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DES PBANÇAIS, DES ANGLAIS

Goloaie Scandinave. — Christophe Colomb. — Jean Cal)ot. — Les Normands, les Rocbelois, les Dieppois. — Âmerico Yespuci, — Gaspard Cortereal.

— Pierre de Gui. — Jean Davis de Harfleur. — Thomas Aubert de Dieppe.

— Jean Ponce de Léon. — Le baron de Léry. — Vasquez de Ayllon. — Verrazoni. — Pampbile de Narvaez.

Le nom de Christophe Colomb est à jamais identifié avec la découverte de l'Amérique. Les titres de cet illustre voyageur à la gloire attachée à un des événements les plus remarquables de l'histoire du monde, sont aussi sacrés que fondés. En effet, rien de fabu- I. 1

leux, d'équivoque, de douteux dans le récit de ces faits qui révèlent dans ce célèbre navigateur une hardiesse de pensée, une puissance de génie, une opiniâtreté de persévérance surhumaines. Pour résoudre la haute question de la construction du globe, qui agitait alors les esprits, il ne fallait pas moins que la réunion, dans un seul homme, de ces éminentes qualités, activées par une foi religieuse extrême : Christophe Colomb les possédait toutes !

Honneur donc, en notre nom et en celui des générations à venir, à la mémoire de Colomb, l'immortel bienfaiteur de l'humanité ! S'il a droit à notre vénération comme un puissant génie, il a plus de droits encore à notre reconnaissance, pour avoir, par le fait de sa découverte et l'influence morale qu'elle devait exercer sur les destinées du monde, avancé l'émancipation de la société !

Cependant, mon but étant d'enregistrer, par ordre chronologique, tous les faits qui ont rajpport à la découverte et à la colonisation de l'Amérique du Nord , il est de mon devoir de signaler les documents (1) récemment publiés par des savants du Nord , sur cette époque du moyen âge restée si longtemps ignorée.

Ces renseignements, dus à un savant aussi distingué qu'érudit, prouvent, sinon d'une manière absolue,

(i) Mémoires sur la découverte de V Amérique au dixième siècle, par Charles Cbrislian Rafn, ou ^/i/<9ui7/ï/6^ umericanœ, sive scriptores sep^ tentrionales rerum ante columbianarum in America,

du moins très-plausible^ que la découverte de l'Amérique a été faite dès le dixième ou le onzième siècle par des navigateurs Scandinaves^ et qu'à cette époque, des relations suivies existèrent entre la partie orientale des côtes de l'Amérique et la Scandinavie.

Toutefois, il est juste d'ajouter que le passage de ces colonies, sur cette partie du nouveau monde, a laissé de si faibles traces, qu'on a pu à peine les retrouver ou les constater, et certaines preuves présentées à l'appui de la visite des côtes de Massachusetts et du Rhode - Island par les navigateurs Scandinaves , paraissent au moins très-vagues.

Quelques écrivains anglais ont également soutenu qu'un prince du pays de Galles, nommé Madoc, fut poussé sur la côte de la Floride dès l'année 1171 et y établit une colonie. Cette assertion est restée sans preuves.

, Christophe Colomb avait longtemps médité sur la forme de la terre, souvent consulté les récits de Marco Polo et de Jean Mandeville qui, dans le treizième siècle, avaient visité l'Asie beaucoup au delà de la limite donnée par Ptolémée, et il en avait conclu qu'en traversant les mers-dans une direction occidentale, il devait arriver, par un voyage de courte durée, sur l'extrémité orientale du continent de l'Asie qu'il appelait Indes, U éprouva les plus grandes difficultés à faire adopter ses vues, son projet ; heureusement il trouva dans la vigueur de son esprit et l'enthousiasme de sa conviction les moyens de résister aux contrariétés qu'il eut à essuyer : il avait conçu la pensée de déli-

vrer le saint^sépulcre des mains des iofidèles, et il voua à cette œuvre pieuse les richesses éventuelles de ses découvertes. Cette idée le soutintjusqu'àlafin de ses jours !

Après avoir arrêté le plan de sa navigation, tracé à l'avance la route qu'il devait tenir, fait les calculs sur lesquels reposait sa théorie, il mit enfin à la mer un vendredi 5 août >I492 (1), avec trois petits bâtiments, la Santa-Mariaj montée par lui-même, la Pintuy par Martin Âlbnzo Pinzon, la Nim^ par Vincent Vanez Pinzon ; un seul était ponté, et d'environ 100 tonneaux, les deux autres étaient des barques propres à la navigation des côtes. L'expédition se composait de cent vingt personnes. Colomb gagna les Canaries, et cingla ensuite directement vers l'ouest, sans dévier de la ligne qu'il s'était tracée, et, après soixante et dix jours d'une navigation hasardeuse, un vendredi 12 octobre, le grand cri de terre ! se fit entendre sur le vaisseau qu'il montait. Colomb mit pied àterre sur une des lies desBahamas, appelée par les indigènes Guenahaudy par luiSan-Sa/varfor, nom conservé jusqu'à ce jour, et par les Anglais Cat-hland.

Colomb, suivant sa pensée dominante, se croyait sur une des îles qui bordent le continent asiatique; il donna donc aux indigènes de cette île le nom d7ndieihSy par lequel on a désigné depuis toutes les nations aborigènes du nouveau continent.

Ainsi fut heureusement résolue comme par mira-

(1) WasbiagtOQ IrTiog, Fie de Christophe Colomb, •

cle la théorie de Colomb sur la construction du globe, théorie due à son génie supérieur, qui seul avait pu en comprendre les calculs et la développer à ses yeux comme une vérité. Ainsi fut à jamais établie depuis ce jour, entre l'ancien et le nouveau monde, cette communication qui devait avoir une si grande influence sur les hommes, et qui devait être réduite, de notre temps, aux proportions d'un voyage ordinaire de dix jours , par la découverte des Fulton et des Watt, génies de notre époque !

Immense résultat, incalculable dans ses conséquences, que Christophe Colomb lui-même était loin de prévoir : car dans l'idée fixe qu'il s'était formée sur l'étendue de l'Asie, il regardait toutes ses découvertes comme étant la continuation de la longue chaîne des Indes et ne croyait pas avoir découvert un Monde Nouveau.

Cette opinion était, du reste, partagée par tous les savants, tous les navigateurs les plus célèbres de ces temps ; elle influença longtemps toutes les expéditions entreprises postérieurement.

La nouvelle de la découverte de Christophe Colomb produisit un effet miraculeux sur les esprits ; toutes les puissances rivales en Europe furent saisies d'une espèce de vertige qui les poussait à de nouvelles aventures : chacune désirait agrandir le cercle de ses États, concourir à répandre la Foi, mais surtout enrichir ses trésors. Partout on prépara des expéditions.

L'Angleterre, toujours prête à se saisir de nou-

veaux domaines et à étendre son influence, entra avec ardeur dans ces projets de découvertes. Colomb s'était adressé à Henri YII^ mais n'en avait pas été accueilli favorablement ; néanmoins la communication de ses plans avait appelé l'attention de quelques hommes de mérite de ce pays sur cette hardie conception et avai t ainsi provoqué le désir d'entreprendre aussi quelques voyages de recherches. Mais l'Angleterre était loin alors d'être renommée pour sa navigation et les connaissances de ses marins^ elle était restée plus d'un siècle en arrière de toutes les autres nations qui déployaient au contraire une très-grande activité et une très-grande ardeur pour le commerce et les entreprises maritimes.

Les vaisseaux et les marins de l'Angleterre ne s'étaient pas encore aventurés loin de ses propres côtes. Dans ces circonstances, elle fut donc obligée d'avoir recours aux marins des nations étrangères pour accomplir ses desseins. C'est dans ces circonstances que Jean Cabot y un aventurier vénitien^ alors établi à Bristol, obtint de Henri VU, en 1495, le droit, pour lui et ses trois fils, de naviguer sous pavillon anglais, dans toutes directions, pour découvrir des terres inconnues ou inhabitées par aucune nation chrétienne, et d'en prendre possession au nom du roi d'Angleterre. Cette concession fut accordée le 5 mars de cette année, deux ans après le retour de Christophe Colomb, mais Cabot ne mit en mer que deux ans plus tard. Il s'embarqua le 4 mai 149T, à Bristol, avec son fils Sébastien, sur un bâtiment de FÉtat et ayant sous

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ses ordres une petite flottille fournie par le commerce de Bristol.

Cabot avait adopté les vues de Colomb sur la conformation du globe, et il entreprit son voyage dans le but de trouver un passage aux Indes'par le nord-ouest^ et, à son grand regret (1), découvrit les atterrages le 28 juillet 1497, mais n'alla à terre sur aucun point; il navigua. en vue de l'île de Terre-Neuve^ qu'à cause du grand nombre de poissons qu'on trouvait dans son voisinage , son équipage nomma Labrador, s'éleva jusqu'au 56' degré, et se dirigea ensuite vers le sud-ouest jusque dans le voisinage des Florides par le SG*" degré, dans l'espoir de trouver le passage tant désiré ; mais désespérant d'y réussir, il se décida à retourner en Angleterre où, à sa grande mortification, son voyage produisit si peu d'effet, qu'il prit la résolution d'aller offrir ses services aux souverains catholiques Ferdinand et Isabelle (2).

Du reste il n'existe, sur ce voyage, que des renseignements vagues et très-incomplets.

Mais si on ajoute foi aux récits de l'Ëscarbot (3), qui visita lui-même les côtes de l'Amérique du Nord, en

<4) Haklayt, t. Ul, p. 7.

(2) S. Cabot « faisant yoile, dit-il« en longeant la côte, afin de voir si je tiouve- • rais quelque golfe qui la coupât, je yis que la terre se prolongeait toujours jus- « qa'an 56* de latitude, et, m'aperoevant que fers cet endroit la côte faisait un « coude Ters Torient, et désespérant de trouver on passage, je revins sur mes « pat, el lia route en côtoyant cette terre, cinglant vers l'équateur. J'arrivai à « la partie du continent qu'on norarae aujourd' hw Floride, lorsque, yenant à « masquer de lintÊ, je mis è )• Toile pour retourner eu Angleterre. •

9) LfiMrtwt^tosr*»^

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1606^ les côtes orientales de ce continent auraient été déjà connues^ longtemps auparavant, des Normands et des Basques qui étaient dans l'habitude de se rendre à Terre-Neuve , au golfe Saint-Laurent, aux côtes de Labrador^ et au nord de Fîle de Terre-Neuve pour la pèche. Il dit en effet a que les Dieppois , les Maa louins, les Rochelois et autres mariniers français ce fréquentaient, la plupart du moins, déjà depuis pluie sieurs siècles, le grand banc et les côtes de Terre- -Neuve. » Il prétend même que les noms connus et la langue parlée sur cette partie du continent étaient moitié basque, preuve, selon lui, que les Basques devaient avoir visité ces côtes depuis longtemps.

Quelques navigateurs anglais et danois tentèrent, vers cette même époque, de trouver un passage aux grandes Indes par le nord-ouest, et furent conduits ainsi à reconnaître quelques-uns des points des côtes orientales de l'Amérique du Nord, mais sans aucun autre résultat.

Du reste, dans ces temps de suprématie papale, depuis les dernières découvertes de Colomb au nom de la couronne d'Espagne, on considérait que les droits de celle-ci s'étendaient sur toutes les terres et mers qui en relevaient, puisque le pape Alexandre VI en avait concédé la propriété à Ferdinand et Isabelle par sa fameuse bulle rendue le 2 mai 1493, sous la seule condition d'y introduire et y propager la foi catholique.

Aussi le roi d'Angleterre, après le voyage infructueux de Cabot, renonça-t-il entièrement à envoyer de

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nouvelles expéditions de découvertes vers le» cdtes de l'Amérique.

Âmerico Yespuci, par une usurpation inexplicable, mais dont on retrouve néanmoins de fréquents exem« pies, donna son nom à la découverte de Colomb, avec laquelle cependant il n'avait eu rien de commun. Ce navigateur, célèbre d'ailleurs, parait avoir fait d'importants voyages au Brésil en 1501, et rédigea des mémoires qui restèrent longtemps manuscrits, et sur la réputation desquels il obtint la gloire de la découverte des deux Amériques. Dès 1498 et 1499, C. Colomb (1) et Pinzon avaient découvert ces terres et en avaient pris possession au nom de la couronne d'Espagne, et, en 1500, (Ion Pedro Alvarez Cabrai au nom de la couronne du Portugal.

Gaspard Cortereal, navigateur portugais, entreprit de trouver un passage aux Indes par le nord-ouest; il visita en 1500 les côtes de Terre-Neuve, les reconnut et les décrivit avec soin. Une de ces lies, près du cap Breton, porta son nom et fut ainsi désignée longtemps sur les cartes publiées en 1559.

Sous Louis XII les Français s'occupèrent également de chercher la solution du problème du passage aux Indes par le nord-ouest, but de toutes les expéditions et voyages maritimes d'alors ; ils découvrirent le Canada, fréquentèrent l'île de Terre-Neuve en 1504 et y fondèrent l'industrie de la pêche de la morue, dont les autres nations partagèrent plus tard les bénéfices

(I) Wttkfagfmi IrfiDg.

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et les avantages. Pierre de Gui, seigneur de Monts, dans un de ces voyages, entrepris en 1506, touche à Gadie ou TAcadie, appelée depuis Nouvelie-Ëcosse, en reconnaît les côtes et prend possession de ce pays au nom du roi de France. Dans la même année, Davis de Harfleur publie une carte de ces côtes et des environs de Terre-Neuve. Sur cette carte tout ce qui se teouvait au sud du fleuve Saint-Laurent est appelé Nouvelle-France; le côté nord est marqué terra i»cognita et terres françaises. Sur la carte on remarque les noms suivants : Angouléme, nom donné par un Angoumoisin; Flora, le Paradis, Port-Real, Port-de- Refuge, cap de Breton, et une île nommée cap Breton.

Un nommé Thomas Aubert, pilote de Dieppe et engagé dans la pèche de la morue près des atterrages de Terre-Neuve, touche aux terres du Canada, en 1508, et en ramène en France un indigène dont la vue excite une très-grande curiosité.

Depuis le premier voyage de Colomb, plusieurs de ses compagnons se livrèrent séparément à des voyages d'aventure, et cherchèrent avec une avidité insatiable des trésors, des richesses que l'astucieux Indien promettait à son intolérable visiteur pour s'en débarrasser.

Ponce de Léon, homme d'une grande ambition, et qui avait déjà accompagné Colomb dans son second voyage en 1495, recueillit avec avidité et crédulité un de ces fabuleux récits des indigènes sur l'existence d'immenses richesses, et surtout d'une certaine fontaine dont les eaux avaient la puissance de. rajeunir.

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dans une des lies de l'archipel des Bermudes, à laquelle ils donnaient le nom de Bimini. Il possédait une très-grande fortune ; il équipa à ses frais trois bâtiments et mit à la voile le 5 mars 1512 de Porto-Rico, dont il était gouverneur (1), et le samedi 27 mars il se trouva en vue des terres de la Floride par le 33' degré 8 minutes. Il ne put néanmoins débarquer, à cause du mauvais temps, que le 2 avrils et donna à ces terres le nom de Floride, tant à cause du brillant aspect qu'elles offraient par la quantité de fleurs qui les couvraient, qu'en l'honneur du jour des Rameaux, Pa«eua florida, où il les avait d'abord aperçues. Le nom de ces terres, dans le dialecte indien, était CatUio.

Il en reconnut toutes les côtes, découvrit les Torlugasy et, fatigué de ses inutiles recherches après les mines d'or et surtout cette nouvelle fontaine de Jouvence promise, il se détermina à revenir à Porto-Rico, laissant derrière lui, pour continuer sa croisière aventureuse^ Juan Perez de Ortubia, qui du reste ne fut pas plus heureux que lui.

L'expédition romanesque de Ponce de Léon eut donc pour tout résultat de rendre ce chef un peu plus vieux, de l'appauvrir, mais d'ajouter l'importante découverte de la Floride à la liste de celles déjà faites par les Espagnols.

En 1517, Certes fit la découverte du Mexique et pénétra en Californie.

Tous les voyages entrepris jusqu'ici par les navisa^

(4) Herrera. . . ,

leurs ou aventuriers de diverses nations n'avaient eu d'autre but que de trouver un passage au nord-ouest ou de découvrir de grands trésors ; aucun n'avait été entrepris pour planter une colonie dans ces nouvelles ter* res : celui du baron de Léry de Saint-Just, en 1518^ sous François P*^, fut le premier exécuté avec cet ob* jet avoué. L'Escarbot, en parlant de ce hardi navigateur, s'exprime ainsi : <c II avait le courage porté à de «c hautes choses et désirait s'établir par delà^et y douce ner commencement à une habitation de Français. » Il débarqua du bétail sur l'île de Sable, dans le but de subvenir aux besoins de la colonie, et Salem (1 ) dit que les Anglais n'en ont transporté en Amérique que cent ans plus tard. Malheureusement cette île était si peu favorable à l'établissement permanent d'une colonie, que les émigp^nts que le baron de Léry y avait laissés furent obligés de l'abandonner à cause du manque d'eau.

En 1 520, les Espagnols, sous le commandement de Luc Yasquez de Ayllon, visitèrent de nouveau la Floride. Ce capitaine était alors engagé dans la traite des esclaves pour pourvoir à l'exploitation de leurs nouvelles possessions des Antilles. Il mit à la voile d'Hispaniola, reconnut les côtes de la Floride, et prit terre près de l'embouchure d'une rivière à laquelle il donna le nom de Jourdain [Chicora) et qui se jette à la mer dans le voisinage de la pointe de Sainte-Hélène, qu'il appela Guadalpe ; il fit quelques excursions dans

(4) Salem, t. UI, p. 4M.

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rintérieur, dans Fespoir d'y découvrir les mines d'or dont les Indiens avaient parlé; mais ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs ; cependant il parvint à enlever quelques Indiens et les emmena prisonniers à Saint-Domingue, où ils furent vendus comme es* ciaves.

François V porta de nouveau ses vues sur la colonisation des terres du nouveau monde; il confia à Jean Verrazoni, Florentin, une expédition avec laquelle ce navigateur fit trois voyages successifs, en 1523, 1524 et 1525, vers^ les côtes d'Amérique, auxquelles il donna le nom de Nouvelle-France, Il reconnut particulièrement la partie du continent contiguë à la Floride espagnole, du 32* au 47* degré de latitude boréale, et commença des établissements à la partie la plus méridionale. La mort le surprit dans son troisième voyage, lorsqu'il se proposait de rendre ses établissements plus permanents.

Le navigateur espagnol Pamphile de Narvaez fait, au nom de son souverain Charles Y, en 1527, un voyage aux Florides. Comme ses prédécesseurs, il vint y chercher de l'or et n'y trouva que du sable et de la misère ; après avoir pénétré fort avant dans le pays et y avoir perdu presque tout son monde, une partie revint vers la côte, probablement à Pensacola, et tenta de regagner Cuba par mer sur de faibles canots, mais périt. Une autre partie, non moins intrépide, tenta de gagner le Mexique par terre, où quatre seulement parvinrent après avoir éprouvé des fatigues et des privations que rien ne saurait décrire :

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ils auront dû traverser le Mississipi, la rivière Rouge, le Texas et ces immenses marais qni forment une large lisière sur le golfe du Mexique.

Suivant Hakluyt (1)^ les Anglais auraient envoyé, en 1529, deux vaisseaux sur les côtes orientales de l'Âme* rique du Nord, et auraient reconnu Terre-Neuve, Labrador et le cap Breton, ainsi que les côtes d'un pays qu'ils nommèrent Ârembec ; mais ces voyages n'auraient point amené d'autres résultats.

Ainsi, il reste prouvé d'une manière incontestable que les Français ont navigué sur les côtes de l'Âmé^ rique du Nord à une époque très-reculéeret de beaucoup antérieure à celle où les Anglais ont visité les mômes parages.

Depuis le dernier voyage de Cabot, entrepris au nom de Henri VII, les Anglais n'ont point envoyé jusqu'en 1529 un seul vaisseau aux côtes de l'Amérique; néanmoins ils n'ont cessé depuis lors de fonder sur les découvertes de ce navigateur leurs droits de souveraineté en Amérique.

D'après les mêmes principes, et certes avec beau-^ coup plus de raison, les Français pourraient réclamer la possession des côtes et du territoire d'Afrique; car, dès le quatorzième siècle, et bien avant qu'aucune autre nation de TEi^rope ne les eût reconnues, ils les avaient non-seulement découvertes, mais encore ils y trafiquaient et y avaient même fondé des établisse* ments (2).

(I) Hakluyt, t. Ilf, p. 129.

{^) Fasi€4 chronologique^ du lèom^eau monde»

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