‹ De la recherche de la véritéChapitre 12 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l. Des esprits animaux, et des changements auxquels ils sont sujets en général. — II. Que le chyle va au cœur, et qu'il apporte du changement dans les esprits. — III. Que le vin en fait autant

L'autorité des anciens n'a pas seulement aveuglé l'esprit de quelques gens, on peut même dire qu'elle leur a fermé les yeux. Car il y a encore quelques personnes si respectueuses à l'égard des anciennes opinions, ou peut-être si opiniâtres, qu'ils ne veulent pas voir des choses qu'ils ne pourraient plus contredire s'il leur plaisait seulement

1. Tous les moralistes ont insisté sur cette mobilité des juge-

ments humains dont parle ici Malebranche.

Quid placet aut odio est, quod non mutabile credas ?

UoaACB, lib. II, cpist. i.

1. Ce chapitre, et les chapitres suivants de la première partie, sauf le chapitre v, ne sont pas marqués au programme des études de la classe de philosophie, tans doute parce qu'ils renfer-

ment surtout de la physiologie et une physiologie surannée. Nous avons cru cependant devoir en extraire quelques passages particulièrement intéressants.

DE L'IMAGINATION. It

(rouvrir les yeux. On voit tous les jours des personnes assez estimées par leur lecture et par leurs études, qui font des livres et des conférences publiques contre les expériences visibles et sensibles delà circulation du sang, contre celle du poids et de la force élastique de l'air et d'autres semblables. La découverte que M. Pecquet a faite en nos jours, de laquelle on a besoin ici, est du nombre de celles qui ne sont malheureuses que parce qu'elles ne naissent pas toutes vieilles, et pour ainsi dire avec une barbe vénérable. On ne laissera pas cependant de s'en servir, et on necraint pas que les personnes judicieuses y trouvent à redire.

Le vin est si spiritueux, que ce sont des esprits animaux presque tout formés, mais des esprits libertins, qui ne se soumettent pas volontiers aux ordres de la volonté, h cause apparemment de leur facilité à être mus. Ainsi, dans les hommes même les plus forts et les plus vigoureux, il produit de plus grands changements dans l'imagination et dans toutes les parties du corps, que les viandes et les autres breuvages. 11 donne du croc-en-jambe^ pour parler comme Plante * ; et il produit dans l'esprit bien des effets, qui ne sont pas si avantageux que ceux qu'Horace décrit ea ces vers :

Quid non ebrietas désignai? operta recludit.

Spes jubct esse ratas ; in prxlia Irudit incrtem : Sollicitis animis onus eximit, addocct artes. Fecundi calices qucrn non fecere disertum ?

Contracta quem non in pauperlalc soiutain 'f

1. c Vinum luctatoi* dolosus i 2. Horace, épitre 5 du. livre L est, » {Note de Malebranche.) \ V. 16-20, 11b. 1, epist. v.

nECHERGHE DE U VËRITS.

rtain que les parties tes plus subtiles de spiroiis entrent dans notre cceur, qu'elles avec le sang et le chyle, la chaleur qui i mouTement à notre corps; et que selon qualités elles apportent de grands chanfermentation du sang el dans les esprits

tous les jours la vérité de ceci par les s el les différents caractères d'esprit des fférents pays. Les Gascons, par exemple, L bien plus vive que les Normands. Ceux eppe et les Picards Jifférent tous entre eui, plus des Bas-Normands, quoiqu'ils soient i uns des autres. Mais si on considère les int dans des pays plus éloignés, ou y rentrences encore bien plus étranges, comme et un Flamand ou un Hollandais. Enûn il lommés de tout temps pour la sagesse de comme Théman ' et Athènes; et d'autres lité, comme Tlièbes, Abdère et quelques

Cic. De Falo. ilanse pectora plebis halles.

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