‹ De la puissance américaineChapitre 58 sur 135 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

COLONIB BSPiGFlOLB ; ~ LOUISIÀNB, PLORIDB.

"^•HiYertedc la Floride, — son établissement. — Fondation de Sainte-AngQttine. — Baie de Saint-Joseph. — Saint-Mark. — Pensacola. — Gondnite ^s Espagnols à l'égard des indigènes. — Occupation de la Floride occi- ^tale par les Anglais. — La Louisiane est cédée à l'Espagne. — Les An- Rltia chassés de leurs postes daas la Floride occidentale. — Situation de la ^Ooie à cette époqae. — Forme do gouvernoment et de l'administration. "" Nouveau traité de délimitation entre les États-Unis et les Espagnols. — ^ Américains obtiennent la libre navigation du fleuve et le droit d'entref^^^ser à la NouvelleOr:éans. — Difficultés qui s'élè?eat au sujet de l'exécu- ^OQ de ce traité. — La Louisiane est rétrocédée à la France, — et vendue ^^qae temps après par la république française aux États-Unis. — Importance de cette acquisition pour les Américains. — - L'Espagne conserve ^QC(^e quelques années la possession de la Floride orientale. — Cession ^^Qitive de toute la Flpride aux États-Unis. — Avantages politiques qui en '^^tent pour l'union américaine.

La découverte de la Floride par les Espagnols refonte à 1512, ainsi que nous l'avons constaté au chapitre I'' de ce livre ; elle est, par conséquent, anté- ^^ure à celle d'aucun autre point du continent : son, établissement a également précédé celui des colonies ^lûéricaines du Nord.

Suivant les mémoires du temps, il paraîtrait que cette contrée, lors de l'arrivée des Européens, était

aussi peuplée que le Pérou ou le Mexique; elle

alors jugée très-favorable à la colonisa tio» par les JtL— ^(

ropéens : la terre élait parsemée de fleurs, et le <3^^'

mat était admirable. Ces avantages sont réels, ^^'^

n'ont pas changé : aucune partie du territoire d ^^^

États-Unis n'offre les mêmes circonstances favoraW^^^^^

à l'homme ; mais le sol n'est pas à beaucoup près aus. ^^

généreux que semblerait l'indiquer la spontanéité

ces fleurs si séduisantes aux yeux, dont la végétation

et l'épanouissement sont plutôt dus à l'heureuse te

pérature d'un climat uniformément chaud qu'à 1

vigueur d'un sol composé en grande mesure de sabl

Mais les avantages réels que la Floride pouvait pré

senter aux Espagnols n'étaient pas ce qui les. avar

conduits à en faire la découverte ; et comme leur so

insatiable de l'or et l'espérance de trouver des trésow

enfouis dans le sein de la terre, ou des fontaines qi^

leur donnassent une jeunesse éternelle, étaient d^ J

çues, ils se bornèrent à établir militairement quelque -^

points sur le littoral d'où, ils pouvaient facilemec ^

entretenir des rapports avec les indigènes de l'inl

rieur et avec leur principal comptoir sur le golfe,

port de la Havane.

C'est ainsi qu'ils fondèrent dès 1565 Sainte- Augu tine sur les bords de l'Atlantique, Saint-Joseph Saint-Mark sur le golfe, et en 1696 Pensacola, égaL^'' ment sur le golfe. Aucun de ces postes ne prit grand développement ; leur existence reposait enti rement sur les besoins et les dépenses des garniso: ou des agents du gouvernement dont ils se comp

saient en grande partie. Sainte-Augustine, qui parait avoir élé le plus considérable^ n'a jamais eu dans aucun temps plus de quinze cents à dix-huit cents ha* bitantSy malgré son admirable situation au milieu de plantations d'orangers, au fond d'une charmante baie à proximité d'une rivière fécondante, la Saint-Jean^ et sous un climat des plus tempérés et des plus salubres. Cette petite ville a été en effet, en raison de ces avantages, le lieu de rendez-vous et de refuge de tous les étrangers ou des colons des Antilles que les ncialadies forçaient à aller rétablir sous un ciel plus favorable leur santé délabrée, mais jamais une ville de commerce et d'industrie. Néanmoins son impor- ^nce comme chef-lieu de la colonie espagnole et sa proximité des établissements anglo - américains la ï'endirent fréquemment un objet de convoitise pour ^es derniers, qui, à plusieurs époques, l'ont attaquée, S5ins cependant pouvoir s'en rendre maîtres.

La baie de Saint-Joseph sur le golfe avait été de ï>€nne heure remarquée par les navigateurs espagnols, français et anglais, à cause de l'excellence de son Mouillage, de la bonté de son port où peuvent entrer les navires tirant dix-huit pieds d'eau, enfin à cause de sa proximité des Antilles. On y avait créé quelques établissements passagers, mais jamais permanents. En t708, les Français cherchèrent à s'y fixer, mais Tabanfionnèrent presque aussitôt. Les Américains seuls devaient donner à ce point une existence commerciale et politique que lui assurait du reste son assiette ; leur esprit actif et pénétrant leur a permis de juger l'ave- I. 48

nir qui était réservé à cette admirable position qui est devenue aujourd'hui un port de la Géorgie sur le gdi&« {Voir chap. II, p. 24.)

Saint-Majfk a été établi par les Espagnols d'une nuh uière plus permanente ; ils y élevèrent un fort où se rendaient les Indiens de l'intérieur pour échanger leurs pelleteries contre certaines commodités dont ils avaient besoin ; c'est encore aujourd'hui un port de la Floride qui sert de débouché à Talahassé, sa capitale^ mais auquel la supériorité et la proximité, de Saint-Joseph enlèvent tous ses avantages.

Pensacola a été, après Sainte^Âugustine, le ppii^ipal port des Espagnols dans la Floride quant à la po^^ pulation^ mais le premier pat la bonté et l'étendue de sa rade où des frégates peuvent entrer. Après la Har vane c'est le premier port sur le golfe du Mexique. Dès 1 55^^ il était connu de Soto et de ses compagnons sous le nom de Anchoèi; en 1693, les Espagnols lui donnèrent le nom de Saintes-Marie^ et en 1696 Sainte- Marie de Galvez.

En 1700, Pensacola n'avait encore que deux cent« habitants, y compris la garnison, qui pour vivre^ dépendaient entièrement de la Havane, d'où ils tir^ent leurs provisions. Cette situation, du reste, n'a point varié à aucune. époque; jamais les habitants de cette ville n'ont eu assez d'industrie pour subvenir môme à leurs propres besoins.

Au résumé, la Floride a été établie par les Espagnols sous l'influence du fanatisme religieux qui po7«.

tait alors les xoissionnAires catholiques à faire des pr<h

DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE. 2lf^

j^séljtm. parmi 1^ noiahreusea nations indigèMS du ouveau monde. Mais il faut reconiiattce 4u mèam mpft que les. Espagnols oui tou|ours traÂté Im ûtuliènei» avec plus de loyauté,, plus d'égards^ de doucmur ti de: îusiâce qu'aucune autre nation européeuBe. 'abord ils avaient pour principe de ne jdiaaôâ arttcor a Ij^yi^ïis; eo^uite ils> s'oceupaient activaient de. les

^^«^«WY^rlttr au ebristianisme ; eni&a, ik s'assooÎMmt plébemi&Rt à ces peuple paj? le maviage.

Les missionnaires cordeliers ont été les principaux gents des Espagnols chez les nations indigènes au ^anilieu desquelles ils pénétrèrent; ils s'avancèrent Tliardiment chez les Appalaches également nommés Apa- ^teSj Appelatche et PatassL Ces Indiens, les montar ^nards de l'Amérique du Nord, vivaient dans les.ccur- ^ilières des Alleghanysy qui furent indistinctement connues sous le nom de ces tribus, et ont retenu, depuis, le nom caractéristique de montagnes des Appedaiches. Les missionnaires convertirent un si grand nombre de ces Indiens à la foi catholique, que lorsqu'ils furent pourchassés par les Anglo-Américains de la Car roline, une partie vint se réfugier sous les murs de Sainte- Augustine , et d'autres autour des établissements de la Mobile, de Pensacola et -de la baie d*£/- SpiritU'Santo.

. Soofi la» dén<)mmatioa d£ Floride , lesi Espagnols JtcMlaient leurs prétentions sur wte grande povtioa du terrîtotre smoiéricaiiA et ddns laquelle âtaîent comprig^ me' partie de la Cai oliae du Sud:, la Géorgie, 1» fia-

ride actuelle, le Mississipi, l'Alabama, le Tennessee, toute la Louisiane et le Texas.

Cependant la France ayant établi le delta du Mississipi et colonisé la Louisiane, le territoire occupé par cette province en fut détaché et reconnu comme propriété française.

Sn 1760, les colonies anglaises, dont les habitants pressaient les domaines de TEspagne dans les Florides, obtinrent un règlement définitif des frontières qui devaient séparer les possessions anglo-américaines des possessions espagnoles. Ce fut à cette époque que la rivière Sainte-Marie devint la ligne de démarcation entre la Géorgie et la Floride.

Sur ces entrefaites, le gouverneur Oglethorpe, de la Géorgie, ayant pris la Havane aux Espagnols , en 1762, ce port leur fut rendu en 1763 en échange de la Floride, qui passa alors sous la domination anglaise. A cette époque, les principaux établissements étaient ceux de San Matheo, de San Augustino, de San Marcos, de San Joseph et de Pensacola. Le gouvernement britannique, voulant y attirer des planteurs, offrit. Tannée suivante (1764), cent acres de terre à tout chef de famille qui viendrait s'y établir, et cinquante à chacune des personnes qu'il amènerait avec lui, à condition qu'il payerait une redevance annuelle de 5 centimes par acre. Malgré ces avantageuses conditions, la colonie ne prit pas un accroissement rapide.

La Louisiane, cédée par un traité secret en 1762 à la couronne d'Espagne, passa définitivement sous la domination de cette puissance en 1769, ainsi que nous

l'avons dit en traitant de l'histoire coloniale de cette province française; le général O'Reilly fut chargé de [a consommation de cet acte ; il y déploya une cruauté (t un esprit de vengeance odieux. Afin de rester maître paisible de cette colonie , il en chassa les Ânglo-

Américains et les juifs, et institua un gouvernement

dlitaire qui assura à l'Espagne la suprématie de ses lois et de ses principes. Il légua son administration à Ion LuisUnzaga, qui fut remplacé lui-même, en 1780, ^j)ar don Bernard de Galvez, homme habile, entrepre-

3iant et dont Tadministration devint plus populaire

^ue celle de ses devanciers.

Le gouverneur général de Galvez forma, en 1780,

mne expédition contre les Anglo- Américains établis sur

plusieurs points de la Floride occidentale ; il marcha sur Bâton- Rouge et sur la Mobile qu'il réussit à leur enlever. La reddition de ces postes amena celle de Pensacola, et fit tomber aussi la Floride occidentale sous le pouvoir de l'Espagne. La Floride orientale resta au pouvoir des Anglais.

Après l'heureuse issue de son expédition, le général de Galvez s'occupa d'introduire un certain ordre dans l'administration de son gouvernement, et la colonie recouvra un peu de tranquillité pendant que cet habile chef resta au pouvoir.

A cette époque, les ressources militaires de la colonie se composaient d'un seul régiment d'infanterie régulière de trois bataillons, dont la force effective ne dépassait pas douze cents hommes, et qui aurait dû être au complet de deux mille deux cents hommes.

278 m LA PUISSANCE AMÉRICAINE.

On pouvait disposer d'tm bataillon de milices bothrgeobefS^ mais dont le contingent n'était point d^fter-^ miné ; d'un bataillon dit des AUemanâs âe la côte, ennfin rfHin Iiatafllon de ffens de c^utmr. Toutes ces forces poiirvaient présenter un ensemble de cinq à six mille hommes.

La Noutelle^Orléans avait dors une population de huit à dix mille habitants ; et on pouvait évaluer la popidation de la colonie à cent mille âmes.

Dans la forme administrative modifiée par le gouverneur 'Galvez, le gouverneur militaire de la colonie était en même temps président des trij)unaux de justice et de commerte.

L'intendant, ou gouverneur civil, avait sous ses ordres un cantaâor major et des officiers royaux, formant entre eux un tribunal de commerce et un^ chambre des comptes.

Le tribunal de justice était subordonné à la juridiction supT^ême de Faudience royale du Mexiqpae.

L'évêque résidait à la Nouvielle-Orlëans, et ëtaît as^é ^'un nombreux clergé réparti sur toutes les paroisses suivant les besoins de la colonie.

Le revenu public était assis sur les^prodtrifts des douanes; les droits prélevés étaient de 6 p. tOO sur les marchandises exportées et sur les importations dTspagne, et de 15 p. 100 sur celles venant de Tétranger.

La 'douane occupait un très-grand uiombre d'ageMs, 4et il B^'en fafUoit de beaucoup que les produits des dooaDDes couvrissent les frais de l'administratioR de

la colonie ; k déficit était communément évalué à priés de 490,000 plâtres (750,000 francs environ).

Cette colonie, il est vrai, n'était alors estimée que pour la valeur de ses peaux, qu'on pensait pouvoir îivaKser, dans les marchés d'Europe, avec celles de Buenos-Ayres.

Le Rio-Bravo formait, suivant les Espagnols, la lil^e de délimitation entre la province de la Louisiane «t celle du Texas.

En 1783, à la paix générale, la Floride orientale fut rendue à l'Espagne, qui, dès lors, se trouva de nouveafii oocup^er les deux Florides, orientale et occidentafle, aiinsi que la Louisiane.

En 1795, les Américains conclurent un traité avec te gouvernement d'Espagne, et obtinrent une nouvelle 4â^itatîon de leur frontière avec les Florides : 4ims les établissements espagnols au sud du 31^ degré de latitude furent évacués et passèrent au pouvoir des États-Unis, et la libre navigation du lilissiasipi, ainsi que le droit d'entreposer à la Nou^ velle- Orléans, furent accordés aux bâtiments améri^ ioains. Mais les Espagnols ne respectèrent pas les c5httse8 'dé ce traité, et le gouvernement américain se prépara à les faire exécuter par la force. A cet effet il rassembla des troupes sur l'Ohio pour descendte i là Nouvelle-Orléans.

&i 1801, le président Jeffersôn demanda à l'Ëspajgm r^xéctftion du traité de 1795; mais la cour de Mttfdrid éluda de nouveau de s'y conformer, et, craîgnasit) paff «uite, une rupture avec les États-Unis, éÛe

2g0 DE LA PDISSANŒ AMËRICAIINE.

céda à la république française celte ancienne colonie de la France. Cet acte de cession eut lieu le 21 mars de la même année.

Le préfet colonial Laussat, commissaire du gouvernement français, prit alors possession de la Louisiane au nom de la république française.

Mais, en 1803, les approches d'une guerre commencée sous de sanglants et terribles auspices, et menaçante pour les quatre parties du monde, déterminèrent le gouvernement français à céder aux Ëtats- Unis d'Amérique une possession que les nouvelles circonstances de la guerre pouvaient exposer à de pénibles alternatives; en conséquence, le premier consul décréta, le 3 avril 1803, que cette propriété serait cédée aux Ëtats-Unis pour la modique somme de 15,000,000 de dollars (75,000,000 de francs): 28,750,000 fr. devaient couvrir les réclamations américaines sur le gouvernement français; 46,250,000 fr. seulement furent à payer à la France par les États- Unis, qui à cet effet contractèrent un emprunt à 6 p. 100.

La cession officielle de cette colonie eut lieu le 23 décembre 1803, par l'intermédiaire de M. Laussat,i préfet colonial et commissaire du gouvernement français.

Ainsi passa au pouvoir des Anglo-Américains la colonie de la Louisiane, cette dernière possession de la France sur le continent américain, fondée au milieu des plus brillantes espérances, appelée à de si grandies destinées, et dont le gouvernement français n'a su

retirer que ^quelques millions de francs qui n'étaient pas même un équivalent pour la libre entrée du Nil américain qu'on leur abandonnait, et qui leur assurait la possession entière de toute l'Amérique septentrionale dans un avenir très-prochain.

Comme territoire, l'acquisition de la Louisiane était teu effet d'un avantage réel ; car, par le traité de cession, les États-Unis héritaient des mômes droits, titres ôt prétentions sur toute l'étendue du pays, sur le Mississipi, à l'est et principalement à l'ouest de ce fleuve, reconnus par l'Espagne et par la France. Or la France avait poussé ses établissements à l'occident du fleuve, jusque sur la rivière aux Cannes, dans la *^îe de San Bernard, sur la rivière Rouge et sur VAr- ^nsas, dans la province du Texas. Jamais les frontières ^^tre la colonie espagnole du Nouveau-Mexique et de *^ Louisiane n'avaient été officiellement établies ; les "^Uaéricains prenaient donc les choses dans le même ^tat, et pouvaient ainsi réclamer des droits de proï^^îété sur une grande partie du Texas.

XjOl destinée des Louisianais fut de nouveau changée; mais désormais elle ne devait plus dépendre du ^^price, de la volonté, de l'ignorance de leur gouvernement : ils furent tout d'un coup, par l'acte d'occu- Station des États-Unis, investis d'un droit acquis aux ^férogatives d'une constitution et d'un gouvernement libres. En effet, les Louisianais, en devenant citoyens américains, entraient immédiatement en jouissance ^e tous les droits appartenant aux hommes libres, celui de participer directement à 1% prospérité de leur

292 DE LA PinSSÂNCË AMÉRICAINE.

pays en cofiisNituant un gourernement pour t(t pc eux. Or, oertes, le bonheur dont ils jouissent àepBL lors et la prospérité miraculeuse de kur patrie a< tuelle ne doivent pas leur faire regretter le ch»ag( ment politique qu'on leur a fait subir sans même le 'COf»suIter; et s'ils ont, en ^[uelque façon, perdu u passé) désormais en sont-ils bien dédommagés par 1 présent et l'avenir que leur réserve leur position 4ilii que pour servir de débouché à Tindustrie des millioii d'hommes libres appelés à peupler un jour les ricAie et immenses contrées occidentales de l'Amérique t

De 1860 à 1819, la Floride occidentale, de Sainte

Âugustine à Pensacola, resta au pouvoir de l'Espagne

qui ne prit aucun moyen pour faire respecter son tes?

ritoire par divers partis d'aventuriers qui, à plusienin

reprises^ cherdhèrent à mettre à profit le voisinng<

de cette province espagnole pour agir au détrimetf

des mtèréts des Ëtafts-Unis. Les Américains n'étaieft

point gens à telérer en silence un pareil état de <:dioBesi

dès 1811, le gouvernement des Ëtats-Unis, cfaignan

qtte l'Espagne ne cédât ^ pays à quelque puissance

'européenne, adopta les mesures nécessaires pour &*<3ip

pos€^ 4 cette t!essi€9i. H négocia avec persévérance e(

habfleté près la «our de Madrid pour obtenir l'aeqnisi-

4imi de ^ territoire, d'un intérêt minime, il e^ vrai,

eous le nnipport de la valeur du sol, pour l'Onion, <dôji

si Tiehe 'en terres de la plus grande fertilité, maifi

d;'une immense importance sous le point de vue na*

ftienaH^ comme complétant la frontière maritime des

États^^Ums mt le golfe, mais surtout comme enlevaiit

DE LA PUÎSSANCE AMéWCMNE 285

aux ennemfe de l'Union tous moyBns (Tagression, en lenr btant le seul point où ils pouvaient prendre pied mr leur territoire.

Dans le même temps, et pour appuyer leur négodatïon sur des faits accomplis, les Américains, apnt eu à punir des outrages exercés par des .tribus ingénues sur leurs habitants de la frontière de rAlabama et de la Géorgie, s'emparèrent des postes de Saint-Mark et de Pensacola, en 1810, sous le prétexte quB les Espagnols tf avaient pas de forces suffisantes sur ces deirx points pour empêcher les incursions des bK^ens ennemis guî se ravitaillaient de munitions 4e guerre par ces deux postes. Pensacola fut cepen- «iîmt restitué aux Espagnols , après que les Américains eurent tiré vengeance de Tintrusion de quelques ^ents étrangers provocateurs ; mais ils conservèrent celui de Saint-Mark.

Enfin, le 28 février 1819, l'Espagne céda déflniti- V'etnent la Floride au gouvernement américain pour la somme de 25 millions de francs, montant des récla- ^sitions des négociants américains sur les Espagnols IK>tr des propriétés qui avaient été séquestrées dans '^s ports d'Espagne.

La prise de possession eut lieu en 1821. Ainsi passa entre les mains des Américains le territoire espagnol des Florides, dernière colonie étrangère ï>:ii se trouvât intercalée dans les limites de l'Union ^* qui interrompît la continuité de sa frontière mari- *î^3ae. L'achat de la Floride à l'Espagne, sous la présidejuQe de M. James Monroe, est sans contredit un

acte de la plus haute importance dans l'histoire am ricaine^ sous le point de vue politique, et qui fait a tant d'honneur au talent diplomatique de ce premi magistrat qu'à sa profonde appréciation des circo stances les plus avantageuses au maintien de l'Unio En effet, la frontière maritime de l'Union se trou ainsi complétée, et la même juridiction nationale s' tendit de ce jour depuis la baie de Passamaquody, l'est, jusqu'à la rivière Sabine, à l'ouest du Mississi{ sur le golfe du Mexique. Ainsi on n'eut plus à crai dre les agressions ou les dissensions intérieures qi pouvait susciter une nation ennemie sur ce territoir sous l'ombre d'une fausse neutralité, ou plutôt p suite de la faiblesse du gouvernement espagnol q ne savait pas faire respecter ses lois.

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