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COLONIE DE LA NOUVELLE- HOLLANDE

Au commencement du dix-septième siècle, la nation hollandaise était au premier rang comme puissance maritime et commerçante ; sa marine marchande était nombreuse : elle se composait de dix mille voiles et de plus de quatre-vingt-quatre mille marins ; elle naviguait dans toutes les mers. Les avantages que la colonisation de l'Amérique pouvait offrir sous le point de vue du commerce n'échappa pas au génie spéculateur de ses négociants ; aussi la compagnie hollandaise des Indes accepta-t-elle les services d'un capitaine anglais, Henri Hudson, célèbre navigateur, qui déjà avait fait deux voyages aux côtes de l'Amérique à la recherche d'un passage aux Indes, et qui avait rapporté d'intéressants renseignements sur ses découvertes en Amérique.

Elle lui confia une expédition : il mit à la voile d'Amsterdam en avril 1608, avec un équipage moitié hollandais, moitié anglais, et accompagné par son fils. Use dirigea d'abord vers la Nouvelle-Zemble, passa le Groenland , les côtes d'Acâdie , et vint reconnaître le cap Cod, qu'il appela Nouvelle-Hollande ; il redescendit ensuite aussi bas, à l'ouest, que la baie de la 1. 4

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Delaware, et revint alors sur ses pas vers la baie de New- York, entra dans les eaux d'un grand fleuve auquel il donna son nom, qu'il a retenu jusqu'à jiqs jours, en reconnut les rives au delà môme des Highlands, et remit en mer pour rapporter des nouvelles de ses découvertes.

En 1610, Hudson reprit de nouveau la mer pour le compte d'une compagnie anglaise, et se dirigea, avec l'idée fixe de trouver un passage aux Indes, par le nord-ouest : il entra dans l'immense baie qui porte désormais son nom, et qui lui fît croire un instant qu'il avait réussi dans l'objet de ses espérances, tant elle était spacieuse : ayant voulu s'en assurer par une plus longue navigation, il eut le courage de passer un hiver dans cette latitude pour attendre le printempp et le moment de continuer ses recherchés. Cette saisoA venue, il reprit le cours de sa navigation, mais il périt, victime de son audacieux courage et du lâche et criminel abandon de son équipage révolté.

Dans le cours de cette année , les Hollandais commencèrent à former des établissements sur l'île de Manhattan.

Déjà la colonisation de TAcadie par les Français commençait à porter ombrage à la jalouse cupidité des Anglais établis en Virginie ; ils commençaient même à le faire voir ouvertement, lorsque le sieur de Poitrincourt, que le zèle le plus courageux et le plus persévérant faisait lutter contre les difficultés de tous genres, arriva au Port-Royal et amena avec lui des

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secours opportuns pour consolider cette colonie qu'i} avait fondée.

Il fit même baptiser un très- grand nombre d'Indiens de son voisinage, dans l'espoir d'étendre ainsi, par la voie de la religion, l'influence de la France.

Sur ces entrefaites, un certain capitaine Argall fut envoyé par la colonie de Virginie pour comipercer avec les indigènes sur les côtes, au nord, et pour s'assurer qu'aucune autre nation n'osait tenter de s'établir sur cette partie du continent que le roi Jacques P*" réclamait comme appartenant à sa couronne, et sur laquelle il avait étendu, par Tapplication de sa simple signa-* ture au bas d'une charte rqyale, des droits de juridiction et de disposition. Ce capitaine Argall, hornine aussi violent qu'avare et sanguinaire, relâcha dans Ist baie de Penobscot, où il avait appris, par des Indiens, que les Français avaient formé l'établissement de Saint-Sauveur sous les auspices du sieur de Guercheville; et, tombant à l'jmproviste sur de pauyres colons inoffensifs et sans moyens de résistance, les enleva, brûla, saccagea ce poste, et en fît périr la plus grande partie. Ainsi commençait le premier acte de violence et d'usurpation des Anglo-Saxons sur lès colonies françaises dans l'État actuel du Maine.

Il revint à la colonie de Virginie, se vanta de ses honteuses déprédations, et retourna, dans la même année, attaquer la colonie de Port-Royal et de Sainte- Croix, qu'il trouva également sans moyens de résistance et qu'il traita aussi inhumainement que la colonie

de Saint-Sauveur, et porta un coup mortel aux établissements du sieur de Montz.

Les débris vivants de la colonie française d'Acadie qui avaient pu échapper à l'horrible pillage d'Argall furent recueillis par des vaisseaux du sieur de Poitrincourt, arrivé dans cet intervalle pour visiter la colonie et lui apporter de nouveaux approvisionnements. M.dePoitrincourt demanda justice à Louis XIII de ces attaques des Anglais, aussi brutales qu'inouïes, en pleine paix. Malheureusement cet infatigable et courageux fondateur de l'Acadie mourut peu de temps après, et les actes de violence des Anglais restèrent impunis I

Argall, à son retour des horribles massacres des établissements français, s^'arréta, en 1605, dans la baie de New- York, et vît, pour la première fois, les établissements hollandais fondés sur la pointe de Tîle de Manhattan, Pouvant alors disposer d'une plus grande force que ces pauvres habitants, il les réduisit facilement à reconnaître la suprématie de la couronne d'Angleterre ; après quoi il retourna en Virginie,

Les Hollandais continuèrent néanmoins, après la visite d' Argall, d'étendre leurs établissements; ils reconnurent la rivière de Connecticut, et fondèrent, à la tête de la navigation à voile de l'Hudson , le poste d'Orange, aujourd'hui Albany, plus favorable pour la tmte des fourrures avec les Indiens, objet principal de leur convoitise.

C'est par ce poste, et au moyen d'échanges avec les Hollandais , que les Iroquois s'approvisionnèrent

d'armes à feu, avec lesquelles ils firent aux Français^ nouvellement établis sur le Saint-Laurent et dans son voisinage, une guerre si cruelle et si acharnée.

Cependant Champlain poursuivait sans relâche, pendant tout ce temps, une active et intelligente reconnaissance du Canada ; il en dressa même une carte. Il pénétra fort avant dans Tintérieur du pays, vers le lac Supérieur, et porta la guerre au milieu des Iroijuois, des Mohawks, et envahit leur pays par trois fois.

Ces Indiens étaient très-belliqueux, d'une bravoure incomparable ; il dut les attaquer dans leurs retranchements, au milieu de leur principale bourgade, et réussit à les battre deux fois. Jamais auparavant ils n'avaient vu ni entendu la détonation d'une arquebuse, car ils n'avaient point eu encore de rapports avec les Européens. Pour toutes armes ils se servaient de haches en pierre et de flèches armées de pierre à fusil ou silex, qu'ils savaient tailler en pointes affilées.

Les Iroquois se trouvèrent tellement intimidés par le bruit des armes à feu, que, nonobstant leur courageuse résistance, ils furent contraints de se soumettre à demander la paix, et de s'en rapporter à la générosité de Champlain pour en régler les termes.

Du reste, cet état de guerre avec les indigènes dura presque sans relâche jusqu'en 1621) époque à laquelle fut aussi conclue la première paix avec les. Iroquois, dont le territoire fut ajouté au domaine de la Nouvelle- France.

Dès 1616, le père Caron avait pénétré jusqu'au

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lâc Huron y et avait établi uïie Mission àU tniliëu dé 6es Itidieni^.

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