‹ De la recherche de la véritéChapitre 14 sur 46 · LucBÂcii. De la Naturcy livre lY, vers 826 et sui · texte numérisé non relu

LucBÂcii. De la Naturcy livre lY, vers 826 et sui

DE L'IMAGINATION. i^

preuves aussi fortes et aussi convaincantes que celles que la nature nous en fournit? Il est vrai que quand on affecte une fois de faire Tesprit fort, ou plutôt l'impie, ainsi que faisaient les épicuriens, on se trouve incontinent tout couvert de ténèbres, et on ne voit plus que de fausses lueurs ; on nie hardiment les choses les plus claires, et on assure tièrement et magistralement les plus fausses et les plus obscures.

Le poète que je viens de citer peut servir de preuve de cet aveuglement des esprits forts ; car il prononce hardiment et contre toute apparence de vérité sur les questions les plus difficiles et les plus obscures, et il semble qu'il n'aperçoive pas les idées même les plus claires et les plus évidentes. Si je m'arrêtais à rapporter des passages de cet auteur pour justifier ce que je dis, je ferais une digression trop longue et trop ennuyeuse. S'il est permis de faire quelques réflexions qui arrêtent pour un moment l'esprit sur les vérités essentielles, il n'est jamais permis dé faire des digressions qui détournent l'esprit pendant un temps considérable de l'attention à son principal sujet, pour l'appliquer à des choses de peu d*importance.

On vient d'expliquer les causes générales, tant extérieures qu'intérieures, qui produisent du changement dans les «spots animaux, et par conséquent dans la faculté d'imaginer. On a fait voir que les extérieures sont les viandes dont on se nourrit, et Tair que Ton respire ; et que l'intérieure consiste dans l'agitation involontaire de certains nerfs. On ne sait point d'autres causes générales, et l'on assure même qu'il n'y en a point. De sorte que, la faculté d'imaginer ne dépendant de la part du corps que de ces deux choses, savoir, des esprits animaux et de la disposition du cerveau sur lequel ils agissent, il ne reste plus ici, pour donner quelque connaissance de l'imagination, que d'ex-

poser les diflférents changements qui peuvent arriver dans la substance du cerveau. Mais avant que d'examiner ces changements il est à propos d'expliquer la liaison de nos pensées avec les traces du cerveau, et la liaison réciproque de ces traces. Il faudra aussi donner quelque idée de la mémoire et des habitudes, c'est-à-dire de cette facilité que nous avons de penser à des choses auxquelles nous avons déjà pensé, et de faire des choses que nous avons déjà faites.

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