‹ De la puissance américaineChapitre 59 sur 135 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

CX>NCLUSION.

En revenant sur les faits les plus saillants, les plus caractéristiques contenus dans cette esquisse historié 9ue et chronologique des premiers établissements et des divers systèmes de colonisation des Européens en Amérique, ce qui frappe d'abord, c'est l'acte d'usurpation violente par lequeM'Européen est venu asseoir ses foyers sur le continent américain^ l'homme blanc se substituer à l'homme rouge. Le second fait, non iKioins saillant et aussi déplorable pour l'humanité, <^'est le triste spectacle de disputes incessantes, de luttes cruelles^ enfin de spoliations violentes que donï^èrent au monde les divers peuples civilisés qui cher- ^hèrent à coloniser le nouveau monde, pour s'arroger seuls, au nom de la civilisation et de la religion qu'ils Outrageaient également, le droit de réduire les indigèi^es à l'état d'esclavage, et de s'approprier les richesses de cette terre inconnue. Le troisième point remar- <Itiable, et qui certes devrait au moins ne pas être perdu pourFinstruction du présent et de l'avenir, c'est la différence des moyens mis en usage par les Européens de <lîverses origines dans leurs systèmes de colonisation, ^^ finalement la suprématie qu'obtint la race anglo«

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saxonne sur toutes les autres ^ en restant seule mai tressa du sol asotéricaku

Les moyens employés, quoique injustes aufond, n'ei ont pas moins produit un résultat utile et surtout lo gique. Examinons la marcbe des faits et leur conséquence actuelle : lorsque l'Européen arriva sur le terres du nouveau continent, il y trouva, il est vrai des propriétaires; mais qu'étaient ceux-ci? des peu plegs nomades vivant de la chasse et parcouia»!^ QCHBin< les bétes auxquelles ils faisaient la guerve^ leaiB; » meuses domaiaes, saAs aucun: élément d'institutÎM ou méma d'associations politiques. lia exi&taienA àm dans uine. espèce de cemmunauté négaiwe^^ c'eslhàrdîi qu'ils se trouvaient dans cet état pri^l^if où au plai)ées toutes choses sur la texre avant la civilisatie . de i'homme ; dans l'état uaturel, où la propriété i pr^duirt, vieil, et où, par cojotséquent, l'homme n'ii pas supérieui: ^ l'oiseau ou à l'animal des forêts;

Or, par communauté wgaiive, l'hommo eivi-lifiéror tenddt cet état de choses qui se manifeste paar l'oâM patioa accidentelle ; par comrmnavié, fositme, au cm traire, Vétat de choses^ qui constitue la ptopilè commune et permanente do plusieurs^ et dook. p«: souae^ par c^n^uent, no peut prendse posseask nouvelle que du consentement des^ premiers ooci panyts^

Tello fut la distinction sur laquelle FËuBopéesi ^ fondax pow déposséder L'Américain indigène A» m droita (te pmpriétaifio àxk sol que jusqu'alors il afs occupé seul et sans opposition.

Par sa simple prépondérance^ il rangea toute la^ '^ee américaine dans la première classilicatioir^ el m Dci.it, lui Européen, homme blanc par exjeeUence^ daAS» ^ seconde.

« Elle doit ètire à moi, dht*il ^ et la raison? c^est op»

^ jtfiisuis h^muM bimcl n

S'adressaat alors 4 l'Inxtien, il lui dit : fc Votre état « de communauté ne saurait exister qu'au milieu ^ <i'immenses déserts; il doit céder de fait deitaiU Èfc ^ force et la fosme compacte de la civilisation : car ^ la terie n'a été donnée à Vbommie que pour sup- « perteir le plus ^and nombre d'habitants possible; <^ Aucune nation,, aucune caste, par conséquent,, m^ ^ peiil prétendre avoir la droit de soustraire aux be- ^ soin» des autres plus qu'il n'est meessam à so0 ^ émsteme ou à sm €omfortI »

Où mènerait l'application d'une pareille logiq^uie, si ^ adhérait textuellement,, no^ia le djesaandons? et serait la limite du nécessaire et duc comfortl... Et, ^'ailleurs, que dire aujourd'hui du résultat die cette logique impitoyable^ l'expuilsion complète et bÂentûl V entière extinction de la race rougie? Rien; sinon la force peut sanctionner la violence^ mais ^ ds la justifier ! Le second Mt des luttes sanglantes par lesquelles ^ Européens signalèrent leur arrivée sur le conli* ^^^t américain, pour se disputer entre eux le droit ^^ propriété sur quelques lieues de plus ou de moins «Q Qe vaste domaine^ commue si son immense territoire '^ ^^t pu les contenir^ s'ej^pUifUie assez natureUemenl

par le sentiment d'égoîsme et de cruauté auquel obéit l'homme qui n'est mu que par son instinct d'avarice non contrôlé par l'honneur.

Dans cette circonstance, tout est perverti par lui : le louable but de la civilisation devient un moyen de spoliation, la religion même une arme que le fanatisme rend plus terrible ; comme si en effet l'éternelle Providence eût pris plaisir à nous montrer d'autant, plus petits à nos propres yeux que nous croyons être^ élevés par le but que nous nous proposons !

Mais le troisième point mérite surtout notre attention ; car c'est là que se trouvent les leçons de l'histoire pour le présent et pour l'avenir.

Des peuples partis du nord et du midi de FEurop^ s'emparent de la grande conquête de Colomb, et veu . lent, chacun à leur manière, la mettre à profit pou^ eux-mêmes.

Les Français colonisent le Canada ; les Anglais, 1 Hollandais, les Scandinaves, les Allemands, les côt de la Nouvelle-Angleterre; les Espagnols, les cô plus méridionales du même continent.

Les Français, suivant le génie particulier de le nation, plantent une colonie militaire sur les rives Saint-Laurent et sur les bords des grands lacs; l'asseoient sur le principe unitaire, féodal et la foi pale : c'est en élevant la croix qu'ils déterminent L • vagues limites de l'immense territoire de la Nouvelle ^ France; le commerce est bien appelé en aide po^ soutenir cette colonie, mais c'est un commerce ^ monopole qui ne profite point aux colons et n'en^

<^lxit que quelques spéculateurs de la mère patrie. Quant à créer de véritables propriétaires, des habita.ïits enfin pour cette Nouvelle-France, personne n^y songe : la carrière des armes ou la chasse pour s^en- ^chir du trafic des pelleteries, voilà quelles sont les occupations de tous ces émîgrants qui affluent des rives de la Seine, de la Marne ou de la Charente ^ur celles du Saint-Laurent et de la Chandeleur.

A peine les premiers Français ont-ils réussi à établir un poste permanent sur le Saint-Laurent, que déjà ils courent Faventure et portent la guerre chez ces belliqueux Iroquois au milieu desquels ils s'étaient hardiment aventurés. Un siècle entier se passe eu luttes inégales, mais également honorables à la bravoure des deux partis. Enfin les armes de la France semblent couvrir tout le continent américain depuis 1^ baie d'Hudson jusqu'à la tête des lacs, et des sources du Mississipi jusqu'à son embouchure sur le golfe; ^ais dans tout ce vaste espace quelques milliers d'hommes seulement occupent, à de rares intervalles, ^elques points non reliés entre eux, et qu'ils devront pompeusement des noms de forts, postes ou ailles; pour des habitants sérieux, il ne s'en trouve ï^ulle part : tous ont été attirés par le charme de courir des hasards, des aventures et les chances de recueillît* quelque fortune, au risque et péril de leur vie; ^ucun n'a songé aux moyens de conserver sa propriété. L'imprévoyance des Français, leur inqualifia* Me confiance dans leur gouvernement pour tout ce î«î regarde leurs intérêts généraux, les retrouvent 1. ^9

aussi peu préparés pour se constituer et se maintenir en société après un siècle d'occupation qu'au premier jour de leur arrivée sur ces terres inconnues.

Les Espagnols découvrent la partie méridionale du continent antérieurement aux Français, mais ne cberchent à s'y établir réellement qu'en même temps que ces^ derniers. L'ayarice et le fanatisme religieux les guident seuls ; ils s'avancent intrépidement au milieu des forêts vierges dont ils projettent la conquête en. procession solennelle, la croix et la bannière en têtei, voulant forcer par les armes les populations indigènes à se prosterner devant eux et à les reconnaître commeE maîtres 1 La vanité castillane parcourt les plaineië désertes de la Floride, de la Géorgie et de TÀlabamaE avec toute la pompe d'un triomphe, et vient périr de faim et de misère sur les mêmes bords de la mer d'oC elle était partie avec sa présomptueuse confiance àm conquérir sans travail d'immenses richesses t Des siès clés s'écoulent, et cette race indolente» après avoi^ pillé le nouveau monde et s'être montrée sans pitiJ pour la race indigène, est obligée d'abandonner U même territoire sans y avoir introduit le moinda germe de civilisation.

Tels furent les résultats du système de colonisaticM suivi par les peuples du midi de l'Europe : ils d« ployèrent un courage parfois héroïque, une gran£ hardiesse, de la persévérance dans les dangers et l£ souffrances inséparables de toute situation belligM rante avec les indigènes d'un pays que Ton chercl^ à conquérir; mais ils ne réussirent pas à fonder ui*

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société durable^ existant enfin par ses propres ressources ; c'est qu'ils prirent pour base de leur colonisa* tion les mêmes principes qui régissent le vieil ordre de choses de leurs patries respectives; ils ne comprirent pas que dans un pays nouveau il faut apporter l'homme neuf, animé du feu sacré de la liberté et des sentiments de la véritable religion ; ils ne s'inspirèrent pas au spectacle sublime de cette grande nature que présentaient ces forêts, ce monde inviolé, et ne purent concevoir la destinée que lui réservait la liberté I

Il n'en fut pas de même des hommes venus du nord de l'Europe, à la tête desquels se trouvèrent en plus grand nombre les Anglo-Saxons, qui colonisèrent les côtes de la Nouvelle- Angle terre, où ils débarquèrent plus de soixante ans après les Espagnols et les Français, et formèrent d'abord la colonie de Virginie. Ces colons marquèrent le début de leur carrière comme habitants du nouveau monde par revendiquer pour eux et leurs descendants les titres et les prérogatives de citoyens libres. La liberté servit ainsi de point de départ à cette colonie dont les habitants jugèrent d'abord que le travail seul pouvait leur assurer une existence indépendante.

Bientôt d'autres points du même littoral, mais plus au nord, se trouvèrent peuplés d'un grand nombre da petites sociétés distinctes, composées d'hommes étrangers les uns aux autres, ou associés dans des buts différents, mais unis par le même besoin de li** berté municipale, dont ils appréciaient tout le prix* Chacune de ces communautés devint le centre d'une

agglomération compacte de colons attachés au sol qui cherchèrent par le travail de la terre les res sources premières de la vie et les richesses qui, plui tard, devaient constituer leur prospérité.

Ces colons ne pensèrent pas à faire la conquête di pays par les armes, mais bien par l'effet réel de leun défrichements et Tinfluence de leur civilisation : h Bible en main, le missionnaire anglican fondait à h fois un prêche et un comptoir. Ce moyen tout pacifique eut un effet plus durable ; il n'empêcha pas, du reste, que, dans les circonstances où le voisinage des Indiens parut trop menaçant pour leurs établissements, les nouveaux habitants ne déployassent leui force contre les indigènes et ne leur infligeassent de sévères leçons.

Ce fait important des moyens différents mis en usage par les Européens dans leur occupation du nouveau monde, est suivi d'un autre non moins remarquable, celui de la lutte qui s'établit entre les deux races du nord et du midi de l'Europe, et qui se termina par l'extinction de l'autorité des peuples de race méridionale et la substitution de celle des peuples du Nord.

Suivons en effet les détails de l'histoire de l'agrandissement graduel des colonies anglaises. Et d'abord faisons observer que les premiers émigrants de .la Nouvelle-Angleterre, en outre de leur origine bretonne, étaient puritains, c'est-à-dire qu'ils voulaieni la liberté de conscience et d'opinion pour eux el leurs coreligionnaires, mais étaient animés de la plus

girsànde intolérance contre les autres^ et d'une extrême sàr]aiI)ition. Ils portaient en eux le germe du caractère €Z'a%ffd(hsaxofhaméricain,

Ainsi le territoire de la Nouvelle-Angleterre, quoiqtxe comparativement peu habité, lorsque les Français oocupaientj le Canada^ les Hollandais le New-York et Suédois la Delaware, paraissait déjà, aux yeux de puritains insatiables, trop peu étendu pour sufau nécessaire, à leur existence, à leur comfort, et ils oonvoitèrent aussitôt l'adjonction du domaine de leurs voisins à leur province.

Us projettent ouvertement la conquête de la Nouvelle-France, s'emparent par force de la colonie des Hollandais dans le New -York, dont les habitants bientôt confondus dans la grande famille angloéricaine, et étendent leur juridiction sur la colonie ^^édoise de la Delaware, dont les colons allemands et ^^^^ajidinaves servent de souche au grand établissement ï^ïiilanthropique de Penn.

Avant la fin du dix-septième siècle, les Ânglo-Saxons ^v^ent déjà fondé douze colonies distinctes, présenr* *^Ot un ensemble de population de plus de deux cent ^^ixquante mille habitants, et réellement maîtres de *^^t le littoral de l'Atlantique, depuis la baie de *^c^Xidy jusqu'aux Florides,

JLa .colonie de la baie de Massachusetts avait été le

^^^"•''er principal de toute cette population, qui en était

Lie comme d'une ruche pour se répandre, avec son

^^^tivité, son industrie infatigable, son génie particu-

xement colonisateur, sur tout ce nouveau domaine.

Mê DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE.

A la même époque, la France réclamait, comme soumis par ses armes, tout le continent américain, depuis la baie d'Hudson jusqu'aux bouches du Mississipi, à Touest de la grande chaîne des Appalaches ou Alleghanys. Elle avait échelonné sur cette ligne im* mense de plus de quinze cents lieues quelques postes militaires et quelques comptoirs dont la population totale ne dépassait pas douze mille habitants !

Quant à l'Espagne, sa présence sur la partie méridionale du continent, dans le territoire des Florides, n'était constatée que par de faibles garnisons occupant quelques points du littoral du golfe et un ou deux autres sur l'Atlantique.

Cette situation respective des trois grandes puîssftnoes engagées dans la colonisation de l'Amérique s'explique d'elle-même par les systèmes suivis par chacune d'elles : les Anglo-Saxons étaient les seuls jouissant véritablement des droits de citoyens libres, avantage qu'ils devaient à la liberté municipale qui avait déjà pénétré dans leurs lois et leurs mœurs. Aussi, chez ceux-ci, l'esprit de liberté et de propriété était dirigé par un intérêt personnel éclairé, et qilî produisit des effets plus grands et plus durables, des établissements plus étendus^ plus solides et plus utiles que tous les privilèges exclusifs accordés chez les deux autres nations. «^

Mais il était réservé au dix-huitième siècle de voir de plus gtt^nds prodiges encore accomplis par la race anglosaxonne en Amérique ! Les colonies anglaises, que li gra&de révolution de 1 688 avait trouvées prêtes à récld^

leur indépendance de la mère patrie, se préparèrent k ce grand acte de souveraineté, en mettant en pratiqxae les principes fondament aux sur lesquels elle devait être établie ; elles formèrent une première alliance défensive et offensive contre les attaques des Indiens sur leur frontière, et résolurent ouvertement la coûqxiôte du Canada , pour mieux assurer Tintégrité dé leur territoire. De ce jour une lutte terrible s'engagea entre la France et l'Angleterre pour la suprématie de leurs armes en Amérique ; mais la fortune fit tombeif ^u pouvoir de cette dernière puissance la trop célèl^i'e province du Canada et tout le riche domaine du territoire du Nord-Ouest ou des Lacs.

Pendant la durée des hostilités entre la France et *^ Angleterre, le levain de jalousie qui déjà depuis long- ^^iiaps travaillait les colonies anglo-américaines contre *^ mère patrie sembla disparaître pour un temps et èq X^^rdre dans la communauté de vues des Anglais et des -^ïiglo-Américains à déposséder une rivale puissante ^'Une propriété que Ton convoitait avec une égale ar- ^^\ir. Mais, après la paix, les points de collision entre

Anglais et leurs descendants, les Américains, devinirritants. La Grande-Bretagne , blessée dans iSOtt

lOur-propre, résolut de faire preuve d'autorité et de P vi.issance ; mais elle perdit l'un et l'autre. Le 4 juillet * "^^76 marqua le commencement d'une époque nouvelle ^^.T^l'histoire du monde. Le peuple des États-Unis, sâttsf P"*^ évocation extraordinaire, mû par le sentiment de sa

opre dignité et d'une résistance légale aux empié-

lents arbitraires de la couronned'Angleterre j fort

des droits acquis et reconnus, se déclara, dans ce jour à jamais mémorable, litige et indépendant de la domi* nation britannique sous les lois de laquelle il avait vécu jusqu'alors (1).

A cette époque l'Amérique du Nord se trouva partagée entre quatre puissances : la France, l'Angleterre , l'Espagne et l'Union américaine.

La France retenait encore la possession de la Loui* siane, pour la colonisation de laquelle elle avait suivi le même système défectueux que pour le Canada ; elle avait dépensé des sommes immenses pour fonder cet établissement où elle entretenait à grands frais de fortes garnisons et un personnel administratif ruineux, et dont elle n'avait jamais su retirer le moindre avantage.

L'Angleterre demeurait maîtresse de la province du Canada et de toutes ses dépendances , où elle s'était substituée à la France, étendant ainsi ses droits et prérogatives sur tout ce qui avait appartenu aux premiers fondateurs de l'Acadie, du Canada et de Terre- Neuve.

Quant à l'Espagne, elle fut refoulée plus étroitement que jamais sur le littoral du golfe par la population américaine qui déjà commençait à s'avancer vers cette latitude.

L'Union américaine, composée alors de treize Ët^ts indépendants, couvrait ou réclamait tout le territoire

(1) Voir, à la fin de 06 volame, le texte de la déclaration de Tindépen* daoce.

dopilis le Nouveau-Brunswick jusqu'aux Florides^ et s'a.vançait dans l'intérieur des terres jusques et y compris la chaîne des Âppalaches, que quelques pionniers ajQûiéricains avaient déjà franchie pour se répandre dans les vallées du Mississipi. Sa population ne s'élevait pas k quatre millions d'habitants.

Au commencement du dix-neuvième siècle, l'Union axaéricaine fait l'acquisition du territoire français de Isi Louisiane^ et, quelques années plus tard, de celui des JFlorides, et comprend ainsi, sous sa juridiction, toute l'étendue du littoral depuis la baie de Passama- <r^ody à l'est , jusqu'à la rivière Sabine à l'ouest du Afississipi.

Ainsi, en quelques années, la race anglo-américaine ^ achevé d'asseoir sa domination sur un territoire de plus de cinq cents millions d'hectares de superficie, ^îx fois plus grand par conséquent que celui de la **ï^^aice, et qui s'étend des rives de l'Atlantique à celles ^^ la mer Pacifique, du Saint- Laurent au golfe duMexi- ^^e ; elle a relégué au delà du Saint-Laurent ses an- ^^^Hs dominateurs, qui reprennent dans le Canada, vis- ^'^ vis des États-Unis, la même position que la France ^^présentait, lors de son occupation de ces contrées,

►--à-vis des colonies anglaises : c'est-à-dire que, sur la

e gauche du Saint-Laurent, les principes aristocra- ^•^"•ne et monarchique se trouvent aujourd'hui en

sence des principes démocratiques sur la rive Oite.

tl est possible dès lors de prévoir quelles seront pro- ^incytnent les conséquences d'une pareille situation

nt DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE.

politique et géographique. Le fleuve Saint-Laureirt ^ essentiellement américain, et qui est vers F Atlantique le débouché obligé de cette grande ligne de communia cation et de navigation qu'ouvrent les lacs et le Missis* sipi, sera avant peu au pouvoir de la démocratie amé^ ricaine ; car, on ne saurait en disconvenir, la politique américaine est identiquement la même que celle de l'Angleterre, ayant la même origine, la même cause^ le même but ; seulement la politique anglaise ne pro* fite qu'à un petit nombre d'individus entre les main» desquels se trouvent le pouvoir et les richesses ; quant au peuple, quel que soit le résultat de cette politiqua extérieure, il reste toujours soumis à la plus grande défi misères , et l'esclave de l'oligarchie qui l'opprime = tandis que la politique américaine profite à la natioE entière qui participe activement aux projets de mc gouvernement, à leur exécution et aux résultats.

Si nous Remontons en effet à l'origine du peupla américain, nous voyons la race anglo-saxonne^ dont L descend, poursuivre avec persévérance, dès le premie -^ jour où elle a mis le pied sur le continent amérieaiiii cette politique d'empiétement et de violence qui renditsa présence si dangereuse par ses voisins, beaucoup plus paisibles et surtout beaucoup moins habiles dan cette science inique de spoliation de tous genres « Auss cette politique s'est-elle constamment mKmtrée égoist: et cruelle, ambitieuse et despotique; elle est arriva en Amérique sous les bannières de saint Georges; elB a passé sans aucune modification sous les couleurs M

rûmsft améKifluià«< Ne soyons dosbc plus étonnéa difi

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pir<y<liges qu'elle a déjà fait accomplir aux Américains; GSLT, retrempés par les dogmes de la démocratie américa.ine qui a pour but l'intérêt individuel , je ne leur vois de limites, dans l'avenir, que dans le sceptre des iMi^ers qu'ils auront un jour à disputer à la Grande-Bretagne; de barrière, que l'influence des principes religieux chrétiens qui, chez un peuple aussi éclairé, peu* v^ontencore exercer un certain contrôle sur les actions, ôt les ramener aux saines doctrines qui, seules, ont P^ faire triompher leurs vénérables ancêtres dans la ^l'ande lutte pour la liberté en 4776.

Au sud et vers l'occident du Mississipi, l'Union amé- '^caîne ne rencontrait d'autres voisins que l'ancienne Province espagnole du Mexique ; mais à peu près vers *^ même époque, en 1821, le cabinet de Madrid cédait ^^Ugàtoirsment à celui de Washington le territoire des ***lorides, où son autorité n'était plus respectée; tandis ^^'uin Anglo-SaxoUj Moses Austin, obtenait l'autorisa- •*ion de fonder une colonie dans un désert des possessions espagnoles au Mexique. C'était la première trace ^^ l'envahissement, par la race anglo-américaine, des *^^tileâ régions qu'arrose le Colorado^ découvertes par "•'infortuné la Salle; et quinze ans plus tard, en 1886, ^ï^e nouvelle colonie américaine se constituait et cour ^^4&rait son indépendance par une éclatante victoire ! Xjq% Ëtats-^Unis n'ont point cru devoir admettre oe -^o vivel Etat dans leur Union ; une question de balance l^^litîque entre le Nord et le Sud, et qui, suivant moi, * ^st que différée à un moment plus opportun^ a seule ^^*^péché cette admission. Mais le Texas n'en est pas

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moins un Etat américain indépendant^ destiné à rivali ser de prospérité avec les Ëtats du sud de TUnion. Ëi effet, cette république possède tous les avantages ph; siques d'un immense territoire de plus de quarante deux millions d'hectares qui s'étendent sous huit de grés de latitude du 26^ au 34^ parallèle ; à la richess du sol se joint la douceur du climat le mieux appropri à toute espèce de culture, depuis les graines qui crois sent sous les latitudes nord jusqu'aux produits pai ticuliers aux tropiques. Elle a eu surtout la sa^ess d'adopter des institutions libres calquées sur celles d l'Union, et qui, mises en pratique par des Américains assurent leur indépendance et leur prospérité.

Je ne crois donc pas trop avancer en prédisan qii'avant peu le Texas aura pris une place important parmi les nations les plus productives de l'Amérique

Ainsi, de fait, les Anglo-Américains se sont étendus par la fondation de la république indépendante d Texas, jusqu'aux rives du Rio-Bravo-del-Norte ; déj leurs pionniers ont pris pied sur le plateau du Mexiqu où ils exercent, avec leur infatigable activité, cette in fluence qui doit un jour leur assurer le plus sûremeo la conquête de ce pays. On peut donc dès aujourd'hi prévoir qu'à un temps peu éloigné cette race d'hom mes couvrira l'immense espace compris entre les glace polaires et les tropiques, les bords de l'Atlantique c les rivages de la mer du Sud.

Ainsi se trouve prouvé par les faits irrécusables d l'histoire que la prépondérance des Américains su toutes les autres nations établies antérieurement a

simultanément avec eux sur le continent du nouveau monde, est dueà la race d'hommes dontils descendant, à leur génie particulier, et, par-dessus tout, aux principes religieux et démocratiques <iui caractérisaient anciennement les émigrants de la première époque, et qui forment encore aujourd'hui la base fondamentale du caractère des habitants.

Si on a suivi attentivement dans Texposé historique les divers faits qui y sont relatés, on doit avoir observé la différence qui existe entre les éléments mis en usage par les deux grandes nations qui s'étaient partagé l'Amérique du Nord, différence qui est restée empreinte presque dans tous leurs actes, leur forme de gouvernement, leur littérature et leur religion. Un immense vide sépare donc ces deux nations ; vouloir le combler me paraît une tâche impraticable. Mais le lecteur grave aura clû trouver dans cette lecture un sujet de réflexion non moins important pour l'avenir des grandes luttes qui sont encore appelées à diviser les peuples : c'est que, quoique les nations anglaise et américaine soient identiquement les mêmes, quant à leur origine et au but qu'elles se proposent, elles diffèrent essentiellement par les principes vitaux de leur organisation politique.

En Angleterre, c'est l'aristocratie propriétaire qui dirige les affaires; aux États-Unis, la grande masse démocratique est agricole : entre ces deux classes il est impossible de trouver une seule idée, un seul sentiment communs.

Jamais des hommes qui ont des droits égaux, jouis-

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sant du suffrage universel; et d'une responsa égale dans tous les rangs de la société^ qui ont tout un mépris souverain pour les droits hérédiU et témoignent généralement peu de confiance da sagesse de leurs ancêtres, ne pourront vivre en monie avec des Anglais. La législation des t Unis et la manière d'y traiter les rapports des afi extérieures ont une origine entièrement différen celles de l'Angleterre. Les diplomates des États et de l'Angleterre ont été élevés à des écoles 1 fait opposées ; lorsqu'ils se rencontreront, ils ne ] ront s'entendre.

Dans les éléments de ces deux formes de go nement, il n'y a pas la moindre affinité ; néani leur politique est éminemment pacifique, et ils cheront, autant que possible, à éviter la guerre; lorsqu'ils la feront, elle sera conduite avec plm nergie, de suite et de haine invétérée contre l'A terre que contre toute autre nation. Ainsi le i vide immense doit séparer un jour ces deux m commerçantes parties de la même souche, et que blait devoir rapprocher une communauté d'ori de langue et d'idées religieuses.

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