‹ De la putridité morbide et de la septicémieChapitre 10 sur 15 · DE GASPARD A VIRCHOW · texte numérisé non relu

DE GASPARD A VIRCHOW

1825. — Leuret 1 à l’école d’Alfort, Lassaigne, Dupuy, ont, dés 1825, fait de nombreuses expériences sur l’introduction des matières putrides dans le sang. — Colin d’Alfort, de nos jours, n’a pu y ajouter que les courbes thermométriques.

Leuret inocule du sang charbonneux, et le tableau qu’il trace des symptômes cliniques, des lésions cadavériques, forme la transition entre les aff&ctions putrides simples et les affections graves occasionnées par le charbon. *

1826. — Trousseau et Dupuy2, professeur à Alfort, répètent ces expériences sans y joindre la condition de nature charbonneuse. Une des plus probantes est l’expérience n de leur mémoire.

Bouillaud, dans son Traité des fièvres, donnait une série d’observations d’infection putride à la suite de phlegmasies extérieures terminées par suppuration ou gangrène. Les fièvres putrides de l’ordre chirurgical ou traumatique sont celles qui prennent leur origine dans un foyer extérieur de septicité.

En 1827, Hamont3 injecta à un cheval du pus fétide pris dans un abcès gangréneux d’un autre cheval, et lit une transfusion, après trois jours, à un autre cheval. Le premier mourut le quatrième jour, en présentant des ecchymoses dans les muscles, l’intestin, les reins, le cœur, et des abcès du poumon. Le second mourut le cinquième jour, en présentant à peu près les mêmes

lésions.

1 Thèse de Paris: Essai sur l'altération du sang, mai 1826. — Aualysê dans les

Archives de médecine, tom. II, pag. 98. 1826.

2 Archives de médecine, pag. 378. 1826. —Expériences et observations sur les altérations du sang considérées comme causes ou comme complications des maladies

locales.

a Journal pratique de médecine vétérinaire, pag. 481. 182/.

En 1828. Maréchal' et Dance 1 2 reprennent l’idée de phlébite émise par Ribes. — Dance ne fait pas la différence entie 1 infection purulente et l’infection putride, quoique l’expérience qu’il ait faite démontre cette dernière.

Malgré l’existence d’expériences antérieures avec des liquides, il n’a pas vu la cause de la différence des accidents. Cependant il ajoute : « D’après toutes ces raisons, il nous semble plus conforme à l’explication des faits d’admettre que le sang, s’imprégnant plus ou moins de molécules purulentes, devient un agent de prostration générale et d’irritation locale, dont les effets sont des phénomènes généraux extrêmement graves, auxquels succèdent promptement des inflammations purifères.

En 1846, Castelnau et Ducrest3 font des injections sur des chiens pour chercher la cause des abcès multiples.

En 1849, Sédillot * publie le résultat d’expériences on ne peut plus variées. Il a fait des injections de pus sain, de pus putride, de sérosités putrides filtrées, et il a rencontré toutes les formes des infections purulentes et putrides. Il a tracé de main de maître le tableau différent de l’abcès métastatique et de la gangrène putride, suite des injections avec des liquides altérés.

On trouve dans ses nombreuses expériences, aussi variées que judicieusement appréciées, toutes les idées principales développées plus tard par les auteurs allemands : depuis l’action d’un poison subtil, réduclible par la chimie, jusqu’à une variété des expériences deM. Colin d’Alfort, qui n’pn sont qu’une copie.

Voici le résumé de sa doctrine :

« La pyohémie est particulièrement caractérisée par la purulence et déterminée par le mélange au sang d’un pus louable et sans odeur. L’infection putride est de nature essentiellement gangréneuse, et est causée par l’introduction dans le sang de la sérosité altérée du pus. Cette affection ne paraît pas avoir été

1 Thèse de Paris.

2 Archives de médecine, pag. 169. 1828.

3 Mémoires de 1 Académie des sciences.

De 1 infection purulente ou pyohémie. Paris, 1849.

isolément observée sur l’homme; mais on est en droit de l’admettre dans certains cas comme complication de l’infection purulente, dont les accidents deviennent alors beaucoup plus graves.»

« La purulence est le trait distinctif de la pyohémie, tandis que la gangrène dénote essentiellement la nature de l’infection putride. Si l’élément putride introduit dans le sang est abondant et très-actif, la mort a lieu avant le développement d’aucune altération matérielle appréciable (voy. Exp. 35). Mais ces conditions existent rarement dans les complications de pyohémie, seul cas où nous ayons à nous occuper de l’intoxication purulente, et on trouve alors sur les poumons des saillies noirâtres, brunes ou grises, à parois molles, véritables phlyctènes gangréneuses remplies d’un sang altéré et spumeux. Les tissus affectés se déchirent sans résistance ou se rompent spontanément, et offrent des surfaces érodées grisâtres, irrégulières, comme découpées à l’emporte-pièce, et plus ou moins étendues. La suppuration est tardive et se forme à la circonférence des parties mortifiées. Des pétéchies peuvent se montrer sur différents points du corps, et le sang subit probablement des altérations dont l’étude n’est pas assez avancée pour être abordée ici. »

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