CHAPITRE XV
GOtONIfSS ANGLO-iMEBiCiINBS. — ETATS-UNIS. — UNlOIf.
SiHMfioo des eokmieff américaines à la paix de Paris ; occupation du territoire
àk nord-ouest. •— Sevrenir du passage des Français dans ces contrées. «-
Visite du général Lefebyre-Desnoueltes à Sainte-Geneviève. — Déclaration
d'indépendaBce des États-Unis. — Guerre de la révolution; constitution
fédétate. -^ Reconaaissanœ de rindépendancc des États-Unis par TAd-
gleterre* — Paix générale. — Faiblesse du gouvernement général dans l'or-
^nitation de la première constitution fédérale. — Adoption d'une nouvelle
oonstitiition et créatioade Y Union, — Tue rétrospective sur l'ensemble de
l'eiposé historique des colonies anglaises. -• Le principe d'indépendance
aussi ancien que les colonies. — Nouvelle Histoire des États-Unis par
Georges Barkroft. — Histoire de la révolution par Jared Sparks. — Le
P*^^pe de rUnioB» très^ancien, tire sa force de la variété des éléments qui
^ composent. — Grand exemple offert par la démocratie américaine.
A l'issue de la guerre avec la France, en 1760^ ^'Angleterre occupait seule et presque sans opposition *^^t le territoire de TAmérique septentrionale, à l'ex- ^ption cependant du territoire des Florides , encore ^^ pouvoir des Espagnols, et de celui de la Louisiane, '^fiervé à la France par le traité de paix de Paris, mais ^éjà cédé néanmoins à l'Espagne par un traité secret *u 3 novembre 1762.
Wr le traité de 1763, la France céda en propriété, ^ V\ngleterre, tout le pays qu'elle occupait ou qu'elle ^^amait mt k rive gauche du Mis6ÎsBi{tt ; de cette
manière^ les colonies américaines arrivaient jusque sur les bords du fleuve , et se. trouvaient consolidées dans leur existence politique.
Ainsi la première période de Foccupation des pays de Fouest et des bords des lacs par les Français venait de se terminer ; une seconde commençait : celle de la domination anglaise.
La première avait duré presque un siècle , depuis la découverte de ces contrées par les missionnaires et le brave la Salle ; et cependant les Français n'avaient rien établi , rien créé ; arrivés comme voyageurs et comme chasseurs , ils avaient mené la vie de voyageurs et de chasseurs ; ils s'étaient plus rapprochés de la vie de l'Indien que l'Indien ne s'était rapproché de leurs mœurs. Aussi que reste-t-il aujourd'hui du passage de nos compatriotes sur ces contrées , sans contredit la plus belle portion du continent américain? Quelques ruines de fortifications ; à peine un souvenir! Çà et là, et à une très-grande distance, une famille française , souvent même de sang mêlé avec les Indiens, cultivait sans soins et sans avenir un petit carré de terre , où quelques arbres fruitiers de la France rappelaient la patrie.
Mais aussi hâtons-nous d'ajouter qu'autant nos mal-« heureux compatriotes se sont montrés peu soucieux de leurs intérêts sur le sol américain, autant est grand et vivace chez eux le souvenir de la patrie, l'amour de sa gloire, de son honneur, le dévouement à tout ce qui est français.
Entrez dans l'habitation d'un Français des lUinoig,
du Michigan et du Missouri ; qu'à l'accent de votre voix il reconnaisse que vous êtes du vieux pays , de la chère France , et cet homme , qui tout h l'heure était comme engourdi, sans passion, indolent, devient aussi empressé, aussi jaloux de vous témoigner sa joie, qu'il avait été d'abord lent à vous accoster ; il semble s'animer d'une nouvelle vie, qu'il emprunte à des souvenirs tradition; son grand -père était Français, vous ira-t-il, avec cette expansion , cet accent qui disent "tant ! Je suis Français 1 et son œil se remplira de lar- ^nies... Il pense à la patrie de ses pères, et en vous 'vcyant , il se rappelle la gloire de la France.
Je voyageais dans ces contrées en 1817, en compa- ^ïiie du brave général Lefebvre-Desnouettes , le che- "VsJier sans peur et sans reproche de l'empire; nous ^^ons traversé les États de l'ouest, TOhio , l'Indiana, 1^ Illinois , et nous arrivions de Kaskaskia à Sainte- Oeneviève sur le Mississipi, dans l'État de Missouri. ^Q vieux Canadien, aidé de deux Indiens, nous avait liasse sur le bac qui unit ces deux bourgades , situées ^iir des rives opposées. Dans le trajet , nous avions ï^rlé du pays que nous visitions et de la France que ^ous avions laissée après ses jours de deuil ; plusieurs ^ois le nom du général, son titre avaient été mentionnés dans le cours de la conversation ; le vieux patron ^u bac avait tout entendu, tout compris ; il voyait un débris vivant de ces glorieuses phalanges dont les l^uts faits étaient parvenus j usque sur les bords du Missouri, et avaient excité l'admiration même de ïhomme rouge : son enthousiasme était au comble.
Sainte-Geneviève ne se trouve pas directement sur les bords du fleuve; les prudents habitants de cette bourgade l'ont établie un peu à l'intérieur^ pour se mettre à l'abri des irruptions du Mississipi , qui^ à chacune de ses crues^ emporte très-souvent une large partie de ses rives. Il nous £allut donc quelques minutes pour nous y rendre ; mais déjà notre arrivée élait connue : un de nos Indiens en avait transmis la nouvelle aux habitants, qui arrivaient en masse à notre rencontre, pour féliciter le général. Us s'emparèrent de sa personne , le touchèrent comme l'homme des miracles; il avait vu, parlé à l'empereur; ils croyaient voir, parler à Napoléon : patrie, honneur, Napoléon, tous ces sentiments étaient confondus dans la vue d'un illustre Français. Enfin , obligés de descendre de nos chevaux pour satisfaire les généreux élans de ces vieut Canadiens , nous arrivâmes en ville lorsqu'on tirait le canon pour saluer la venue d'un des généraux de Napoléon.
Je m'étais bien promis de n'intercaler dans ce ^^ cis historique aucune narration ayant trait à mes sentiments personnels ou à mes souvenirs ; mais je n'ai pu cependant résister à doaaer place à œlle-^ : c'est une fleur bien légère jetée sur de bien grande souvenirs I
Cependant la lutte, qui dé^k avait commencé eutate l'An^eterr^ et ses colonies à la fin du dix-septième siècle, avait continué pendant tout le dix-huitième^ eft n'avait ce^sé en apparence que devant le but commun à la mère pab*ie et à ses ooJkNdieSy de défendre leurs
DE LA FOISSÂNCE AMÉfllCAINE. tdT
frontières cx>ntre les Indiens^ et de déposséder une nation rivale dont le voisinage et l'influence gênaient ; inais évidemment TAngleterre perdait de plus en plus ses drcHts à la fidélité des colonies américaines, et le grand jour où natt pour les peuples le devoir sacré de se protéger eux-mêmes par la force approchait : la main divine l'avait marqué. Après avoir souffert des (Mitiages de tous genres j dans leurs droits les plus é&t% , dans leur liberté individuelle , dans leur propriété, les colonies américaines résolurent de secouer le joug en recourant aux armes.
Une assemblée législative, composée de députés des treiae colonies, se réunit, en 1776, pour aviser aux iMyeas de résister à l'ennemi commun. Le besoin d'une coopération générale se fit sentir avec force dès rouverture de la session ; chiM^n de ses membres contrit la nécessité de déférer à un pouvoir fédéral la force , le droit d'agir au nom de tous. Heureusement pour le grand objet qu'on se proposait , cette première ^^ssemUée législative était remarquable par le nombre d'hommes de talents rompus aux a£Ëaires, ayant des <^nnaissances législatives , et surtout un dévouement ^1^ et désintéressé.
L'assemblée de ces députés adopta, le 1 1 juin 1776, dfis résolutions ayant pour but rorganisatton de co- "^^ chargés de rédiger la déclaration de l'indépendaace et de présenter un projet de constitution gou- ^^aenentsde, et le 2 juillet, l'acte de déclaration (4)
(^) Voir, au boIm à la fia de oe minmr, -ie Éeiée de cet êsH»»
d'indépendance fut soumis, discuté et adopté. Le 3 fiit un jour d'abstinence et de prières, et le 4 juillet, la grande résolution fut promulguée officiellement. C'est ainsi que les républiques des Ëtats-Unis se préparé* rent à résister aux actes oppressifs de la mère patrie, en faisant précéder ce premier acte de nationalité par une manifestation religieuse.
Quant à la forme constitutive du gouvernement proposé , elle ne fut soumise à ce congrès par son comité que le 12 juillet, et adoptée par l'assemblée qu€^ le 7 novembre 1777, seize mois plus tard ; mais elle ne fut définitivement approuvée par la législature d^s États qu'en mars 1781 (1).
Trois ou quatre ans s'écoulèrent ainsi à discuter l'importante question de savoir combien de leurs droits et pouvoirs respectifs chaque Ëtat devrait abandonner au gouvernement fédéral pour lui donner les moyens d'agir pour la défense commune.
Cependant, durant tout ce temps , la guerre , avec ses charges et ses alternatives de revers et de succès, continuait ; un traité d'alliance et de commerce avait été conclu , il est vrai , entre la France et les Ëtats- Unis, en 1778; l'intervention et le secours efficaces de cette puissante alliée avaient été ainsi acquis à la cause de la liberté dans le nouveau monde. Enfin, le 18 octobre 1781 yit York-Totvn capituler, et lord Cornwallis, avec les forces anglaises, se rendre aux armées combinées d'Amérique et de France. Jour à jamais
{\) Voir, aui notes à Ift fin de ce volanie, facte de Goofédf^ration.
glorieux et mémorable , qui termina si avantageusement pour les Américains la guerre de l'indépendance 1
En 4782, l'indépendance dès États-Unis fut reconflue par l'Angleterre , et en 1783 , un traité définitif de paix fut conclu entre la France, l'Angleterre et les États-Unis. Par ce traité, la navigation du Mississipi devait être libre depuis sa source jusqu'à l'Océan pour les bâtiments des trois puissances.
Au retour de la paix, le pays se trouva dans une situation financière désastreuse; lorsqu'il se lança dans cette lutte armée qui venait de se terminer après sept ans, les colonies étaient mal préparées pour en soutenir le lourd fardeau ; le pays fut donc jeté dans une misère complète, son commerce était anéanti.
La dette nationale s'élevait à 210,000,000 de fr., portant un intérêt annuel de 12,000,000, pour lequel *1 n'existait aucunes ressources ; le congrès eut donc ^ s'occuper de pourvoir à cet objet.
D'après la première (;onstitution , adoptée par les
^^lonies, chaque État s'était réservé le droit de régler
^ou commerce avec l'Angleterre. La situation des
^^oses ne permit d'adopter aucune mesure qui pût
fournir au gouvernement fédéral les moyens de payer
^^ dette nationale et de subvenir à ses besoins.
De cette époque, la constitution fédérale montra
^Tite la faiblesse de son ressort ; tant qu'avait duré
^e danger commun, qui avait tenu les États réunis, le
principe de la fédération prévalut ; mais aussitôt après
'^ paix, lorsque la même cause n'exista plus, l'action I. u
±iO DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE.
fédérative du gouvernement général se trouva trop faible en présence des exigences et de l'influence des États particuliers. C'est alors que le congrès , ayant la conscience de sa propre faiblesse, déclara lui-même officiellement, le 21 février 1787, son impuissance h régler les intérêts de la confédération avec les pouvoirs accordés, et en appela au peuple, source de ses pouvoirs.
Alors une commission, composée de vingt -cinq membres, dont faisaient partie Washington, Madison, Hamilton, Jefferson, les deux Morris, etc., se chargea de rédiger la constitution américaine (1), qui règle encore, de nos jours, Y Union: elle fut soumise à l'approbation et à l'adoption du peuple pendant deux ans, temps durant lequel le pays se gouverna sans législation.
Par cette constitution, les États abandonnèrent au' gouvernement central le droit de veiller aux intérêts • généraux de la confédération, de pourvoir à ses besoins et à ses ressources, en imposant et levant des taxes et des droits sur les importations et les exportations, de régler les rapports commerciaux avec les puissances étrangères et entre les divers États de la confédération ain^i qu'avec les nations indiennes.
Le nouveau gouvernement fédéral entra en fonction en ^789, époque d'où date la troisième période d l'histoire américaine, celle de l'Union, dont l'actio unitaire et le principe ont été mis complètement ( ' pratique depuis lors.
r (0 Voir» aoi notes à la fin de ce livre, le texte de cette coostitotion.
DE LA PUISSANCE AMÉRICAIfVE. tM
A cette époque, la population blanche d^ treize États s'élevait à trois millions deux cent trente et «m mille neuf cent traite, et celle des escla'ves à six cent qnatre-TÎngt-dix-sept mille huit cent quatre-vingt-dixsept^ population entière : trois millions neuf cent vingtneuf mille hiiit cent vingt-sept habitants. Sans doute les deux premières périodes de Thistoire ^ américaine sont d*un grand intérêt, puisqu'elles nous retracent la lente , mais progressive opération d'une société se constituant, depuis son point de départ jusquli son âge viril, et passant, par conséquent, par les péripéties des luttes inhérentes à cette situation. Mais la troisième période doit intéresser plus vivement encore l'humanité, car c'est un spectacle aussi grand q^e nouveau, et dont l'histoire ne nous retrace aucun sMécédent, que celui de l' Union américaine, composée t ^'États souverains et indépendants les uns des autres, p agissant comme une seule et grande nation, par la Puissance de sa centralisation gouvernementale.
Si nous revenons maintenant sur nos pas, sur l'en- ^^ïïible des faits principaux contenu s dans ce bref exposé '^îsiofîquede l'origine et deî'orçanisatîon première des ^îonies américaines, nous sommes frappés de l'immense différence qui existe entre le mode de colonisation adopté par les Français et les Anglais dans leurs ^onies respectives, en Amérique. Les Français ont ^nquis sur les Indiens, par des luttes prolongées et destructives, le pays sur lequel ils se sont établis; en I^énétrant dans Tintérieur, ils y furent attirés par leur k commerce de pelleterie, vécurent au milieu des In-
diens, dont ils prirent plutôt les mœurs qu'ils ne leur donnèrent les leurs.
Les Anglais, ou plutôt les Anglo-Américains^ ont avancé leurs colonies par le progrès réel de leur industrie, de leur activité, de leur travail; ils poussèrenl leurs défrichements en avant et chassèrent ainsi, devant eux, les indigènes par la force même de leur civilisation. Ensuite, dans les progrès de l'organisation politique des colonies anglaises, un fait principal, et qui ressort de leur constitution même, fixe Tattention : c'est qu'à la fin du dix-septième siècle, les colonies étaient aussi disposées à réclamer leur indépendance réelle de la mère patrie qu'à la fin du dixhuitième. Seulement elles n'étaient pas entièrement préparées, elles avaient besoin de tout le temps qui s'est écoulé, pendant cette période, pour compléter leur instruction.
En Amérique, le principe d'indépendance est donc graduellement arrivé à maturité par une série de luttes avec la mère patrie, et c'est surtout par l'effet de ces luttes légitimes, entre l'Angleterre et le nouveau système de gouvernements introduits par les émigrants de la Nouvelle-Angleterre, que ces colonies ont tourné leur éducation pratique de la démoci^atie.
Il ne pouvait entrer dans mon plan de retracer quelles ont été ces luttes ; il suffit, pour le but que je me propose, d'indiquer la période de l'histoire américaine où elles ont eu lieu, et les résultats qu'elles ont amenés, en renvoyant le lecteur aux excellents ouvrages déjà existants sur ce «sujet. Il y puisera des
enseignements dont on affaiblirait la portée en les séparant des causes et circonstances qui les ont pro« duits.
A cette occasion je signalerai un nouvel ouvrage dû à un Américain distingué de Boston, M. Georges Barïxohj et dont les premiers volumes viennent de para!lre aux États-Unis ; la faveur avec laquelle le public américain a accueilli cet ouvrage, dès son début, est une puissante garantie de l'excellence de cette nouvelle Histoire des États-Unis.
J'ajouterai encore qu'un des plus habiles écrivains publicistes américains, le célèbre éditeur, commentateur et annotateur des écrits de Washington, M. Jai;ed Sparks, prépare, dans ce moment, un important travail sur la seconde période de l'histoire des États- Unis, celle de la révolution, pendant laquelle l'esprit d'indépendance fut soutenu par la force des armes. Cet ouvrage, intéressant pour les Américains, ne le sera pas moins pour les lecteurs français à cause de la grande part qui revient à la France de cette époque pour le noble soutien qu'elle sut donner aux patriotes îUûéricains.
Un second fait, non moins saillant et non moins important, pour l'appréciation de la puissance des États- Unis, comme nation, c'est que le principe de Y Union ^ pris naissance dès l'époque la plus reculée de l'orgsuiisation politique des colonies anglaises, comme sociétés distinctes. Ainsi nous voyons, dès 1637, les ^ïolonies de la Nouvelle-Angleterre former une coafition locale pour se protéger contre les attaques des
m DE U PUiSSANCE AMÉRiaiNE.
sauvages^ plus tard, en 1690, toutes les colonies anglaises forment une alliance, un pacte, pour se secourir mutuellement ; elles s'assemblent même en oongrès à New- York, délibèrent sur les mesures à pr^ftdre, et projettent, indépendamment de la mère patrie, la conquête de la Nouvelle-France^ d'une colonie qui appartenait à une puissante nation. Certes, c'était là un acte d'indépendance et de souveraineté assez grave, qui pouvait donner, dès ce jour, la mesure du 9 caractère politique et ambitieux de la nation angloaméricaine!
Depuis lors, le principe d'Union^ réduit en pratique, a fait des progrès en silence, imperceptiblement, souvent même à l'insu des colons qui, dans leur sentiment de sincère loyauté à la couronne d^ Angleterre, ne semblaient pas apprécier toute la portée de cette idée fédérative : c'est que dans le fait, personne alors ne pouvait prévoir où tendaient toutes ces choses et les grands résultats qu'elles devaient amener.
Enfin ce principe s'est élevé à la hauteur des ciroonstances dans lesquelles se sont trouvés les Américains à la seconde époque de leur histoire, celle des luttes par la force des armes ; il en est sorti victorieux et a créé ainsi Y Union américaine qui, jusqu'ici, a prouvé au monde qu'une grande nation éclairée, ayant des principes et une croyance religieuse, peut exister en paix, et prospérer sous le gouvernement de la pure démocratie*
Mais remarquons aussi que chez les Américains le principe d'iunioû n'a point été le résultat du hasard,
m LA PUISSANCE AMÉRICAINE. 2^
qu'il n'a point été non plus la conséquence d'un plan préexistant ou d'une pensée arrêtée; il est né de la nécessité. V Union s'est rendue nécessaire par l'accroissement même des forces, des éléments qui la composent ; et la main de la Providence a su diriger la disposition de toutes ces parties si différentes, si variées; mais, néanmoins, d'une même origine, ayant la même religion, la même langue, les mêmes principes, à se rapprocher, à se confondre, dans une seule et même force , pour la protection plus efficace de . tous.
Depuis lors, la sagesse de l'homme a tout fait, tout
prévu, pour augmenter, étendre le principe d'union
^t embrasser l'immense territoire de la république
^luéricaine dans un seul et uiiique réseau d'intérêts
wdividuels, agent direct et le plus puissant de VUnion
ïui y puise et donne la vie.