DE LA KRCHKKCHK M LA VÉRITÉ
S'il hupp^te çle régie? les sens, il n'importe pas moins de faire taire l'imagination.
L'imagination dépend des sens, et participe à leurs défauts, mais elle a sa malignité particulière. Elle dénatuxe^pjus profondément ]f)* filinsp^ elle étend plus au loin ses ravages. Malebranche fait ici, comme nous l'avons déjà remarqué, une part considérable à l'hérédité. Dès le ventre de la mère, l'imagination commence à exercer sur nous sa maligne influence. Les impressions du cerveau de la mère se communiquent à celui de l'enfant et influent à la fois sur son corps et son esprit. Ainsi les mères déposent-elles dans le cerveau de leurs enfants les germes de leurs propres passions et corrompent-elles, pour ainsi dire, par avance leur esprit et leur cœur. Peu d'enfants, selonMalebranche, arrivent au monde qui n'aient déjà l'esprit mal tourné en quelque chose et qui n'apportent avec eux quelques germes particuliers d'erreurs. De là les bizarreries morales, les faiblesses d'imagination héréditaires qu'on remarque dans certaines familles.
Si la rectitude de la raison de l'enfant est déjà plus ou moins compromise, dans le sein même de la mère, combien le péril n'est-il pas plus grand quand il vient au monde ! Il semble que tout conspire au dehors de lui pour dérégler son imagination ; tout lui est nouveau, étrange et terrible ; tout blesse profondément ce cerveau encore si tendre. Or, de ces blessures il en est qui ne guérissent pas, et de ce premier bouleversement, comme de celui causé par l'action du cerveau de la mère, dérivent une foule d'inclinations ou d'aversions dont plus tard on ne peut retrouver l'origine. Ajoutez les contes ridicules des mères et des nourrices qui achèvent de perdre l'esprit de l'enfant, en y jetant les semences de toutes les plus ridicules appréhensions et de toutes les faiblesses ; il faut aussi tenir compte de l'état physique du cerveau d'où dépend celui de l'esprit , et qui donne à chaque âge et à chaque sexe une nature différente d'esprit et d'imagination. La trop grande délicatesse des libres du cerveau rend les femmes en général incapables de découvrir des vérités un peu cachées. Une bagatelle les détourne; un rien les effraye. La manière, non la réalité des choses, remplit leur esprit. La dureté des fibres rend les vieillards incapables d'apprendre des choses nouvelles, parce qu'elles ne peuvent plus recevoir de nouvelles traces.
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11 y a des causes morales, lices à des causes physiques, qui n'agissent pas moins puissamment sur les diversités et les travers de l'imagination, selon les conditions et les emplois de chacun dans la société. Les esprits animaux, que Malebranche fait intervenir, non moins fréquemment que Descartes, dans l'explication de divers phénomènes psychologiques, vont d'ordinaire naturellement dans les voies les plus frayées du cerveau, c'est-à-dire dans les traces des idées les plus familières. De là une influence décisive de l'état où l'on est engagé, de la condition dans laquelle on vit, sur l'esprit et sur la manière de voir les choses, de là aussi, la cause la plus ordinaire de la confusion et de la fausseté des idées. On croit voir un visage dans la lune, quoique ses taches n'y ressemblent guère, parce que les traits de la figure humaine nous sont plus familiers que tout autre objet. Une maladie nouvelle fait-elle de grands ravages ; elle imprime des traces profondes dans le cerveau ; désormais on croit la reconnaître dans toutes les maladies. Pourvu qu'un seul de ses divers symptômes s'y rencontre, on ne tiendra nul compte de l'absence de tous les autres. Si c'est le scorbut, toutes les maladies nouvelles seront le scorbut pour les imaginations épouvantées. Ainsi en est-il aujourd'hui aussi, à propos de toute épidémie, à propos du choléra, comme du scorbut.
Parmi les manières de vivre qui faussent le plus l'imagination, Malebranche n'hésite pas à mettre l'emploi des personnes d'étude. Il n'épargne pas les travers, les préjugés des érudils qui étaient le principal obstacle au succès des nouvelles doctrines, lisse servent de leur mémoire, plutôt que de leur esprit, semblables à celui qui fermerait ses yeux pour se conduire par les yeux des autres. Paresse naturelle, incapacité de méditer, sotte vanité de passer pour savant, respect de l'antiquité, telles s uit les causes principales de leurs erreurs et de leurs préjugés. Il faudrait, dit-il, spirituellement, que les vérités nouvelles vinssèûl avec de la barbe au menton pour se faire agréer de pareilles personnes. Les anciens n'é(aient-ils donc pas des hommes comme nous? C'est nous d'ailleurs, dit-il avec Bacon, avec Descartes , avec Pascal, qui sommes les anciens du inonde. « Au lemps où nous vivons le monde est plus âgé de deux mille ans ; il a plus d'expérience, il doit être plus éclairé, c'est la vieillesse et l'expérience du monde qui fait découvrir
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la vérité. » Ainsi les cartésiens retournaient-ils habilement en leur faveur ce respect aveugle de l'antiquité qui avait si longtemps retardé les progrès des sciences et de la philosophie.
Les personnes d'é ude, sous l'empire de ce préjugé, emploient leur temps à la lecture des anciens, d'où la confusion dans l'esp;it, d'où l'incapacité de penser par soi-même. Ne voit-on pas que les personnes qui ont le plus de mémoire ne sont pas celles qui ont le plus de jugement? Scientia inflat; c'est aux sciences de mémoire que Malebranche applique ces paroles de saint Paul, parce qu'elles ont plus d'éclat et donnent plus de vanité que la vraie science. Voici un autre travers, non moins vivement peint, des personnes d'étude. Elles s'entêtent de quelque auteur et ne s'inquiètent plus de ce qu'il faut croire, mais de ce que cet auteur a cru. Quelle piquante critique d'une certaine classe de commentateurs plus soucieux de savoir ce qu'Aristote a pensé de l'immortalité de l'âme que de savoir si l'âme est immortelle ! Il en est même qui ont composé des livres sur cette soûle question de savoir ce qu'ont pensé certains commentateurs sur ce qu'avait pensé Aristote. En matière de foi, suivant une distinction que Malebranche, comme Arnauld et la plupart des cartésiens, ne cesse de reproduire , ce n'est pas un mal de rechercher ce qu'on a cru, et il faut aimer l'antiquité, car la vérité s'y trouve ; en philosophie, au contraire, il faut aimer la nouveauté, parce que la raison veut que nous jugions les anciens plus ignorants que les modernes.
Il n'épargne pas même d'assez dures vérités à ceux qu'il appelle des personnes d'autorité et aux théologiens ; à ces personnes vénérables il reproche respectueusement, mais non sans ironie, de ne pas faire usage de leur esprit pour les vérités spéculatives, d'incliner à se croire infaillibles parce pu'on les écoute avec respect, de condamner trop librement tout ce qu'il leur plaît de condamner. Au sein de l'Oratoire même, Malebranche avait vu de près ces travers des personnes d'autorité et il en avait plus d'une fois ressenti péniblement les effets.
Nous sommes trompés, non seulement par les fantômes de notre imagination, mais aussi par l'imagination des autres dont nous recevons le dangereux contre-coup. Dans la troisième partie du deuxième livre sur l'imagination, Malebranche traite
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cîc la communication contagieuse des imaginations. C'est une des parties les plus neuves et les plus intéressait' 63 de l'analyse des erreurs de l'imagination. Cette communicat'on dépend d'une inclination naturelle à imiter ceux q, i nous entourent pour nous en faire bien venir, et aussi de l'empire des imaginations fortes sur les esprits faibles. Voici le port: ait des hommes à imagination fuite. Absorbes par la vive impression des obje's 'es moins considérables, ils sont incapabl s de juger sainement des choses compliquées et difficiles. Excessifs en tout, jamais ils ne voient les choses telles qu'elles sont; ils admirent tout, se récrient sur tout, ils se repaissent des plus vaines illusions. Que de châteaux en Espagne ne bâtissent-ils pas à tout propos ! Se font-ils auteurs, ce ne sont qu'emportements et mouvements irréguliers; toujours ils sont guindés, forcés, hyperboliques. Ils agissent sur les autres, plaisent, persuadent (t touchent par le don de s'exprimer d'une manière forte et vive, par la hardiesse des ligures. Tertullien, quoique fort cité par les théologiens *, Séné que et surtout Montaigne, sont les auteurs qu'il donne comme exemples de ce pouvoir qu'ont les hommes à imagination forte de persuader sans aucune espèce de raison. On peut trouver sévère, mais non dénuée de justesse et de vérité, la vive critique qu'il fait de ces trois auteurs en trois chapitres successifs.
Malebranchc nous montre encore cette contagion de l'imaginai ion du supérieur aux inférieurs, du prince aux courtisans, des parents aux enfants. Si la mère grasseyé, la fille grasseyé, si Alexandre penche la tète, tous les courtisans penchent la tète. Malebranchc a-t-il dit, comme on le répèle, que l'imagination est la folle du logis ? s'il l'a dit, ce n'est ni dans la Recherche, ni dans ses autres ouvrages. Je trouve sculemenl, dans le cinquième entretien métaphysique, qu'il la traite de folle qui se plaît à faire la folle. Partout, en effet, elle nous montre des fantômes à la place de la réalité ; elle détruit la vraie nature de toutes choses, elle trouble et dissipe toutes les véritables idées, elle corrompt le cœur en une infinité de manières, elle nous absorbe par les images des choses sensibles, d'autant
' On verra tout un éclaircissement où Malebranchc se justifie de, ses attaques contie Tertullien.
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plus dangereuse quelle a plus de force el d'étendue. On né peut faire la guerre à l'imagination avec une plus belle et plus vive imagination, comme Font remarqué Fontenelle, le P. André et d'autres historiens de Malcbranchc.
Les inclinations et les passions qui sont l'objet du quatrième el du cinquième livre ont aussi une place considérable dans cette revue générale des causes de nos erreurs. De l'inclination pour le bien en général qui, selon Malebranclie, est la source de toutes les autres, découlent deux causes d'erreurs , lin* constance de la volonlé et le goût pour le grand et l'extraordinaire. Toujours inquiète, et ne trouvant rien qui remplisse sa capacité d'aimer, la volonlé ne nous permet pas de nous arrêter longtemps aux mêmes choses, tandis que la découverte de la vérité n'est qu'au prix d'une longue application. D'un autre côté ne trouvant pas dans les choses ordinaires le bien qu'elle cherche, l'âme se porte aux choses grandes et extraordinaires. Mieux vaut sans doute cette curiosité naturelle et nécessaire que le repos dans le mensonge, mais comlren n'a-t-elle pas besoin d'être réglée ?
Plus nombreuses sont les erreurs qui dérivent de l'amour de nous-mème que celles qui ont leur source dans l'amour du bien en général. Malebranclie divise l'amour de nous-mème en amour de l'être et amour du bien-être, ou de la grandeur et du plaisir. L'amour de la grandeur nous porte à désirer toutes les choses qui nous donnent autorité et indépendance, comme la science, la vertu, les richesses. Non seulement nous désirons les posséder, mais surtout paraître les posséder, à cause des avantages qu'elles procurent. 11 n'y a pas jusqu'à l'inclination pour la vertu qui ne puisse elle-même nous engager dans l'erreur. Malebranclie ne ménage pas plus les travers des personnes de piété que ceux des théologiens. Ces personnes s'appliquent aux bonnes œuvres, aux choses du salut, en quoi elles font bien sans doute, mais elî^s dédaignent, ce qui est mal. les sciences humaines. Tout au aoins devraient-elles excepter certaines parties de la métaphysique, car la certitude elle-même de la foi, dit Malebranclie, dépend de la connaissance que la raison nous doniiG de Dieu. D'un autre côté le désir de la science nous égare aussi en nous poussant à vouloir tout embrasser^ à savoir toutes les sciences et à dédaigner celles
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qui ont réellement le plus d'importance pour celles qui donnent le plus d'éclat. La plupart des hommes ne recherchent pas ce qui peut leur être le plus utile, mais ce qui peut le mieux les faire passer pour savants. Ce désir de paraître savants achève de renverser leur esprit et de leur faire perdre le sens commun, pour ne dire que sottises et paradoxes. Tels ils se montrent dans les conversations et aussi dans les livres qui ne méritent pas l'indulgence des conversations improvisées. C'est une faute grave, selon Malcbranche, que de faire un méchant livre, mais c'est une faute dont on est plutôt récompensé que puni. On regarde les auteurs comme des hommes rares et on les vénère, au lieu de les punir. Le but de ces mauvais auteurs n'est pas d'instruire et de perfectionner les autres, mais de les étourdir. De là le dédain de la langue commune, ou même d'un latin simple qu'on puisse comprendre sans interprète ; delà des citations en toutes langues, sans discernement, sans raison, dans le seul but de prouver qu'on a beaucoup lu. Telle personne de trente et un ans cite plus de livres qu'on en pourrait lira dans tout un siècle.
L'hïclination pour les dignités, les richesses, le plaisir, absorbent l'esprit et l'empêchent d'être attentif aux idées pures en qui seules est la vérité. De là, le peu de succès de l'algèbre, la plus belle des sciences, de la métaphysique et de la preuve de l'existence de Dieu de Descartes. Ainsi l'inclination pour le plaisir, cause principale du dérèglement des mœurs, Test aussi du dérèglement de l'esprit. Avec une indépendance et une hardiesse d'esprit remarquable, en un religieux, il ose s'en prendre même à la pensée des biens et des maux éternels, comme contribuant à fausser le jugement : « Elle fait naître, dit-il, dans l'esprit une infinité de scrupules, elle étend, pour ainsi dire, la foi jusqu'aux préjugés et fait rendre le culte qui n'est dû qu'à Dieu à des puissances imaginaires. Elle arrête l'esprit à des superstitions vaines ou dangereuses ; elle fait embrasser avec ardeur et avec zèle des traditions humaines et des pratiques inutiles pour le salut, des dévotions juives et pharisaïques que la crainte servile a inventées. Cette crainte étend souvent la foi et le zèle jusqu'à des choses indignes de la sainteté de la religion, connue les accidents réels, les formes substantielles^ l'immobilité de la terre. » On voit comment il
al laque sans cesse les scrupules, les préjugés qui s'opposent au triomphe de la philosophie nouvelle.
Enfin F inclination pour les autres, et pour tout ce qui nous environne, la sympathie universelle que Dieu a mise en nous pour le maintien de la société et sans laquelle elle ne subsisterait pas, devient elle aussi, quelque excellente qu'elle soit, une cause d'erreurs. Ce que dit Malebranclie de la sympathie, de sa cause, de la source d'où elle dérive, de son but, de ses effets, n'est pas moins remarquable que ses chapitres sur la communication des imaginations. Les deux sujets d'ailleurs se touchent de très près. Cependant cette inclination excellente a un mauvais côté, celui de nous porter à approuver les pensées d'autriii, surtout de ceux qu'on aime, et à les tromper par la flatterie.
Des inclinations, il passe aux passions; à la différence de Descartes, il distingue les unes des autres, les inclinations et les passions. Les inclinations, nous sont communes avec les pures intelligences ; ce sont des mouvements de l'âme, des impressions de Dieu qui nous portent à l'aimer comme le souverain bien, et notre prochain par rapport à lui ; elles n'ont pas de rapport au corps, ou du moins si le corps y a part, il n'en est qu'indirectement la cause et la fin. Les passions, de même que les inclinations, sont bien aussi des impressions de Dieu, mais elles ont le corps pour objet, elles nous portent à l'aimer, elles dépendent de l'union de l'âme avec le corps. Malebranclie n'entend donc pas par passion un certain degré plus ou moins habituel, plus ou moins violent, d'excitation des inclinations, mais de véritables inclinations d'ordre inférieur qui dépendent du mécanisme des esprits animaux et se rapportent au corps. Il entre dans beaucoup de détails qu'il emprunte en grande partie au Traité des passions de Descartes, sur ce mécanisme des esprits animaux.
Si les passions sont distinctes des inclinations, elles en sont inséparables ; nous ne sommes capables de haine et d'amour sensible, que parce que nous sommes capables de haine el d'amour spirituels. Par suite de l'union de l'esprit avec le corps, nous sommes unis avec ce qui nous parait le bien ou le mal de l'esprit, comme à tout ce qui noirs parait être le bien et le mal du corps. L'amour de la vérité, de la vertu, l'amour de
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Dieu môme ne va pas sans un mouvement des esprits qui y mêle quelque chose de sensible.
Il divise et classe les passions de la même manière que Descaries, non pas d'après leurs objets, mais d'après les rapports qu'elles ont avec nous. En effet, les objets qui les excitent élant en nombre infini, il y aurait autant de passions particulières. Ce n'est donc pas d'après le nombre de leurs objets, mais seulement suivant leurs principaux rapports avec nous, qu'il faut chercher à classer les passions. Ainsi, comme Descartes, il n'admet que six passions générales ou primitives qui engendrent toutes les passions particulières. L'amour et l'aversion sont les deux passions mères, opposées l'une à l'autre, mais qui se supposent mutuellement, l'aversion n'étant jamais séparée de l'amour, quoiqu'elle lui soit contraire. Mais l'amour est la première, la principale, la plus universelle. L'amour et l'aversion n'engendrent pas d'autres passions générales que le désir, la joie et la tristesse. A ces cinq passions primitives il faut ajouter l'admiration, que Descartes place avant toutes les autres. Si Malebranche classe aussi l'admiration parmi les passions primitives, il ne la met pas au même rang. Elle se manifeste, il est vrai, la première de toutes à la vue d'un objet qu'on voit pour la première fois, mais ce n'est qu'une passion imparfaite, parce qu'elle n'est point excitée par l'idée et le sentiment du bien. Telles sont les passions générales dont sont composées toutes les passions particulières.
Les passions agitant à la fois l'esprit et le corps, il n'est rien sur quoi leur empire ne s'étende ; mais cet empire varie à l'infini, suivant les âges, le sexe, les emplois, suivant l'habitude de les combattre ou de s'y abandonner. Laissant à la morale de découvrir toutes les erreurs particulières où les passions nous engagent sur la nature du bien, il ne considère que les erreurs de l'esprit qui en dépendent. S'il passe par le cœur, c'est que le cœur, comme il le dit, est le maître de l'esprit. Quelques-unes des causes d'erreurs qu'il signale ici peuvent rentrer dans celles qu'il a précédemment énumérées à propos des sens, de l'imagination et des inclinations, mais il ne cesse pas d'èlre neuf et piquant par la variété, par la vivacité et la justesse de ses analyses de tous les replis du cœur humain, comme on en pourra juger par quelques-uns des exemples