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DE L'IUAGINATION.
vaincre, ce n'est pas là se délivrer de la servitude : c'est peut- Aire changer de maître pour quelque temps S ou plutôt c'est étendre son esclavage; c'est devenir sage, heui'eux et libre seulement en apparence, et souffrir en effet une dure et cruelle servitude. On peut résister à l'union naturelle que l'on a avec son corps, par l'union que l'on a avec les hommes, parce qu'on peut résister à la nature par les forces de la nature; on peut résister à Dieu par les forcés que Dieu nous donne. Mais on ne peut résister par les forces de son esprit; on ne peut entièrement vaincre la nature que par la grâce, parce qu'on ne peut, s'il est permis de parler ainsi, vaincre Dieu que par un secours particulier de Dieu.
Ainsi cette division magnifique de toutes les choses qtii ne dépendent point de nous et desquelles nous ne devons point dépendre, est une division qui semble conforme à la raison, mais qui n'est point conforme à Tétat déréglé auquel le péché nous a réduits. Nous sommes unis à toutes les créatures par l'ordre de Dieu, et nous en dépendons absolument par le désordre du péché. De sorte que nous ne pouvons être heureux lorsque nous sommes dans la douleur et dans l'inquiétude ; nous ne devons point espérer d'être heureux en cette vie, en nous imaginant que nous ne dépendons point de toutes les choses, desquelles nous sommes naturellement esclaves. Nous ne pouvons être heureux que par une foi vive et par une forte espérance qui nous fasse jouir par avance des biens futurs ; et nous ne pouvons vivre selon les règles de la vertu, et vaincre la nature, si nous ne sommes soutenus par la grâce que Jésus-Christ nous a méritée»*
1. Voir le passage déjà cité sur les stoïciens : « Les stoïciens disent : Piquez, et je.... »«