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le Rlond de la Tour, brigadier au corps du génie

iagénieur en chef de la colonie, et lieutenant général

de la proviace , résidait au Nouvèau-Biloxi , dont il

atait le commandements

Le premier lieutenant du roi avait un commande*-

ment composé du quartier des Arkansas et de < des Illinois.

Le second lieutenant du roi commandait le qus j^e la Mobile et celui des Âlibamous.

Dans la Louisiane proprement dite ^ il y avait comptoirs ^ savoir :

Celui de la Nouvelle-Orléans ;

Celui du Nouveau-Biloxi ;

Et celui de la Mobile.

Voici quels étaient les émoluments du personn la colonie :

Le gouverneur général recevait 1 2,000 liv.p Le lieutenant gouverneur, 5,000

Ledirecteur chef delà compagnie, 12,000 Le chef du bureau des comptoirs, 5,900 Le garde-magasin , 1 , 500

Le capitaine commandant à la Nouvelle-Orléans, 1,800 Le cap. command. au Missouri, 1,000 Le cap. command. aux Illinois, 700 Le cap. command. au Biloxi, 700

Le siège administratif de la colonie resta au 1 jusqu'en 1723, que M. de Bienville transféra son tier général à la Nouvelle-Orléans. Le Biloxi coni alors : V une direction; 2<' des magasins ; 5"" le ment du directeur ; ^'^ un hôpital ; 5^ le logemen filles de l'hôpital de la Salpé trière ; 6^* le logeme la garnison et des forçats , qui vivaient dans la i enceinte.

Le transfert du siège de la colonie à la Nouvelle- Orléans imprima à cette ville un premier élan : on construisit quelques nouvelles maisons.

On comptait alors dans cette colonie cinq cents ancs et quatre cents noirs , occupés principalement lur des indigoteries.

Sur la rive droite, on établit trois cents Allemands,

*«ste infortuné de plusieurs mille qu'on avait arrachés

leur patrie , pour la colonisation sur le système de

w, et venus à la Louisiane sous les ordres d'un ca-

itaine suédois, d'Aremberg , vétéran de Charles XIL

Cette partie du fleuve où ils furent établis a pris le

mxom de la côte des Allemands ^ qu'elle a retenu de-

ï^iiis lors ; elle est très-riche et la mieux cultivée.

On fit de nouvelles tentatives pour occuper la baie de Saint-Bernard, au Texas ; mais le nouveau poste fut attaqué et entièrement détruit par les Indiens Camanches.

Au-dessus de la côte des Allemands, on forma une colonie de huit cents Acadiens, arrivés à la Louisiane après la paix d'Utrecht.

Les bâtiments d'Europe, en destination pour la colonie , n'entraient pas encore dans le fleuve, quoiqu'on ôûeût déjà reconnu, depuis quelque temps, les passes ; ils continuaient de se rendre directement au mouil- ^B lage de, l'île aux Vaisseaux. Par suite, le Biloxi resta \^W longtemps encore le port d'entrée de la province. ^j En ^1723, la Nouvelle- Orléans reçut des missionnaires capucins.

En 1724, la colonie de la Louisiane se composait de

ohté poster milîtàîféà, Savoir : dé laNouyélle-Orléans^ de la Balize, de Biloxi, de Ttle Dauphinô, de la Mobile, de rÂlibamous, des Natche^, des Natchîtoches , dés Yasous y dés Âckattapas , enfin des Illinois.

Les jésuites s'établirent à la Louisiane en 1726, et peu de temps après ils furent accusés et convaincus de prévarication ; ils s'occupaient , en effet , plus des biens de la terre que de ceux du ciel , beaucoup de leurs intérêts personnels , et fort peu de la conversion des indigènes et de l'éducation des colons ; enfin d'acquérit de très-gtandes richesses, en se livrant ati commerce avec les indigènes.

Un couvent de religieuses ursulines fut établi à la Nouvelle-Orléans en 1727 ; elles s'occupèrent de la création d'une école pour l'éducation de filles orphelines, et de la surveillance de l'hôpital militaire ; cette institution rendit dans ce pays, comme partout où elle s'est établie, de très-grands services.

Les jésuites , qui jusqu'alors avaient pu s'établir librement dans cette colonie, en furent bannis par uti édit royal ; ils avaient alors gagné une si grande influence sur le pays, qu'on y comptait déjà onze Missiong réparties comme il suit :

^• A la Nouvelle-Orléans , où ils avaient une église à desservir, avec quatre religieux : les pères Raphaël , Théodore, Hyacinthe et Cyrille ;

2" Au Natchez , confiée au père Philibert ; il n'y avait point d'église ;

3** Au poste de la Balize, où l'église était nouvell ment bâtie, on était obligé de dire la messe dans 1

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cuisine de la Mission; cette Mission était confiée au père Gaspard;

4* A la Mobile^ où il y avait une petite église, un presbytère j mais point d'écoles ni de chantres gagés ; le père Matthieu en était le titulaire ;

5« Au poste des Apalaches^ dirigée par le père Oritoirîen;

G" Aux Natchîtociies ; •S** A la côte des Allemands , sur le fleuve ; fi* Au poste des Tonikas ; 9* A la pointe Coupée, à vingt lieues au-dessus des To Jdikas ;

lO* Aux Chapitoulos , ou Cannes brûlées ;

-44* Au Détour des Anglais.

Xa politique anglaise , qui a constamment eu pour

t, quand elle ne peut pas travailler directement

.Us ses intérêts , d'y arriver indirectement par Tln-

*^xvention d'agents étrangers, ne renonça jamais à son

^^^oyen inique d'inquiéter les établissements français

^^ Amérique par des émissaires indiens ; dès la pre-

origine de la colonie de la Louisiane, le gouver-

mr anglais de la Caroline du Sud avait recherché

^^ne alliance avec une nation indienne redoutable et

belliqueuse, qui s'étendait des eaux du Mississipi à

^'^elles de la Mobile, jusque sur les bords du golfe. Au

X^oyen de son or et de ses marchandises, il s'était

^endu la nation chicactas favorable, et l'avait fait

entrer dans ses vues, dans ses projets contre.

\a colonie française du Mississipi. Il la poussa à en-

ratner une nation amie des Français, les Natchez,

tribu de mœurs douces et paisibles, à se révolte^ contre leurs alliés , sur le motif peu fondé que les Français voulaient s'emparer des terres des Natchez et chasser ces Indiens de leur pays. Ce thème réussit parmi les Natchez ; il parut fondé à leurs chefs ^ qui voyaient avee peine les fermes des Français occuper successivement tous les terrains qu'ils avaient depuis des siècles considérés comme leurs champs.

Le fort Rosalie , qu'occupaient les Français , était situé au-dessus de la rivière Yasous, immédiatement au-dessus de la rivière Blanche ; il n'était séparé du village des Natchez que par un petit ruisseau ; quelques habitations éparses , où l'on cultivait du tabac et du coton y se trouvaient dans le voisinage et sous la protection de ce poste.

Les Natchez eurent recours à un stratagème insi* dieux pour se rendre maîtres des armes des Français et pouvoir les détruire sans crainte : ils prétextent une grande chasse, et se présentent quatre à la fois à la porte de chaque habitation française, pour emprunter leurs armes ; dès huit heures du matin , le chef des Natchez , accompagné de quelques-uns de ses guerriers , se rendit au logement du commandant du poste , le capitaine Ghopart , lui offrit des volailles à acheter, et les fit lâcher dans la maison de cet officier ; celui-ci voulut les chasser de son appartement pour s'en débarrasser, et comme il se baissait pour en saisir quelques-unes et les faire sortir ainsi^ ce chef *donna à ses gens le signal de faire feu : l'exécution suivit aussitôt, et l'officier commandant tomba sous

les coups de ces barbares. Ce premier meurtre devint le signal d'un massacre général des malheureux habitants, qui dura jusqu'à près de quatre heures du soir. Les Indiens emportèrent à leur camp toutes les têtes des Français, et se partagèrent toutes leurs dépouilles et tous leurs effets ; quelques enfants seulement furent épargnés et gardés dans la nation , ainsi que quelques femmes comme esclaves. Plus de deux cents personnes perdirent la vie dans ce terrible massacre, qui eut lieu le 28 novembre 1729.

La nouvelle de cette affreuse insurrection des Indiens Natchez et de ses désastreux résultats produisit une grande consternation parmi les habitants de la Nouvelle-Orléans ; on fît marcher immédiatement des forces sur ce poste, et le 28 janvier 1730, ce parti, sous les ordres du sieur des Chartes, tomba à l'impro\iste sur le camp des Natchez et en tira une cruelle vengeance : cette tribu fut presque entièrement dé- ^^ite par ce coup de main, et ce qui échappa se réfugia chez la nation chikactas, qui les avait si inconsidérément poussés à cette révolte.

Après avoir joui de son privilège pendant quatorze ^ûs , la compagnie des Indes occidentales, trouvant que l^s dépenses qu'entraînait la défense de cette colonie ^ntre les agressions de ses ennemis étaient plus glandes que les revenus qu'elle en tirait, sollicita, en juillet 1731 , de se démettre de son administration. Cette rétrocession du gouvernement et de la régie de W province de la Louisiane, y compris le pays des Illinois, eut lieu le 4*" juillet; et par une ordonnance

royale de la même date, la colonie fat dé libre pour tous les Français qui voudraient yei

établir*

On doit reconnaître que la compagnie des In faire à la colonisation, pendant la durée de sa des progrès réeU ; les établissements avaient p la stabilité et du développement ; la culture du du tabac, de l'indigo, du ris et du maïs y avait < troduite avec succès; enfin la colonie comptait plus de deux mille esclaves occupés sur les p tions.

DE Li PUISSANCfi AMÉRICAINE. U$

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