‹ De la recherché de la vérité (volume 3)Chapitre 11 sur 108 · TOUCHANT CETTE DERNIERE ÉDITION · texte numérisé non relu

TOUCHANT CETTE DERNIERE ÉDITION

Je crois devoir avertir le lecteur que, de toutes les éditions qu'on a faites de la Recherche de la Vérité, à Paris et ailleurs, celle-ci est la plus exacte et la plus ample 1. Car outre que je me suis servi de l'édition précédente, qui était la meilleure de toutes, j'y ai encore ajouté plusieurs éclaircissements aux endroits que j'ai cru en avoir quelque besoin. Gomme j'avais avancé dans le seizième éclaircissement un sentiment contraire à celui de M. Descartes touchant la matière subtile, j'ai cru devoir expliquer plus au long ce que j'en pense, parce qu'il me paraît évident que c'est le dénouement de beaucoup de difficultés qu'on trouve à rendre des effets les plus généraux de la nature. C'est ce que je fais voir par plusieurs exemples dans ce que j'ai ajouté au seizième éclaircissement. J'ai ajouté aussi, à la fin de l'ouvrage, une espèce d'abrégé d'optique, parce que c'aurait été un éclaircissement trop long et qui aurait trop interrompu la suite. J'avertis que, pour concevoir nettement ce que je dis des erreurs de la vue, il est nécessaire que ceux-là du moins qui ne savent pas comment les yeux sont composés, ni comment ils servent à voir les objets, lisent ce dernier éclaircissement avant, ou en môme temps que ce que je dis dans le premier livre des erreurs de la vue. Peut-être môme que ceux qui ont étudié l'optique y apprendront quelque chose qui les dédommagera de la peine qu'ils auront prise de le lire.

Comme les autres ouvrages que j'ai faits ont beaucoup de rapport à la Recherche de la Vérité, il serait assez inutile que

1 II dit la même chose dans l'édition de 1700. Mais on voit par ce qui suit que cette dernière édition de 1712, celle que nous suivons, mérite seule cet éloge, et que Malebranche s'est appliqué à éclaircir, à compléter l'édition de 1700 pendant les dernières années de sa vie.

j'y tisse encore de nouvelles additions ; car j'espère que ceux qui voudront bien lire mes autres écrits, et que j'ai cités en marge à ce dessein, y trouveront les éclaircissements qu'ils peuvent souhaiter sur celui-ci, et même beaucoup de vérités de la dernière importance.il est impossible de tout dire et de tout éclaircir en même temps, car les vérités ont entre elles trop de liaisons ; à force de vouloir éclaircir, on confondrait tout. On trouvera donc encore quelques obscurités et quelques équivoques dans la lecture de l'ouvrage, ou par ma faute ou par celle du lecteur. Mais l'attention, l'équité, et le pouvoir qu'on a de suspendre son jugement jusqu'à ce que l'évidence paraisse, peuvent remédier à tout; car le vrai se conçoit clairement, mais le faux est absolument incompréhensible.

Comme il s'est fait plusieurs éditions différentes de mes livres, dont la plupart sont imparfaites et très peu correctes, et sur lesquelles néanmoins on a fait des traductions en langue étrangère, je crois devoir avertir que, de toutes celles qui sont venues à ma connaissance, les plus exactes pour le sens (car je ne parle point des fautes qui ne le troublent pas, et que le lecteur peut corriger, comme celles de ponctuation et d'orthographe et quelques autres) sont : les Conversations Chrétiennes de l'édition de Paris en 1702; le Traité de la nature et de la Grâce, de la dernière édition de Rotterdam, qui s'est faite cette année ; le Traité de Morale, imprimé à Lyon en 1707; les Méditations Chrétiennes, imprimées aussi à Lyon en 1707; les Réponses à M. Amauld, à Paris en 1709; les Entretiens sur la Métaphysique et sur la Religion, à Paris en 1711 ; le Traité de V amour de Dieu et la suite, à Lyon en 1707. J'ai mis ces ouvrages selon Tordre des temps qu'ils ont été composés, afin que ceux qui les veulent lire et en juger suivent cet ordre, et expliquent par les derniers ce qu'ils trouveront peut-être obscur dans les premiers.

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