‹ De la puissance américaineChapitre 48 sur 135 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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COLONII FBAHgLlSI. — (IO0fBI.LB-FBillCI«

Découverte da Mississipi par Marquette et Joliet. — Voyage de Robert Gati^ lier de la Salle ; découverte de remboochure du Mississipi. — K crée fe poste des Illinois, et indique la ligne de postes qui doiTcot unir tat atth Telles découTcrles au domaine du Canada. — Situation critique du Canada; M. de la Barre assemble h s notables. — Conduite politique des Indiens enfers les Européens. — M. de Dunonyille. — M. de Champigny. — Montréal presque détruit par les Iroquois. — Les colonies anglaises projetteat la conquête du Canada. — Attaque et prise de Port-Royal. — Montréal et Québec sont également attaqués, mais résistent. — Reprise de Port- Royal par les Français. — Poste de Nekoat sur le Saint- Jean. — M. de Frontenac gouyerneur. — Il force enfin les Indiens à la paix. — Étendue territoriale des possessions françaises et anglaises. — Population de ces colonies.

Nous arrivons à une des époques les plus intéressantes de l'histoire des colonies de la Nouvelle- France , à celle où le majestueux Mississipi, jusqu'alors presque ignoré, fut reconnu en entier par un des courageux et zélés missionnaires que leur foi seule conduisait à hasarder tous les jours leur existence pour sauver une âme à Dieu.

Grande et belle époque où la foi religieuse se mêlait au patriotisme et faisait embrasser aux enfants de notre France les entreprises les plus pénibles avec le plus grand désintéressement.

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En 1673, le père Marquette, jésuite, de mœurs douces et compatissantes, et le sieur Joliet, habitant de Québec, homme très - intelligent et d'un grand CGorage, entreprirent leur expédition de découverte du Umisiipi. Ces deux hompies, également actifs, entreprenants, dévoués^ partent ensemble le 10 juiii> accompagnés de cinq Français et de deux miamis indiens comme guides et interprètes, de la baie VerUj m le lac Mkhigan^ entrent dans la rivière des RmanU ^ s'y décharge, la remontent jusqu'aux sources , t'embarquent sur le Ouiêeonnn par lequel ils arrivent ^nMisêiisipi^ descendent ce fleuve, passent la rivière Mûingona^ aujourd'hui des Moines^ dans le territoire dlowa, et quelques lieues plus bas que l'embouchure du Missouri auquel les Algonquins donnaient le nom de tiUtaroni; enfin, après quelques jours de navigation 3Q sud , ils passent l'embouchure de VOkio alors connue sous le nom de Ouabash, à cause de la tribu dlndiens qui habitaient sur ses bords. Cette magnifi<{ue rivière était également nommée ffoAio, Oua- ^•u9*Kp-Qm ou Ahm-Sêo-Sifi, la belle rivière. Ils continuèrent ensuite leur navigation du Mississipi au i^Iieu d'Iles innombrables qui souvent leur donnèrent à douter s'ils n'étaient pas plutôt sur un grand lac <IQe sur une rivière : ils arrivèrent enfin à l'embouchure d'une grande rivière venant de Touest, l'ir- ^««••t, lorsque, leurs provisions n^anquant, ils se trouvèrent dans la nécessité de retourner sur leurs pas, 6t remontèrent la rivière des lêUmiSy que le père Marquette appela de ta JOit^ne^Xznt ils furent émerveillés

de l'admirable tranquillité de ses eaux ; plus tard elle reçut le nom du gouverneur Seignelay. lis furent de retour à la baie Verte (Green-Bay) en septembre: Ce fut deux ans après ce hardi voyage de découverte que le père Marquette, déjà avancé en âge, et le corpa éprouvé par de longues fatigues, de fréquentes privations et abstinences, mais toujours aussi zélé pour la foi, entreprit de se rendre de Chicagan au fond du lac Michigan, au poste de Missilimackinac. Suivant sa pieuse habitude, le vénérable père mit pied à terre^ s' avança un peu dans les bois pour offrir à Dieu son tribut de dévotion ; lorsque ses compagnons s'approchèrent de lui pour reprendre leur route, l'homme vénérable avait cessé de vivre : il s'était éteint au milieu de la prière en présence de son Dieu I La rivière sur les bords de laquelle Marquette finit sa pieuse et laborieuse carrière est dans le Michigan ; elle porte aujourd'hui son nom.

Vers ces mêmes temps, Robert Cavalier de la Salle conçut le projet de se rendre au golfe du Mexique en traversant les terres d'Amérique. Il obtint du roi le droit de se livrer à cette recherche, par la faveur du ministre Golbert et par l'intervention de M. de Seignélay. Il fut accompagné, dans son mémorable voyage, par un ami dévoué, M. de Tonty, vieux militaire éprouvé et qui avait eu la main emportée en Sicile. Ces hardis et courageux explorateurs partirent du fort de Fronte* nac, sur le lac Ontario, le 7 août 1679, montés sur une barque pontée de soixante tonneaux, le premier bâtiment à voile qui eût encore sillonné cette mer

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intérieureji Après avoir triomphé de conlrariétés sans nombre, et être échappés aux plus grands dangers que devait présenter un semblable voyage au milieu de pays inconnus , de peuplades indigènes dont on ignorait les dispositions , ils arrivèrent enfin en vue delà mer sur le golfe du Mexique, à Tembouchure du Mississipi, le 7 avril 1682; vers le 15 juillet de la même année ils étaient de retour à Missilimackinac.

Pendant la durée de cette expédition on éleva, sur les bords du lac Pimiteoniy de la rivière des Illinois, le fort Crèvecœur qui, plus tard, prit le nom de Saint- Um; le fort Prud'homme fut construit à soixante lieues au-dessus de son embouchure. Le poste des Arkansoi fut fondé par M. de la Salle ; le fort Chicagau au fond du lac Supérieur, et le fort Saint-Louis sur la rivière Chicagau, près de la rivière Aramoni; enfin le poste de Kaskaskiay ou de la Concep tion, siège d'une Mission de jésuites, devint une station importante dans les mouvements vers l'ouest.

Tandis que les Français étendaient ainsi leurs conquêtes sur les vastes solitudes des pays de l'ouest, la stagnation des affaires commerciales et ^industrielles de la colonie était complète ; les ressources du pays 1^6 suffisaient plus pour couvrir les achats et l'envoi d'Europe des marchandises de première nécessité pour les colons.

L'extrême activité des habitants de la Nouvelle- ^leterre, leur rare intelligence des affaires, les faisaient s'aventurer partout où ils trouvaient un bénéfi<^ à réaliser ; partout, par conséquent, ils prenaient I. 40

les devants sur les Français dans la traite avec les indigènes ; et de cet état de choses il résultait que les colons canadiens étaient largement endettés envers la mère patrie.

Dans cette situation critique, le gouverneur général de la Barre consulta le pays sur les mesures à adopter pour sortir de ces difficultés ; il convoqua un conseil législatif provisoire, dit des Notables, leur soumit l'état de langueur dans lequel se trouvait la colonie, et leur demanda leur opinion. On devrait s'attendre que, dans une semblable circonstance, les colons auraient demandé des franchises et réclamé des libertés commerciales, afin de donner une nouvelle vie à leur société ; il n'en fut point ainsi : après avoir longuement délibéré, ils décident qu'on adresserait au roi une pétition pour le prier d'envoyer au Canada une plus forte garnison !

Étrange conclusion ! et qui contraste singulièrement avec les exemples d'indépendance et de courage donnés par les habitants des colonies anglaises dès leurs premiers pas dans la vie politique et sociale en Amé-» rîque , et surtout avec cet acte d'indépendance et de force qui signala l'histoire des colonies anglaises à la même époque, par lequel celles-ci projettent la conquête du Canada sans l'aide de la mère patrie, tandis que ceux-là implorent le pouvoir de la métropole pour résistera quelques Indiens!

Dans le fait, que pouvaît-on attendre d'hommes transplantés du sol européen sur le sol américain avec des idées de hiérarchie militaire, de subordî-

nation administrative^ relevant d*un chef, et de soumission religieuse, qui en faisaient, il est vrai^ d'excellents sujets, mais non des citoyens éclairés !

Chez rémigrant anglo - américain , le principe de liberté politique existait avant de quitter son pays, et Id forme démocratique s'établit comme d'elle-même dans l'institution qu'il se donne en arrivant sur le sol américain ; chez l'émigrant français, les principes du pouvoir absolu , de l'arbitraire militaire , du despotisme religieux, étaient passés dans toute leur vigueur de la métropole dans la colonie de la Nouvelle-France. L'Angleterre avait laissé ses colonies s'organiser comine elles l'entendaient; la France avait façonné le Canada à son image, lui avait donné ses mœurs, ses lois, son langage, son esprit.

Le Canada pouvait mettre alors sous les armes au moins trois mille hommes, presque autant que la nation iroquoise pouvait fournir de guerriers; mais les Ifoqnois étaient des hommes libres, et les habitants de la Nouvelle-France étaient soumis au despotisme et au monopole. Les Iroquois se recrutaient en adoptant des prisonniers faits sur d'autres nations. Au Canada, les orangers et les hérétiques ne pouvaient s'établir. Aussi la guerre avec ces belliqueux indigènes durait déjà depuis l'arrivée des Français sur le continent, et ne cessa que près d'un siècle après, quand toute cette trave tribu eut presque disparu.

A l'arrivée des Européens sur le continent , les In- ^'«ns, sans méfiance, les avaient accueillis comme des ^^is, des frères, des h6tes; bientôt, mais trop tard,

ils s'aperçurent que ces hôtes étaient devenus leurs mattres et qu'ils ne pouvaient plus les renvoyer ; qu'au contraire ils étaient menacés tous les jours davantage d'être dépossédés de leur propriété. Cependant ils s'assurèrent aussi que ces hôtes appartenaient à deux castes différentes 9 qui se portaient une profonde jalousie ; de ce moment , ils résolurent de mettre à profit la haine qui séparait les deux nations rivales^ et décidèrent que, puisqu'ils ne pouvaient parvenir à chasser les Manetonakisy Européens, de chez eux, ils s'opposeraient au moins à ce que leurs empiétements fussent plus rapides ; dans cette vue , ils arrêtèrent d'employer leurs propres forces à contenir les deux partis l'un par l'autre.

C'est ainsi qu'en 1684, jugeant que les Français gagnaient un trop grand ascendant sur les Anglais ^ la nation iroquoise se détacha jles premiers et se joignit au parti opposé.

Pour châtier les Iroquois, le gouverneur de la Barre se mit à la tète d'une expédition de six cents soldats» quatre cents porteurs et trois cents hommes de garnison pour le fort aux Sables , qui occupait la position près du débouché actuel du canal Rideau; mais les maladies du mois d'ao ût sur ce pays marécageux décimèrent cette petite armée à un tel point, qu'on fut obligé de renoncer à occuper ce poste, et de traiter avec les Indiens.

En 1685, M. de Dunonville succéda à M. de la Barre et arriva au Canada avec de nouvelles troupes ; Içs animosités entre les habitants de la Nouvelle-Angler

terre et ceux de la Nouvelle-France allèrent croissant, et arrivèrent bientôt à un point que la conquête du Canada était manifestement annoncée par les Anglo- Américains. Au désir de posséder cette belle contrée se joignit leur haine pour la légitimité et pour les anci^mes formes de la chrétienté , dont les Canadiens étaient les représentants dans le nouveau monde. Ces diverses passions des habitants de la Nouvelle-Angleterre étaient si violentes y qu'elles servirent de lien commun entre la mère patrie- et ses colonies dans le projet d'agression qu'entretenait déjà depuis longtemps la couronne d'Angleterre contre nos possessions d'Amérique.

En 1686, M. de Ghampigny remplaça M. de Dunon- Yille comme gouverneur du Canada ; sous son administration , on établit le poste du Niagara , pour maîtriser complètement la nation iroquoise dans ses mouvements sur les lacs , et le poste de Saint-Charles^ à Tenibouchure de la rivière des Illinois ; ces deux derniers forts complétaient le système d'occupation du territoire nouvellement conquis sur les Indiens, n avait pour objet : 1<^ de fournir des positions avantageuses contre les Indiens ; 2'' de protéger et étendre la traite des pelleteries ; S*" enfin de circonvenir les colonies anglaises , de les reléguer sur les bords de l'Atlantique , de les empêcher de descendre sur les ^uents de la grande vallée du Mississipi, et de s'avancer par conséquent vers Touest.

Ce système avait été adopté et suivi dès la première occupation du pays ; mais il était principalement dû

au génie supértottr et à la rare intelligence de la SaUe» qtii, ayant compris tout l'avenir de la Nouyelle* France , avait voulu dès ses premiers pas asseoir sa domination sur les deux grands bassibs du Sainte Laurent et du Mississipi j par conséquent sur la plus belle et la plus importante portion du contineiit amé^ riéain!

Certes ces vues étaient grandes ^ le plan vaste , les^ dispositions bonnes ; mais la colonie manquait d'bai<bitants pour soutenir un réseau aussi étendu , et Ift. garnison de troupes régulières de ces postes était si faible, que les facteurs anglais osaient pénétrer sur le territoire français, et avec impunité trafiquaient jusqu'en Vue du poste de MisHlimackinac.

On avait été dans l'obligation d'abandonner le fort Bourhn, sur la rivière Thérèse , dans la baie d'Hudêom^ il avait été réoccupé aussitôt en 1689, sous le noMi de fort NeUony par l'industrie privée des Anglais.

En août de cette année , un nombreux parti d'IfO* quois fit une irruption sur le poste de Monttéal^ qui, faiblement dé£sndu , fut pris et presque entièrement détruit.

Cette irruption était le résultat d'une machinattoa des colons de la Neuve lie Angleterre, dont toutes les pensées y tous les actes, étaient tournés vers la conquête du Canada.

Enfin les colonies anglaises , afin de mettre lettr projet à exécution, conçurent l'idée d'un congrès qui fut tenu ^ Niew^York ; le gouverneur du Massacliusêlls le premier eut cette idée, d'engager les o^nîes à

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formev une alliance contre les Indiens , pour protégTôT leur frontière.

II fut déterminé à ce congrès qu'on tenterait la con- (juéte du Canada ; qu'à cet effets une attaque sur Montréal serait dirigée par le lac Ghamplain^ tandis qu'une expédition par mer devait s'effectuer contre Québec. En 1690, on attaqua le Port-Royal, qui, mal défendu, fut facilement pris; l'établissement de Chabouctou, aujourd'hui Halifax, fut également enlevé et établi par des flibustiers. Mais l'attaque par terre contre Montréal n'eut pas le môme succès; celle contre Québec ne fut pas plus heureuse. La flotte combinée de Boston et de l'Angleterre était forte de trente-deux voiles, et portait deux mille hommes recrutés dans la Nouvelle-Angleterre ; Boston avait envoyé en outre, par terre, une armée que guidaient et soutenaient les Iroquois. Ces forces étaient arrivées en vue de Québec, lorsque les Indiens, par un retour à leur politique intermittante entre les deux nations rivales, renoncèrent tout à coup à seconder les vues des Anglo- Américains. La retraite des Iroquois détermina celle des milices de Boston, et Québec échappa ainsi encore une fois à la convoitise des Américains.

Eq 1691, un seul b&timent de guerre français réussit à reprendre Port-Royal. On fonda le poste de Nekoat sut la rivière Saint-Jean , et le gouvernement français projeta de reprendre la possession de Terre-Neuve , en envoyant, à cet effet, des vaisseaux et de nouveaux ^Qrts aux postes de l'Acadie.

BIq 1696 ^ les Anglais tentèrent d'enlever le poste

de la rivière Saint-Jean ; mais ils furent reponssés avec perte.

Cette année fut également heureuse pour la domination française dans le Canada. M. Louis de Buade, comte de Frontenac, alors gouverneur général de la Nouvelle-France, entreprit, dans le mois de juillet, une expédition contre la nation iroquoise, et parvint à la réduire à une complète soumission. Enfin la paix de Riswick, signée en 1697, fit cesser les calamités de l'Europe et les hostilités en Amérique.

Ainsi, à la fin du dix-septième siècle, la France avait droit de propriété incontestable non-seulement sur la Nouvelle-France, l'Acadie, la baie d'Hudson et Terre- Neuve, mais aussi sur la moitié du Maine, de Yermont, de New- York, à toute la vallée du Mississipi et au Texas, jusqu'au Rio del Norte, par suite des découvertes de la Salle. Après la paix de Riswick, elle retint toute la baie de l'Hudson et tous les points qu'elle possédait au commencement de la guerre, c'est-à-dire qu'à l'exception de la moitié orientale de Terre-Neuve, la France conservait encore la moitié de toute la côte depuis le Maine jusqu'à Labrador, la baie d'Hudson, le Canada et toute la vallée du Mississipi.

Sur la côte, l'Angleterre réclamait jusqu'à la rivière Sainte-Croix et étendait sa suprématie jusqu'au cap des Florides. Les Français réclamaient la partie du Maine jusqu'à Kennebec.

Les limites de la province de New- York étaient plus difficiles à établir : les Français réclamaient toute la

partie occidentale du territoire appartenant aux IroqiLois, qu'ils avaient conquis.

En résumé , la France était parvenue à étendre la prépondérance de ses armes sur les trois quarts du continent américain, c'est-à-dire sur un territoire de plus de quatre cent cinquante millions d'hectares, communiquant directement par le Saint-Laurent avec rÀ.tlantique, par le Mississipi avec le golfe du Mexique, et s'étendant de la chaîne des Apalaches ou Âlléghanys à l'est, jusqu'aux bords de l'océan Pacifique à l'ouest.

L'Angleterre occupait l'autre quart, environ quatrevingt-onze millions d'hectares, compris entre la principale chaîne des Âlléghanys et le littoral de l'Atlantique, et s'étendant sur l'Océan du Maine aux Florides. Le territoire des Florides, compris dans cette dernière évaluation, était cependant occupé par l'Espagne, mais sa population exerçait une faible influence.

La domination de la France reposait sur Toccupation de» quelques postes disséminés sur cet immense territoire, et sur une population d'environ douze mille habitants. Celle de l'Angleterre était solidement assise sur un territoire trois fois moins étendu , mais où la population était vingt fois plus forte.

Enfin le principe de la monarchie absolue était ainsi

Parvenu à fonder, dans le cours d'un siècle, par l'in-

Ûuence de l'armée et du clergé, une colonie de douze

lï^ille habitants, lorsque le principe démocratique avait

^i*éé dans le même temps, par la toute-puissance de

^OQ influence morale, douze colonies distinctes, ayant

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um population totale de diu^ cent cinquante mille habitants^ et unies par la même tendance 90çiale et le même but de conquête.

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