‹ De La Rectite DysentériqueChapitre 6 sur 17 · EN · texte numérisé non relu

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rectite aiguë ou la rectite chronique, nous nous occuperons successivevement de ces deux formes de la maladie.

À. REGTITE AIGUË.— Ici encore nous distinguerons : 1° La rectite consécutive à la dysenterie; 2° La rectite primitive.

1° Rectite consécutive. — Cette forme de rectite succède généralement à une dysenterie aiguë, rarement à une dysenterie chronique. Au bout de quelques jours d’une diarrhée plus ou moins abondante, le malade voit d’abord apparaître dans ses selles du mucus sanguinolent, puis ces selles deviennent franchement sanglantes. Il a presque toujours du ténesme anal; les selles sont moulées et expulsées au milieu de vives épreintes. Il y a de cinq à six selles pour vingt-quatre heures. Elles ont lieu principalement pendant la journée. La nuit, le malade ne souffre pas et peut dormir.

Ce mode de début est le plus fréquent chez les individus faibles, anémiés, fatigués par un séjour plus ou moins long dans les colonies.

2° Rectite primitive. — Au contraire, chez les sujets vigoureux, la rectite peut apparaître d'emblée. Après quelques jours de constipation, le malade, qui jusque-là n’a eu ni dysenterie, ni diarrhée, est pris tout à coup de douleurs sourdes dans le bassin. Il va alors à la garde-robe et rend quelques matières de nature dysentérique, un mélange de mucus plus ou moins coloré par du sang et de débris d’épithélium plus ou moins agglomérés et consistants, constituant alors des fausses membranes. Il y a quatre ou cinq selles par jour. On n’en observe généralement pas la nuit.

Que la rectite soit primitive ou secondaire, les malades éprouvent constamment un sentiment de chaleur et de pesanteur, une douleur plus ou moins vive au-dessus de l’anus, le long du sacrum et du coccyx. Cette douleur retentit dans les lombes et dans les cuisses. Il peut se produire du prolaspus du rectum; on observe quelquefois de la

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dysurie chez l'homme : on a même signalé quelques cas de métrorrhagie chez la femme. Il existe du ténesme, mais pas de coliques.

A ce moment, le toucher rectal peut constater une chaleur anormale, etle speculum ani montre une muqueuse rouge, injectée, recouverte de mucosités visqueuses et purulentes.

Au bout de quelques jours, tout rentre dans l’ordre : les garde-robes deviennent plus faciles, le ténesme disparaît, les selles redeviennent normales et quelquefois on observe une guérison complète. Mais les récidives sont très-fréquentes, et la maladie a une tendance marquée à passer à l’état chronique.

B. RECTITE CHRONIQUE. — Dans cette forme de rectite, les selles sont le plus habituellement moulées, dures, et peuvent même présenter l'aspect de scyballes. Sous certaines influences, elles peuvent parfois s’amollir et devenir passagèrement diarrhéique; mais leur consistance la plus habituelle est la consistance normale. Leur nombre est moins considérable que dans la forme aiguë (une ou deux par jour). Ces selles sont mêlées ou entourées, soit de mucus incolore, analogue à de lalbumine, soit de mucus sanguinolent, soit de mucus plus ou moins purulent, soit enfin de pus véritable, de la couleur habituelle du pus bien lié.

Cette rectite persistante s'accompagne en général de ténesme anal, mais surtout de ténesme vésical, de dysurie et même parfois de prostatite légère.

C’est dans la rectite chronique surtout que l’on rencontre les ulcérations dont nous avons parlé dans le chapitre ayant trait à l'anatomie pathologique de la maladie.

Un fait absolument remarquable et qui, croyons-nous, ne se rencontre dans aucune autre maladie, est que, dans la rectite dysentérique, l’état général se conserve bon. Les malades ont l'apparence de la santé la plus parfaite. On n’observe ordinairement pas de fièvre, à moins que le malade ne soit sous l'influence de l’intoxication paludéenne ou à moins de complications. Toutefois, quand la rectite suc-

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