ni distinction.
Il faut comprendre sous la dénomination de nom propre, non seulement celui d'homme, celui de lieu (ville, fleuve, etc.), mais aussi celui qui ne désigne qu'un seul individu de l'espèce, par exemple le substantif accompagné d'un pronom possessif : mon livre, surtout lorsque ce pronom est agglutiné, et que le substantif ne peut s'exprimer sans lui, comme dans les langues algonquines.
Le substantif objectif abstrait est le nom commun. Il se tire morphologiquement du verbe, comme nous l'avons dit, et le substantif objectif concret, ou nom propre, qui a toujours d'abord été significatif, se tire du nom commun.
Le trait d'union entre le nom propre et le nom commun est le nom de parenté, si riche dans son expression à l'origine.
L'adjectif peut remplir des fonctions bien différentes ; ou bien, c'est un verbe sui gen&tns, s'étant exprimé d'abord par un seul mot, s'exprimant maintenant par deux : la copule, le prédicat, c'est Y adjectif prédicatif\ ou bien entrant dans la sphère d'un autre mot il peut qualifier le substantif, c'est Yodjectif attributif ou qualifier le verbe, c'est alors un adverbe.
Vadjectif comprend donc : V le prédicat, 2® Vattributif ou qualificatif, 3° Yadverbe de qualité.
L'adjectif prédicatif (et aussi les deux autres qui n'en diffèrent que par leur fonctionnement) peut être subjectif ou objectif, abstrait ou concret.
L'adjectif subjectif concret est l'adjectif possessif : mon, toi, etc.
L'adjectif stibjectif abstrait est celui qui tire son origine du verbe d'action et n'est ainsi qu'un participe pour ainsi dire solidifié : uii homme aimant.
Vsdjectit objectif concret est l'adjectif ordinaire : bon, maui^ais, etc., exprimant la qualité d'une manière absolue, sans distinction ni analyse de la qualité.
L'adjectif objectif abstrait est le précédent jouant le rôle du verbe en ce sens que, comme celui-ci, il possède un complément, par exemple : bon à manger , beau à voir, la qualité est limitée idéalement et relative.
Le verbe est aussi objectif et subjectif, abstrait et concret.
Le verbe subjectif concret est celui qui exprime l'action aon comme réelle, mais comme idéale, comme n'existant que vis-à-vis de tel homme ; tels sont les verbes précédés d'Un autre verbe quand ce dernier est : vouloir, ne pas vouloir, pouvoir^ ne pas pouvoir, ou toute autre auxiliaire autre que le verbe être ; la langue turque marque cette idée d'une manière bien plus énergique en n'employant que le verbç principal auquel elle joint des particules pour exprimer ces nuances.
Le verbe subjectif abstrait n'est autre que le verbe être, et les verbes qui remplissent la même fonction de copule : paraître, devenir, se nommer.
Le verbe objectif abstrait est le verbe ordinaire.
Le verbe objectif concret est celui qui renferme dans une seule expression, et par conséquent dans une seule idée une action très particulière qu'on exprime ordinairement d'une autre manière par un verbe générique suivi d'un substantif particulier, par exemple le verbe fahr'en qui signifie : aller en voiture.
Le pronom personnel a une triple fonction, d'où trois sortes de pronoms : P c'est un substantif subjectif concret ; à ce titre, il devient quelquefois subjectif abstrait, c'est quand de personnel il se transforme en indéfini ; tout, chacun, on, quiconque ; 2*» c'est un substitut de substantif, alors il est toujours de la 3* personne, dans ce cas il suit toutes les catégories du substantif qu'il représente ; 3"* c'est un déterminatif du substantif, faisant en quelque sorte fonction d'adjectif ; alors sa fonction devient souvent objective : objective concrète lorsqu'il se présente comme démonstratif, objective abstraite quand il se présente comme article, car dans ce dernier cas il désigne intellectuel-
lement par rapport à la situation logique dans le discours et non matériellement ; elle peut rester aussi subjective.
A leur tour les pailies du discours de la seconde classe se subdivisent chacune. /
L'adverbe proprement dit comprend trois classes : P l'adverbe de qualité dérivé de l'adjectif, 2» l'adverbe de mode, 3* l'adverbe de lieu né de lui-même et duquel dérivent les adverbes de temps et de quantité.
L'adverbe de lieu qui est le véritable adverbe est absolu ou relatif ; mais l'adverbe relatif : sur, sous, tient une place à part sous le nom de préposition ; nous l'examinons ensuite.
L'adverbe de qualité est un adverbe improprement dit en ce sens que ce n'est en réalité que l'adjectif du verbe, l'adjectif dans une de ses fonctions spéciales, si bien qu'il suit alors toutes les divisions ci-dessus établies de l'adjectif.
L'adverbe de mode : certes, peut-être etc. porte plutôt sur la proposition entière que sur le verbe ; en tout cas il se résout en expression analytique du concept accesiSoire de l'affirmation, du doute, de la négation, de l'interrogation que nous retrouverons plus loin dans la description d'un des concepts accessoires du verbe, la voix subjective.
L'adverbe de lieu absolu lato sensu, se subdivise en adverbe de lieu proprement dit, adverbe de temps, et adverbe dUnten^ site ou de quantité. Le plus intime rapport les relie, le temps est du lieu successif'; le lieu proprement dit est le lieu simula tané ; l'intensité ne s'étend ni dans le temps ni dans l'espace, mais se concentre sur un point donné.
Qu'il soit plus spécialement de lieu stricto sensu, de temps ou d'intensité, l'adverbe peut être objectif ou subjectif, concret ou abstrait.
L'adverbe de lieu objectif e&{» celui qui l'exprime matériel et par rapport aux objets, non par rapport à l'esprit humain ou à celui qui parle. En haut, en bas, pendant trois jours, quatre fois, à tel degré sont des adverbes de lieu objectif.
Mais cet objectif est concret ou abstrait ; il est concret lorsqu'il est purement matériel, comme dans les exemples que nous venons de citer ; il est abstrait s'il est indéfini ou négatif ou non déterminé : partout, quelque part, un jour, jamais^ etc.
L'adverbe de lieu subjectif est celui qui fixe un lieu par rapport uniquement à la personne qui parle, c'est le subjectif con^
cret, il se traduit par : ici, là, auprès, au loin, et comme tel est très usité dans les langues Polynésiennes sous le nom de particule de direction. Le subjectif' absérait est celui qui fixe le lieu par rapport non à la personne qui parle, mais au discours qu'elle tient, c'est-à-dire par rapport à l'intelligence de tous les hommes à laquelle la proposition est accommodée ; il se traduit par les mots : ci-dessus, ci-après, etc.
La préposition et la conjonction sont des parties du discours d'un genre particuUer qui n'expriment plus des êtres, des actions ou des qualités, mais seulement des relations ; il faudrait donc logiquement n'en traiter que plus tard en parlant des idées accessoires, de celles de relation, mais il est utile de compléter tout de suite notre théorie des parties du discours.
La préposition est en réalité Vadverbe relatif tellement important, du reste, qu'il a fallu lui faire une place à part. Par elle nous entendons aussi la postposition .
Elle est aussi abstraite ou concrète.
EUe est concrète lorsqu'elle exprime le lieu, le temps ou la quantité relatifs matériels : sur, pendant, plus de.
Elle est abstraite, lorsqu'elle exprime la cause, le moyen, le but, lesquels sont une abstraction du point îe départ, du passage et du point d'arrivée quant au lieu.
Ce classement de la préposition et celui que nous venons de faire de l'adverbe ne correspondent pas exactement et ne peuvent correspondre à celui que nous ferons plus tard des différents cas grammaticaux. En effet, la préposition ne se confond pas avec le cas ; elle n'est qu'un des moyens morphologiques de l'exprimer ; en outre, elle n'exprime que les cas dits locatifs, et ceux qui sont une abstraction des premiers, c'est-à-dire le datif, l'instrumental et l'ablatif dont l'idée se résout en celles de but, instrument et cause. EUe n'exprime normalement ni les cas logiques, nominatif, accusatif et génitif, ni à plus forte raison le vocatif ; si elle le fait, ce n'est que d'une manière hystérogène, anormale et en usurpant la fonction d'autres mots.
Nous verrons, en observant les relations que celles dites logiques échappent au domaine de la préposition, et ont d'ailleurs un caractère tout-à-fait subjectif
Si la préposition unit les idées à la pensée, la conjonction unit les pensées entre elles. Cette union est de deux sortes ; ou bien
avec égalité entre les deux pensées, ou avec subordination de Tune d'elles ; ou, au contraire, il n^ a pas union, mais disjonction, même opposition. De là le classement suivant : F conjonctions conjonctives^ 2^ conjonctions disjonctives^ 3° conjonctions subordonnées.
Les deux premières sont concrètes, indiquent une union réelle et matérielle ; les secondes sont abstraites et marquent une union purement idéale.
Parmi les conjonctions abstraites, queiques-unes sont subjectives ; elles expriment un rapport qui n'existe que dans la pensée des hommes. C'est ce qui arrive quand la conjonction que en français tient la place du subjonctif latin.
La conjonction si, au contraire, est relative abstraite ; elle exprime une liaison entre propositions qui existe, non dans la réalité, mais cependant indépendamment de la personne qui parle et des autres hommes.
La conjonction qice est subjective concrète en français, lorsqu'elle exprime l'optatif.
La conjonction n'est donc pas comme la préposition, un simple mot de relation simple, abstraite ou concrète, elle est aussi un mot de relation subjective, abstraite ou concrète ; en d'autres termes, elle est relative ou subjective, mais non objective.
Telles sont les diverses divisions de chacun des groupes d'idées formant les différentes parties du discours.
Nous avons vu auparavant à quels divers points de vue les idées sont envisagées par la psychique statique.
Il nous reste pour terminer l'étude des idées au repos, à examiner quelle est la subordination des idées, des unes par rapport aux autres.