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pièces de canon. Ce poste ^ qui servait d'espèce de dépôt, contenait, en outre, une grande quantité de munitions de toutes espèces. Après quelques jours de vive résistance, il fut enlevé par trois mille Français. Dans la même année, des partis de Français, soutenus d'Indiens, font diverses attaques sur les limites Aeê provinces de Pensylvanie, de Virginie et de Caroline, dans lesquelles ils mettent sept cents hommes hors de combat.
Cependant les Anglo-Américains pressaient de plus en plus les établissements français de FOuest ; déjà ils avaient établi un fort à l'embouchure du Cumberland d'où ils menaçaient continuellement les possessions françaises : ce n^élait même que très-difficilement qu'on parvenait à ravitailler le fort Duquesne, où se trouvait une garnison de onze cents hommes sous les ordres de M. de Lignerée.
Sur les lacs, les Anglo-Américains avaient également créé de fortes positions d'où ils coupaient toute communication entre le Saint- Laurent et les établisse*ments de l'Ouest. Le fort Georges était un de ces points ; il occupait une position importante sur le lac Champlain, ligne directe de communication par l'Hudson avec le Saint-Laurent. Il était donc urgent de déloger les Américains de cette position pour conserver des relations avec les pays de l'Ouest et préserver la capitale du Canada.
En 1757, cinq mille cinq cents hommes, soutenus par dix-huit cents Indiens, attaquèrent ce poste, défendu par deux mille deux cent soixante -quatre
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Anglo-Américains ; en peu de jours il fut forcé de capituler. Sur ces ruines, les Français élevèrent à la hâte une redoute qui prit le nom de Cariltan; les Américains, appréciant la force de cette position pour leur projet d'attaque sur Montréal, résolurent de la reprendre, et firent, à cet effet, des efforts prodigieux. U redoute Carillan était inachevée lorsqu'ils l'attaquèrent ; mais on avait jeté sur son front d'attaque des î^batis qui ne laissaient pas que de rendre son approche assez redoutable.
Lé 8 juillet 1758, les Anglo-Américains, qui avaient ï*éuni leurs forces au fort Edouard, se présentèrent en ^"e de la redoute, au nombre de six mille trois cents Sommes de troupes réglées, et treize mille hommes "^ milice fournis par les colonies; ils se ruèrent sur ^t épaulement avec une rare intrépidité et sans se 'hisser intimider par les obstacles, et donnèrent l'as- *^>ït pendant quatre heures! Ils y perdirent plus ^^ quatre mille hommes , et furent enfin obligés ^^ battre en retraite devant ces remparts improvi- ^^s, mais défendus par trois mille cinq cents Français.
Ces brillants exploits étaient, en quelque façoti^ *^^ derniers qui devaient couronner les courageux ^Efforts de nos braves troupes en Canada. L'Anglel^inre avait envoyé des forces considérables pour hâter ^^ dénoûment de l'établissement définitif de son pouvoir en Amérique; le 2 juin 1758, une flotte, composée de vingt-trois vaisseaux de ligne et de dix-huit ^^^tes^ qui portait seize mille hommes sous les
ordres du général Wolf^ jeta l'ancre dans la baie de GabaruSy à une demi-lieue de Louisbourg.
Louisbourg avait alors une garnison de deux mille huit cents hommes pour défendre des fortifications construites en mauvaise maçonnerie ; les revêtements des différentes courtines étaient entièrement écroulés : il n'y avait alors qu'une seule casemate et un petit magasin à l'abri de la bombe.
Malgré tous ces désavantages^ les assiégés firent la plus opiniâtre résistance que dirigeaient des chefs habiles, à la tête desquels le gouverneur de Drucourt et son héroïque femme se disputaient à l'envi le devoir sacré de défendre Fhonneur de leur patrie.
Enfin, après avoir entièrement épuisé toutes les ressources, la ville fit une honorable capitulation qui valut aux défenseurs intrépides Testime de leurs vainqueurs.
La prise de l'île Royale était d'une grande importance, c'était la clef du Canada, et dès l'année suivante on y porta la guerre.
Dàs la fin de juin une flotte anglaise, forte de trois cents voiles, commandée par l'amiral Saunders, parut dans les eaux du Saint-Laurent, à quelques lieues de Québec. Par une nuit obscure et un vent très-favorable, huit brûlots furent lancés, par les défenseurs de Québec, pour la réduire en cendres ; mais ils n'y réussirent pas, malgré les circonstances favorables : l'impatience de ceux qui étaient chargés de cette expédition la fit échouer.
Pendant ce temps une armée, forte de dix mille
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hODQBaes^ attaquait la pointe Lévy, vis-à-vis de Québec, s'y établissait et commençait aussitôt à bombarder la ville.
Le 13 décembre^ cinq mille Anglais débarquèrent au pied des hauteurs que commande la citadelle, et, conduits par le général Wolf, ils en commencèrent avec intrépidité l'assaut^ où périt ce brave général. Une partie de la ville fut prise, mais la citadelle resta encore au pouvoir des Français, qui firent des prodiges de valeur sous les ordres du général Montcalm. Ce chef habile émit, pour repousser Tennemi, un avis qui, malheureusement, ne fut point suivi, et perdit la vie en défendant les derniers épaulements où il s'était retranché.
Le chevalier de Lévy prit alors le commandement, reconnut la faute que Ton avait faite de ne pas avoir suivi immédiatement l'avis du brave Montcalm; mais il était trop tard; et le 17, la ville capitulait. Québec contenait alors dix mille habitants.
La prise de la capitale du Canada fut le signal de défaites sur d'autres points : le fort de Niagara fut prts par les Anglo- Américains, et le fort de Frontenac remis au colonel anglais Bradstreet, par son comïûandant, M. de Noyan : le fort Duquesne tomba au pouvoir des Anglo-Américains dans le cours de la même année.
Cependant le sentiment d'honneur et de courage,
SI tenace, si durable chez nous, cherchait encore à se
f^re jour au milieu d'un petit corps de troupes régu-
"ères et de colons canadiens résolus à reprendre
Québec, siège du gouvernement de leur province. Le 20 avril 4760, ils descendent, sur les glaces, le Saint- Laurent et arrivent à une très-petite distance de la ville sans que les Anglais en soient instruits; cependant un accident fortuit leur révèle le secret de ces Spartiates : un des leurs est tombé à Teau, et est emporté sur les rives de Québec par le glaçon sur lequel il était réfugié ; l'alarme se répand aussitôt parmi la garnison : on est prôt pour la résistance. Les Français ne comptaient sur un succès que par suite d'une surprise, ils ne renoncèrent pas néanmoins à leur projet, espérant qu'il leur viendra du secours; mais le 16 mai ils furent obligés de lever le siège.
Pendant ce temps trois armées marchaient à la ren- <5ontre de ces héroïques débris : l'une descendait le Saint- Laurent, l'autre l'avait remonté, la troisième était arrivée par le lac Champlain ; ils furent obligés de capituler en leur nom, et ce fut aussi pour la colonie entière !
Ainsi fut résolue la question de délimitation entre les possessions anglaises et françaises d'Amérique, par la conquête de tout le pays que sanctionna le traité de paix de Paris 1763.
La France perdit alors tout le Canada, avec ce Louisbourg qui avait coûté tant d'argent et de soins pour être si souvent la proie des Anglais ; toutes les terres à l'est du Mississipi leur furent concédées.
Dans le cours de cette funeste guerre, la France perdit la plus florissante jeunesse, plus de la moitié
de l'argent comptant qui circulait dans le royaume, sa marine, son commerce, son crédit.
Jusque avant 1750, les dépenses annuelles du gouvernement pour le Canada n'avaient jamais dépassé 1,700,000 francs. Lors de la paix, elles s'élevaient à 80,000,000 par an! Tel avait été le résultat d'une prévarication habituelle dans les agents tout-puissants du gouvernement dans ce- pays et qui n'avaient que leur intérêt particulier en vue : les habitants n'étaient que des espèces de troupeaux exploités par quelques individus dont l'avarice était aussi grande que Fignorance et la turpitude. On s'aperçut trop tard de cet état de choses dû à la négligence, à Tapathie du gouvernement de France, et surtout au système suivi pour administrer et coloniser ce pays.