‹ De la puissance américaineChapitre 131 sur 135 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

t DK l'INDOSTRIB ■ANCPACTOBIÊRB dans SB8 DHERSES APPUGAT10N8 i.t\i. SPÉCIALIS.

1 * Transformations des produits du sol par des forces mécaniques. — 2* Industrie cotonnière. — 3* Des cuirs. — 4° Du fer. — 5" De la laiue. — 6^ GoDstruction des machines. — V Carrosserie, cbarronnage. — 8* Distillerie. — 9" Fabrication de meubles. — 10" Papeterie. — iV Librairie. — 12* Chapellerie. — 13* Droguerie. — 14" Verrerie. — 15" Corderie. - 16" Raffinerie. — 17" Poudre à canon. — 18" Instruments de musique. — 19" De la soie. — 20" Industrie linière. — Valeur des consfructions marilimes, des maisons vu pierre, en brique, en bois. — Valeur totale des capitaux engagés dans des industries non particulièrement désignées.

g^ J'entrerai maintenant dans quelques détails sur chaque branche particulière composant l'industrie manufacturière américaine, en les classant d'après Tordre de priorité que leur assigne l'importance du chiffre des capitaux engagés et de la valeur des rendements.

1^ Transformation des produits du sol far des forces

mécaniques.

La première, sous le point de vue des capitaux et de la valeur des produits, est sans contredit celle qui repose sur l'immense richesse du sol américain , et qui n'est livrée au commerce que par l'intermédiaire des

moulins de tous genres dont elle est obligée d'emprunter l'aide pour répondre aux besoins de l'homme.

Aucun pays peut-être ne fournit la même quantité de productions indigènes auxquelles l'emploi des moulins soit appliqué.

Un moulin est le premier instrument de la civilisation américaine ; il pénètre avec le pionnier au milieu des solitudes des forêts y contribue à lui fournir sa nourriture et les moyens de l'acheter; c'est le jalon qui dirige les pas des nouveaux émigrants ; le bruit distant d'un moulin réjouit l'âme de l'aventureux voyageur, sa vue le comble de joie , car il est sûr qu'autour de ce simple établissement industriel , il va retrouver le campement de ses semblables^; il touche à la fin de ses peines.

Il est rare qu'on ne trouve pas sur tous les cours d'eau où la présence d'une chute a pu être utilisée pour créer une force hydraulique, un moulin à grain ou à scie, souvent l'un et l'autre, puis un maréchal ferrant ; enfin l'hospitalière demeure d'un restaurant indigène ou inn. Tels ont été généralement les points de départ des plus importants centres industriels américains.

Dans la grande région de l'Ouest, où les terres descendent par une pente si insensible , qu'on pourrait presque dire qu'elles forment un plateau , et où , par conséquent, les cours d'eau tracent lentement leur carrière par d'innombrables circuits qui retardent leur marche sans occasionner de chutes , l'homme a appelé à son aide, pour remplacer les puissances hy-

946 m LÀ PUISSANCE ÂMÉRiCilNK.

draaiiques que ia nature lui a refudéed^ le peutoir de la vapeur, cet élément de force qui ne chôme q«e par la voloiité de celui qui l'a cirée. Ainsi » dahs la vallée de l'Ohio, à Pittsburg , Wheeling , Matièttà, Cincinnati, Louisville, de gigantesques fabriquée (jgnàlent de loin la puissance créatril^e de rhomtoe et la force de la vapeur. Dans le même édifice , par éttges Bupéirposés , la vapeur ddtine la Vie aux divétsès braiiches de la même industrie, et le grain qui, le ffiàtin^ a été apporté du champ, retourne le soir en faritte admirable |)our sa blancheur, renfermée dans des barils, doiit les douves ont été préparées par la fiiêtiie fbrée, avec des bois qui , la iréillé ^èbrë, étaient 6«r pied!

Du reste, ces espèces de tranîifotSiàtiotls ihirtcft^ tetises sont trè^fréquentes aui Ëtats4JiiiSy que leurs actifs habitante Ont rendus une térire de prddigës.

Si au lieu de se trouver dans là ixiâgnifique vallie du Mississipi -, le voyageur pareduH ^ ûM tolitraire, h contrée la plus orientale de rûnioii ,- qu'il èe rèiiâe, par exemple, par terird , de là baiei de Peitobséet I la baie de Pasiatnaqubdy ^ il ttav€»6è aisé ittfinité de rivières qui, descendant directement des i&étttà^és à l'Océan.^ fomicttit une isériè de tiàtaraotââ. Œâétiâe de ws chutes e»t dëvei^ue le siège d'uttë iliâustHe tirèsavaniageuse ^ oà lei§ arbres des forêts 6oût débi^ in tfés-peu de temps en une infinité de plaiiehes^ d^ 80- HiVes^ de madriers, que des bfttimehts à Vdile^aibà]^ dans les èaun etiootë ftimafltes du ttiVail i&êttsMèl , eMatf^l «t pdHelit dans les lûârcihéé él&igftéi; itày

mi» ËUts^UniB , il edt rare qu'une kidartrié ieeàle ne s'dliie p&s au ceinmeree^ cette teiehne qai> dans les mains des Américaine ^ sait dentier une valeur réelle aut objets les plul^ ordinaires (1).

Les capitaux engagés dané cette branche d'industrie nationale dépassent l'éborme chiffre de 327^000^000 y et rendent plus de 882)000,000 de fhincs ! 60,788 personnes j troiiTent un einploi a<ctif.

2^ Industrie cotonnièré.

lif^péVL de doute, ain&i qiië je l'ai déjà dit ^ que le coton ne. soit une plante indigène de l'Ainérïqtfe, t>uisqilë léé El^paghols, Iblrs de leur déebuverte de l'Âniériqbe du Sud , f trouvèrent icette plante crdi»sakit dahs la jpilus grande perfection. Il est constaté, en eùiirê, que lés Américains teU qn'ih àpp&iru^ttt AUx première Européens qui les viëitèrënt *, étaiëUt cOu- Yélrtis d*hàl)illements de coton : ils ne connaissaient ni la laine, ni le chaUVf ë , ni VA soie ; ih oultitaient le lin pour È^h faire déè Véteniëntâ. L'àbbê Glavigni rêinar^ùie que les Meiicàitis rédsâf^èaîënt à fabriquer tan tissu en coibn aussi fin et dëlifiàt l(][ttë cëlUl des Hollandais, et l|ui était fort ëëtiëiié éft mrdfpè. Gës tissus étaient de din%lrentè§ éëUleùift «t réti«è^énttiéht di^t^ dêiftinà de ileùfo m à'kuMiiAx ; ilé jr ineiàient

('lj Lès A^értcitns bé I& i^BiiVelié-AiiètéfeMri 0bt eu mSké tli*4itiiflitagflitée la "veste des gliMset, 4«i« ^^ ^^>i' froîén ré^n* eoufireiit peAdant quatre inois toutes leurs rivières» en les portant aux Antilles poor fournir à VaTiàe consomnÙJiiôn sous \tSi tl^^qdl^.

des plumes, et en fabriquaient des manteaux , des rideaux, des tapis, des vêtements de toutes sortes aussi doux que beaux. Souvent même , ils faisaient une étoffe mi-coton et mi-poil du ventre de lièvre préparé et tissé à cet effet, dont l'usage était entièrement réservé à la confection d'espèces de gilets ou chemises pour la noblesse.

Ainsi, il parait donc bien démontré que l'industrie appliquée au coton était déjà connue des indigènes américains avant la venue des Européens. A quelle époque monte l'application de cette industrie parmi les indigènes du nouveau monde? c'est ce qu'il nous a été impossible de constater.

Vers la première ou deuxième année de l'ère chrétienne, un Grec-Égyptien, qui navigua le long des c^ tes de la mer Roug e , signala que des Arabes marchands étaient dans l'habitude d'apporter des Indes du coton à Aduli , un port de la mer Rouge, et fit , à cet égard, de grands éloges de la mousseline du Bengale manufacturée sur les bords du Gange.

A la suite de cette observation , le coton se trouva introduit en Perse et en Egypte et bientôt en Arabie; et plus tard , vers le moyen âge , par suite des conquêtes des mahométans, son usage fut bientôt répandu dans toute l'Asie occidentale.

Le coton était connu dans la Chine longtemps avant le treizième siècle ; cependant , il n'y était guère cultivé que dans des jardins et comme objet de curiosité, plutôt que comme un article de commerce. Après la çpnquète des Tartares , la culture en fut considéra-

blement augmentée dans tout Tempire, et aujourd'hui les produits industriels de ces pays , les nankins par exemple, jouissent d'une grande réputation partout le globe. Néanmoins j la production de la Chine ne suffit pas à sa consommation , et ce pays est aujour- 1-hui obligé de recourir à des importations d'autres parties des Indes et même des Ëtats-Unis, pour subirenir aux demandes de ses fabriques. J'ai déjà eu occasion de signaler, à cet égard , que les Américains, par suite de l'introduction de ce produit de leur sol, avaient établi dans cette région un débouché d'un intérêt considérable pour leur commerce, ainsi que pour leurs propres fabriques.

Les classes pauvres de la Chine sont toutes vêtues de cotonnade bleue , tandis que les classes moyenne Bt aisée ne sont vêtues que de soie.

Le coton a été introduit en Espagne vers le dixième ûècle, par les Mores, et cette industrie prospéra bientôt dans les riches provinces de l'Andalousie et ie la Catalogne, où l'on parvint à en faire d'excellents papiers.

Elle pénétra ensuite en Italie vers le quatorzième siècle; mais, en conséquence de Timperfection des machines en usage alors , celte industrie ne prit pas de développement jusqu'à l'époque des découvertes et de l'heureuse application du génie de l'homme à la mécanique, dans laquelle TÂngleterre prit bientôt une prééminence marquée.

Néanmoins , il parait que l'industrie du coton était connue dans toutes les parties de l'Europe bien avant

5!|0 m U PUISSANCE AMéBlCMNB.

qu'^Hd eà( pénéti^ en Angleterre; on est r^sté^ d'ûlr leurs , dans uBe complète igooranoe sur Fépoque à» SQU introduiîtm. Seulement, il est bien çoi^taté qu'en 1641, Manchester contenait déjà des manuf^jctures de coton , jouissant d'une assez grande réputar, tion. Plus tard , les émigrations protestantes dd VUr lemagne et ^e la France contribuèrent puissammenti élever la réputation de ces fabriques , et à leur assu? rqr une supériorité sur toutes celles de l'Europe.

Les premières transactions commerciales de cotoa manufacturé ont eu lieu à Gènes, en Sicile, en Asie st dans les Flandres.

L'industrie manufacturière du coton a jeté intror duite aux États-Unis en 1786, dans la ^ûU:velle-Angleterre ; elle a, depuis cette époque , pris un trèsgrand développement dans presque toutes les partiss de l'Union ; et ce qui est plus digne de remarque , c'est que cette industrie s'est accrue en Amérique, plutèt par suite des avantages réels du pays, du climat et du caractère producteur des Américains , (pie par la protection particulière des lois de douanes adoptées par le gouvernement des États<-Unis. Elle occupe aujourd'hui le second rang par Fimportance des capitau^L qui y sont engagés ; mais elle est la prer mière par son avenir et le rôle qu'elle est appelée à prendre dans le classement de la nafion américaine parmi les premières nations industrielles et commtf-* çantes du monde.

Mais c'est surtout par le caractère distinctif des habitants de la Nouvelle-Angleterre que l'industrie

DE U fUISSÀNCE AMERfCilNB. 5M

r^foduetive gagne d'année en amnée un plus grand ascendant dans les Ëtats de l'Est. Il est difficile , en effet, 4^ tpouveir dans toute la Nouvelle-Angleterre un cours d'eau , une chute qui ne soient pas animés par quelques machines hydrauliques; l^ nombre des vil* lages industriels, où le génie laborieux et inventif de rhomme est constamment employé à la reproduction d'objets de première nécessité, est immense ; des villages, des petites villes entières sont occupés par une spécialité : là on travaille le coton, on le file, on en fait des étoffes pour Vu sage domestique et pour les exportations ; plus loin , la laine est filée et convertie en draps; sur un autre point, c'est l'industrie des cuirs qui occupe toute une population , et qui fournit des miJIlipns de paires d^ bottes et 4e fonlier^ paur l'expo^rt^tioi^; ici 4^8^d^î^^ UahîtanUi (f^vaill^nt \^ bois de leurs forêts q^ diQs |||ss, pt se livrent ayec 411* telligenc^ et succès à la confection de meubles, buffet^,; tables^ qpmmodes, chaires, etc., objets égale* mçnt destiné? à quelques marchés étjpangers; là-bas ce sont de grandes fabriques de papier; dans cette vallée , des forges ou des établisse^ients métallurgiques , des verreries ; sur cet autre point , de grands ateliers, où des voitures légères et de bon goût sont exécutées pour les marchés étrangers. Enfin, sur tous les points de ce sol classique de la liberté et de l'industrie , l'homme est constamment occupé à quintupler la valeur de soi^ temps par son intelligent emploi.

Mais il ne faut pas croire que ce mouvement indus-

triel se borne aux Ëtats proprement dits de la Nouvelle-Angleterre ! on le retrouve également imprimé dans le New-York, cet État si riche, si puissant par sa navigation intérieure et son commerce , qu'on lui a donné le nom emphatique de l'Éiai-Empire, Empire- State ; dans le New-Jersey, également riche par ses mines de fer et de cuivre; dans la Pensylvanie, qui réunit aux nombreux avantages que lui donne son vaste système de voies de communications intérieures , de riches mines de fer et de houille ; dans le Delaware, le Maryland, la Virginie , TOhio, cette seconde Nouvelle-Angleterre des pays de TOuest , dans rindiana, Flilinois, le Tennessee et dans plusieurs autres Ëtats occidentaux.

En résumé, 20 États sur 26 sont aujourd'hui plus ou moins intéressés dans les manufactures du coton;, ceux-ci sont par ordre d'importance :

Le, New- York , la Pensylvanie , le Massachusetts, rOhio , la Virginie, le Connecticut , le New-Jersey, le Kentucky, le Maryland, le Maine*, le Rhode-Island, rindiana, le New-Hampshire, le Tennessee, la Caroline du Nord, l'Illinois, le Vermont, le Missouri, la Caroline du Sud et la Géorgie.

De grands efforts sont faits dans toutes les parties de rUnion pour accroître l'importance des manufactures, et les faire contribuer à la prospérité Intérieure du pays. Ainsi, dans l'État de la Louisiane, il était fortement question de mettre à profit la puissance inaclive des machines à vapeur employées sur les

plantations pour la confection du sucre, à filer le coton ou à préparer le tabac pendant le chômage.

D'après M. Pilkios, on estimait qae la valeur des [)ro-

duits roanufactarés en coton» en 1815, s'élevait à. 120,000,000 fr.

Aujourd'hui elle n'est pas moios de 231,782,000

Le capital employé dans ces manufactures était,

en 1815, de 200,000,000

Aujourd'hui il est de 255,500,000

La valeur des exportations d'objets manufacturés ea

coton était, en 1826, de 5,500,000

eu 1854, de. 11,000,000

en 1841, de 18,000,000

Lowell, dans le Massachusetts, est, sans contredit, la pfus importante Yille manufacturière des États- Unis ; elle contient aujourd'hui 21,000 âmes; en 1830 on n'y comptait que 6,474 habitants. Le capital employé dans les manufactures de coton de cette ville est de 50,000,000 de francs; elle contient 32 filatures en activité, qui mettent en mouvement 166,044 bobines et 5,183 métiers. On y consomme annuellement près de 20,000,000 de kilogrammes de coton, qui produisent 53,000,000 de mètres de cotonnade ou calicot. Le personnel de ces fabriques sç compose de 8,507 ouvriers, dont 6,430 femmes ou filles, et 2,077 hommes ou garçons.

La population de Lowell est entièrement industrielle; elle présente néanmoins un ensemble de mœurs publiques plus régulières, plus pieuses même qu'aucune autre ville de l'Union. J'aurai loccasion plus loin, en traitant jdu sujet de la classe ouvrière, d'expliquer quelles sont les causes de cet heureux résultat.

^A DE Li PUISSANCE AMÉRICAINE.

La produciioa totale des Ëtats->Uais eu abjets rnanufacturésde cotonétait estimée, enl840,à20Q,OQO,000 de mètres, dont la valeur était portée à 130,000,000 de fraucs. On calculait qu'il y avait alors dans toute l'Union 1,240 fabriques de coton, présentant ensemble 2,284,631 bobines et 33,500 métiers, employant annuellement 40,000,000 de kilogrammes de coton brut, et occupant 72,120 personnes.

Le capital engagé dans ces manufactures s'élevait à 255,500,000 francs, et forme à peu près le 1/4 du capital employé dans la même branche d'industrie en Angleterre. Mais il est vrai que cette fabrique prend chaque année plus de développement aux États- Unis, par suite même de Taccroissement de la coni^ODfin^ation domestique, et des bénéfices que réalisent le^i Américains psgr l'introduction de leurs produits ^iW lea marchés, étrangers, où leur industrie est parvenue à faire concurrence aux produits de. l'Angleterre.

C'est là un fait grave et qui mérite de sérieuses considérations, à cause de l'ascendant industriel progressif que les Américains sont appelés à prendre daas cette lutte de nation à nation qui se prépare déjà depuis longtemps; dans tous les cas, il signale^ du ^ins, la doublée aptitude de FUjo^on américaine comme puissance agricole et manufacturière, situation qui ne peut que s'améliorer, grandir et se terminer finaleiAQAt au détriment de quelques-unes de sQs rivales..

DE U PUISSANCE AMÉRIGÀINB. U$

3* Industrie des cuirs.

L'industrie des cuirs est une des plus ancîcmnes^ des plus répandues et en même tempe des plus im-* portantes aux Ëtats-Unis. C'est qu'en effet, dan» la vie citiiisée^ l'usage du cuir est indispensable dans tous les rangs de la société ; aussi cette industrie ne^ le cède qu'à celle du coton, après laquelle elle g« classe immédiatement par ses capitaux et ses produits.

Dans les États de la Nouvelle-Angleterre, l'industrief des cuirs a ét^ presque simultanée avec l'industrie agricole ou le défrichement des terres ; et de bonne heure les habitants de ces États ont acquis une cer-* taine réputation pour la préparation de leurs cuirs et la fabrication de leurs souliers^ qui plus tard ont reçu le nom particulier de yankees alioes^ à cause d^ l'emploi de chevilles en bois pour les semelles qui les distinguaient des autres fabriques.

Cette industrie a successivement gagné dans les États de Pensylvanîe, de Netv-Jersey, de Maryland et de Delaware ; il n'y a guère que vingt ans qu'elle s'est introduite dans le Nev^r-York. Dans la préparation des cuirs, on se sert d'écorce de Hemtoclc {Bemhck spruce, . abies canadensis) exclusivement dans le Nord, et d'écorce de chêne dans les États du Milieu ou plus méridionaux ; le chêne aux États-tfnis appartenant essentiellement au climat tempéré, et le hemlock au Nord : ces deux essences de bois caractérisent lesr forêts sud et nord de l'État de New-York.

Dans cette industrie comme pour beaucoup d'au-

très, FÉtat de New-York a pris une supériorité que lui assurent tous les avantages de sa situation et de ses relations commerciales : ainsi, tandis qu'il dépendait autrefois des autres États pour ses approvisionnements, aujourd'hui, au contraire, il est devenu le centre des approvisionnements de ces mêmes Ëtats, et le port de New-York le grand marché de TUnion pour cette industrie ; il s'importe maintenant plus de cuirs étrangers à New- York que dans aucune autre ville du monde.

Les principales tanneries du New-York sont situées dans les montagnes de Catskik, d'où sortent les meilleurs cuirs destinés à l^ire des semelles de bottes ou souliers. On y compte 56 grands établissements, qui livrent par an 328,000 peaux, représentant une valeur de 8,364,000 francs.

Le New -York est estimé manufacturer 1/3 des cuirs préparés dans toute l'Union.

On y compte environ 1,212 tanneries, dont les produits annuels s'élèvent à une valeur de 31,000,000 de francs, et les capitaux employés à 1 3,000,000 de francs. Depuis longtemps, on n'importe plus aux États-Unis de cuirs pour semelles ; et l'industrie des cuirs a annuellement pris un tel développement, que les cuirs américains sont aujourd'hui au nombre de^ articles exportés des Ëtats-Unis.

On importe encore cependant de l'Angleterre des peaux de mouton non préparées, et de France des peaux de veaux complètement prêtes ; mais la valeur

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de ces deux objets d'importation sur la totalité de l'industrie des cuirs est peu importante.

Les meilleurs cuirs pour semelle sont préparés en 6 ou 8 mois ; mais par des procédés nouveaux on arrive aux mêmes résultats en 50 jours, sans nuire à la qualité ou à la durée des cuirs.

New-York importe et emploie plus de cuirs que Liverpool.

Londres n'importe pas et n'emploie pas autant de cuirs que Liverpool.

Dans le Massachusetts on fabrique annuellement pour plus de 75,000,000 de francs de bottes et sou* liers.

On compte dans tous les Ëtats-Unis 8,229 tanneries, et 17,136 établissements où l'on travaille le cuir, tels que bottes, souliers, malles, harnais^ selleries, etc. La valeur totale de ces produits est estimée à 165,670,000 francs, et les capitaux engagés dans cette industrie à 65,000,000 de francs; 43,116 personnes y trouvent une occupation constante.

4^ De l'industrie du fer.

Le fer a été un des plus puissants éléments de la civilisation de l'homme, et tous les peuples qui sont demeurés dans l'ignorance de son emploi sont dans une infériorité marquée. L'usage du fer a en effet accompli ce que les métaux beaucoup plus précieux n'ont pu remplacer.

Cependant l'usage du fer et sa substitution aux

Kè DE LA PUISSANCE AMéRICAINfi.

dliages de cuivre, alors seuls connus des hommes, nt paraissent avoir eu lieu que vers l'époque où les célèbres mines de Fîle d'Elbe furent mises en exploitation, 700 ans avant Têre chrétienne; ces mêmes mines continuent d'être exploitées avec profit.

L'acier, comme différant du fer en qualité, n'a été eonnu que très4ongtemps après ; les Ghalybes, peuple de l'Asie Mineure, ont été les premiers qui aient fait cette distinction dans l'art de préparer le fer. Plus tard, on découvrit de l'acier naturel à Nericum étt Styrie.

La fonte de fer est de beaucoup plus récente date; on rapporte son premier usage aux peuples habitants des rives du Rhin, parmi lesquels, dès 1404, il était ordinaire do se servir de plaques en fonte pour des poêles. On peut ainsi assigner cette date comme celle de l'art des perfectionnements apportés à l'industrie métallurgique, et au moyen desquels le prix de ce métal a été tellement réduit, que son emploi s'est généralisé et étendu à une multitude d'objets d'économie domestique.

L'usage du fer çst aujourd'hui connu dans le commerce sous trois classifications différentes : le fer en barre, la tonte de fer et l'acier.

L'introduction de Tindustrie métallurgique àox États-Unis remonte vers l'année 1T15, lorsque les premiers essais furent faits en Virginie. Bientôt après, le Maryland et la Pensylvanie suivirent cette première impulsion, et d'autres colonies de la Nouvelle- Angleterre engagèrent des capitaux dans le même

DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE. i(5#

genre d'entreprise. Les résultats furent si avantageux, que les colonies durent réclamer le droit d'importeit enAngleterre leurs nouveaux produits. Cette demande, si juste d'ailleurs, fut néanmoins refusée ; et, en 1750, le parlement anglais, à l'instigation des maîtres de forges de la mère patrie, rendit une loi protectrice de l'industrie métallurgique en Angleterre à l'exclusion de rihdustrie américaine.

Cet acte administratif porta un coup fatal à l'industrie métallurgique des Américains ; mais il a peutêtre été cause, il faut le reconnaître, de l'immense ascendant que la Grande-Bretagne a pris sur toutes les autres nations du globe par son industrie du fer^ à laquelle elle a donné le plus grand développement possible.

Lors de la déclaration dé rindépettdanôe, lés Améficains donnèrent une nouvelle activité à leur industrie du fer, qui ne fit que s'accroître jusqu'à la guerre de 1812, époque à laquelle elle reçut, avec toutes les autres branches tnanuiacturières de l'Union, un redoublement d'extension qtli lui a assuré depuis utie existence indépendante de tous leâ événements.

En 1810, les États-Unis produisaient déjà prés de 25,000 tonnes de fer, dont la valeur était éètîmée à 2,000,000 1/2 de dollars; la Pertàylvatiié produisait à elle seule près de 11,000 tonnes.

L'existence de mines de fer était téCônnue sur une infinité de points du territoire américain, et déjà quelques-unes étaient en è^^ploîtatioA daùs le Nêw- Hajtû|>shiré, lé Veriùofit, le lÛibde Island, le Connéc-

ticut, le New-Jersey, la Pensylvanie, la Virginie et la Caroline du Nord.

A celte époque, le Massachusetts avait une manufacture d'armes très-importante ; les manufactures du New-Hampshire suffisaient à la consommation domestique; le Vermont possédait des forges, des fourneaux qui produisaient une immense quantité de fer; dans le Rhode-Island il existait plusieurs manufactures de fer, clouteries, etc.; le New -York était également distingué par ses établissements ; dans le Connecticut . on étirait des fers creux, on fabriquait des clous, du fer-blanc, des armes, à feu, etc. Le New-Jersey n'était pas moins renommé pour la qualité de ses fers et la supériorité de ses usines que la Pensylvanie, le Delaware, le Maryland, la Virginie, TOhio, l'Indiana, le Kentucky, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud.

Le 3 juillet 1815, un traité de commerce était signé entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, rendant enfin le commerce libre entre ces deux pays pour quatre ans. Mais dès 1818 les Américains se trouvèrent dans l'obligation d'altérer leur tarif en faveur de leurs fers ; ils introduisirent une nouvelle modification en 1824, et une troisième en 1828.

A cette époque, le congrès des États-Unis ordonna une enquête sur la situation de Findustrie du fer, d'où ressortirent les renseignements suivants :

Dans le seul État de Pensylvanie, on manufacturait 21,800 tonnes de fer, et 47,047 tonnes de fer en gueuse, sur lesquelles 37,200 tonnes étaient fabriquées enfer en barre, et 14,365 tonnes çn fer de fonte;

environ 100 tonnes étaient employées à la fabrication des clous.

Dans le New- York, près du lac Champlain, on manufacturait 300 tonnes de fer en barre ; on comptait aussi dans le même État, dans un cercle de 12 lieues, près de 81 forges , avec un capital de 6,000,000 de francs, et occupant 5,720 ouvriers.

Dans le New- Jersey , on manufacturait 2 ,050 tonnes de fer.

Immédiatement après cette enquête et sur le rapport d'un comité spécial de la chambre des représentants , les droits sur Timportation des fers étrangers furent augmentés.

En 1830, le commerce de New -York fit de grands efforts pour faire changer cet état de choses, mais les intérêts manufacturiers remportèrent.

Voici quelle était, en 1830, la situation de Findustrie du fer aux États-Unis ; en la comparant avec celle que présente le recensement officiel de 1840 et 1841, on pourra juger des progrès faits par les Américains dans cette branche pour laquelle ils trouvent sur leur sol de si grands avantages.

On comptait alors aux États-Unis 202 fourneaux, dont le rendement total était de 14 8,620 tonnes de fer en gueuse, et 36,722 tonnes de fer en fonte ; en tout 155,348 tonnes.

Aujourd'hui on compte 795 usines et 804 fourneaux, dont le rendement total s'élève à 484,436 tonnes , 4 77,233 tonnes de fer en barre et 286,903 tonnes de fer en fonte.

662 DE Lk {PUISSANCE AMÉAlCAINE.

On fabrique de fort bon acier aux États-Unis, principalement à Pittsburg , à Baltimore, à Philadelphie, à New-York, àTroy, à Boston et dans le New-Jersey. — La pipoductîoh annuelle est de 3 à 4,000 tonnes.»— On trouve de l'argile réfractaire d'une qualité égale à celle de Stonebridge, en Angleterre, pour la fabrication des creusets.

La fabrication dufèr a consoihmé 1,528,1 18 tôûnes de combustible.

La valeur des produits en fer est portée à 199,963,965 francs; le capital employé à 112,500,000 francs, et le nombre des ouvriers à 30,497.

La valeur marchande du fer en fonte est de 40 francs les 100 kilogrammes; celle du fer travaillé à 42 francs 50 centimes les 100 kilogrammes ; la main-^ d'œuvre sur les fers importés à 25 francs les 100 kilogrammes.

On évalue la main-d'œuvre sur la fabrication en général du fer aux États-Unis , dahs une année , à 77,928,650 francs. Si on porte Te nombre des personnes employées à 42,701^ c'est environ à raison de 5 francs par jour pai* ouvrier^ ce qui me parait devoir être très-près de la vérité.

En adtnettatit que chaque ouvrier soit marié, ce qui est l'ordinaire aux États-Unis, et que chaque famille se compose d'au moins 3 enfants, cela porterait à 213,505 le nombre des personnes vivant de cette industrie. En admettant que leur consommation de produits agricoles s'élevât à 60 centimes pat jout paf

DB LÀ PtltfiSÀNGË ÂMéftlCAmË. &6!^

personne 9 cela donnerait 46^759,788 francs potir là valeur annuelle de ces produits.

Les divers États dans lesquels la febrication du fer a déjà pris quelque développement sont ainsi rangés d'après leur rendement :

La Pensylvanie, fournissant 185,00.0 tonnes; NeW- York, 80 tonnes; l'Ohio, 42,600 tonnes; le Kentucky, 29,000 tonnes ; le Tennessee , 25,700 tonnes ; la Virginie, 24,600 tonnes; le New-Jersey, 18,000 tonnes; le Maryland, 15,000 tonnes; le Massachusetts, >! 2,000 tonnes ; le Gonnecticut, 9,000 tonnes ; la Caroline du Sud, 2^500 tonnes, etc.

Le procédé dit à la catalane ou à Titalienne est en* core en usage aux États-Unis, sur un très-grand nombre de points. Ce procédé n'exige que de faibles capitaux pour commencer)^ de riches minerais , et une très-grande abondance de combustible ; or, les mine** rais de fer aux États-Unis sont d'une excellente qualité, et les forêts y sont encore en abondance ; il n'est donc jgas surprenant dès lors que cette méthode soit encore si généralement suivie , surtout en présence d'une très-grande consommation domestique de fers doux.

Du reste, la qualité supérieure du fer américain est constatée par ce seul fait, qu'on n'est encore parvenu à fabriquer des pièces d'artillerie de campagne qu'avec du fer des États-Unis ou de Suède. Le fer américain peut être rangé immédiatement après celui dé Styrie et de Suède ; viennent ensuite ceux de Dâne^

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mark, d'Espagne, de Bayonne, de Roussillon^ de Foix , du Berry, etc.

L'introduction du coke , comme combustible, dans le traitement du fer, en Angleterre, remonte vers la fin du règne de Jacques 1"; c'est à un nommé Dudiey que revient Thonneur de cet essai. A cette époque, le rendement des* forges anglaises était de 180,000 tonnes. Ce ne fut cependant que 130 ans plus tard, vers 1745, que cette innovation commença à être appréciée, lorsque les produits du fer se trouvaient considérablement réduits par le manque de combustible, et ne s'élevaient plus qu'à 17,000 tonnes ; ils tombèrent même, pendant un temps, en 1783, à 13,000 tonnes. On eut alors recours à l'emploi du coke , et les rendements se relevèrent à 150,000 tonnes.

En 1830, qui est l'époque de la renaissance de l'industrie en Amérique , on évaluait la production entière de la Grande-Bretagne à près de 800,000 tonnes de fer; aujourd'hui elle est de 1,512,000 tonnes! tandis que celle du monde entier ne dépasse pas 3,000,000 de tonnes : c'est donc plus dé la moitié que l'Angleterre peut produire à elle seule !

La production de la France, en 1840, n'était que de 600,000 tonnes.

L'introduction du coke, dans le traitement du fer aux États-Unis, n'est point très-ancien ; néanmoins la fabrication du fer, traité exclusivement par ce combustible, y est déjà très-répandue, par suite même de l'étonnante richesse du sol américain en houillères de toutes qualité^.

11 est extrêmement intéressant de voir réunies, dans le même établissement, et l'extraction de la houille et la fabrication du fer exclusivement par ce combustible ; à quelques pas de là, le système mixte mis en usage, où d'excellentes fontes en barres sont affinées à la houille ; enfin l'ancienne fabrication de la fonte et du fer exclusivement au charbon de bois.

Depuis quelques années on s'occupe d'utiliser les charbons anthracites, dont il existe des gîtes inépuisables dans plusieurs États de l'Union. Des expériences récentes ont prouvé que dans des fourneaux expressément construits pour l'emploi de ce combustible, on parvenait à produire du fer de bonne qualité avec une plus grande économie que dans les fourneaux où on se servait de charbons de bois ou de coke.

Vingt fourneaux de cette espèce sont aujourd'hui en pleine activité. De nouvelles forges ont également été créées et sont alimentées de ce combustible.

11 est permis de prévoir, d'après le nouveau développement donné à la production du fer par l'emploi des charbons dits anthracites ou houilles sèches, que les Américains pourront avant peu livrer leur fer à raison de 22 francs 50 centimes les 100 kilogrammes, prix beaucoup moins élevé que celui des importations.

On estime la consommation totale de fer aux États- Unis à 300,000 tonnes par an; sur la population actuelle de 17,000,000, et au prix courant d'importation de 50 francs les 100 kilogrammes ou 500 francs

la tonne^ cette eopsommatiou représente une dépense ps^r individu d'environ 13 francs 5 centimes.

Lorsque les manufactures du pays pourront répondre aux demandes du public, nul doute alors qne le prix de revient ne s'abaisse sensiblement ^^ et que l'accroissement de la consommation individuelle ne suive la même proportion^ car chacun pourra alors substituer à l'emploi d'objets domestiques , maintenant en bois ou en terre, les mêmes articles en fer qui seront devenus alors d'un usage facile. D'après cette supposition , et la marche progressive que suit la population , on peut être autorisé à prévoir qu'avant dix ans, en 1850, la consommation du fer, aux États-Unis, sera de un million de tonnes, et la production nationale égale à cette demande !

Cet avenir me paraît être réservé à l'industrie du fer aux États-Unis, d'après tous les avantages naturels que je sais qu'elfe réunit sur le territoire américain, et il ne pourra se réaliser qu'en portant un rude coup aux intérêts de même nature de la Grande-Bretagne.

5^ Industries des taines.

Cette industrie prend place au cinquième rang, par son importance, et vient immédiatement après celle du fer, avec laquelle elle a été introduite aux États-Unis, presque simultanément , si même elle ne l'a point précédée.

Les habitants de la Nouvelle-Angleterre ont, en effet , porté leurs soins , dès leur arrivée en Améri-

que , sur la culture de la terre et à élever des troupeaux; ils ont ainsi favorisé le développement d'une industrie domestique qui devait plus tard assurer leur indépendance de la mère patrie, dont il leur tardait de secouer le joug commercial, industriel et mème^ politique.

Quoique ancienne , par conséquent , dans le pays,^ cette industrie a néanmoins éprouvé, comme celle du coton, des vicissitudes, des oscillations, suivant l'état de guerre ou de paix dans lequel les États-Unis se sont trouvés ; néanmoins elle n'a cessé de s'y enraciner et même de prospérer. Et maintenant elle est arrivée à un point qu'elle peut parfaitement se soutenir sans aucun tarif protecteur, et progresser même par suite de Taccroissement de la population e% du génie industriel des habitants.

Des manufactures de laine existent dans plus de 12 des anciens États, et tous les jours il se forme des é.tablissements nouveaux , qui tous s'approvisionnent dans le pays ou à l'étranger, suivant la situation du marché, c'est-à-dire les prix les plus favorables ; car la règle générale qui gouverne l'Américain, c'est le bon marché.

On compte aux États-Unis 2,585 moulins à fouler, et 4 ,420 fabriques, dont la répartition par États présente l'ordre suivant : le New-York , la Pensylvanie, le Massachusetts, l'Ohio, le G)nn6cticut, le Vermont, le New-Hampshire , le Rhode-Island , le Kentucky, rindiana, le New-Jersey, le Maryland, le Tennessee^ le Maine , l'Illinois > le Missouri , le Michigaa, la Ca-

roline du Nord, la Caroline du Sud, la Géorgie et TÂrkansas.

On fabrique aujourd'hui aux États-Unis des draps de toute qualité, depuis les plus grossiers jusqu'aux plus fins et d'une excellente qualité ; mais la fabrication se porte surtout sur des étoffes en laine, adaptées aux habitudes et aux besoins des fermiers américains , et dont généralement ils se, font un habillement complet. On fabrique également un grand nombre de couvertures, de tapis et de flanelles dont l'usage est très-répandu dans le pays, dans toutes les classes de la société.

Les fabriques de draps exigeant généralement de plus forts capitaux que celles de coton , à cause des diverses branches d'industrie qui s'y rattachent et qui nécessitent de grands frais d'installation, sont nécessairement moins nombreuses que ces dernières.

Néanmoins , cette industrie a déjà acquis un assez grand développement, car elle emploie des capitaux qui sont estimés à pas moins de 80,000,000 de francs , et produit annuellement pour une valeur de 103^000,000 ; on compte 21,342 personnes engagées dans ces divers établissements.

6^ Construction des machines.

Les Américains ont acquis dans cette branche d'industrie une juste célébrité due à leur remarquable aptitude pour tous les arts mécaniques ; et déjà ils ont donné au monde plusieurs preuves de leur supé-

riorité en ce genre. Aucun peuple ne les surpasse dans l'art de la construction navale; leurs bâtiments sont à la fois les meilleurs marcheurs et les mieux calculés pour porter du fret. Leurs bateaux à vapeur sont des modèles; le dernier vapeur construit par l'Ëtaty la frégate te Mississipi, vaisseau de 1,700 tonneaux, a une marche ordinaire de 8 lieues à l'heure. Leurs locomotives sont plus légères et cependant plus puissantes que celles construites en Europe ; aussi ont-ils réussi à en approvisionner des chemins de fer anglais, celui de Birmingham à Glocester , par exemple, et ceux de l'Allemagne, le chemin de fer de Leipsick. Leurs moulins à farine ont une réputation sans rivale jusqu'à ce jour ; aussi en exporte-t-on à l'étranger, et une compagnie de Trieste vient de faire importer des États-Unis tout le mécanisme et l'appareil nécessaire pour établir dans cette ville un moulin à farine sur le modèle des beaux établissements de New- York.

Enfin, dans presque tous les procédés mécaniques, les Américains ont trouvé à introduire quelques améliorations, quelques perfectionnements que leur ont suggérés leur esprit ingénieux et, par-dessus tout, le besoin d'économiser la main-d'œuvre, chez eux si chère, et le temps, si précieux.

Il existe peu de branches industrielles auxquelles les Américains n'aient point apporté quelques modifications en simplifiant l'usage ou l'application utile. J'ai eu très-souvent l'occasion d'observer cette tendance du génie américain pour les innovations pendant la durée des grands travaux qui m'avaient été

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