‹ De la puissance américaineChapitre 132 sur 135 · II · texte numérisé non relu

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confiés par le gouvernement général; aussi suisse disposé à reconnaître qu'avec 4 Américains j'ai sou*» vent pu faire exécuter plus de travail utile qu'avec 12 ouvriers européens ordinaires. Cette immense dif-^ férence provenait d'une sorte d'esprit que je ne puis autrement qualifier que par l'appellation d'esprit marin^ c'est'à-dire de cet esprit qui fait qu'un individu ne reste jamais à court dans une circonstance quelconque^ quelque difficile qu'elle soit^ de moyens ingénieux pour faciliter l'exécution de son travail.

D'après cette définition de l'aptitude naturelle que possède l'Américain pour la construction et l'emploi des machines^ on ne sera pas étonné que cette branche d'industrie occupe aux États-Unis le sixième rang, par l'importance du chiffre qui en représente la valeur : il s'élève dans ce moment à 103,500,000 francs; 15^1 personnes sont employées dans cette branche industrielle.

7^ Cufroêsme et Charromage.

, L'industrie de la carrosserie et du charronnage en général se range par son importance immédiatement après celle de la construction des machineSi Cette industrie ^ atteint un très-grand degré de perfectionnement et est déjà assez ancienne aux États-Unis. Le New-Jersey, le Delaware, le Connecticut et le Massachusetts sont les États où cette spécialité occupe un plus grand nombre d'individus.

« La carrosserie américaine se distingue paxticulière-

ment par sa légèreté et^ néanmoins^ sa très-grande solidité ; cette circonstance rare est due à la bonté des bois américains^ qui^ sous un volume réduit, ont plus de flexibilité et plus de solidité aussi que ceux d'Ëu*rope sous un volume et un poids plus considérables.

Rien ne peut surpasser le waggon américain dit Jertey^waggon^ pour la légèreté et la résistance qu'il peut soutenir^ quoique construit sans ressorts, contre les chocs d'une route empierrée. Un seul homme peut aisément enlever . un semblable véhicule , le porter même, s'il le faut, à une certaine distance sur ses épaules ; et cependant il peut contenir et transporter à une vitesse de 2 lieues à l'heure, sur des routes ordinaires, un poids de 1 tonne.

J'ai eu souvent occasion de me servir de ces wag* gens dans mes longues et pénibles traversées de New* York à la Nouvelle-Orléans, lorsque les chemins de fer n'existaient pas, et que pour traverser des rivières il me fallait chercher un gué ou risquer le passage dans mon waggon comme nacelle ; jamais néanmoins il ne m'est arrivé, malgré les nombreux accidents auxquels m^exposaient mes longs voyages, de laisser en chemin mon' petit chariot.

Les capitaux engagés dans cette industrie dans tous les Ëtat^nis s'élèvent à 28,000,000 de francs, et la valeur de ses produits à 54,000,000 de francs; 21 ,994 pwsonaes s'j trouvent occupées.

8® Distillerie.

Les disUiletîfes forment la huitième branche in-

dustrielle des États-Unis ; peut-être même y est-ce , rindustrie la plus répandue. Les États-Unis produisent en effet beaucoup plus de grains qu'ils ne peuvent en consommer, et les exportations en détournent une très-faible quantité; il est donc naturel que les Américains aient cherché dans les distilleries un moyen de donner une valeur à leur immense surplus de production en grains de toutes espèces. Aussi trouve-t-on des distilleries dans tous les États de rUnion, et dans quelques-uns presque sur toutes les fermes! Le fait est que dans ce moment le nombre total des distilleries s'élève à 10,306, réparties comme il suit : 4,802 dans la Caroline du Nord, 1,454 dans la Virginie, 1,426 dans le Tennessee, 1,010 dans la Pensylvanie, 889 dans le Kentucky, 393 dans la Géorgie, 323 dans Flndiana, 301 dans l'Ohio, 293 dans le Missouri, 254 dans la Caroline du Sud, 219 dans le NewJersey, 212 dans le New-York, 188 dans l'Alabama, 150 dans Tlllinois, 73 dans le Maryland, 70 dans le Connecticut, 53 dans l'Arkansas, 37 dans le Massachusetts, 34 dans le Michigan, 14 dans le Mississipi, 5 dans le New-Hampshire, 4 dans le Rhode- Island, 3 dans le Maine, 3 dans le Wiscousin, 2 dans riowa, et 1 dans le district de Colombie.

Toutes ces distilleries ont produit, en 1840, 41,402,627 gallons, ou 186,311,821 litres d'esprit.

On compte également dans tous les États-Unis 406 brasseries, dont le rendement s'élève à 23,269,730 gallons, ou 104,704,785 litres de bière.

Les capitaux engagés dans ces deux genres d'in-

dustrie s'élèvent à près de 46,000,000 de francs, et le nombre des personnes qu'elles occupent est estimé à 12,233.

9^ Fabrication de meubles.

Les Américains ont donné un assez grand développement à la fabrication des meubles, dont l'industrie est particulièrement concentré dans les États de l'Est et du Milieu, parmi lesquels l'État de Connecticut a acquis une certaine réputation de supériorité pour la qualité et le fini des meubles.

On exporte des meubles des États-Unis au Mexique et dans l'Amérique du Sud.

Les capitaux qui y sont engagés s'élèvent à 35,000,000 de francs, et la valeur des objets fabriqués est estimée à 37,500,000 francs; 18,000 personnes sont occupées dans cette industrie.

10® Papeterie.

La papeterie est également une branche d'industrie qui a considérablement cru dans ces derniers temps, par suite des exportations. On compte aux États-Unis au moins 400 établissements qui fabriquent pour une valeur de 31,000,000 de francs de produits; les capitaux engagés s'élèvent à près de 28,000,000 de francs ; le nombre des personnes qui y trouvent de l'emploi est évalué à 4,706.

La Pensylvanie possède 87 papeteries, le Massachusetts 82, le Ne^r-York 77, le Ne^r-Jersey 41, le

Conneclicut 36, le Vermont 17, le Maryland 17, rOhio 14, le New-Hampshire 13, la Virginie 12, etc.

11^ De la Librairie.

( Imprimerie et établissements de reliure. )

Dans un pays où l'instruction sert de base aux libertés civiles dont jouissent les habitants, il était naturel que Fart au moyen duquel la pensée peut être transmise à des millions d'individus également avides d'échanger la leur, fût très-encouragé par les ressources financières et commerciales de la société. Aussi les deux branches particulières d'industrie qui s'y rapportent et qui constituent le commerce de la librairie, l'imprimerie et la reliure, occupent des capitaux assez considérables.

On compte aux Ëtats-Unis 1,552 imprimeries et 138 établissements de relieurs; 138 journaux quotidiens, 1,141 journaux hebdomadaires, 227 paraissant 2 fois par semaine, et 237 publications périodiques ; 11,523 personnes trouvent de l'emploi dans ces branches d'industrie, qui absorbent un capital de 30,000,000 de francs.

12^ La Chapellerie,

La chapellerie est une industrie très-répandue et très-lucrative aux États-Unis ; elle fournit à une consommation domestique qui est très -grande et aux exportations. Elle est aussi ancienne en Amérique que

les colonies, et n'a cessé depuis lors d'accroître et de se perfectionner. Aujourd'hui elle rivalise par la qualité de ses produits, leur légèreté et leur durée, avec les meilleures fabriques de l'Europe. On estime la va* leur de ses produits à 50,000,000 de francs.

Il existe également de nombreux établissements pour la fabrication des chapeaux de paille poup femmes, dont les produits ont une valeur de 7,000,000 de francs.

Les capitaux engagés dans ces deux branches de la même industrie sont évalués à 22,500,000 francs; le nombre des personnes qu'elles occupent estde26,17Q,

13® Drogues j Médecines^ Couleurs , etc.

Les capitaux engagés dans cette industrie sont estimés à 22,500,000 francs; la valeur des produits est portée à 23,500,000 francs; 1,848 personnes y sont employées.

14* Verrerie et Faïencerie.

Les sièges principaux des verreries sont k Pittsburg, Boston, New-York, Wheeling, dans le Marylan4 Qt dans le district de Colombie. Des poteries et faiôuoeries existent dans toutes les pitiés de l'Union ; n^ les plus nombreux établissements sont en Pensylvanie, dans rOhio, dans le Nçw^York, dans l'Indiana, dans la Virginie, dans le Tennessee, dans l'IUinois, dans le New-Jersey, dans le Massachusetts, dans le Maine, dans le Kentueky, dans le Gennedieut, dans leNew-

Hampshire, dans le Missouri, dans la Caroline du Nord, dans la Caroline du Sud, etc.

Il y a dans tous les États-Unis 81 verreries, 34 établissements où on taille le verre, occupant 3^236 personnes; et 659 faïenceries occupant 1,612 personnes. Les capitaux engagés dans ces deux .industries s'élèvent à 13,000,000 de francs, la valeur des produits à 20,000,000 de francs.

15® Corderies.

On estime le nombre total des corderies aux États- Unis à 400^ occupant environ 4,464 personnes ; capitaux engagés dans cette industrie, 12,100,000 francs; valeur des produits, 20,000,000 de francs.

16' Raffineries.

Il y a dans tous les États-Unis 43 raffineries, dont les produits annuels ont une valeur de 16,000,000 de francs; on fabrique également dans ces établissements des chocolats et tous les articles de confiseur, dont la valeur spéciale s'élève à 6,600,000 francs ; les capitaux engagés dans ces industries sont de 9,000,000 de francs, et le nombre de personnes qu'elles occupent, de 1,355.

17' Fabrication de la poudre à canon.

On porte à 137 le nombre des fabriques de poudre, qui confectionnent annuellement 5^000,000 de kilo-

grammes ; celte industrie, qui occupe près de 500 personnes , emploie 4,000,000 et demi de francs de capital.

18® Fabrication d'instruments de musique.

Les capitaux engagés dans cette industrie s'élèvent à 3,600,000 francs; près de 1,000 personnes y trouvent de Foccupation.

19® Industrie de la soie.

L'industrie de la soie, déjà ancienne aux États- Unis , n'y a pris néanmoins que peu de développement , comparativement aux autres branches industrielles. Cependant, dans ces derniers temps, on voit un plus grand nombre de personnes s'y intéresser.

Le ver à soie a été introduit aux États-Unis dans le dix-septième siècle; les colons de la Virginie, de la Géorgie et des Carolines ont été les premiers qui aient encouragé cette industrie ; et il y a ^ 00 ans , la soie formait un objet important de leurs exportations.

En 1760 , la colonie du Connecticut s'est occupée de la même' industrie; et dès 1770, les colonies qui forment aujourd'hui les États de l'Est et du Milieu entretenaient une opinion favorable à l'introduction de cette branche d'industrie.

En 4771, le docteur Franklin se prononça en faveur de l'introduction de la culture du mûrier, et une compagnie fut établie sous les auspices de la société philosophique de Philadelphie. Jusqu'en 1774 , la

production de cette industrie alla en augmentant y et prit un certain degré d'importance parmi les productions des colonies américaines. La guerre de 1776 porta un coup à cette industrie et en arrêta le développement.

En 4783, à la paix, les Américains étaient tellement réduits dans leurs ressources financières , qu'ils furent obligés d'abandonner entièrement cette industrie.

Dans le Connecticut on continua cependant de s'en occuper, et cette industrie fit même quelques progrès; néanmoins, jusqu'en 1812, ses produits ne furent employés que pour faire du fil.

Après la seconde guerre , en 1815, on fit alors des objets de passementerie pour la carrosserie, industrie très-répandue dans le Connecticut.

C'est aussi vers cette époque que Tusage des chapeaux de soie fut importé aux États-Unis; par suite, la chapellerie , industrie très-active en Amérique, tira ses peluches de soie en partie du Connecticut et qq partie de l'Angleterre.

En i 826 , h congrès national s'occupa d'encourager l'industrie de la soie dans l'Union ; à cet effet , il fit publier aux frais de l'État d'intéressants documents sur le travail de la soie, sur la culture du mûrier $t sur les soins à donner aux vers à soie.

En 1831, la législation du Massachusetts , stimulée par la même objet, et dans les intérêts de pes iÀ" toy enB, se chargea de la pvblieation d'un ovw^ge sp^

cial snir cette matière, dû au talent de M. J.-H. Cobb.

En 4 835, elle adopta plusieurs lois protectrices de cette industrie.

Le Cionnecticut suivit le même exemple, et proposa une prime d'encouragement à tout individu qui introduirait de nouveaux pians de mûriers. Une prime de 5 francs fut également promise par kilogramme de soie produite dans FÉtat; en 1839, cette disposition législative fut abrogée.

En 4 836, la législation du Maine joignit également son encouragement à celui des autres États ; le Vermont adopta les mêmes mesures , et successivement ensuite le New- Jersey, le New- York et les autres États.

Vers cette époque, cependant, cette industrie éprouva une crise fatale à un très-grand nombre de capitalistes et de compagnies qui étaient entrés dans des spéculations assez considérables sur cet objet. Ce vertige de spéculation, si commun à TÂméricain, porta un rude coup à quelques-unes des compagnies les plus solidement constituées ; leurs capitaux furent absorbés , et des ruines remplacèrent bientôt cette apparence de prospérité miraculeuse qui, pendant un temps, avait été la cause de cette espèce de délire qui paraissait animer tous les citoyens des États-Unis.

Cependant, au milieu de toutes ces vicissitudes, une industrie plus saine, mieux comprise, s'est enfin fer^ moment établie dans 15 États deTUnion; ses produits ne sont pas encore, il est vrai, trèa-eensidérables,

mais enfin ils témoignent d'une situation susceptible désormais de s'améliorer sans appréhension de mauvais retours. Dans toute l'Union, le Connecticut et rOhio sont encore les deux États où l'industrie de la soie a pris plus de développement. On fabrique dans rOhio des soieries pour rubans, gilets et foulards qui peuvent rivaliser en qualité avec les mêmes articles importés.

Le climat de l'Union jusqu'au 42* et même 44' degré de latitude boréale est favorable à la culture des mûriers et à l'éducation des vers à soie. Mais l'expérience prouve que là, comme ailleurs, celte industrie ne peut être avantageuse que lorsqu'elle est jointe à des intérêts agricoles.

La valeur totale de la production de la soie est de 600,000 francs.

Les capitaux engagés dans cette industrie sont de 1,372,000 francs.

Le nombre des personnes employées est de 767, dont 246 hommes et 521 femmes ou filles.

20° Industrie Uni ère.

L'industrie linière n'a pas encore pris , aux États- Unis, un très-grand développement, quoique le climat et le sol de l'Amérique soient particulièrement propres et favorables à la culture du lin , et que le nombre des personnes qui se livrent à cet te culture soit assez considérable. Cette industrie est presque restreinte aux usages domestiques. On estime que les ca-

pitaux engagés s'élèvent à un peu plus de 1,000,000 de francs , la valeur des produits est portée à 1,000,000 et demi de francs, et le nombre de personnes engagées dans cette industrie, à 1,628.

Je terminerai ce chapitre, déjà très-étendu, des diverses branches de l'industrie américaine par trois dernières citations importantes dans la statistique industrielle des Américains.

La première , c'est que la valeur des constructions maritimes, en 1840, a été de 35,000,000 de francs.

La seconde, que la valeur des maisons construites a été de 210,000,000 de francs; 54,113 maisons ont été élevées , dont 8,429 en pierres ou briques , et 45)684 en bois; 85,501 personnes ont été occupées dans ces constructions.

La troisième, c'est que le chiffre total des capitaux employés dans diverses industries, qui ne se trouvent pas comprises dans l'énumération précédente, s'élève à 125,000,000 de francs, et la valeur de leurs produits dépasse 174,000,000 de francs.

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