Livre I, Des Sent, I, ni
prits animaux, et de Tautre par la délicatesse et la grossièreté, par Thumiditéet la sécheresse, par la facilité et la difficulté de se ployer des fibres du cerveau ; et enfin par le rapport que les esprits animaux peuvent avoir avec ces fibres*. Et il serait fort à propos que d'abord chacun tâchât d'imaginer toutes les différentes combinaisons de ces choses, et qu'on les appliquât soi-même à toutes les différences qu'on a remarquées entre les esprits, parce qu'il est toujours plus utile et même plus agréable de faire usage de son esprit, et de l'accoutumer ainsi à découvrir par luimême la Yéritéy que de se laisser corrompre dans l'oisiveté, en ne l'apphquant qu'à des choses toutes digérées et toutes développées *, Outre qu'il y a des choses si délicates et si fines dans la différence des esprits, qu'on peut bien quelquefois les découvrir et les sentir soi-même, mais on ne peut pas les représenter ni les faire sentir aux autres. Mais afm d'expliquer, autant qu'on le peut, toutes ces différences qui se trouvent entre les esprits, et aQn qu'un chacun remarque plus aisément dans le sien même la cause de tous les changements qu'il y sent en différents temps, il semble à propos d'examiner en général les causes des changements qui arrivent dans les esprits animaux et dans les fibres du cerveau, parce qu'ainsi on découvrira tous ceux qui se trouvent dans l'imagination.
1. Cette explication des dirfércnls caractères humains par les caractères mêmes des esprits animaux a paru généralement à la fois trop facile et trop subtile.
« On a, dit Stahl, dans sa Theorxa medica vera, des nausées rien qu'a entendre parler des indignations, joies, excitations, insullations des esprits animauv. » Et Pascal : « Quoi ! que le plaisir ne
soit autre chose que le ballet des esprits ! Nous en avons une si différente idée. • Pensées^ art. 23, p. 10, édit. Havet.
2. On sait la haine qu'ont les Cartésiens, et Malebrancho en particulier, de la science toute faite, de la science que l'on trouve dans des livres ; et en quelle estime ils tiennent au contraire la recherche personnelle.
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Recherche de la vérité.
L'homme ne demeure guère longtemps semblable à luimême; tout le monde a assez de preuves intérieures de son inconstance : on juge tantôt d'une façon et tantôt d*une autre sur le même sujet ; en un mot la vie de Tliomme ne consiste que dans la circulation du sang, et dans une autre circulation de pensées et de désirs; et il semble qu'on ne puisse guère mieux employer son temps qu'à rechercher les causes de ces changements qui nous arrivent, et apprendre ainsi à nous connaître nous-mêmes ^