‹ De La Réduction Du Pédicule Dans L'OvariotomieChapitre 13 sur 17 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

La ligature avec réduction, qui gagne chaque jour du terrain, doit être, ce nous semble, appliquée à tous les pédicules, quelle que soit leur longueur et leur épaisseur. |

Pour les pédicules grêles, elle se présente avec tous les avantages que nous lui avons reconnus : imputrescibilité, absence de tiraillements immédiats ou consécutifs, réunion primitive, etc. Pour les pédicules très courts et très épais, elle est commandée par cette brièveté même, car il serait impossible ou dangereux de les attirer de vive force par le clamp ét on ne pourrait songer qu’à la méthode mixte : c'était la seule ressource avant l'emploi des antiseptiques. La réduction du pédicule, qui ne laisse pas de corps étranger dans le ventre et qui permet l’occlusion de la plaie, doit lui être préférée.

En dehors de quelques cas, tellement compliqués qu’ils ne sauraient se réduire aux règles habituelles et que le chirurgien y fait plutôt ce qu’il peut que ce qu'il veut, nous croyons, en un mot, que le clamp doit être abandonné et que la révolution qui s’est faite en chirurgie en faveur de la méthode intra-péritonéale

esv à la fois salutaire et durable.

Règles principales de Ia ligature.

On emploiera de préférence le fil de catgut n° 4, avec lequel on fera une seule ligature bien serrée, pour les pédicules longs et grêles ; on assurera la striction par le nœud du chirurgien.

Si le pédicule offre une certaine épaisseur, on fera bien de le traverser en son milieu avec un double fil de catgut, en se servant soit de l'aiguille à pointe de trocart de Spencer Wells, soit de la longue aiguille à châs terminal de M. Terrier ; puis, selon l’excellent conseil de M. Terrillon, après avoir coupé l’anse de fil ainsi disposée, on entremêlera les chefs de façon qu’en liant de chaque côté du pédicule, on ait deux anses unies entre elles comme les anneaux d’une chaîne. Les deux ligatures seront ainsi rendues solidaires et, par conséquent, elles ne pourront en aucune façon glisser sur le pédicule ; puis le pédicule sera coupé à un centimètre au moins des fils. On peut, pour plus de solidité, comme le conseille Spencer Wells, appliquer une autre ligature d'ensemble entre le point déjà lié et l’utérus. On aura soin de comprendre la trompe dans la ligature afin d'éviter l’hématocèle, dont elle pourrait être la source au moment du retour des règles.

Si le pédicule est gros et large, il conviendra de le lier en quatre faisceaux, en passant deux anses de catgut perpendiculairement l’une à l’autre dans l'épaisseur du pédicule. Il sera même

parfois utile de décomposer les pédicules extrêmement épais en

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cinq et six faisceaux pour que les ligatures portent plus immédiatement sur les vaisseaux ; car une ligature trop médiate eXposerait à une hémorrhagie consécutive.

Ce mode de faire convient également à la suite de l’hystérectomie.

1'e OBSERVATION

Kyste multiloculaire de l'ovaire très volumineux ; pédicule long et grêle réduit dans l'abdomen ; guérison.

Madame D**, 55 ans, d’origine alsacienne, habitant La Crèche (Deux-Sèvres), se présente à la clinique, le 6 octobre 1882, dans un état d'émaciation excessive, que rend plus effrayante encore le volume énorme de son ventre ; les traits du visage sont fortement tirés, la respiration est courte et précipitée, la peau sèche et terreuse. La tumeur qu’elle porte, dit-elle, depuis deux ans, a atteint en peu de temps des proportions colossales ; presque complètement éversée au dehors de l'enceinte du bassin, elle donne 1 mètre 20 centimètres de tour à l'abdomen et 61 centimètres de l’'ombilic à l’appendice xiphoïde. Son apparition aurait coïncidé avec des pertes sanguines abondantes qui se sont fréquemment répétées depuis cette époque et qui ont puissamment contribué, avec le rapide développement de la tumeur, à épuiser la malade.

Le moral est toutefois excellent, l’appétit est conservé. On cons-

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tate à la palpation, à droite, des masses solides volumineuses, remontant jusque vers la face inférieure du foie ; à gauche, une vaste poche liquide ; le col de l'utérus est sain, très élevé ; on ne sent rien dans les culs-de-sac ; il y a un peu d’œdème des parois abdominales, pas d’adhérences appréciables. M. le docteur Jallais, de Poitiers, à fait, il y a deux mois, deux ponctions, qui ont donné quatre litres d’un liquide gommeux, de couleur citrine, à droite, et six litres et demi d’un liquide couleur chocolat, du côté gauche ; le ventre, quelque peu affaissé après cette évacuation, n’a pas tardé à reprendre ses dimensions premières.

La malade, admise à la maison de santé, s’y repose pendant quelques jours des fatigues du voyage et est soumise à l'usage quotidien du sous-nitrate de bismuth. L'opération est faite, le 14 octobre, par M. Duplouy, avec l'assistance de M. Bonnafy, professeur d'anatomie, et de MM. les docteurs Abelin, Aube, Fontorbe, Lecorre, etc.

Toutes les précautions antiseptiques ont été prises ; un pulvérisateur à vapeur fonctionne à distance pendant toute la durée de l'opération, dont nous retraçons rapidement les détails.

L'opérateur, placé entre les jambes de la malade, ineise couche par couche la paroi abdominable du nombril au pubis, aveuglant chemin faisant les vaisseaux par l’application de sept pinces hémostatiques, puis il divise le péritoine avec précaution : la tumeur apparaît alors sous la forme d’une poche lisse, de couleur rose ardoisée, très manifestement fluctuante ; on la traverse avec le

trocart fenêtré, sur lequel on fixe solidement la paroi kystique

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