LORS
concluantes. Le chirurgien de Genève établit que sur onze cas de tétanos relevés dans les recueils scientifiques, à la suite de l'ovariotomie, on avait eu sept fois recours au clamp et quatre fois à la méthode mixte ; par contre, on ne trouve aucun fait de tétanos au passif de l'abandon du pédicule.
4° Le clamp prédispose en outre, aux éventrations quand le pédicule est épais et court et qu’il se fait à son niveau une large cicatrice, un énorme nombril supplémentaire. Ce fait a été noté plusieurs fois par les ovariotomistes ; aussi convient-il de prescrire aux opérées l’usage d’une ceinture hypogastrique, surtout si elles portaient une tumeur volumineuses. J'ai vu, en dépit de cette précaution, se produire une hernie ventrale chez une dame, des environs de Saint-Maixent, que mon père avait opérée en 1879, pour un énorme myôme qui avait envahi tout l'abdomen : il avait végété dans le ventre, s'était creusé d’une quantité innombrable de géodes à contenu variable, et se comportait absolument comme un kyste multiloculaire ; le diagnostic n'avait pu être fait avant l'opération, car il ne pouvait guère reposer que sur les pertes
sanguines assez abondantes qu'éprouvait la malade, et ce signe n'a rien d’'absolu puisqu'on peut parfois le rencontrer avec des tumeurs solides ou polykystiques des ovaires. Il fallut, pour détacher la masse morbide, inciser le fond même de l'utérus qu'on maintint au dehors à l’aide de deux broches entrecroisées ; il en résulta une forte dépression des parois abdominales et la formation d’une très large cicatrice par laquelle se fit une véri-
table éventration.
Ur
KReproches faits à La réduction du pédicule.
La réduction du pédicule met à l'abri de tous ces accidents ; elle prévient la septicémie, expose moins sérieusement à la péritonite, et l'on n’a guère à lui-opposer que la possibilité d’une hémorrhagie interne et l’extrème difficulté d’y parer de visu, si, . par malheur, elle venait à se produire. Ce reproche, s’il était fondé, entraînerait à coup sûr la condamnation de la ligature ; mais les hémorrhagies sont extrêmement rares, et nous croyons qu'on peut les prévenir d’une manière absolue par le mode de striction du fil, surtout si l’on a soin de pas couper le pédicule trop près du nœud ; faute de cette précaution, l’anse du fil pourrait glisser sur l'enveloppe péritonéale et s’échapper par l'extrémité du moignon ; la section doit se faire à un centimètre au moins au-delà du fil.
On a formulé contre la réduction du pédicule une objection qui est loin d’être sans valeur : les adhérences que le pédicule abandonné peut contracter avec les organes voisins exposent à des accidents d’obstruction plus ou moins graves et parfois à un véritable étranglement. Les expériences faites sur des chiennes et sur des lapines par les Allemands, quelques autopsies dans l’espèce humaine ont, en effet, démontré que parfois des pédicules d'une certaine longueur se sont soudés à l'utérus, à l'intestin, à
la paroi abdominale, et que, fixés par leur extrémité libre, ils
Apr
représentaient des sortes de ponts sous lesquels les viscères abdominaux peuvent s'engager. Ces faits importants ne doivent pas être perdus pour la pratique, et il est bien facile de faire taire cette objection en ayant soin de ne pas laisser au pédicule une trop grande longueur.
A la méthode du pédicule perdu se rattache la cautérisation, qui est exclusivement employée par Baker-Brown et par Keïth, d'Edimbourg. Elle’ présente, au point de vue de la vitalité du moignon, les mêmes garanties que la ligature : l’escharre ne se détache pas; elle ne donne lieu à aucun travail de suppuration ; elle commence par s’encapsuler dans un exsudat fibrineux et s’unit aux organes environnants par du tissu conjonctif, de nouvelle formation ; puis, les particules charbonneuses, qu’on retrouve pendant longtemps dans le tronc du pédicule ainsi que dans son voisinage, finissent à la longue par être entraînées par le torrent circulatoire dans toutes les parties de l'organisme, de telle sorte qu’au bout d’un temps très éloigné, il serait impossible de découvrir sur les débris d’un pédicule ainsi traité, les traces d’une ancienne cautérisation. Ce mécanisme admirable a été étudié avec beaucoup de soin par Maslowski, de Saint-Pétersbourg. N'ayant jamais vu employer la cautérisation qu’à titre purement adjuvant, je ne saurais me permettre de hasarder un jugement sur sa valeur ; je me sens toutefois instinctivement porté à craindre qu'elle ne mette pas aussi sûrement à l'abri de l'hémorrhagie
interne qu'une ligature bien faite.
dl.