‹ De la puissance américaineChapitre 35 sur 135 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

1655-nOO.

COLORIES DE Là NOUVELLE-ANGLSTEBBE.

Collante de la baie de Massachusetts ; ton accroissement rapide ; les habitants publient un bill de leurs droits ; organisation politique. — NouTelle charte de Goillaume et Marie. — La colonie soumise à un gouyernement proyiodal ; étendue de la nouvelle province. — Colonies de Connecticut et de New-Haven ; son gouTernemeot^ fondé sur les dogmes religieux, est une démocratie parfaite. — Colonie de Rhode-lsland. — Fondation de Providenee^ de New-Port. — Les émigrations d'Angleterre deyiennent plus nombreuses. — Gromwell, près de s'embarquer pour l'Amérique, en est empêché par un édit royal. — Gouvernement de Rtaode-Island égalenyent fondé sur un esprit de pure démocratie. — Esprit de tolérance teligieose qui

' distingue les habitants de cette colonie.

COLONIE DE LA BAIE DE MASSAGHtSETTS.

La colonie de la baie de Massachusetts, quoique fon* dée postérieurement à celle de la Virginie, peut Aéailmoins être considérée comme la souche de toutes les colonies anglaises en Amérique. C'est en effet de l'époque de sa fondation que date la marche rapide et successive des établissements par lesquels TAngleterre assura, dans le dix-septième siècle, sa domination^permanente dans le nouveau monde, depuis le Maine jusqu'à la Floride.

88 DE LÀ PUISSANCE AMERlCAiNE.

Cette circonstance rendant, pour ainsi dire, presque impossible un récit simultané de la fondation et des premiers pas administratifs de ces colonies, quelque abrégé qu'il soit, j'ai préféré, pour plus de clarté, et dans l'intérêt du but que je me propose, présenter un exposé rapide des faits les plus importants pour chacune des colonies séparément, depuis leur première origine jusqu'au moment de leur marche régulière administrative.

C'est principalement sous Charles 1^"^ que la colonie de la baie de Massachusetts prit un accroissement rapide. Les émigrants s'y rendirent en si grand nombre, qu'en 1634 les membres libres de cette colonie jugèrent convenable de proclamer un bill de leurs droits civils et religieux qu'ils regardaient comme un bien inaliénable.

En outre, ils décrétèrent que la cour générale ( la réunion de tous les citoyens ayant droit de voter, du gouverneur, du député-gouverneur et des membres du conseil supérieur) aurait seule le droit de faire des lois, d'imposer des taxes, de choisir des candidats aux emplois publics, de vendre les terres ; qu'à l'avenir, chaque commune aurait à se faire représenter à la cour générale par deux députés au lieu de voter en masse, mais que chaque membre libre de la colonie conserverait le droit de voter directement pour les emplois publics.

Aussi, de cette époque, ne peut-on plus considérer celte colonie comme une compagnie dont les pouvoirs étaient définis et les formes du gouvernement réglées

par une charte octroyée, mais bien comme une société ayant acquis ou assumé une certaine liberté politique et adopté, de son propre gré, une constitution et une forme de gouvernement calquées, il est vrai, sur celles de l'Angleterre, mais en différant néanmoins essentiellement sur bien des points.

Ainsi les premiers émigrants avaient apporté avec eux un despotisme religieux intolérable, mais ils avaient été conduits aussi par un sentiment de liberté qui devait survivre à leur génération ; car leur émigration dans le nouveau monde était par elle-même une afSQrmation de leurs droits : ils vinrent guidés par un esprit de conscience pour rendre hommage à Dieu suivant leur croyance ; ils admirent donc de fait la liberté d'institutions politiques et partagèrent également les droits civils. Cette liberté, dans les affaires politiques, amena graduellement un degré correspondant de la liberté dans les sujets religieux.

Cette colonie continua de s'administrer sous cette forme de gouvernement jusqu'en ^ 684, lorsque Charles II modifia complètement la charte originale accordée par son prédécesseur; et depuis lors, jusqu'en 1691, la colonie ne cessa de se trouver en mésintelligence avec la métropole. Enfin, la colonie reçut de Guillaume et de Marie une nouvelle charte qui, sous le titre de Province de la baie de Massachusetts dans la Nouvelle^ Angleterre^ introduisit une administration provinciale.

Cette nouvelle charte laissait à la couronne la nomination d'un gouverneur et d'un conseil. Le gouverneur

nommait, avec le consentement du conseil, les juges^ les procureurs généraux, les adjoints, les juges de paix et les officiers du conseil et des cours de justice. Les autres officiers civils étaient choisis par le conseil et par l'assemblée. Les propriétaires élisaient des représentants qui avaient droit de choisir leur président et formaient la chambre supérieure.

La cour généraky organisée comme par la première charte, composait une cour d'équité et d'appel ; elle était aussi législative.

Sous ce dernier titre la colonie comprenait alors le territoire de l'ancienne colonie de la baie de Massachusetts, celui de la colonie de la Nouvelle-Plymouth, delà province du Maine, enfin l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse et toutes les terres entre la Nouvelle- Ecosse et le Maine.

Le New-Hampshire devint une colonie royale attachée au gouvernement de Massachusetts.

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