‹ De la pustule maligne, ou, Nouvel exposé des phénomènes observés pendant son coursChapitre 13 sur 25 · DU TRAITEMENT INTERNE DE LA PUSTULE MALIGNE · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT INTERNE DE LA PUSTULE MALIGNE

Le traitement interne ou plutôt général de la pustule maligne ne doit pas être le même dans tous ses périodes; il doit encore varier selon que sa marche est lente, régulière ou fougueuse , qu elle compromet , par son voisinage , un ou plusieurs organes essentiels à la vie , quelle agite toute l'économie ou qu'elle la laisse en repos , qu'elle est ou non accompagnée de complications sérieuses.

L'exposition des règles à suivre dans tous ces cas est fort difficile à tracer, attendu qu'on ne retrouve pas dans les auteurs la même unité de vue qui les a dirigés dans le traitement local , et qu'ils n'ont pas suffisamment étudié les nombreuses altérations souffertes parles organes, l'influence que chacune d'elles , prises isolément ou réunies , exercent sur la marche de la tumeur , et qu'ils se sont trop attachés à combattre une adynamie et une ataxie qu'ils ont toujours crues radicales et essentielles.

De nombreuses ouvertures de cadavres, faites avec soin , des investigations dirigées scrupuleusement sur toutes les parties , auraient fait éviter bien des erreurs et fourni au traitement une base plus conforme aux lois physiologiques. Privé de

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ce secours , nous avons été contraint de rapporter les recherches de Chabert sur les animaux morts du charbon : on a vu qu'ils succombent tous à des phlegmasies profondes, étendues à la grande majorité des viscères ; quelques faits , et l'analogie , démontrent qu'il doit en être de même chez l'homme, et que ce sont elles qu'il faut prévenir et combattre plutôt que l'adynamie , qui n'en est que l'effet. Cependant , au milieu des oppositions de vues et de préceptes des auteurs , il est des points sur lesquels ils sont généralement d'accord : c'est par eux que nous allons commencer l'exposition du traitement. Nous examinerons ensuite un à un ceux en litige, et nous tâcherons qu'il résulte de cet examen des règles curatives plus positives et moins vacillantes.

De la chambre et du lit du malade.

Toute personne atteinte de la pustule maligne pendant les grandes chaleurs sera couchée, autant que possible, dans une chambre vaste, tenue très proprement, dont l'air sera souvent renouvelé et entretenu frais par des arrosages d'eau légèrement vinaigrée ; on en écartera avec soin les mouches , qui unissent à leur extrême incommodité la funeste propriété de porter sur d'autres parties ou sur d'autres personnes le virus charbonneux. Le lit ne sera pas enfoncé dans une alcôve étroite et basse , où l'air ne peut circuler ; on retirera , de

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dessus, les vêtemens sales et nombreux dont ils sont ordinairement surchargés dans les campagnes; on ne laissera que des couvertures légères et propres. Si le coucher, ce qui est fort rare , se compose d'un lit de plumes et de matelas, ces derniers seront placés immédiatement sous le malade.

Les mêmes soins de propreté seront maintenus pendant l'hiver : il est presque inutile d'ajouter que les couvertures seront plus nombreuses , que la chambre du malade sera entretenue à une température de 12 à 14 degrés Réaumur. La négligence et la pauvreté s'opposeront souvent à l'exécution de ces règles de salubrité; cependant le médecin devra faire tous ses efforts pour qu'on s'en écarte le moins possible ; ce n'est que par elles seulement qu'il parviendra à calmer la chaleur qui tourmente, agite , détruit le repos du malade, et le dispose à la défaillance, et qu'il évitera l'action non moins fâcheuse du froid sur toute sa personne et sur sa plaie en particulier.

Des secours à donner pendant la durée de l'irritation et les progrès du gonflement.

Ce période, dans la pustule maligne régulière, commence avec les premiers momens de l'action du virus, et se termine au quatrième degré.

Quand les accidens sont modérés, que la gangrène s'est arrêtée spontanément ou par l'effet

de Fart, de simples breuvages délayans et un régime léger suffisent pour assurer la guérison.

Selon le goût et les moyens du malade, on lui prescrira une légère limonade bue froide en été? chaude en hiver, ou de l'eau de groseille, de chiendent, ou toute autre boisson analogue. Si le gonflement est étendu, douloureux, accompagné de fièvre, il faudra supprimer les alimens; mais, dans tous les cas, le bouillon gras, la viande, les œufs, le vin et toutes autres liqueurs stimulantes, seront proscrits. Que le médecin se tienne bien sur ses gardes, parce qu'il est placé entre une maladie trompeuse et un malade convaincu qu'il trouvera dans le vin et les alimens un remède assuré contre l'accablement et les dispositions aux défaillances qui le fatiguent et l'inquiètent.

Les auteurs qui ont écrit sur la pustule maligne ont reconnu que les remèdes généraux que nous venons d'indiquer ne suffisent pas toujours pour l'arrêter, et qu'il est nécessaire de leur en associer de plus actifs. Au lieu de ces avis positifs dont nous avons besoin , nous ne rencontrerons qu'une polémique entre Chambon et Thomassin , que nous tâcherons de ne pas laisser stérile. Pour marcher d'un pas plus ferme dans ce labyrinthe, nous use° rons des vues lumineuses répandues dans l'ouvrage de M. Ghaussier.

De la Saignée,

Chambon ne trouve pas la saignée applicable à la pustule maligne, d'abord parce qu'elle ne dérobe pas la cause matérielle de la maladie, ce qui est vrai ; mais elle n'en calme pas moins les effets si on la pratique en temps utile; ensuite parce qu'elle ne peut déterminer la résolution, ce qui est également in contestable sous ce rapport, qu'elle ne peut ramener à la vie la portion gangrenée ; mais d'un autre côté, cela est absolument faux, parce qu'elle peut fort bien diminuer la fluxion et le gonflement, comme le prouvera l'observation du jeune Gosme. Enfin il la proscrit encore, parce qu'elle ne calme pas la fièvre qui, selon lui, s'annonce toujours par la fréquence, le tremblement et les convulsions du pouls. L'observation du jeune malade qui vient d'être nommé prouvera encore que la fièvre peut être calmée par la phlébotomie, et que la petitesse du pouls, ainsi que son tremblement, sont plutôt l'effet de la douleur que de la débilité. Fournier, comme on doit s'en souvenir, fait à ce sujet une remarque importante

en parlant de l'anthrax. « Mais je pense, dit-il,

« que ces accidens doivent être particulièrement « attribués à l'irritation du système nerveux , puisce que, dans les temps de rémission de la douleur, « le cœur, les artères reprennent leurs battemens

u ordinaires, quoique le pouls reste toujours serré « et petit. »

Ce passage, que nous croyons l'expression de la vérité, est confirmé par la pustule maligne des Basses- Alpes , maladie non moins grave que celle de Bourgogne, où le pouls reste calme, parce qu'elle est sans douleur.

Selon Thomassin, la crainte que la saignée n'augmente la faiblesse et ne facilite l'accroissement de l'escarre est un préjugé nuisible : ne saiton pas, dit-il, que celle-ci marche avec d'autant plus de rapidité que le gonflement qui la précède est plus considérable. J'ai saigné, dit-il encore, la moitié de mes malades, et j'ai toujours réussi.

M. Chaussier reconnaît l'efficacité de la saignée, tout en s'élevant contre les abus qu'on en faisait de son temps.

Notre avis particulier est que cette opération peut être inutile, indispensable ou nuisible, selon les circonstances que nous allons énumérer; mais, avant d'entrer dans de plus grands détails, reconnaissons qu'elle ne doit jamais être pratiquée avant d'avoir attaqué localement la tumeur. Il nous serait très facile d'appuyer ce principe sur des faits qui se sont passés sous nos yçux; mais nous préférons nous servir de l'autorité de M. Boyer.

« En 1791 , quatre personnes, dont trois bou- « chers et la femme de l'un d'eux, achetèrent à

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« Mont-Rouge , près Paris, un bœuf mort du charce bon , l'habillèrent et le divisèrent par morceaux « qu'ils introduisirent furtivement dans la capi- « taie. Cette viande fut vendue à l'Apport-Paris, « et les personnes qui en mangèrent ne furent « pas incommodées; mais, au bout de deux ou « trois jours, deux des trois bouchers furent atcc taqués de la pustule maligne. Cette maladie se « manifesta entre le menton et l'angle de la mâ- « choire par un petit bouton surmonté d'une « phîyctène. Un médecin et un chirurgien qui ce furent appelés prirent la maladie pour un éry«^ ce sipèle et saignèrent du bras et du pied les deux ce malades, qui périrent en trois jours.

ce La femme fut attaquée presque en même temps ce de la même maladie. Chez elle, la pustule se ma- « nifesta à la partie antérieure et supérieure du « cou, sous la base de la mâchoire inférieure; il ce survint un gonflement considérable, qui parvint ce bientôt au point de rendre la respiration et la ce déglutition très difficiles. M. Larrey ayant été ce appelé reconnut de*suite la nature de la maladie; ce mais le cas lui ayant paru très grave , il désira ce avoir un consultant et me fit demander. La ma* <c la'de respirait à peine, le pouls était très faible et ce la prostration extrême; une escarre, d'une éten- « due considérable, avait remplacé la vésicule. Nous « fumes d'avis de scarifier la partie gangrenée, de e toucher le fond des scarifications avec le muriate

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a d'antimoine liquide, et d'administrer à l'intérieur « des cordiaux et des fortifians. Ce conseil ayant « été suivi, dès le lendemain la malade éprouva « du soulagement : la respiration devint plus face cile; l'usage du quinquina à forte dose releva le « pouls; la mortification ,, qui était étendue à toute ce la partie antérieure du cou, se borna; les escarres ce se détachèrent , et la guérison ne tarda pas à être ce complète. Mais, comme la perte de substance « avait été fort étendue, la cicatrice forma une ce bride qui s'étendait depuis la mâchoire jusqu'à ce la clavicule, et qui tenait la tête inclinée en avant « et de côté, etc. »

Pour ne pas donner une fausse interprétation aux faits rapportés par M. le professeur Boyer, nous croyons devoir affirmer que les deux bouchers ne sont pas morts par suite des saignées qui leur ont été faites , mais parce qu'on n'avait pas cautérisé les tumeurs; que si ce soin eût été pris dans le début, les saignées faites dans le moment de la plus forte irritation auraient pu être fort utiles; que la femme ne s'est rétablie que par les agens topiques , sans lesquels les autres ont peu d'effet; que le îdna et autres toniques n'auraient pas eu plus de succès que les saignées, si la pustule maligne n'avait été préalablement attaquée par les caustiques.

La saignée est inutile dans les premiers momens de la maladie, n'y ayant pas encore de douleur, de

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gonflement et de fièvre à combattre. Elle peut être fort utile et même indispensable chez des sujets jeunes, forts, doués d'une bonne santé habituelle, chez lesquels les accidens du second et du troisième degré résistent aux topiques et marchent avec une grande rapidité ; bien entendu qu'on la proportionnera à l'âge, au tempérament et aux autres circonstances qui peuvent se rencontrer*

Elle pourra être très nuisible quand la tumeur n'aura pu franchir le quatrième degré convenablement 2 c'est-à-dire si le gonflement est énorme, la gangrène fort étendue et humide, si le pouls est petit, mou, si les forces sont très abattues, parce que, dans ce cas, les accidens locaux ne peuvent être enlevés par elle , et qu'elle soustrait à la circulation des gros vaisseaux un sang absolument nécessaire à l'entretien d'une vie sur le point d'échapper.

Des êmêtiques.

Après la saignée , lorsqu'elle est jugée indispensable, ïhomassin regarde que les saburres des premières voies, qui se rencontrent presque toujours, indiquent le vomissement. « Je donne, dit-il, la « préférence au tartre stibié sur tous les autres «émétiques, parce qu'il fait son effet promptece ment et qu'il relève davantage les forces vitales : « il remédie en peu de temps aux anxiétés et aux

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« maux de cœur qui fatiguent les malades; d'ail- « leurs ce remède, par les contractions qu'il occa- « sionne et l'ébranlement qu'il cause dans toute la « machine, opère une division salutaire; il relève « V action du système vasculaire, il soutient les «forces épigastriques qui sont essentiellement af- «fectées. Il ne peut y avoir qu'un bien petit nom- « bre de cas où l'émétique ne soit pas indiqué. » Comme Thomassin ne les fait pas connaître, nous allons emprunter secours à l'ouvrage de M. Chaussier pour nous les indiquer.

« Mais si la langue est sèche et aride , rouge ou « couverte d'une couche noirâtre, écailleuse, les « urines crues , Vèmètique sera fort nuisible : les « anxiétés dépendent alors de V effet de l irrita- « tion. »

Il n'est pas nécessaire d'une grande force d'attention pour remarquer que les motifs donnés par Thomassin pour employer le tartre stibié sont faibles, mal raisonnes, et qu'ils déparent son ouvrage, d'ailleurs rempli de vues sages et de préceptes utiles. En effet, quelle est la nécessité de saigner, s'il est utile ensuite de relever les forces vitales ? Quelle division salutaire peut-on espérer de ce moyen dans une tumeur dure, gangrenée, qui résiste quelquefois aux topiques doués d'une efficacité généralement reconnue ?

Nous n'avons jamais administré ce médicament aux malades confiés à nos soins; cependant la

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guérison de leurs pustules malignes a été aussi prompte et aussi facile que la nature et le degré du mal pouvaient le comporter.

De même que Chambon, et d'après la prévision de Fournier, nous estimons que les saburres des premières voies sont un effet et non une cause; qu'il faut les rapporter à l'irritation , qui de la tumeur retentit dans l'estomac, et que cette irritation doit être considérée comme étant le commencement de cet état où l'émétique est repoussé par M. Chaussier.

Raisonner autrement ce serait admettre que l'ophthalmie , est le produit des larmes, le coryza l'effet de l'écoulement nasal, et la fluxion de poitrine le résultat des crachats : ce qui serait contre toutes les lois de l'organisme.

De toutes ces considérations nous croyons qu'il faut conclure que le tartre stibié , ou tout autre émétique, ne peut qu'augmenter le mal qu'on se propose de combattre, hâter cet état adynamique qu'on redoute avec raison, et porter le sang à la tête, accident grave si la pustule maligne occupe cette partie, et plus particulièrement encore si le cerveau partage déjà les souffrances des régions externes. Pour qu'on ne nous taxe pas d'opinion exclusive, nous reconnaîtrons que, dans quelques circonstances rares, ils peuvent être utiles; nous allons rapporter un exemple qui, pour n'avoir pas été observé dans le cours de la

pustule maligne , pourra cependant prouver cette utilité.

Un corroyeur de Coulommiers est attaqué d'une fluxion de poitrine; elle se termine heureusement : la respiration était parfaitement li^re, la douleur de côté ainsi que la toux n'existaient plus, la fièvre était complètement tombée. Cependant le malade restait triste, les forces, la gaîté, et le besoin de prendre des alimens ne revenaient pas. La langue était large, d'une bonne couleur, humide, mais recouverte dans la plus grande partie de son étendue d'une matière blanche, épaisse, comme granulée, caséeuse et peu adhérente. Pensant que l'estomac pouvait être tapissé des mêmes matières, et que l'irritation qui les avait produites était entièrement passée , nous fîmes prendre au malade quelques grains d'ipéeacuanha. L'eau rejetée contenait une grande quantité de matière semblable à celle observée sur la langue; dès ce moment, la convalescence fut franche et complète.

Nous n'en dirons pas davantage pour le moment sur le point que nous venons de discuter, nous proposant d'en parler encore à l'article du traitement antiphlogistique local.

Des Purgatifs.

Les purgatifs, selon Fournier, sont indispensables dans le traitement du charbon du Languedoc.

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C'est par leur efficacité, consacrée par une expérience de trente années, qu'il est parvenu à rendre cette maladie moins redoutable et à calmer l'effroi qu'elle inspirait avant lui.

Bayle, comme nous l'avons déjà dit, en parlant de la pustule maligne des Basses-Alpes, a reconnu que les purgatifs doux , mais donnés à hautes doses, étaient le secours le plus efficace contre cette maladie dangereuse.

Ce genre de médicamens produit-il les mêmes effets salutaires dans la pustule maligne, dite de Bourgogne? Non : l'expérience prouve même le contraire; tous les auteurs s'accordent sur ce point; voici comment Thomassin s'exprime à ce sujet :

« J'ai voulu quelquefois les mettre en usage « dans le commencement du mal , c'est-à-dire dans « le temps des accidens, et ils ont occasionné un « érétisme nuisible; en général, on peut s'en pas- « ser, à moins que des indications particulières « n'engagent à y recourir. »

Nous terminerons cet article en observant que nous n'avons jamais purgé dans cette maladie, persuadé que les purgatifs sont inutiles dans le premier degré de la pustule maligne , qu'ils n'ont aucune influence heureuse dans le second et le troisième période , et qu'ils sont évidemment nuisibles quand la gangrène s'étend et menace l'existence du malade.

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Du Traitement convenable à l'état adynamique.

Une adynamie essentielle et réelle peut -elle exister dans la pustule maligne? Nous ne possédons pas assez de faits pour prononcer un jugement définitif à cet égard; mais nous pouvons affirmer que, si elle existe , elle est beaucoup plus rare qu'on ne Ta pensé jusqu'à ce jour.

Les auteurs la reconnaissent à l'âge avancé du malade, à la gangrène toujours croissante, à la petitesse du pouls, ainsi qu'à sa fréquence et à son irrégularité unies aux symptômes de fièvre putride et maligne.

Tous ces accidens formidables, qu'il est si important de prévenir et de combattre , tiennent-ils toujours à la faiblesse? Nous sommes loin de le penser , attendu qu'un homme âgé peut être encore robuste, que la gangrène peut s'étendre par l'intensité de l'inflammation locale ou par l'influence du gonflement lymphatique. Enfin , nous avons reconnu que la petitesse du pouls, son irrégularité sont souvent l'effet de la douleur et des anxiétés qu'elle occasionne. Ajoutons encore à cette série de remarques restrictives les preuves fournies par les travaux de M. le professeur Broussais, et adoptées par un grand nombre de médecins, au nombre desquels il faut placer M. Chaussier, qui fut notre maître et dont l'autorité est d'un si grand poids, lesquelles établissent que les fièvres, aussi»

bien les adynamiques que les ataxiques, sont le résultat d'une irritation qu'on attaque avec plus de succès parles délayans et les antiphlogistiques que par les toniques.

Pour démontrer combien la solution de la question qui nous occupe est importante dans le traitement de toutes les maladies en général, et dans celui de la pustule maligne en particulier, qu'on nous permette de rapporter une observation qui , tout étrangère qu'elle est à notre travail, servira cependant de point d'appui à la doctrine que nous voulons établir.

La fille d'un tapissier de Coulommiers, âgée alors de treize à quatorze ans, fait une chute sur le ventre : la douleur fut vive dans le moment ; cependant elle se calma sans se passer entièrement; la malade put encore, pendant quelque temps, continuer ses travaux et son régime ordinaires; mais bientôt les douleurs abdominales deviennent atroces, la malade crie et s'agite jour et nuit: cette triste position se prolonge environ deux mois. Ces accidens résistent à six ou huit sangsues posées sur la région ombilicale, foyer principal de la douleur, ainsi qu'aux cataplasmes, aux bains et aux lavemens adoucissans ; les potions calmantes sont sans effet; des vésicatoires aux jambes n'ont pas plus de succès; des symptômes adynamiques se déclarent et résistent aux préparations de kina.

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A notre première visite, qui eut lieu à peu près deux mois après l'invasion de la maladie, nous trouvâmes la malade plongée dans une maigreur extrême : la peau était verte, la langue fort épaissie, humide et couleur lie de vin foncée. Les vésicatoires des jambes, secs et noirs, ne suppuraient pas. Le pouls, à peine sensible , annonçait que la vie était sur le point de s'éteindre. La région ombilicale gonflée , dure , très sensible , et la constipation indiquaient que la cause de tous ces accidens était dans cette région.

Malgré la grande faiblesse de la malade , trente sangsues furent appliquées sur la tumeur : l'écoulement du sang fut abondant ; à mesure qu'il s'échappait, les douleurs se calmaient et le pouls se relevait. A notre visite du soir, le pouls était bon et régulier, les douleurs considérablement diminuées; la langue avait perdu une grande partie de son épaisseur, et pris une couleur rose tendre. Les vésicatoires, humides et suppurans, n'étaient plus fuligineux.

Le lendemain, quinze nouvelles sangsues furent encore appliquées sur le ventre pour enlever un reste de douleur; dans la journée, des évacuations alvines annoncèrent un soulagement complet, et la convalescence fut aussi courte que la maladie avait été longue et dangereuse.

Il n'est pas besoin de grandes^ réflexions pour reconnaître que l'aclynamie de notre jeune ma-

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lade n'était qu'apparente, et le succès du traitement en est la preuve incontestable.

Si nous rapprochons ce fait de celui de la pustule maligne, il faudra bien reconnaître qu'une gastro-entérite exercera sur la tumeur gangreneuse la même influence fâcheuse que l'inflammation intestinale a portée sur les vésicatoires de la malade qui fait le sujet de l'observation qu'on vient de lire.

Ce que nous venons de dire au sujet des irritations intestinales est encore applicable à tout autre foyer de phlegmasie. Nous allons le prouver par une observation extraite de la page ^26 du III6 volume de la Clinique chirurgicale de M. Pelletan, ainsi que par les réflexions propres à son célèbre auteur.

«Marguerite Gauthier, âgée de soixante ans, « d'une faible constitution , en proie depuis long- « temps à une maladie interne , inconnue aux mé- « decins qui la traitaient, vint à l'Hôtel-Dieu le « 23 février 1808 , pour une hernie crurale, étrange glée depuis huit jours. La lenteur des symptômes « ne m'en imposa pas, quoiqu'elle fût plus carac- « térisée que de coutume; et comme ils avaient été « permanens, je me décidai sur-le-champ à l'opé- « ration; elle fut simple : l'intestin était assez gra- « vement enflammé; mais j'en fis la réduction sans « peine. Les évacuations alvines se firent promp- « tement et avec modération. La malade éprouva

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« le plus grand soulagement, et ne se plaignit que « d'une extrême faiblesse. Le lendemain, l'état gé- « néral était satisfaisant , à la faiblesse près ; les « évacuations étaient médiocres et suffisantes; on « chercha à soutenir les forces avec du vin et une « potion appropriée; mais la malade mourut le « troisième jour de l'opération, sans plaintes ni « souffrances.

« L'examen du cadavre nous montra toute la « peau du corps terreuse , noirâtre et écailleuse ; « tous les viscères relatifs à la hernie étaient sains, « même la portion intestinale qui avait formé la « tumeur.

« Le rein gauche était très volumineux, entouré « d'une graisse compacte ; sa substance était aussi « le siège d'un engorgement lymphatique, qui lui « donnait l'apparence du lard; l'intérieur du rein « contenait beaucoup de pus, et il y avait dans le* <(. bassinet une pierre urinaire d'une forme bizarre, « telle qu'elles se trouvent quand elles occupent « les divisions qui vont former le bassinet.

« II n'est pas douteux que cette maladie latente « ne fût la cause de la langueur dans laquelle «cette femme vivait depuis long-temps , et il est « malheureux a™ avoir à traiter une maladie évite dente chez un sujet ruiné par une maladie in-* «connue. »

Que pouvait -on espérer du kina dans ce cas particulier? Reconnaissons que ce qu'il y aurait eu

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g de plus convenable à la position de cette femme aurait été de reconnaître la maladie du rein, et de la détruire , si la désorganisation de la partie n'avait pas été un obstacle insurmontable.

Mais à quels signes pourra-t-on distinguer cette faiblesse apparente de celle qui peut exister réellement dans la pustule maligne ? A la bonne santé antérieure du malade , à l'absence de toute lésion consécutive , aux progrès de la gangrène qui s'étend plutôt par l'empâtement froid de la partie que par l'effet d'un mouvement fluxionnaire, qui a cessé d'exister, et à la mollesse du pouls unie à sa petitesse.

Maintenant étudions les propriétés des remèdes toniques préconisés contre l'affection gangreneuse, objet de nos recherches. Tâchons de découvrir si elles existent règlement , et si les restrictions apportées par les auteurs même qui les emploient , n'ajoutent pas un degré de force à toutes les idées répandues dans ce chapitre.

Chambon observe que les alexipharmaques , auxquels on attribue la propriété de résister à la malignité, ne peuvent pas manquer de trouver place dans le traitement de la pustule maligne : pour être utiles, selon lui, ils doivent déterminer l'éruption vers la peau et augmenter l'action des solides sans les troubler.

D'après le mode d'action du virus charbonneux sur l'homme, on doit reconnaître la futilité de la

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première indication. Quant à l'action tonique qui résulte de ces médicamens, voici Comme notre auteur en parle lui-même : « Un régime chaud ne « serait pas moins nuisible que des remèdes incen- « diaires : le propre du venin délétère est de com- « muniquer au sang une disposition inflammatoire « et caustique; ainsi les alimens et les boissons qui « auraient de l'âcreté accéléreraient l'inflammabi- « lité et la mortification, surtout dans la vigueur* « du mal où le désordre est général, car alors la « diète doit être sévère ; on accorde seulement un « peu de nourriture et du vin à proportion que les « accidens diminuent. »

C'est après ces raisons sages que Chambon propose le sel volatil de vipère dans les premiers temps de la maladie; car, quand l'incendie est général, ce médicament, ainsi que ceux qui sont de même nature, serait plus nuisible qu'utile, et le moment où il le juge nécessaire est le même que celui où il prescrit un régime sévère et calmant.

En vérité , il est impossible de ne pas porter sur ces contradictions la même improbation qui a terminé l'article Tartre stibié.

Les médicamens qui ont été le plus générale» ment employés contre la pustule maligne sont le vin, la thériaque , l'alcali volatil et le kina.

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Du Vin.

Le vin est une liqueur stimulante qui anime particulièrement la circulation. Sous ce rapport, il sera utile dans la pustule maligne accompagnée d'une débilité réelle et non produite par des lésions inflammatoires des organes, au premier rang desquels il faut placer celle du cerveau , du poumon et de l'estomac.

Nous n'ignorons pas que souvent les gens de la campagne sont soulagés de leurs défaillances par cette boisson*; mais ce bien momentané est acbeté quelquefois bien cher par la fièvre qu'elle peut allumer. Du reste, on ne peut raisonnablement en espérer du succès, dans ce cas, que quand ces défaillances ne sont pas le produit d'un obstacle matériel, comme l'infiltration de l'engorgement dans le cerveau, dans le poumon, dans la trachée, etc., mais bien l'effet d'un malaise vague qui émane de la tumeur, accident plus efficacement combattu par le traitement local.

Si cette liqueur alcoolique est jugée utile , elle ne sera prescrite que par cuillerées données toutes les deux à trois heures; les doses seront éloignées, rapprochées ou supprimées entièrement selon l'effet obtenu.

Thomassin employait fréquemment pour breuvage ordinaire le vin blanc coupé avec beaucoup d'eau. Mais ce que nous avons dit du vin pur s'applique également à l'eau vineuse.

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De la Thèriaque.

La thèriaque, mélange aussi ridicule qu'ancien, contenant environ un grain d'opium par gros, beaucoup moins employé de nos jours qu'autrefois, a été préconisée contre la pustule maligne; mais elle peut être remplacée avec avantage par des agens plus simples.

Chambon, si partisan des toniques, lui donne cependant l'épithète d'incendiaire. Si, en raison de l'opium qu'elle contient, elle peut calmer la douleur , par la même raison elle sera fort nuisible si la pustule maligne est à la tête et menace d'atteindre le cerveau , etc.

La thèriaque est fréquemment employée à l'extérieur : on l'applique étendue sur un linge à la surface gangrenée; ses effets, dans ce cas, son.t peu marqués, et, par cette raison, elle peut être remplacée par le styrax ou toute autre substance. L'opium qu'elle contient se trouve dans ce mode d'emploi en trop petite quantité pour agir utilement.

Peut-être que, dans les premiers momens de la pustule maligne, l'extrait pur de cette matière calmante pourrait être employé avec succès; cette idée a pour base deux faits qui nous sont particuliers. Le premier est relatif à une brûlure de phosphore qui nous avait perforé l'extrémité du doigt comme aurait pu le faire une vrille ; cette brûlure ,

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très douloureuse , a été guérie sans douleurs et sans inflammation par une solution concentrée et bourbeuse d'extrait gommeux d'opium dans un peu d'eau, appliquée au moment même de l'accident et continuée pendant quelques jours.

Le secondes! relatif à une fermière des environs d'Amilly, qui, depuis un mois, éprouvait une inflammation légère dans une partie du sein : la peau, dans une étendue peu considérable, devenait d'un rouge pâle, puis elle s'ouvrait pour donner passage à des lambeaux blancs du tissu cellulaire; à peine étaient-ils détachés qu'une petite inflammation nouvelle se faisait dans le voisinage et se terminait de la même manière : le chirurgien donnait cependant du quinquina, mais sans succès. À notre première visite, une partie du Sein était déjà dé^ truite , particulièrement du côté de l'aisselle. Notre avis fut de ne pas attendre la gangrène et d'inciser de suite avec la pointé d'une lancette la partie qui était sur le point de rougir : notre opération n'eut d'autres résultats que de diminuer le foyer gangreneux. Nous proposâmes alors de poser sur le lieu qui voudrait se phlogoser des linges imbibés d'une forte dissolution d'opium unie à de l'extrait de saturne ; ce remède eut tout le succès désirable, et la malade s'est rétablie parfaitement

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De l'Alcali volatile

Nous n'avons jamais senti le besoin d'employer ce médicament, que Leroux, chirurgien célèbre de Dijon , paraît avoir le premier appliqué à la cure de la pustule maligne.

Si l'on fonde son efficacité sur sa propriété sudorifique, on se trompe, attendu que les sueurs ne peuvent rejeter au-dehors un virus qui n'existe pas à l'intérieur; si c'est sur sa faculté stimulante, nous lui appliquerons ce que nous avons déjà dit du vin et de la thériaque; si c'est enfin sur une prétendue propriété anti-septique, nous laisserons à M. Chaussier lui-même le soin de combattre cette assertion. Cet auteur reconnaît qu'il est inefficace pour borner la gangrène; qu'il serait surtout très nuisible aux scorbutiques, aux malades épuisés par une hémorrhagie , tourmentés par une chaleur interne , et à ceux dont la langue est sèche et aride. Mais ce même médecin admet qu'il pourra être utile dans les premiers temps de la maladie chez les vieillards, les sujets phlegmatiques, dont le pouls est mou et grand, et la langue humide; mais qu'il faut le donner à petites doses dans une infusion de scabieuse ou de véronique, et en cesser l'usage s'il provoque de la chaleur à la gorge et des picottemens à la peau. Ces observations sages, applicables aux autres toniques, confirment les règles générales que nous avons établies.

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Du Quinquina.

Les propriétés du quinquina, connues par les Péruviens, indiquées par ceux-ci aux Espagnols, répandues en Europe par les jésuites qui ne livraient cette écorce qu'au poids de l'or , sont-elles aussi utiles qu'on le pense pour combattre la gangrène ? Pour répondre à cette question importante, il faut bien tenir note du véritable état de l'organisme au moment de sa prescription, et bien distinguer ses propriétés réelles de celles qui ne sont qu'illusoires.

Le kina donné à petite dose sur un homme sain n'a d'effet bien sensible qu'à la longue; prescrit à la dose de deux gros et plus , il stimule les voies digestives, accélère la circulation, provoque des hémorrhagies , augmente la chaleur naturelle, détermine des sueurs, colore les urines, cause la constipation ou des évacuations alvines.

Si cette substance ne possédait que ces propriétés communes à beaucoup d'autres, son emploi en médecine serait d'une bien faible ressource ; mais elle en possède une bien précieuse, que rien jusqu'à ce moment n'a pu remplacer : on voit que nous voulons parler de sa faculté anti-périodique.

Ainsi, le kina est véritablement tonique et possède encore d'une manière incontestable la faculté d'arrêter toutes les maladies douées de retours ou d'accès périodiques. Sa vertu anti - septique est

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moins démontrée; elle n'est même établie que sur sa propriété tonique, et nous savons que penser de la prétendue débilité à laquelle on l'opposait trop généralement. Revenir sur ce point, ce serait abuser de la patience du lecteur : pour ne pas tomber dans cette faute, nous allons indiquer immédiatement les cas où il peut être inutile , bon ou nuisible, et nous terminerons ce chapitre, déjà bien long , par l'opposition des idées des auteurs qui l'ont employé dans la pustule maligne.

Le kina ne convient pas au premier ni au second degré de la pustule maligne , parce qu'à ces époques la maladie est purement locale.

Il est évidemment nuisible au troisième période; il ne pourrait qu'accroître l'éréthisme, qui, de la tumeur, s'étend à tout l'organisme. Son utilité est mieux démontrée au quatrième degré, quand la gangrène, au lieu de se borner, continue à s'étendre, et que ses progrès ne sont pas l'effet d'une irritation interne quelconque.

Si l'on trouve nos observations justes, on ne manquera pas de trouver les éloges donnés par Chambon à l'écorce péruvienne vagues et exagérés.

«Le quinquina, essentiellement tonique, est ence core un puissant alexipharmaque ; il soutient les « solides, les défend de l'action de l'humeur charce bonneuse; il ne lui manque qu'une propriété « pour réunir à lui seul toutes celles qui sont né»

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« cessaires à la cure du charbon : c'est de pousser la « matière vers la peau. Il pourrait satisfaire à toutes « les indications, s'il était uni avec le camphre et « le sel ammoniac sous forme solide, ou si son in- « fusion était jointe à quelques remèdes sudori- « fiques. »

Thomassin ne partage pas l'enthousiasme de Chambon : ses vues sont plus réfléchies, plus sages et plus justes; le lecteur va en juger par lui-même :

« Si nous pensons, avec Pringle et Macbride, « que la propriété médicinale du kina dépend de « ses qualités fermentative et anti-septique , nous « reconnaîtrons qu'elles ne peuvent être d'aucune « utilité dans notre charbon, qui est sans pourri- « ture; si nous pensons, avec la plupart des méde- « cins, que le kina donne de la consistance aux « liqueurs , du ton aux solides, qu'il dispose le sang « à l'inflammation, il ne convient pas davantage; « les liquides ont déjà trop de consistance, et les « solides sont dans un défaut d'action qui dépend « peut-être de ce qu'ils sont déjà trop tendus.

« Pringle, zélé partisan du kina, fait à ce sujet « une remarque pratique des plus utiles et des plus « judicieuses : Les différentes maladies exigent difaférens antiseptiques j dit cet illustre médecin ; « ainsi, la même maladie ne cède pas toujours aux « mêmes remèdes. Le kina ne réussira pas dans la « gangrène, si les vaisseaux sont trop pleins ou le si sang trop épais. Mais, si les vaisseaux sont relâ-

« chés et le sang dans un état de dissolution, ou « disposé à la putréfaction, soit par une mauvaise tf constitution , soit pour avoir absorbé quelques « matières putrides, le kina est alors un spécifique « souverain; mais lorsque les symptômes inflam- « matoires dominent, le même remède, en aug- « mentant l'action , la tension des fibres et l'épais- « sissement du sang, occasionne tous les accidens « fâcheux auxquels on doit s'attendre en pareil <* cas. »

Nous venons d'étudier les effets du kina introduit dans l'estomac; pour compléter ce que nous avons à dire sur cette substance , il ne nous reste plus qu'à l'examiner dans son action sur l'escarre, sur la plaie et sur la peau environnante.

Le kina, dans tous ces cas, est usité sous la forme pulvérulente ou en décoction.

De la Poudre et de la Décoction de kina.

Quand l'escarre est sèche, cette poudre est absolument inutile; si, au contraire, elle est molle, chargée d'humidité, elle aura l'avantage de la dessécher, de la durcir en la tannant en quelque sorte. ,

Cette poudre sera dangereuse dans une plaie étendue, douleureuse, surtout si une portion nerveuse est mise à découvert; et on s'en passera parfaitement bien si la plaie est d'un aspect favorable. Cette même substance sera sans effet sur

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la peau saine ; elle irritera celle qui est enflammée.

Ce qui vient d'être dit au sujet de la poudre est applicable à la décoction , qui a en outre l'inconvénient grave de laisser sur la peau un dépôt rougeâtre difficile à enlever et qui s'oppose à la perspiration locale.

Dans tous les cas , nous estimons qu'une infusion aromatique quelconque, animée avec un peu d'eau-de-vie, lui sera toujours préférable , appliquée sur l'empâtement froid qui persiste après l'irritation.

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